Nouvelle République 2015 – Rentrée solennelle de l’Université et faluche

A Poitiers, la Nouvelle République publie tous les jeudis des articles concernant l’Université, les étudiants, les professeurs … dans une « page Campus ».

Celle du Jeudi 8 octobre 2015 était consacrée à la rentrée solennelle de l’Université (avec un focus sur les couleurs des toges doctorales et le rôle de « massier ») ainsi qu’à une présentation de la faluche et des faluchards.

(articles parus en page 13, dossier préparé par Didier Monteil).

 

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Legis’times novembre 2014- journal de l’asso droit à Poitiers

Voici un article sur la faluche, expliquant rapidement ses origines et présentant le circulaire d’une faluche juriste. Il est paru en novembre 2014 dans Legis’Times, le journal d’une association de filière juriste à Poitiers. Leur site est d’ailleurs disponible >> ici: Légistude <<.

L’article a été rédigé par Schnappy (Droit Poitiers).

Photo de la page 2: Cobaye (à gauche), carabin de Poitiers, LadyGa (à droite), juriste de Poitiers et GM Littéraires.

Photo de la page 11: faluche de LadyGa

poitiers faluche

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La faluche à Bourges

 

Même si la ville n’est pas grande, et surtout peu universitaire, quelques faluchards irréductibles s’obstinent à faire vivre la faluche à Bourges !

En témoignent ici deux articles, le premier paru dans B18 (magazine gratuit distribué à Bourges) et le second dans le Berry Républicain le 7 novembre 2012 (en page 7, auteur: Pierre Machado).

faluche etudiant

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L’Express Poitiers – des confréries étudiantes sur les traces de Rabelais

Article paru dans l’Express n°3233, édition spéciale Poitiers, le 19 juin 2013.

« Des confréries sur les traces de Rabelais »

bitard faluchebitard faluche poitiers

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Sur la photo, de gauche à droite, à l’arrière-plan: KeKalor, KulbutoP, PasDeBol, Chabousse Groseille, Minimoi, LaMineur. Au premier plan: McFly, MaskoteP, Chevalier CDL, Grand Bitardier Pearl Harbor, Chabousse Marti Fouette, Bilbo, Carambar, Bauer. Tout au fond, on voit la Pierre Levée.

2013 février – Les Faluchards, des confréries à la française

 

faluche,faluchard

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Article trouvé sur http://www.meltycampus.fr/les-faluchards-des-confreries-a-la-francaise-a156083.html


Texte:

Les Faluchards, des confréries à la française

par Jade (Jadoune972) le 7/02/2013 19:29 |

Dans l’actualité France

Plus ancienne association d’étudiants de France, les Faluchards sont reconnaissables à leur béret de velours noir recouvert de pin’s. Retour sur la plus vieille confrérie de France, et sur ses descendants…

L’origine des Faluchards remonte au 19ème siècle, au congrès de Bologne. Parmi les étudiants italiens et allemands aux tenues gaies et surtout facilement reconnaissables, les étudiants français se sentirent « largués ». Pour compléter leur tenue trop sévère, ils adoptèrent le béret de velours noir emblème de la région de Bologne, qui fut par la suite customisé avec des Pin’s, racontant l’histoire de celui qui le porte. Voilà l’origine de la « faluche » et des faluchards, dont la confrérie n’a pas cessé de grandir au fil des années. Peut-on les voir comme l’équivalent à la française de ces fraternités américaines aux noms grecs qui font rêver les français ? Sans doute un peu, car les ressemblances sont multiples : connus pour leurs fêtes arrosées et leur exubérance, les faluchards, à l’instar des confréries américaines, obéissent à certaines règles clairement établies…

Oui le Code des Faluchards existe. Et mieux encore, ils ont un Grand Maître (un pour chaque ville) et un Grand Chambellan. Une société très hiérarchisée donc, qui pourtant se défend d’être fermée. Même si la majorité de leurs membres sont les étudiants en médecine, bien connus pour leurs attraits pour la fête et tout ce qu’elle sous-entend, les faluchards insistent : l’accès à la confrérie n’est pas réservé uniquement aux futurs médecins ! Sur les nombreux sites qu’ils animent, les faluchards encouragent les intéressés à se rapprocher d’eux, que ce soit pour un « baptême » ou simplement pour obtenir quelques informations sur ce groupe étonnant. Toutefois, la mise en garde est très claire : sur les sites les plus traditionnels, une attention toute particulière est demandée lors des motivations à l’entrée dans la confrérie. Les motifs « aime faire la fête/boire/se faire des amis » ne sont pas valables ! Attention donc à ceux qui voyaient dans la confrérie des Faluchards un moyen aisé de se faire un groupe de potes populaires… Les faluchards ont aussi le droit de faire la fine bouche !

2010 – Soirées médecine : « biture express » chez les étudiants

22h00 Tenue de combat

Une semaine que mon entourage me met en garde contre les supposés « débordements » des soirées médecine : « Tu vas voir, dans ces soirées, c’est l’orgie », « surtout ne bois rien, on ne sait pas ce qu’ils mettent dans les verres ». Préparée au pire pour cette soirée de fin d’année de la fac de médecine Paris 5, je retrouve mes vieux réflexes d’étudiante. J’enfile mon « jean de soirée » et mes converses infatigables (j’ai bousillé trop de chaussures dans le fameux « jus de soirée », ce mélange de bière et d’alcools variés qui tapisse le sol des boites). 

23h45 Préchauffe

soiree medecine« Les filles, j’enchaîne depuis 18 heures, je suis défoncée », rigole Lucie, 22 ans, devant l’entrée de la boite-péniche. Une centaine d’autres étudiants attendent l’ouverture des portes depuis une demi-heure. Pour faire passer le temps, la plupart se pré-chauffent, avec une bière ou un mélange fait maison de rhum-orange. Paf ! Le groupe de Lucie s’ouvre une bouteille de champagne. « C’est la soirée des 6ème année ce soir. Ils viennent de passer le concours de leur vie,l’internat. Ils n’ont pas mis le nez dehors depuis 3 mois, m’explique David, 21 ans, avant de reprendre une gorgée de sa bouteille de rosé. Rien de mieux qu’une bonne défonce pour relâcher la pression. » Une jeune fille à l’entrée échange notre pré-vente (à 18€) contre des « tickets boissons ». 10 hard, 10 soft, par personne. L’équivalent d’une demie bouteille d’alcool fort. Depuis l’interdiction des open bars par la loi Bachelot (2009), les BDE (Bureaux des élèves) en charge de l’organisation des soirées, contournent la difficulté avec la distribution de tickets ou de bracelets à trous. « En cas de descente de flics, on est en règle. Mais on boit toujours autant », m’explique un étudiant en rigolant.

00h30 Whisky-coca ou vodka-pomme ?

soiree medecine alcoolLes plus téméraires resteront 5 heures dans l’ambiance moite et l’odeur de transpiration des soirées précédentes de la salle de danse. Les autres picolent sur le pont de la péniche. Au bar, les mélanges sont balisés : whisky-coca, vodka-pomme ou bière. Ce soir, il n’y aura ni distribution de bracelets fluorescents, ni danseuses professionnelles offerts par les marques d’alcool. Attirés par le marché très lucratif des jeunes, les « alcooliers » sont normalement des habitués des soirées étudiantes. Sur la piste de danse, un petit groupe de filles délurées ondulent, toutes un verre à la main. L’une, hilare, donne des coups de bassin sur les fesses de sa copine. Une autre est écroulée sur un canapé, loin dans les délires de l’alcool. 

01h30 Record à battre

soiree medecine alcool« Record à battre les mecs : 8 galettes en une soirée », la bande de Pierre, 23 ans, répond avec des râles de plaisir à ce nouveau défi. Et hop, ils avalent cul sec la fin de leur verre. Pierre se lève et part affronter la cohue au bar pour une nouvelle tournée. Les trois-quarts des étudiants sont agglutinés sur le pont de la péniche. Par petits groupes, ils sifflent leurs tickets. Personne ne semble boire sous la contrainte. Mais comment en être sûre ? « Il n’y a rien de pire que de se retrouver dans une soirée sans avaler une goutte d’alcool, raconte Sophie, 22 ans, 3 verres de whisky-coca et deux bières dans le sang. Même si parfois on va un peu trop loin, les soirées seraient d’un ennui mortel. Si tout le monde boit, t’es obligé de suivre le rythme pour être au même niveau » Pression de groupe, hyper alcoolisation, oubli de soi, les soirées étudiantes empruntent de nombreux codes du bizutage. Sur le pont, il n’y a pas de musique, mais ils sont obligés de crier pour se parler. « C’est mort ce soir, philosophe Guillaume, en 3ème année de médecine. Y a quasiment que des étudiants de 6ème année. Ils ne savent plus boire. C’est chiant. » Sa copine Sophie confirme : « C’est pas une soirée normale. D’habitude les mecs sont à poil. » Et les filles ? « A poil aussi ! » Pour Ousseynou Ngom, auteur d’un mémoire sur Les Jeunes et l’alcool, cette baisse de consommation d’alcool au bout de 2 ou 3 ans d’études, « n’est pas une question de maturité ou de prise de conscience. Une fois que vous êtes accepté et reconnu dans le groupe, vous n’avez plus besoin de faire vos preuves. »

02h15 Roi de la choppe

soiree medecine sexeAccoudé au bar, Mathieu porte la faluche : un béret de velours rouge, recouvert de pin’s, de rubans colorés, d’un mousqueton, d’une petite corde d’escalade… Comme tous ses camarades faluchards, il fait partie de la « corpo » de la fac, l’équivalent du BDE. Pour intégrer ce cercle très fermé des « durs », Mathieu a passé toutes les étapes. Mais la mise à l’épreuve ne s’arrête pas là, « à chaque soirée, nous honorons les 4 piliers de la vie : la fête, la bouffe, l’alcool, le sexe », explique le faluchard, imbibé d’alcool. Ce soir il manque la bouffe, mais la tension sexuelle est partout. Juste à coté, j’entends un étudiant dire à ses potes : « Bon les mecs, on va choper ou pas ? Là il faut qu’on se bouge ! ». Dans la queue des toilettes des filles, Delphine, 20 ans est déçue : « J’ai pas réussi à choper ma target » [comprendre : elle n’a pas réussi à embrasser le garçon qui lui plaisait]. Sa copine, Pauline m’explique son truc pour draguer. « Moi je suis une fille faluche. J’ai qui je veux. » Je connaissais les compétitions de chopes en soirée, mais là je remballe mes idées fleurs bleues.

03h00 Drogues dures

De retour à l’étage, sur le pont de la péniche, une horde de zombies se meut au ralenti. Chacun prend appui sur les autres pour tenir debout et se frayer un chemin. Les gestes sont maladroits, les peaux moites. Luc me bouscule. Il pose sa main sur mon épaule et me dit péniblement, les yeux quasiment fermés par l’alcool : « Pardon, je t’avais pas vue ». Ni moi, ni la cuite. Installés autour d’une table, 4 étudiants préparent discrètement des lignes de cocaïne. Ils ne voudront pas en parler, mais cette pratique s’est banalisée dans les soirées étudiantes ces dernières années. « Le sujet est tabou, analyse Ousseynou Ngom. Contrairement à l’alcool, la consommation de cocaïne n’est pas assumée. On sait que le prix de vente de cette drogue a fortement diminué ces dernières années, mais on ne dispose d’aucun chiffre précis sur sa consommation. »

03h45 Dernier tour de piste

A l’écart dans une autre salle, une étudiante lutte contre le trou noir de l’alcool. Assise face au mur, les mains sur les cuisses, la tête baissée, elle attend que ses hallucinations passent. Une copine passe par là, « ca va ? » Réponse « Hum ». Sans commentaire, la copine s’en va. La scène est trop banale pour pouvoir s’en inquiéter. Ce soir il n’y a pas d’équipe du Samu sur place. A la demande des administrations des établissements, certains BDE anticipent les bitures et réservent un stand au Samu ou à la Croix rouge,directement à l’entrée de la boite. Des mesures pas forcément efficaces pour encadrer la défonce… Un spécimen s’approche de moi : « Je sens que cette demoiselle a très envie de voir ma b… » Je le coupe avant de connaître la suite. Il part exhiber ses attributs un peu plus loin. Je fais un dernier tour avant de partir. Les coins sombres sont tous occupés par des corps qui se caressent. Les faluchards font le siège du bar. Les derniers résistants sur la piste de danse, dégoulinent de sueur. Ce soir, les futurs médecins n’ont pas joué leur grand numéro de débauche. Il y a encore des partiels la semaine prochaine. Preuve que le groupe n’a pas toujours le dernier mot.

Texte et photos : Julia Zimmerlich
 
 
Soirées médecine : « biture express » chez les étudiants
 

Article trouvé sur le site de l’étudiant: http://www.letudiant.fr/loisirsvie-pratique/soirees-medecine-biture-express-chez-les-etudiants-14749.html

septembre 2010


2011 – Les « faluchardes » : rencontre avec de drôles d’étudiantes

Séverine : C’est une faluche, la coiffe des étudiants français. Elle est apolitique, aconfessionnelle, indépendante et asyndicale. Elle aurait été rapportée en France après un congrès d’étudiants qui a eu lieu à Bologne, en Italie, le 12 juin 1888. Ils portaient des coiffes aux couleurs de leur fac, et ils ont trouvé le concept sympa.

Tatiana : Les faluchards, c’est d’abord des étudiants ! C’est une grande famille, un grand réseau de personnes qui portent un chapeau, se rencontrent, font la fête et perpétuent une tradition.

C’est pas très connu tout ça. Comment vous avez eu l’idée de faire partie des faluchards ?

Séverine : On ne fait pas d’affichage, ça fonctionne par le bouche-à-oreille. J’ai connu des faluchards en médecine, j’aimais le concept, mais je n’avais pas accroché avec les personnes. Par la suite, j’ai rencontré des gens super et l’ambiance m’a plu. J’ai attendu 9 ans avant de me faire « baptiser ».

Tatiana : Si je n’avais pas fait d’associatif, je n’aurais peut-être pas de faluche. J’ai rencontré ces gens à chapeaux pendant la formation du BDE de mon IUT, je leur ai posé plein de questions. J’ai traîné avec eux pendant 3 ans et demi avant de me faire falucher.

Justine : Au moment de mon intégration en médecine, j’ai vu des gens avec des chapeaux qui avaient l’air sympa. À l’époque, j’avais pas le temps mais je m’étais renseignée sur Internet et ça me plaisait. Je suis allée à un apéro faluchard et j’ai accroché.

Devenir falucharde, mode d’emploi

Okay, donc vous avez kiffé et décidé d’être faluchardes. Concrètement, on fait quoi ?

Justine : À ce moment-là, on nous appelle les impétrants. On doit se trouver un parrain et une marraine de faluche, des faluchards avec qui on s’entend bien ! C’est des confidents, on aura vraiment une relation privilégiée donc il faut les choisir soigneusement, même si dans certaines villes ils sont imposés. On a la notion de famille en faluche : avec Tatiana, on est « cousines » parce qu’on a un parrain en commun.

Tatiana : Mon parrain, c’est lui qui m’a lancé dans l’associatif, il m’avait dit qu’il aimerait bien avoir ce rôle ! Et sa marraine, c’est Séverine !

Séverine : Ma marraine, c’est un mec ! Ils ont un rôle un peu éducatif, ils sont là pour te préparer à ton baptême.

Ça se passe comment, un baptême faluchard ?

Séverine : Son déroulement est tenu au secret ! Il faut que ce soit la surprise pour l’impétrant qui se fait falucher, sachant que le but, c’est qu’il s’en souvienne de façon positive. Chez nous ça se passe sur une soirée, il y a quelques épreuves, on va te demander d’apprendre des chansons et de connaître le code de la faluche.

Tatiana : J’en garde un super souvenir. Tu n’en connais pas toujours la date, même si on s’en doute un peu ! Les gens qui deviennent faluchards le même jour que toi sont tes « frérots » ou « soeurettes ». Pendant le baptême, ou après, on te donne ton surnom, par rapport au déroulement de la soirée, à ta vie perso, tes origines… C’est plein d’acronymes et de jeux de mots.

 

Décryptage de la faluche, cet objet mystérieux

Après votre baptême, vous portez un truc pas du tout discret, la faluche. Ca ressemble à quoi ?

Séverine : C’est un chapeau en velours avec des pin’s et des rubans qui ont une signification, un peu le « CV » de l’étudiant. Il y a un code national et des particularités pour les villes. La mienne, je l’ai achetée vierge.

Justine : Avec Tatiana, notre faluche a été « faite maison » par notre parrain ! Et on doit tout coudre à la main dessus ! C’est un souvenir, on y est super attachées, pour sa valeur sentimentale mais aussi pécunière (on achète les pin’s), et parce qu’on en a bavé sur les coutures !

Et ça veut dire quoi, tous ces pin’s et ces rubans ? À toi Séverine !

 explication faluche

1- La base, le circulaire : avec le nom de la personne, ses initiales, quel bac elle a passé et l’année où elle l’a eu. Pour le ruban, il y a un code couleur selon ta filière. Il est en velours pour les étudiants en santé, en satin pour les autres. Par dessus, il y a les emblèmes de discipline, qui décrivent ta scolarité (réussite, redoublement etc.)

2- Une partie personnelle : il y a les surnoms de tes parrains, les insignes de ce que tu aimes, éventuellement ta devise.

3- Une partie (souvent un écusson) avec ta province ou ville de naissance.

4- Une partie associative, avec des rubans de couleur : si tu fais partie d’une association étudiante ou d’une BDE.

5- Une partie avec tes villes d’études.

6- Une partie officielle, avec ce qu’on te décerne.

7- Une partie pour les voyages et échanges.

8- Une sécurité, pour éviter de se la faire voler : il y a des gens qui ne nous aiment pas et qui piquent les faluches.

9- L’intérieur, le « potager » : l’endroit où tu mets ce que tu ne veux pas que tout le monde sache. Théoriquement il faut l’autorisation de son proprio pour regarder dans une faluche.

 

La vie de la falucharde : let’s get the party started…

Maintenant que vous avez votre chapeau sur la caboche, vous faites quoi ?

Séverine : C’est du partage, de l’entraide, et de la fête. Dans chaque ville, il y a des associations faluchardes qui organisent des événements. À Lyon, il y a un apéro faluchard une fois par semaine. C’est pas du tout obligatoire et tu peux aussi venir si tu veux juste poser des questions. On se déplace parfois pour faire les apéros des autres villes ! Il y a aussi les repas de filière, l’anniversaire de la faluche chaque année, et les week-ends de congrès organisés par chaque ville.

Justine : Le congrès, c’est souvent en camping, l’hiver dans des gîtes. On est habillés complètement à l’arrache, parfois déguisés. Ça commence par une soirée le vendredi. Le samedi, on fait des activités, l’après-midi il y a des événements de faluche, genre « mariage » (pour le délire, entre faluchards de plus de six mois) ou « enterrement »(quand tu décides d’arrêter). Le samedi soir, c’est apéro avec toutes les spécialités locales, puis soirée.

Le code du faluchard

En tant que faluchardes, vous avez des obligations, des règles ?

Justine : On doit respecter nos aînés faluchards, et notre faluche. Elle doit rester dans son domaine étudiant. Et on doit se tenir bien dans les événements publics : si tu as une conduite déplorable, on peut te reprendre ta faluche (même si c’est très rare). En fait, on passe pour des marginaux alors qu’au final c’est assez structuré. On se fait falucher par choix, donc on accepte les contraintes, et puis c’est pas le bout du monde.

Est-ce qu’il y a une hiérarchie « officielle », un support écrit qui vous aide ?

Séverine : Beaucoup de choses se transmettent à l’oral, d’où l’importance de la tradition, mais le code évolue. Il y a un code écrit des faluchards (que tu peux trouver sur Internet), national et par ville. Il n’y pas de vraie hiérarchie, mais des « grands maîtres » (GM) dans chaque filière, qui officient aux baptêmes, recadrent les gens. Ce sont des gardiens de la tradition.

Pour Justine, « la plus grosse contrainte, c’est le regard des autres »

Est-ce que vos parents savent que vous êtes faluchées ? Qu’est-ce qu’ils en pensent ?

Tatiana : Ils ont un peu flippé, mon père trouvait ça un peu sectaire. Je ne leur ai dit qu’après, quand j’ai demandé à ma mère de m’expliquer comment coudre ma faluche. Je leur ai expliqué, et puis ils savent que ça ne m’empêche pas de travailler donc ils me font confiance.

Séverine : Ils sont au courant, tant que je passe mes diplômes ça va. Mais mon frère est violemment anti-faluche, il m’a dit que j’allais être « la honte de ma famille ».

Et vos potes d’avant la faluche, quelle a été leur réaction ? Est-ce que vos relations ont changé ?

Tatiana : Certains gardent en tête le préjugé du faluchard alcoolo. D’autres sont un peu sceptiques mais voient que je suis bien dedans. Mais je n’ai pas l’impression de voir moins mes amis non faluchards comme certains le craignaient, et je ne pense pas avoir changé, ou alors plutôt en bien.

Séverine : On s’est éloignés, mais c’est plus une question d’horaires incompatibles et de distance géographique. Mais ils viennent aux apéros, ils se mélangent aux faluchards, ça ne gêne personne.

Cette image d’étudiants fêtards, gros buveurs… Vous la vivez comment ?

Séverine : Tout le monde a des détracteurs, nous c’est parce qu’on a un chapeau et que c’est pas dans la norme. Forcément, entre deux étudiants qui finissent dans un sale état, tu retiendras celui qui avait un truc sur la tête. Mais il y aussi des faluchards qui ne boivent pas, par choix ! Ils ont un insigne spécial, le Bacchus troué.

 

La faluche bienheureuse face à la réalité étudiante

faluche de dos

Aller aux apéros, aux congrès, aux baptêmes… Tout ça prend du temps, vous faites comment pour gérer la faluche avec vos études ?

Justine : Le premier commandement, c’est « un bon faluchard est un faluchard qui réussit ses études » et qui est diplômé. Par exemple, j’avais demandé à ce que mon baptême soit après mes partiels, qui étaient ma priorité.

Séverine : Que tu aies une faluche ou pas, si t’as envie de faire la fête, tu trouveras le moyen de la faire. C’est sûre qu’avec la faluche, il y a plus de tentations, mais c’est la responsabilité de chacun qui entre en jeu. Et c’est rare qu’on aille à tous les apéros et tous les week-ends.

Financièrement, acheter des pin’s et faire des voyages, ça revient pas trop cher ?

Justine : C’est souvent là que se trouve la limite. On reste des étudiantes fauchés. Du coup, on va peut-être travailler pendant les petites vacances pour pouvoir se payer ça, parce que ça nous fait plaisir.

Séverine : Le prix d’un week-end est relativement accessible : à 40-50 euros avec logement, repas et boisson, on se débrouille. Et les gens s’organisent en covoiturage pour réduire les frais.

En résumé, la faluche, ça vous apporte quoi par rapport à une étudiante « lambda » ?

Tatiana : Je suis peut-être un peu plus ouverte, un peu plus sûre de moi. Et c’est un vrai réseau, on passe beaucoup par Facebook et ça facilite les choses. L’année prochaine, je vais faire mon alternance à Paris, donc je vais faire marcher les pin’s pour trouver un coin de canapé où dormir ! Il y a une confiance mutuelle, on se connaît tous plus ou moins. Je pense rester en faluche au moins 2-3 ans après avoir fini mes études. Mais il y a même des faluchards de 80 ans !

Justine : C’est la famille qu’on s’est choisie. On est tous arrivés dedans parce qu’on avait envie de rencontrer des gens, ça permet de s’ouvrir, surtout en école d’infirmières où on reste assez fermés sur nous-même. Et pour voyager, tu passes 3 coups de fil et c’est parti !

Séverine : C’est une autre manière de vivre sa vie étudiante. C’est l’occasion de sortir de ta filière et de rencontrer les gens que tu n’aurais pas forcément côtoyés à la fac. Je pense que tu es falucharde parce que tu as l’esprit ouvert et que tu veux connaître des choses. Il y aussi beaucoup d’entraide et c’est un réseau qui perdure dans la vie active. Même si forcément, tu ne peux pas aimer tout le monde, ça créée un contact facile. Chacun sa vision de la faluche. Pour moi, il faut avoir de l’humour, et être tolérant vis-à-vis des autres. On n’est pas sectaires, on a juste un chapeau !

 


article trouvé sur le site mademoizelle.com: http://www.madmoizelle.com/faluchardes-rencontre-118237#sthash.ZyZ8krqO.dpbs


 

2012 – Ouest-France – Les faluchards caennais fiers de leurs traditions – Caen

La légende remonte à plus de 800 ans. À l’époque, des étudiants de l’Europe entière se sont retrouvés à Bologne, en Italie. Tous alors avaient une coiffe distincte, pour chaque pays. Sauf les Français. De là est née la faluche, un béret noir arboré par les étudiants de l’Hexagone.

Depuis, la tradition persiste. Le week-end dernier, tous les faluchards de France se sont même donné rendez-vous pour leur 124 e congrès annuel, à Paris. L’occasion pour eux de se retrouver et de faire la fête.

À Caen, c’est tous les mardis soirs que les faluchards se retrouvent au bar « Le Cla’b », rue Saint-Laurent. Romain, 25 ans, étudiant en sociologie explique : « Ici on se retrouve pour bien boire, bien manger. On vient de toutes les filières et on est membres de plusieurs associations ».

Julie, 32 ans, a terminé ses études de radiologie mais ça ne l’empêche pas de rejoindre les faluchards : « Il faut savoir que, même si on ne le voit pas, ce sont surtout des faluchards qui s’occupent des associations étudiantes ».

Un esprit très rabelaisien

Romain a lui-même confectionné sa coiffe. Il la décrit avec fierté : « Sur une faluche, des emblêmes. On peut tout savoir d’un étudiant : sa filière, le nombre d’années terminées, les résultats aux examens. Une étoile dorée, c’est une année validée. Une étoile argentée, une redoublée. Après des insignes peuvent s’ajouter. J’ai la fourchette de fin cuistot car je cuisine souvent pour les soirées. J’ai aussi le ciseau, comme j’ai créé moi-même ma faluche. »

Leurs valeurs ? « On a un esprit très rabelaisien. On est des bons vivants mais la réussite est aussi très importante. On récompense les bons étudiants ou au contraire, on peut distribuer des blâmes. »

Pour devenir faluchard, il faut avoir fait ses preuves lors du baptême : « Ce n’est pas méchant du tout, ce n’est pas un bizutage. On n’en garde tous de très bons souvenirs, mais ça doit rester secret ».

Entre faluchards français, la solidarité est forte. « On peut arriver dans n’importe quelle ville, un collègue nous accueillera. Même avec des étudiants étrangers, car il y a aussi des faluchards belges, italiens, espagnols… On aime aussi s’échanger des bons produits », explique Julie.

Lucie BACON.

Les faluchards caennais fiers de leur tradition


article trouvé sur le site de Ouest France: http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Les-faluchards-caennais-fiers-de-leurs-traditions-_14118-avd-20120723-63290873_actuLocale.Htm


 

1936 – Ouest Eclair – Des etudiants bordelais victimes d’une agression

devant une vieille maison nantaise, d’une architecture très pittoresquement évocatrice de temps révolus.
Ils écoutaient les explications de leur camarade, lorsqu’ils furent surpris, par derrière, au moment où ils s’y attendaient le moins, par une bande d’énergumènes
Les étudiants ne portaient aucun insigne, mais ils étaient coiffés de leur béret traditionnel, la « faluche ».
Deux de ces coiffures furent arrachés, mais les étudiants se ressaisirent et l’un des agresseurs dut rendre une « feluche »
Mécontents, à juste titre, d’être accueillis de cette façon dans notre ville, les étudiants se rendirent au commissariat de permanence où ils furent reçus par M. Gruet. Une plainte en règle fut enregistrée.

 

1936 - Ouest Eclair - Des etudiants bordelais victimes d'une agression