Code national de la Faluche – 110ème anniversaire

Document distribué dans les welcome packs

Préface

Notre coiffe étudiante fut ramenée de BOLOGNE, il y a 110 ans (juin 1888). Elle a été adoptée comme telle lors d’un rassemblement international d’étudiants, A l’origine, il s’agit du béret de velours des habitants de la région.


Article 1

La Faluche se porte lors de toute manifestation étudiante, Cependant, elle est encore portée dans certaines universités, de manière habituelle. On a l’obligation de l’enlever seulement devant le recteur.


Article 2

La Faluche vit avec son détenteur, c’est pour cela qu’elle est comparable à un parchemin qui s’enorgueillit de toute nouvelle richesse de l’histoire de l’étudiant. Attention, elle ne doit cependant pas devenir une succursale de MONOPRIX.


Article 3

Afin d’harmoniser un minimum la construction des Faluches, un code national a été élaboré tout en y incluant des dispositions assez larges pour permettre toute fantaisie mais assez strictes pour réaliser l’uniformité.


Article 4

La Faluche se compose de 2 parties

  • Le circulaire
  • Le velours et ses rubans

A – Le circulaire

Les couleurs de circulaire

Le ruban circulaire est à la couleur de la discipline principale. Les couleurs sont basées sur les couleurs des toges doctorales et professorales françaises. En cas de double cursus, un ruban de plus petite taille sera placée au-dessus du principal. Un emblème définira plus clairement la discipline.

Le ruban sera :

  • en velours pour les filières médicales et paramédicales,
  • en satin pour toutes les autres disciplines.

les rubans velours :

Médecine Carmin Caducée médecine
Pharmacie Vert Caducée pharmacie
Dentaire Violet Molaire
Vétérinaire Bordeaux Tête de cheval
Sage-femme Fuchsia Croix de Ankh
Paramédical Rose Ciseaux ou caducée de la profession

Les rubans satin :

A.E.S. Vert clair AES
Archéologie Jaune Tête de sphinx
Architecture Bleu Equerre
Beaux-Arts Bleu clair Palette et pinceau
BTS Blanc BTS
Droit Rouge Glaive et balance
ISTAPS Vert foncé ISTAPS
Géographie Jaune Globe
Histoire Jaune Casque de Périclès
IUT Blanc IUT
Lettres Jaune Livre et plume
Oenologie Saumon Grappe de raisin
Prépas Marron Chouette bicéphale
Sciences Violet Palmes laurier et chêne croisées
  -Bio Lettre B
  – Maths Physique Lettre A
Chimie Violet Cornue et ballon
Construction Violet Maillet et marteau
Mécanique    
Sciences Eco Orange Caducée mercure
Sociologie Jaune Grenouille dorée
E.S.C. Vert et Rouge Caducée Mercure
Ingénieur Noir et Bleu Etoile et Foudre
Sciences Po Bleu et rouge Parapluie ouvert

Les insignes du circulaire :

Les insignes du circulaire sont :

  • ses initiales,
  • son bac,
  • son année de bac,
  • son cursus universitaire.



Le cursus universitaire est représenté par :

  • une étoile d’or par année réussie
  • une étoile d’argent par année redoublée
  • une tête de vache pour réussite en septembre
  • une palme simple pour fin de cycle
  • une palme double par diplôme (DEUG, …)
  • une tête de mort pour abandon de discipline
  • une quille pour service militaire effectué

Sous l’étoile de baptême ou bizutage, sera placé un ruban bleu pour les fac d’état et blanc pour les établissements Privés, Catho…

B – Le velours et les rubans:

Le velours est composé de 3 éléments :

  • Le velours noir
  • Les rubans
  • Les insignes

Le velours noir :

C’est sur celui-ci que se posent les rubans, insignes, devise, etc…

Nb: La devise pourra être inscrite en toute langue et sera placée du frontal à l’occipital à coté du ruban de région

Les rubans :

  • Les rubans de la région de naissance ainsi que ceux de la ville
  • Les couleurs de la ville d’étude
  • Les couleurs des associations de l’étudiant (Cf: Art 6).

Les insignes

Ceux-ci se divisent en deux catégories

  • les armes personnelles,
  • les insignes décernés.

les armes personnelles

Le chameau à l’endroit célibataire
  à l’envers coeur pris
Le squelette à l’endroit amour de l’anatomie
  à l’envers amour dit sexe opposé
Le cochon à l’endroit bizutheur
  à l’envers bizuthé
La feuille   perte de la virginité (M)
La rose   perte de la virginité (F)
La grappe de raisin   amour du bon vin
La plume   amour de l’écriture
La lyre   amour de la musique
L’ancre   amour de la navigation
Le sphinx   polyglotte
Le fer à cheval   chanceux
L’épi de blé   radin
L’épi de blé avec faucille   chanceux aux examens

Les insignes décernés

    • par le partenaire:

L’épée   fin baiseur
La pensée   fine baiseuse
La flèche   éjaculateur précoce
La lime   acte laborieux et difficile
    • par le Grand-Maître :

La bouteille de Bordeaux à l’endroit cuite certifiée
  à l’envers cuite non meitrisée
La bouteille de Champagne   coma certifié
La chouette   oiseau de nuit
Le coq   grande gueule
Le cor de chasse   grand chasseur
La poule   fille Très CHAUDE
Le bacchus   dignité dans l’ivresse
Le sou troué   nuit au poste
L’abeille   travail et minutie en asso (Nb: Décernée à la demande du président et se place sur le ruban d’association)

Article 5

Lors d’une garde ou d’un stage assuré par un carabin ou par un paramédical, tout passage de vie à trépas sera marqué par une faux du cot des insignes décernés. Il n’y aura qu’une seule faux.

Article 6

Les rubans de ville d’étude, de naissance ainsi que la région de naissance seront surmontés des écussons correspondants.

Le poste occupé au sein de l’association sera précisé sur le ruban.

Pour les représentants d’associations:

membres du CA ou bureau d’Associations Régionales
– un ruban aux couleurs de la ville d’élection,

Pour les Elus et Délégués au plan National :

membres d’un CA d’une Association ou Fédérations Nationales :

– un ruban tricolore,

membres de bureau :

– un ruban tricolore avec 2 liserais blancs,

Pour le président :

– un ruban tricolore avec 2 bandes blanches sur les cotés.

Pour les Elus et Délégués Européens:
un ruban aux couleurs de L’EUROPE.

Pour les Elus ou Délégués Internationaux:
Un ruban aux couleurs de l’O.N.U.

Nb: Le Délégué placera le ruban de son plus haut grade.

Article 7

Les Elus aux conseils d’U.F.R et d’Université placeront entre les rubans de région de naissance et ceux des associations, et du frontal à l’occipital, un ruban de satin jaune dont l’extrémité occipitale sera laissée pendante et sur laquelle sera placée :

  • une grenouille argentée par mandat au conseil de I.U.F.R,
  • une grenouille dorée par mandat au conseil de l’Université,
  • une tortue argentée par mandat au C. R. O. U. S,
  • une grenouille par mandat au C.N.O.U.S.

Pour les délégués mutualistes, ceux-ci placeront sur le ruban jaune une étoile d’or sur un petit morceau de ruban bleu en biais

Article 8

Dans toutes les disciplines le nécessitant, on procédera à l’élection d’un Grand-Maître parmi tous les faluchards et ceux aux vues de ses mérites.

Son rôle étant

  • d’être le garant des traditions,
  • le responsable des baptêmes,
  • celui qui décerne les insignes mérités.

Sa distinction sera une croix émaillée de blanc qui pendra à un ruban aux couleurs de la discipline.

Le potager :

Lors de toute sortie, manifestation ou repas, tout faluchard imprudent surpris en flagrant délit de copulage se verra décerner:

  • une carotte pour tout acte dit conventionnel,
  • un poireau pour tout pelage du même légume,
  • un navet pour sodomie
  • une betterave pour toute tarte AUX POILS.

Nb: Tout dépucelage, les légumes seront placés en X et tout acte homosexuel, une pointe de diamant sera placée sur le légume correspondant.

Article 9

Toute pucelle effarouchée ou donzelle à la jambe mutine demanda à voir l’intérieur de la faluche d’un étudiant, devra en passer par les armes et ce suivant le goût et au moment choisi par le propriétaire de la faluche.

Toute personne portant la faluche d’un autre sans son autorisation devra subir une épreuve choisie par le propriétaire.

 

1997 – Compte-rendu du 109ème anniversaire de la Faluche

1er Point : La Prolifération des insignes :

On aperçoit de plus en plus d’insignes sortis de nulle part tels le volant, le skieur, la cocotte et j’en passe. Lorsque l’on pose la question bête, c’est quoi ? Alors là c’est l’Hallali. Le volant veut dire As du volant avec tous les à cotés.

La réponse des Grands-Maîtres présents fut : STOP!!! Le code est assez lourd comme ça, n’en rajoutons pas.

2ème Point : La prolifération des ordres et rubans qui vont avec :

De même que les insignes dorés, les ordres fleurissent en France. Mais en plus, ces ordres ont des rubans.

Les réponses furent diverses et variées. Les premières réponses furent pour ceux qui réfutent totalement ces ordres, conque ont réfute le grelot.

La réponse adoptée fut : les ordres d’accord à condition d’une reconnaissance par les Grands-Maîtres. Alors, Mesdames, Messieurs, A VOS CISEAUX!!!

3ème Point : Et les Grands-Chambellans ?

Question de P’TI JOE GM Sc Rennes

La réponse majoritairement adoptée est :

Dans l’éventualité de lui succéder, il est là pour seconder le GM, peut en l’absence du Grand-Maître le remplacer lors de soirées. La remarque de PTIT JOE était que l’on voyait de plus en plus de croix de Grand-Chambellan à titre honorifique ou pour des services rendus et non plus comme une aide et un potentiel futur GM. Le titre de GC reste mais aux GM de les surveiller, de les former et de les choisir afin, éventuellement, de leur succéder.

4ème Point : Le re-baptême de faluchards

Sous prétexte d’avoir mal choisi leur parrain ou marraine, certains faluchards sont baptisés une seconde fois. A part la perte de faluche, aucun besoin de se refaire baptiser. (le choix des parrains et marraines doit être judicieux afin de ne plus le regretter)

5ème Point : Couleurs et insignes

Question de KISSCOOL architecture de Nantes (Je préfère donner le nom à YULL, car il a retenu qu’elle est jolie mais ne se souvient pas du nom de la donzelle, eh YULL demande le prénom des filles avant de leur sauter dessus)

Couleur bleu clair, avec l’équerre.

De même : officialisation du ruban argenté avec une lyre pour musicologie Pas de couleur pour journalisme. Pour les équivalences chacun se débrouille.

Merci à YULL de Paris, de Montpellier, de Saint-Cyr Coëtquidan (il ne s’agit que d’un seul YULL), pour nous avoir fournis pendant l’année ce compte-rendu.

Et chapeau de l’avoir fait sans rien écouter de toute la réunion.

1994 – Mémoire – LA FALUCHE une forme de sociabilité estudiantine – Révisé

Manuel SEGURA – Tomes 1 et 2

Manuel segura faluche maitrise histoire

Ce sujet de maîtrise peut paraître farfelu, et pourtant il y aurait tant à dire sur la faluche et ceux qui l’ont portée. Quand, avec quelques camarades, nous avons voulu remettre la faluche d’actualité à la faculté d’Histoire de Poitiers, nous nous sommes heurtés à différents problèmes; nous avions des codes de la faluche différents, nous ne savions rien de l’organisation que nécessitait la faluche, et, si elle en nécessitait une.
Il nous manquait un témoignage, une trace écrite pour nous guider. Faire un mémoire sur la faluche, c’est laisser la possibilité à de futurs étudiants qui en auraient envie, de réactualiser la faluche si celle-ci venait à disparaître.
Faire un mémoire sur la faluche c’est aussi s’intéresser à un phénomène de société. En effet, depuis deux ou trois ans on ne compte plus les livres ou les articles de journaux et de revues consacrés à la faluche et aux faluchards, les porteurs de faluche. Aborder ce sujet, c’est aussi aborder un siècle d’Histoire de France, d’un point de vue original, surtout à notre époque que marque le retour aux traditions folkloriques.

Continuer la lecture de « 1994 – Mémoire – LA FALUCHE une forme de sociabilité estudiantine – Révisé »

Le Bitard – journal de la Grand Goule

Outre un animal légendaire, représenté comme un dragon ailé et associé à l’histoire de Sainte-Radegonde à Poitiers, la Grand Goule était également un périodique pictave, qui a eu pour directeur de publication R. Jozereau.  

Dans les années 1930, celui-ci nous livre, certaines fois sous forme romancée, des anecdotes concernant la vie estudiantine pictave, et plus particulièrement celles se rapprochant du Bitard.

 

Grand Goule – mars – mai 1936 – numéro 40

Ordre du bitard

Ce texte décrit sommairement la Semaine Estudiantine de 1936. On notera que l’Association des Etudiants (ou l’A. plus loin dans le texte) dont il est fait mention est une référence à l’AGEP, Association Générale des Etudiants de Poitiers. Le “béret” dont il est question dans le texte étant la faluche, comme on peut le comprendre avec le “béret à bande bleue” des étudiants des Beaux-Arts.

 

 

Grand Goule – mars 1930 – numéro 8

 

ordre du bitard faluche

ordre du bitard faluche

Traduction du premier texte (merci à Schnappy, étudiante en droit à Poitiers, pour la traduction):

Depuis que cette édition mensuelle est parue, nous avons appris beaucoup de choses sur Poitiers et ses environs. Nous avons découvert des édifices et des monuments des siècles passés, à quoi ressemble la ville, et nous nous sommes laissés pénétrer par les histoires du Poitou depuis maintenant longtemps. 

Je m’étonne cependant que personnes ne nous ait rien raconté à propos d’une curiosité locale, qui pourrait cependant inciter chercheurs et étudiants étrangers à faire un séjour dans notre ville. Cette curieuse créature (c’est en effet un animal) a de quoi susciter l’intérêt du plus grand nombre au sein de la communauté savante, puisqu’elle a été observée jusqu’à maintenant uniquement dans les environs de Poitiers. Couramment désignée par un nom latin hautement scientifique, Bitardus paradoxus, la découverte de son genre n’est pas encore aboutie. 

Le Bitard vit dans les bois entre Saint-Benoît et Naintré, deux villages séparés l’un de l’autre par le Clain. C’est ici que l’animal se ressource, étendu sur un talus ensoleillé afin de profiter des rayons réchauffant du soleil de printemps. 

Quand on trouve la trace de cet animal rare, éclate chez les étudiants une grande excitation : c’est qu’ils considèrent la chasse de cet animal comme une faible contrepartie pour de nombreux désagréments. Les autorités ont un autre avis, et soutiennent que cette drôlerie n’est autre qu’un délit de chasse. C’est pourquoi de nombreux gardes forestiers sont postés afin d’empêcher le tapage. 

Le chapeau estudiantin sur la tête, lequel est décoré au bord par un ruban jaune, rouge, rose, vert ou violet pour représenter la faculté, un bâton en main et un sac dans le dos, voilà à quoi ressemblent les étudiants aux alentours de Saint-Benoît. Chacun croit que son devoir est d’exciter les paisibles habitants de Poitiers à grands renforts de cris et de chants. 

Arrivés dans la forêt, ils se dispersent, chacun se cache et attend que l’animal, attiré par un morceau de viande, entre dans le sac ouvert (faisant office de piège). Il est ensuite très simple de tuer la bête avec un bon coup de bâton. Il faut simplement prendre garde à ne pas tomber entre les mains des gardes forestiers. Mais les zélés chasseurs, Musensöhne en devenir (Ndt: Musensöhne = les fils de la muse/égérie), ne se laissent pas effrayer. Sans bruit, ils se faufilent dans la forêt, et bientôt, on entend plus que la rumeur des arbres. 

Soudain, un bruit puissant : on entend clairement et distinctement deux se disputant, l’une appartenant en effet à un garde forestier, l’autre étant celle d’un étudiant. Un sermon assez salé et un allègement de porte-monnaie marquent la fin  de l’altercation, celui qui a été pris sur le fait n’a cependant pas à s’inquiéter de cette raillerie. A part cela, tout reste calme. 

Doucement et prudemment, tel un indien, un porteur de chapeau sort en rampant de sa cachette, portant dans son sac de casse le Bitard prisonnier. Là ! Un toussotement ! Immédiatement, le chasseur se cache derrière un buisson protecteur et peut sans danger dissimuler à la vue du garde forestier la bête inconsciente. Ce dernier dit tout fort que « Si ce mec essaie seulement de s’échapper … », ce qui fait se dire au Musensohn qu’il est bien caché et va être sauvé. 

Son vœu est exaucé, l’œil de la justice s’éloigne et l’heureux chasseur rejoint ses camarades déjà rassemblés qui le salut et l’accueillent. Comme il a été demandé, toute la petite bande frappe en rythme dans ses mains afin de fêter le chasseur victorieux. 

Vers le soir, les héros reviennent en « monôme » au parc de Blossac, ce qui signifient qu’ils sont l’un derrière l’autre, formant un très grand rang, ils se recueillent alors de manière festive en chantant « Chahut … Chahut … Chahutez … ».Il faut faire trois fois le tour de la fontaine du parc en marchant avant de rejoindre le restaurant sous les yeux étonnés des poitevins, pour la Fête du jour. 

Le Bitard mort est exposé publiquement dans le parc. Les yeux fulgurants de la tête de martre brillent encore, les dents acérées et pointues semblent encore menaçantes, et les pattes de blaireau pendent vers le bas, sans vie. Au soleil se reflètent, telles des pellicules luisantes, des écailles de poisson, qui coulent de la queue déployée d’un dindon. 

Malgré la beauté de la victime, les étudiants s’occupent bien moins de cela que de fêter avec joie leur victoire. Encore tard dans la nuit, les étudiants errent dans les rues, au grand effroi des habitants, sortis de leur calme sommeil à grands coups de sonnette, et de visages effrayants  coiffés d’un chapeau noir et affichés aux fenêtres.

Traduction du second texte (traduction par Bilbo, sciences Poitiers)

Avant la guerre [Ndt: la première Guerre Mondiale], la Chasse au Bitard était une chose traditionnelle chez les étudiants de Poitiers. C’était une farce jouée par les anciens à un nouvel arrivant.

La Chasse consistait à capturer dans les bois de Saint-Benoît un animal étrange et carnassier: le Bitard. De lui, on faisait une vague description au jovial étudiant. La bête ressemblait tout à la fois à la fouine, au saumon, au dindon et au renard. Par conséquent, cette Chasse était fort divertissante pour les chasseurs, qui pouvaient se moquer de l’étudiant choisi.

L’heure venue, toujours de nuit, les étudiants joyeux et bruyants se mettaient en chemin pour les bois de Saint-Benoît, armés d’une lumière pour attirer le Bitard et d’un sac pour l’attraper (le jeune qui avait été choisi portait alors l’un et l’autre). A l’orée du bois, on ne parlait plus qu’à voix basse: et après une marche difficile dans les buissons obscurs, deux chasseurs se dirigeaient silencieusement jusqu’à l’antre du Bitard, qu’ils se proposaient d’éveiller.

Le nouvel arrivant s’agenouille alors, allume la bougie pour attirer le Bitard. Mais, tout à coup, la flamme s’éteint, le sac lui atterrit sur la tête, pendant que les autres chasseurs fuient. A force de s’agiter, il recouvre la liberté. Humilié, le jeune bitardier cherche et recherche son chemin, qui est fort difficile à trouver… D’un coup, il s’affole. Des branches le frôlent sur le côté. Serait-ce le Bitard ? Non, rien de plus que le garde champêtre. “Vous chassez durant la nuit, vous avez un sac et une bougie, ce qui est interdit! Je vais de suite vous inculper. Donnez-moi votre nom”. L’étudiant veut tromper le garde, en lui donnant un faux nom, mais celui-ci lui répond: “vous me mentez, je vous connais et sais que vous étudiez le droit en la noble cité de Poitiers. Vous paierez l’amende due”.

Alors, le pauvre étudiant pense avec une amertume certaine aux difficultés qu’il aura pour retrouver son chemin, aux moqueries de ses camarades, à l’argent perdu en jouant aux cartes, et enfin à cette amende qu’il va devoir payer… Après beaucoup de marche aux travers des bois et des moments de colère, l’étudiant en disgrâce arrive à Poitiers et ouvre la porte de  sa chambre, où l’accueillent les rires de sses compagnons qui l’ont précédé, ainsi que le garde champêtre qui connaît si bien le nom des étudiants de Poitiers. Enfin, ils burent, fumèrent et chantèrent jusqu’au lever du soleil.

De nos jours, la Chasse au Bitard n’est plus une farce, mais une distraction, qui attire tous les ans de nombreuses personnes à Saint-Benoît ! 

 

Grand Goule – Décembre 1935 – février 1936.

La Chasse au Bitard par R. Jozereau

 

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On remarquera à la fin de cet article sur la Chasse au Bitard, une brève faisant mention de Scapin. Cette revue créée en 1933 (source sur la Bibliothèque Nationale de France) était éditée par les étudiants de Poitiers et faisait mention d’événements folkloriques, associatifs … On trouvera un exemple d’article relatant la Semaine Estudiantine >> ici <<.

 

Grand Goule – Noël 1937 – numéro 45

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