Le bizutage : Histoire d’un rituel entre brimades et tradition

Brigitte Largueze est Chargée d’études en sciences sociales à RES (Recherche et Sociétés)

Traditions et mise en scène identitaire
Dans de nombreuses formations de l’enseignement supérieur et dans les classes préparatoires aux concours des grandes écoles existe et se transmet un système de traditions qui constitue en soi un phénomène culturel complexe, spécifique à chaque école ou formation car chacune y appose une marque distinctive. Son action a des effets discriminants réels à travers la production de normes particulières, de valeurs et de marques identitaires. Elle est ouverte par un ensemble de rites et d’épreuves conduits par les anciens sur les nouveaux élèves.

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La « fête de réconciliation » dans le bizutage [Épisodes festifs en milieu estudiantin : un folklore toujours vivant]

La « fête de réconciliation » dans le bizutage [Épisodes festifs en milieu estudiantin : un folklore toujours vivant]

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Épisodes festifs en milieu estudiantin : un folklore toujours vivant

L’exemple des carabins de Strasbourg

Fêtes des Fous et des Innocents, Enterrement du Père Cent, Jeudi-Jeudiot des jours gras, monôme de la Saint-Nicolas ou de la Sainte-Barbe, cortège carnavalesque de la mi-carême, fête du Rougevin et bal des Quatre-z-arts… la plupart de ces fêtes1 joyeusement célébrées par des générations d’étudiants n’existent plus. Pourtant, certaines pratiques ritualisées et leurs épisodes festifs subsistent malgré tout. Les facultés de droit, médecine, pharmacie et les grandes écoles, entre autres, perpétuent des traditions aux traits culturels bien établis. Rituels institutionnels et calendrier festif ont, de tous temps, rythmé de leur tempo spécifique le déroulement de la vie étudiante. Une typologie des épisodes festifs, révolus ou actuels, pourrait être esquissée selon qu’ils soient d’origine religieuse et/ ou corporative, marquant la mi-temps ou la fin des études ou au contraire l’entrée en retraite studieuse tout autant que ces moments d’explosion collective qui suivent La «fête de réconciliation » dans le bizutage.

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Témoignage, 1946. Paul Bouchet. La charte de Grenoble: texte et contexte

Bureau de l’AGE de Lyon.

Ce texte est issu des interventions prononcées lors du colloque du GERME du 20 mai 1995 et du colloque RESSY – UNEF – UNEF ID du 13 avril 1996. Revu par l’orateur pour la publication de Naissance d’un syndicalisme étudiant, la charte de Grenoble 1946, Syllepse, 2006.. 

http://www.germe-inform.fr/?p=1830

Nos témoignages, à Pierre Rostini et moi-même, se complètent mais ne concordent pas toujours. Cela s’explique. Nous ne sommes pas intervenus au même moment, ni au même niveau. Pierre, c’est lui qui a fait la transition. Et en 1945 il est là.

Je suis arrivé à l’AG de Lyon après la Libération. Ce que je dis sur son histoire, c’est ce que j’ai appris après coup. Précisément l’AG de Lyon est donc donnée comme une des AG qui était donnée comme « collabo ». On avait mis un président provisoire pour prendre la place d’un pré­sident, arrêté, qu’on peut peut-être qualifier de « collabo », pas au sens où il est allé jusqu’au bout, mais en tout cas il était très « vichyssois ». Mais il faut savoir que dans la même AG, la corpo de let­tres était animée par Gilbert Dru, as­sassiné par l’occupant Place Bellecour. Continuer la lecture de « Témoignage, 1946. Paul Bouchet. La charte de Grenoble: texte et contexte »