Code national de la Faluche – 128ème anniversaire

Notre béret d’étudiant fut ramené de Bologne, en juin 1888, par la délégation française d’un congrès international d’étudiants qui, jalouse de voir le chapeau façon Louis XI des étudiants Italiens et la casquette plate des étudiants belges et allemands, décida d’avoir une coiffure spécifique aux étudiants français. Elle adopta le béret de velours des habitants de la région bolonaise, en souvenir du congrès qui fut, paraît-il, magnifique.

Article I

La faluche est la coiffe traditionnelle des étudiants de France. Elle a remplacé la toque datant du Moyen-Âge. Les étudiants français l’ont ramenée de Bologne, lors d’un congrès international d’étudiants où ils adoptèrent le béret de velours des habitants de la région bolonaise, le 12 juin 1888.

Article II

La faluche est portée de nos jours dans certaines facultés et écoles, d’une manière habituelle ou à titre exceptionnel, lors de manifestations estudiantines. On ne l’enlève pas, même devant un professeur, sauf s’il a le rang de recteur.Elle ne se réclame d’aucune appartenance politique ou religieuse.

Article III

Escholier, il est interdit de faire de la faluche une succursale de Monoprix. Elle doit être le parchemin qui s’enorgueillit toujours de nouvelles richesses de l’histoire de l’étudiant. A ce titre le Grand Maître (peu importe lequel) peut décider de faire enlever un insigne qu’il juge non représentatif de l’étudiant.

Article IV

L’étudiant doit se conformer à ces dispositions assez larges pour permettre toute fantaisie, assez strictes pour réaliser l’uniformité.

Article V

La faluche comporte deux parties

1- Le ruban circulaire avec ses emblèmes (cursus estudiantin).

2- Le velours noir avec ses rubans et insignes.

Article VI

Le ruban circulaire est à la couleur de la discipline principale. Pour les disciplines secondaires (double inscription), on placera sur le bord supérieur du ruban de la discipline principale, un ruban plus mince aux couleurs de cette (ou ces) discipline(s) annexe(s).

Voici les couleurs nationalement adoptées, basées à l’origine sur celles des toges doctorales et professorales des universités françaises :

Chirurgie dentaire Velours violet
Médecine Velours rouge
Ostéopathie Velours bleu roy
Paramédical Velours rose
Pharmacie, Préparateur en Pharmacie Velours vert
Prépa santé Velours marron
Sage Femme Velours fuchsia
Vétérinaire Velours bordeaux
Administration Économique et Sociale Satin vert clair
Architecture, Beaux-Arts, Cinéma, Théâtre Satin bleu
Communication Suivant l’UFR de rattachement
Droit Satin rouge
Écoles d’ingénieurs Satin bleu et noir
Écoles de commerce, gestion et communication Satin rouge et vert
IUT, BTS Satin blanc
IUP et ESPE Satin aux couleurs de la discipline
Filières sportives Satin vert foncé
Lettres, Langues, Sciences Humaines et Sociales Satin jaune
Musique et Musicologie Satin argenté
Œnologie Satin saumon
Prépas (Taupes, Khâgne, …) Satin marron
Sciences Satin violet
Sciences économiques, gestion, IAE Satin orange
Sciences politiques Satin rouge et bleu
Ecoles de notariat Satin rouge et noir

 

Article VII

Sur le ruban circulaire doivent figurer :

1° le baccalauréat

Bac L φ
Bac ES β
Bac S ε
Bac International Lettre « i » après bac principal
Capacitaire C
DAEU « DAEU »

Autres Bacs Lettres ou initiales correspondantes

NB : A la fin du cursus pourra figurer un petit « a » pour l’agrégation et/ou un petit « c » pour le CAPES, suivis d’une petite palme.

2° L’emblème de la discipline

Administration Économique et Sociale « AES »
Architecture Équerre et compas
Archéologie Tête de sphinx
Beaux-Arts Palette et pinceau
B.T.S. « BTS »
Chirurgie dentaire Molaire
Cinéma Clap de cinéma
Communication Caducée Mercure
Droit Glaive et balance
Écoles d’ingénieurs Étoile et foudre
Écoles de commerce Caducée Mercure
Écoles Notariales Glaive et balance
ESPE « ESPE »
Filières sportives Coq
Géographie Globe
Histoire Casque de Périclès
Infirmiers Caducée infirmier
I.U.T. « IUT »
I.U.P. « IUP »
Kiné Caducée Mercure
Lettres, Langues Livre ouvert et plume
Médecine Caducée médecine
Musique et Musicologie Lyre
Œnologie Grappe de raisin
Ostéopathie Sphénoïde
Paramédical Ciseaux
PCEM1/ PACES Tête de mort sur fémurs croisés
Pharmacie Caducée pharmacie
Philosophie φ (Phi)
Préparateur en Pharmacie Mortier et pilon
Prépas (Taupes, Khâgne …) Chouette à deux faces
Psychologie Ψ (Psi)
Sage Femme Croix d’Ânkh
Social Initiales de la filière
Sociologie Grenouille
Sciences Palmes croisées de chêne et de laurier + initiales de la filière
Sciences économiques Caducée Mercure
Sciences politiques Parapluie
Théâtre Masque de comédie
Vétérinaire Tête de cheval

NB : Le cas de la L1 Santé. En cas de le L1 réussie, la première année sera sanctionnée par un velours de la même couleur que la L2 (idem pour l’emblème). En cas de L1 échoué ou en cours, la première année sera sanctionnée par le velours marron (avec pour emblème la tête de mort sur fémurs croisé).

3° les étoiles et palmes

-Une étoile dorée par année d’études (se place en début d’année)

-Une large palme placée à coté de l’étoile de l’année pour le major de promotion

-Une étoile argentée pour les années redoublées ou blanches

-Les années de disciplines annexes seront de taille plus petite

La première étoile sera placée sur un petit ruban disposé de biais, de couleur bleue pour les facultés ou établissements d’État, blanche pour les facultés catholiques, écoles ou instituts privés. En cas de changement d’établissement du public vers le privé ou inversement, on placera un nouveau ruban sous l’étoile de l’année de changement.

-Une simple palme à la fin de chaque cycle (s’il n’y a pas de diplôme correspondant)

-Une double palme croisée de lauriers pour chaque diplôme obtenu (DEUG, DUT, BTS, licence, maîtrise, DU, DE, …)

-A côté de l’étoile de l’année :

➢ une tête de vache pour tout échec aux examens de première session et réussite au rattrapage

➢ une tête de mort pour abandon d’une discipline

-Les années validées par équivalence seront marquées par un « e » remplaçant l’étoile

-Un drapeau du pays sera placé sous l’étoile de l’année d’étude si elle se déroule à l’étranger

-Une quille pendra du ruban à l’endroit du cursus où aura été effectué le service militaire

Article VIII

Le velours peut comporter :

1° les insignes

  • Des associations étudiantes
  • Des congrès auxquels vous avez participé, à condition que ceux-ci soient constitués de matériaux nobles
  • Des villes où vous avez séjourné pour motifs étudiants
  • Des établissement scolaires auxquels vous avez appartenu
  • Des clubs auxquels vous avez appartenu ou appartenez

2° votre devise

En grec, en latin, en français, en hébreu, en langue régionale, en patois … s’inscrit en toutes lettres dans la langue correspondante, sur le velours du frontal à l’occipital à la gauche du ruban de province natale.

3° vos armes personnelles

4° les symboles

Bacchus troué Personne abstème
Chameau A l’endroit : célibataire
A l’envers : cœur pris dans l’antichambre du mariage
Cochon A l’endroit : n’a pas été intégré
A l’envers : a été intégré
Épi de blé Radin
Épi de blé croisé faucille Chanceux aux examens
Fer à cheval Chanceux
Feuille de vigne Perte de la virginité masculine
Fourchette Amour des plaisirs de la table
Grappe de raisin Amour du bon vin
Lyre Amour de la musique
Palette vernie Amour de la peinture
Pendu Marié(e) ou Pacsé(e)
Plume Amour de la littérature
Rose Perte de la virginité féminine
Sphinx Polyglotte
Squelette A l’endroit : Amour de l’anatomie
A l’envers : Amour de l’anatomie du sexe opposé
A l’envers avec une pointe de diamant entre les jambes : Homosexuel

Insignes décernés par le ou la partenaire :

Épée Fin baiseur
Flèche Éjaculateur précoce (décernée par la fille)
Lime Acte laborieux et difficile
Pensée Experte

Insignes décernés par le Grand Maitre :

Anneaux Olympiques Excellence sportive universitaire
Bacchus Dignité dans l’ivresse (retournable et retirable)
Bouteille de bordeaux Cuite certifiée (possibilité de coefficient multiplicateur)
Bouteille de champagne Coma éthylique certifié
Chouette Oiseau de nuit
Clé de sol Digne chanteur de paillarde
Coq Grande gueule, sachant l’ouvrir
Cor de chasse Grand chasseur devant l’éternel
Fourchette sur ruban bleu Cordon bleu
Hache Prise de guerre (acte exceptionnel à ne pas confondre avec vandalisme)
Mammouth Gardien des traditions
Pachy Personne lourde
Poule Personne très chaude
Singe Quémandeur d’insigne (empêche de recevoir tout autre insigne)
Sou troué Nuit passé au poste pour motif étudiant
Volant Conducteur de fin de soirée

Insigne placé sur le ruban d’association :

Abeille Travail et minutie associatif

Article IX

Lors d’une garde assurée par un étudiant en santé, tout passage de vie à trépas sera sanctionné par une unique faux placée sur le velours noir.


Article X

Sur le velours figurent aussi les rubans supérieurs de gauche à droite, du frontal à l’occipital :

1° ruban de la ville de faculté

Ruban perpendiculaire à celui de l’association, aux couleurs de la ville de faculté, surmonté d’un écusson.

L’étudiant changeant de ville de faculté (France ou étranger) placera parallèlement et en arrière du précédent, un ruban surmonté d’un écusson, aux couleurs de sa nouvelle ville universitaire, et l’année de changement en chiffres.

2° le ruban d’association

Ruban aux couleurs de l’association précisant la place occupée par l’étudiant.

3° pour les représentants d’association

a) Pour les membres du conseil d’administration et du bureau d’association régionale : un ruban aux couleurs de la ville d’élection

b) Pour les élus et délégués au plan national :

– Pour les membres du conseil d’administration des associations, unions, fédérations nationales : un ruban tricolore

– Pour les membres de bureau : un ruban tricolore avec un filet blanc de chaque coté

– Pour le président : un ruban tricolore avec une bande blanche de chaque coté

c) Pour les élus ou délégués au plan européen : Les couleurs de l’Europe

d) Pour les élus ou délégués au plan international : les couleurs de l’O.N.U. Le délégué placera le ruban de plus haut grade

4° élus au conseil d’UFR, conseils d’université, conseils régionaux et nationaux

L’élu placera, du frontal à l’occipital, un ruban de couleur jaune dont l’extrémité occipitale sera laissée libre. Sur ce pendentif seront placées par mandat :

− Une grenouille argentée pour les élus au conseil d’UFR

− Une grenouille dorée pour les élus au conseil d’université

− Une tortue argentée pour les élus au CROUS

− Une tortue dorée pour les élus au CNOUS

− Les initiales des autres conseils (CNESER, OVE, COMUE,…)

− Une étoile dorée pour les VP étudiants d’université

− Une étoile argentée pour le VP étudiant d’UFR ou de CA d’IUT

− Une étoile dorée par mandat de délégués mutualistes (sur un petit ruban bleu)

− Un glaive et balance pour les élus au conseil disciplinaire

5° les rubans de province et de ville de naissance

Surmontés des écussons en toile correspondants

Article XI

La faluche montpelliéraine se distingue par la présence de quatre crevés aux couleurs de la discipline principale étudiée, divisant ainsi le couvre-chef en quatre parties de velours noir égales. Ce  »privilège » est réservé aux seuls étudiants de l’Université de Montpellier, en hommage à François Rabelais qui y fit ses études de médecine au XVIème siècle. Il enseigna la médecine à Montpellier qui est la plus ancienne université française (XIIème siècle). Les disciplines médicales ont conservé les couleurs traditionnelles :

Médecine 4 crevés bordeaux
Pharmacie 4 crevés verts
Chirurgie Dentaire 2 crevés bordeaux et 2 crevés violets
Paramédical 4 crevés roses

 

Article XII

Tout étudiant ayant, au cours de sortie, repas, ou soirée, tiré un coup en bonne et due forme, devra mettre à l’intérieur de sa faluche :

une carotte, signe de son acte valeureux et digne du grand baisouillard qu’il est

pour une pipe dûment accomplie : un poireau

pour l’enculage : un navet

pour un cunnilingus : une betterave

Pour tout dépucelage, il aura droit, suivant l’endroit, à deux légumes placés en X.

Ceci sous l’œil attentif des anciens, dignes contrôleurs des actes accomplis. Ils contrôleront en particulier que l’étudiant était sorti couvert. En espérant voir les faluches se transformer durant les années estudiantines, en de véritables potagers.

Article XIII

Dans chaque faculté ou école, il sera procédé à l’élection d’un Grand Maître, choisi par les faluchards au vu de ses mérites, et dont le tâche principale sera de veiller à l’application des principes de base qui régissent le port de la faluche. Le GM est le garant des traditions, il veille aux baptêmes des étudiants de sa filière et fait procéder l’élection de son successeur.

Sa distinction est une croix du mérite émaillée de blanc soutenue par un ruban aux couleurs de la discipline. Lui seul est en mesure de décerner le Bacchus, l’abeille, la chouette, le coq … (voir article VIII).

Il doit en outre certifier, avec le concours de trois autres porteurs de faluche, l’acquisition de bouteilles.

Il existe aussi des Grands Chambellans (GC) qui assistent le Grand Maître dans sa tâche. Leur distinction est une croix au mérite non émaillée soutenue par un ruban à la couleur de la discipline ou de la ville du mandat.

Article XIV

Toute faluche devra être baptisée par un Grand Maître (ou un de ses représentants légitimes) de la filière ou de la ville (de la dite Faluche) sous l’oeil attentif des anciens.

Article XV

La faluche doit être portée dans toute cérémonie : repas, soirées, sorties estudiantines, …

Article XVI

Toute personne demandant à voir le potager particulier (intérieur de la faluche) d’un(e) faluchard(e), devra comme il se doit, en passer par les armes suivant les goûts dudit étudiant, choisissant le lieu, le jour et l’heure. La faluche représentant la vie d’un étudiant, toute personne mettant une faluche ne lui appartenant pas devra subir une épreuve qu’aura choisi le propriétaire de la faluche en question.

Article XVII

La faluche est un attribut qui doit être respecté par tous. Des sanctions pourront être prises pour tout non-respect vis-à-vis d’une faluche. D’autre part, tout étudiant surpris en train de baptiser sans être porteur d’une faluche sera lui-même considéré comme impétrant. A ce titre, il encourt les pires sévices …

Les Croix de France.

 

A : Côté officiel – Titres et insignes officiels (art. VIII § 1 et X § 1 à 3)
a) Ruban aux couleurs de la ville de faculté surmonté de l’écusson en toile (i)
b) Ruban d’association :
– b1 : Simple adhérent de l’association
– b2 : Élu ou coopté au sein de l’association
c) Ruban des représentants d’associations
d) Ruban de conseil d’U.F.R. ou d’université
B : Côté officiel badges de congrès
C : Côté personnel (art. VIII § 2 à 4 et X § 4) : coq, cochon, squelette, chameau …
e) Couleur de la province natale
f) Couleur de la ville natale
g) Écusson de la ville natale
h) Écusson de la province natale
D : Côté voyage

Partition ‘ »L’Etudiant Passe »

 « L’étudiant passe »

« Lo studente passa » fût écrit en 1929 par Enrico Maria Chiappo, sur une musique de Julio Cesar Ibanez. Elle fût notamment traduite en français sous le nom de « L’Etudiant Passe », et en allemand comme « Der Student Geht Vorbei« . Une version de février 1932, interprétée par Darcelys, est disponible en ligne.

La chanson relate une histoire d’amour entre un jeune homme venu de province à Turin pour ses études de Médecine, et une demoiselle ouvrière. Leur amourette finira brutalement lorsque l’étudiant obtiendra son diplôme: devenant bourgeois, il serait indigne de sa condition que d’entretenir une relation de ce type ou de se marier avec une simple ouvrière.

L’histoire est basée sur une comédie datant de 1911 et intitulée « Addio Giovinezza! » (« Adieu Jeunesse! »). Cette comédie en 3 actes, écrite par Sandro Camasio et Nino Oxilia, eut beaucoup de succès, et a été mise en scène, pendant les années suivantes,  dans quatre films (trois muets).  Le film de 1940, le plus réussi et le plus chanceux, est disponible en libre-accès en ligne. En 1915, le musicien Giuseppe Pietri également a tiré de cette comédie une opérette.

En 1935, l’intrigue de « Addio Giovinezza !  » a donné lieu à une nouvelle chanson intitulée « Piemontesina« , dont les paroles [1] suivent la même trame que « Lo Studente Passa » (à la différence que le nom de la jeune fille de la chanson est cette fois Rosina).

 

{youtube}ibP4yoWzMI0{/youtube}

{youtube}74Q1nr2xODY{/youtube}

Le thème de « l’amour impossible » est récurrent dans les œuvres de fiction. Ainsi, une comédie allemande intitulée « Le prince étudiant » retrace l’histoire d’un prince venant faire ses études dans la ville de Heidelberg, et qui tombe amoureux d’une serveuse de brasserie. L’issue de leur histoire sera la même, une fois son diplôme obtenu « l’étudiant passe » et rompt avec cette fille, simple ouvrière qu’il ne peut décemment par marier.

Les illustrations des partitions représentent, en version française comme italienne, une étudiante, reconnaissable à sa coiffe (feluca pour l’Italie, faluche pour la France). Il est par contre étonnant que ce soit une étudiante qui soit représentée, car les paroles de la chanson ne parlent que d’un étudiant, et la femme n’est qu’ouvrière !

 

Différences entre les versions

Dans la version d’origine de « Lo Studente Passa« , l’histoire se déroule donc à Turin en Italie, comme dans la comédie « Addio Giovinezza!« . Mario, l’étudiant, y vient pour faire sa médecine.

La version française a bien entendu été adaptée, en se basant à Paris, mais en gardant le même corps d’études.

Une différence notable se situe sur la demoiselle: hormis son prénom passant de « Dorina » en version italienne à « Janine » en version française, sa profession est modifiée. Elle se trouve donc être dactylo à Paris dans la version allemande, et couturière à Turin.

Ce métier n’est pas anodin: à l’époque, Turin était « la ville de la mode », et de nombreux ateliers de couture étaient logés au centre-ville, proches des Universités … On se doute bien que les étudiants passaient ainsi un temps certains à courtiser les jeunes couturières !

Une autre différence réside dans la « situation » des deux amoureux : dans la version française, ils vivent en concubinage, partageant une chambre comme le ferait un couple marié ; alors que la version italienne voit Mario et Dorina vivre séparément (Mario dans une chambre de location et Dorina chez sa famille). Il faut croire que le concubinage était à l’époque mieux toléré en France qu’en Italie !

 

Les auteurs

L’air a été composé par J.C. Ibanez, un musicien argentin. Les paroles ont quant à elles été écrites par E.M. Chiappo (Turin, 1892-1961 [4]), un éditeur musical et fabricant de pianos particulièrement connu à Turin. Il était de la famille de Felice Chiappo, qui fonda en 1825 la Maison du même nom.

Concernant les auteurs de « Addio Giovinezza »: Nino Oxilia était un poète,  auteur de pièces de théâtre et metteur en scène de cinéma muet; Sandro Camasio était journaliste, également auteur de pièces de théâtre et metteur en scène. L’un comme l’autre sont morts jeunes, Oxilia pendant la 1ère Guerre Mondiale, et Camasio des suites d’une méningite. Ils écrivirent Addio Giovinezza durant leurs années d’études à l’Université de Turin. 

A gauche: J.C. Ibanez. A droite: réclame de 1928 de la maison Chiappo

 

Les Catherinettes

Les « filles de la mode » à Turin étaient traditionnellement appelées « Catherinettes ». Chaque année, un bal était organisé, et les étudiants y étaient conviés. C’est souvent lors de ce bal que des histoires sentimentales arrivaient entre couturières et étudiants …

 

Affiche du dernier bal en date des Catherinettes en 1970 (à gauche), groupe de Catherinettes en 1904 (à droite)

 

Ce nom de « Catherinette » leur était donné en rapport avec Sainte-Catherine, dont la fête (le 25 novembre) célébrait les couturières.

On retrouve la même idée en France: Sainte Catherine est la patronne des filles à marier, et à Paris elle est également devenue la « protectrice » des modistes avant les années 20 (et même dès le début des années 1900, comme le suggère [5]).

A l’origine, un curé bénissait une statue de la Sainte et ce sont les filles à marier (entre 25 et 35 ans en général) qui étaient chargées de changer la coiffe de la statue. On parlait alors de « coiffer Sainte Catherine », cérémonie qui avait lieu le 25 novembre.

          

A gauche: un curé coiffe Sainte-Catherine. A droite: groupe de Catherinettes

Avec le temps, plutôt que de coiffer la Sainte, les jeunes filles se sont mises à se coiffer elles-mêmes, avec des chapeaux en général extravagants, qui portent principalement des tons vert (couleur de l’espoir, de la foi), et jaune (couleur de la sagesse, de la fête, de la joie).

Cette tradition s’est par la suite surtout conservée dans le milieu de la mode et de la couture, car les ouvrières fleurissaient régulièrement une statue du quartier du Sentier, située à l’angle de la rue Poissonnière et de la rue Cléry (ce quartier est traditionnellement un lieu de confection de textiles), la même statue qui était coiffée le 25 novembre.

 

On retrouve ces liens entre Catherinettes et le domaine de la mode dans la chanson « les petites Catherinettes » [5], où les Maison Beer, Chérnit et Paquin (page 2) font référence à des maisons de couture [6,7].

Un grand merci à Paolo Benevelli pour ses apports documentaires, ses informations et ses pistes de recherche !

Sources

[1] Italy Word Club

[2] Le Prince Etudiant

[3] Bibliothèque Nationale de France

[4] Ricordando il trio Lescano

[5] Les petites Catherinettes, C. Mauselin et L. Mauger-Bourdelle, 1910

[6] Fashion: The Collection of the Kyoto Costume Institute : a History from the 18th to the 20th Century, Volume 1, Akiko Fukai, Taschen, 2002

[7] Encyclopaedia Universalis

 

Partition intitulée « L’Etudiant Passe », par J.C. Ibanez.

 

faluche etudiant

faluche etudiant

faluche etudiant

 

45 tours « La Faluche » – Choeur Des Etudiants De L’Université Catholique De Paris

Vinyl 45 tours – La Faluche

« La Faluche » fut le Choeur des étudiants de l’Institut Catholique de Paris après la Seconde Guerre Mondiale. Il a existé sous ce nom jusqu’en 1975, avant d’être remplacé par l’association loi 1901 « Choeur et Orchestre de Musique en Sorbonne » [1]. Concernant sa date de création, il est au moins sûr que le Choeur existait en août / septembre 1949, puisqu’un curé canadien l’avait confondu avec la Chorale, groupement de scoutisme parisien [2].

 

Ce 45 tours, paru en 1963 (selon la BNF [4]) regroupe 4 chants du folklore français, sous la direction de Jacques Grimbert:

-face 1: « Quand la Marie » (folklore du Poitou) (pour l’écouter, cliquez >> ici << )

{youtube}pMoV2z1Mrpg{/youtube}

-face 1: « Colchiques dans les prés » (Francine Cockenpot, auteur de plus de 800 chants et musiques véhiculés par les mouvements de jeunesse, notamment le scoutisme [3]) (pour l’écouter, cliquez >> ici << )

{youtube}MoST-CD3_Hk{/youtube}

-face 2: »En passant par la Lorraine » (folklore français) (pour l’écouter, cliquez >> ici << )

{youtube}iD11vv9nlbM{/youtube}

-face 2: « Otoya » (folklore du pays Basque) (pour l’écouter, cliquez >> ici << )

{youtube}NEdVRtlilIk{/youtube}

 

 

[1]: Chœur et Orchestre de Musique en Sorbonne, dossier général 2012, sur www.toccataeurope.eu/

[2]: Histoire de la Chorale – Comment tout a commencé – Prélude et ouverture, par Marcel Gouge, sur michel.brunetti.pagesperso-orange.fr/

[3]: www.fr.scoutwiki.org/Francine_Cockenpot ; www.triofrancinecockenpot.eu/francine.htm

[4]: catalogue.bnf.fr/

L’étudiant complaisant

L’étudiant complaisant.

Série de 7 cartes postales (à dater). A lire de gauche à droite et de haut en bas.

Légendes:

1 – Voulez-vous me rendre un service ?

2 – Oh! Avec plaisir, mais en paiement …

3 – Faites vite, voyez je n’ai plus d’eau.

4 – Je crois bien que vous voulez m’éloigner.

5 – Voyez, là-bas, derrière le bosquet.

6 – Non, pas maintenant

7 – Un tien vaut mieux que deux tu l’auras

etudiant faluchard

Vie de Carabin

Vie De Carabin alias Védécé est étudiant en médecine à Paris. Il publie régulièrement des dessins et anecdotes sur son compte Facebook (compte de VDC) et sur son site (site de VDC). D’abord l’externat, durant le second cycle d’études (DCEM 2 à DCEM 4), puis le concours des ECN (Epreuves Classantes Nationales à la fin de la DCEM 4 – 6ème année), et enfin l’internat !

Comme souvent, qui dit médecine dit folklore, traditions … et faluche ! VDC représente donc, sur plusieurs de ses anecdotes, des étudiants porteurs de coiffe, carabins pour la plupart. En voici quelques uns !

Ses dessins ont été compilés, avec également beaucoup d’inédits, au sein d’une bande dessinée chez S-Editions, que vous pourrez trouver en cliquant ici.

vie de carabin faluche

vie de carabin faluche

vie de carabin faluche

Un grand merci à l’auteur pour accepter la publication sur faluche.net de ses dessins !

Le Royaume de la Basoche: anecdotes et histoire

Introduction

L’on a beaucoup entendu parler de la Basoche, sur Poitiers comme ailleurs en France, grâce notamment aux frasques de Didier I, qui s’est rendu, lorsqu’il était Roy, au sacre de Bokassa en Centrafrique. Son livre « Un Roi chez l’Empereur » est d’ailleurs très bien écrit, et vaut le coup d’être lu !

Mais, le Royaume étant actuellement en stand-by, il est difficile d’avoir des informations ou des anecdotes, à moins de rencontrer des anciens …

Ces panneaux, au nombre de 4, ont été réalisés par Géant pour le Royaume de Basoche via Dame Groseille, pour une exposition sur les traditions estudiantines à Poitiers organisée par l’Association des Faluchards Etudiants en Sciences (AFES) sous la direction de Géant, McFly, Darwin et Bilboket. Ils présentent quelques aspects du Royaume, des éléments historiques, ainsi que plusieurs anecdotes.

Pour toute ré-utilisation ou diffusion de ces panneaux, merci de contacter l’Association des Faluchards Etudiants en Sciences ou un de ses représentants

Pour les documents composants ces posters: directement Groseille, ou même le Royaume de Basoche !

 

Bonne lecture !

 

Sources: Grand Livre et Archives du Royaume; écrits et mémoires personnels des ArchiChanceliers Charles I, Nicolas I, Louis I et du Moine Pierre, Grand Plumitif de Simon I.

Rédaction: Dame Groseille, Ribaude Respublicaine.

Conception: Géant