2012 – Ouest-France – Les faluchards caennais fiers de leurs traditions – Caen

La légende remonte à plus de 800 ans. À l’époque, des étudiants de l’Europe entière se sont retrouvés à Bologne, en Italie. Tous alors avaient une coiffe distincte, pour chaque pays. Sauf les Français. De là est née la faluche, un béret noir arboré par les étudiants de l’Hexagone.

Depuis, la tradition persiste. Le week-end dernier, tous les faluchards de France se sont même donné rendez-vous pour leur 124 e congrès annuel, à Paris. L’occasion pour eux de se retrouver et de faire la fête.

À Caen, c’est tous les mardis soirs que les faluchards se retrouvent au bar « Le Cla’b », rue Saint-Laurent. Romain, 25 ans, étudiant en sociologie explique : « Ici on se retrouve pour bien boire, bien manger. On vient de toutes les filières et on est membres de plusieurs associations ».

Julie, 32 ans, a terminé ses études de radiologie mais ça ne l’empêche pas de rejoindre les faluchards : « Il faut savoir que, même si on ne le voit pas, ce sont surtout des faluchards qui s’occupent des associations étudiantes ».

Un esprit très rabelaisien

Romain a lui-même confectionné sa coiffe. Il la décrit avec fierté : « Sur une faluche, des emblêmes. On peut tout savoir d’un étudiant : sa filière, le nombre d’années terminées, les résultats aux examens. Une étoile dorée, c’est une année validée. Une étoile argentée, une redoublée. Après des insignes peuvent s’ajouter. J’ai la fourchette de fin cuistot car je cuisine souvent pour les soirées. J’ai aussi le ciseau, comme j’ai créé moi-même ma faluche. »

Leurs valeurs ? « On a un esprit très rabelaisien. On est des bons vivants mais la réussite est aussi très importante. On récompense les bons étudiants ou au contraire, on peut distribuer des blâmes. »

Pour devenir faluchard, il faut avoir fait ses preuves lors du baptême : « Ce n’est pas méchant du tout, ce n’est pas un bizutage. On n’en garde tous de très bons souvenirs, mais ça doit rester secret ».

Entre faluchards français, la solidarité est forte. « On peut arriver dans n’importe quelle ville, un collègue nous accueillera. Même avec des étudiants étrangers, car il y a aussi des faluchards belges, italiens, espagnols… On aime aussi s’échanger des bons produits », explique Julie.

Lucie BACON.

Les faluchards caennais fiers de leur tradition


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