1888 – le ptit journal – les étudiants à Bologne

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« Mr Lockrey, ministre de l’instruction publque, a communiqué au conseil des renseignements à propos des faits qui se sont produits à Bologne à l’occasion des fêtes de huitiième centenaire de l’Université.
Les étudiants italiens et allemands attendaient à la gare les étudiants français. Les allemands ont salué de l’épée le drapeau français.
Les italiens ont poussé le cri de « vive la France! ». Ils ont ensuite embrassé le drapeau.
La voiture où se trouvaient les étudiants français a été dételée, les étudiants ont été portées en triomphe.
Le président de la société des étuidants français,M. Chaumeton, a eu une entrevue publique avec le roi qui lui a sérré la main.
Le roi est entré à Bologne précédé par le drapeau français apporté par les étudiants.
A droite, se trouvait le drapeau de Rome, à gauche celui de Venise. »

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« Bologne
Au moment du départ des souverains, les étudiants français ont offert, au milieu des acclamations, à la reine Marguerite un bouquet de fleurs aux couleurs nationales françaises réunies par un ruban aux couleurs italiennes. »

Juin 1888 - le ptit journal - les étudiants à Bologne

Juin 1888 - le ptit journal - les étudiants à Bologne

1925 – Ouest Eclair – Les étudiants nantais et rennais fraternisent

L’indulgence ? Pourquoi ?…. Qui pourrait se plaindre d’une joyeuse animation, fut-elle bruyante, lorsqu’elle est signe d’entente et de cordialité. Or, c’est le cas.
Ces deux cents étudiants nous arrivant de la métropole universitaire de l’Ouest représentaient la démarche courtoise et symbolique de Rennes oubliant le passé, et venant tendre une main fraternelle à la vieille cité nantaise.

La délégation rennaise avait à sa tête M. Colas-Pelletier, cumulant les fonctions de président de l’Association générale des étudiants rennais et celle de président.du club sportif des étudiants rennais. L’accompagnaient : M. Picquenot, vice-président: de l’A. G. Rennais et MM. Bossu-Menton,. Rousseau, Lesage et Destages.
Parmi les deux cents étudiants rennais, il y avait des étudiantes… C’est à croire que Rennes les avait choisies et élues tant ces jeunes filles faisaient, figures de reines, entourées, au reste, qu’elles étaient d’une cours respectueuse et pleine d’attentions.
Nous avons pu en juger lors de la réception qui eut lieu, le matin, au siège de l’A. E. N. et où cette délégation féminine, composée de Mlles Flandrin, Mona-Voisard, Cernée et Odette de Feraudy, rencontra la section féminine nantaise présidée par Mlle Ruel.
Mais tout ne fut pas galanterie à cette réception et d’abord nous entendîmes M. Monnier, président de l’A. E. N., entouré de MM. Lemerle et Garaud, vice-président Bigot, trésorier et Bouté, secrétaire, haranguer les camarades rennais pour leur souhaiter une chaude bienvenue et les convier à une union de plus en plus intime avec les étudiants nantais.
« Nous sommes, dit-il encore, plus près de vous que de nos camarades angevins. Eux, vivent sous un autre ciel, sont un peu d’une autre race ».
Dans sa réponse, M. Colas-Pelletier mit de son ardeur sportive.
« C’en est fini des querelles entre Rennes et Nantes, dit-il. Une ère de concorde s’ouvre qui ne se fermera jamais ».
« Et d’ailleurs, ajoirte M. Colas-Pelletier, à Lille, lors du Congrès national, n’avons-nous pas fait déjà-bloc. Rennais et Nantais n’étaient-ils pas amalgamés, leur énergie teintée de la même mélancolie bretonne s’opposant à l’exubérance méridionale ?»
Après un éloge de,M. Monnier dont M. Colas fit ressortir le beau sang-froid et l’esprit de diplomatie, les coupes s’entrechoquèrent et l’on but aux deux AG.

 

Les étudiants nantais et rennais fraternisent

1890 – le congrès de BOLOGNE raconté par E. LAVISSE

Les paragraphes sont les suivants:
– LA POLITIQUE ETRANGERE DES ETUDIANTS
– Devoirs envers les étrangers (Allocution prononcée dans une réunion de l’Alliance
française.)
– Les fêtes de Bologne
– Le retour de Bologne (Allocution prononcée dans une réunion des étudiants de Paris, le 23 juin 1889)
– Les fêtes de 1889 (discours aux étudiants étrangers et français, prononcé au banquet de Meudon, le 12 mai 1889)
– Présentation des etudiants à M.CASTELAR (discours prononcé le 13 novembre 1889, en Sorbonne dans une réunion de l’Association Générale des Etudiants de Paris)

Un extrait des fêtes de bologne:
« LES FÊTES DE BOLOGNE

Les fêtes de Bologne ont été très belles, et si pleines de toutes sortes de choses, que l’ensemble, « au moment où j’essaye de le représenter à mon esprit, m’appârait comme une toile immense, où des centaines de personnages, les uns en ordre de procession, les autres en tumulte de cohue. s’avancent ou se bousculent autour des palais, des fontaines, des églises et des statues, sous le grand soleil et le ciel bleu, avec, un éclat extraordinaire de couleurs, couleurs aux fenêtres d’où pendent les guirlandes et les tapis, couleurs surles épaules et les têtes bariolées de centaines de professeurs et d’un millier d’étudiants, couleurs sur les visages qui représentent toutes les nuances de la race aryenne, depuis la blancheur des septentrionaux jusqu’au brun doré des Méditerranéens.

Au fond du tableau, l’histoire dessine les contrastes des temps : le paganisme, le christianisme, la vieille Etrurie, Rome el le moyen âge se confondent. (…) »



Ernest Lavisse,
 né en 1842 et mort à Paris en 1922, est un historien français.

Présenté au ministre et historien Victor Duruy, Lavisse devient très rapidement précepteur du prince impérial (1868) sur recommandation de Duruy puis membre de son cabinet (directeur sans titre) en 1869. La défaite de 1870 touche au plus profond de lui-même ce protégé du régime. Décidé à œuvrer pour sa patrie vaincue, Lavisse, muni d’un modeste viatique, part étudier le fonctionnement du système universitaire de l’Allemagne victorieuse. Durant trois années, il étudie sur place l’histoire et les origines de la Prusse, thème qui restera sa spécialité. L’une de ses deux thèses, la Marche de Brandebourg sous la monarchie ascanienne préfigure ainsi ses œuvres futures les plus originales : Études sur l’histoire de Prusse (1879), Trois empereurs d’Allemagne, Guillaume Ier, Frederic III, Guillaume II (1888), et enfin deux ouvrages sur Frédéric le Grand en 1891 et 1893: La Jeunesse du Grand Frederic et Le Grand Fréderic avant l’avènement.

De retour d’Allemagne en 1875, Lavisse se rallie par degrés au régime républicain, jusqu’à y adhérer tout à fait lors de la crise du 16 mai 1877. Suppléant de Fustel de Coulanges à la Sorbonne en 1880 puis professeur adjoint en 1883, il succède à Henri Wallon à la chaire d’histoire moderne cinq ans plus tard.

En juin 1888, il participe en Italie aux grandes fêtes de Bologne, organisées pour les 800 ans de la plus ancienne université d’Europe.

Personnage phare de la IIIe République, membre de l’Académie française en 1892, directeur de la Revue de Paris en 1894, instituteur national, surtout lorsqu’il devient, en 1904, directeur de l’École normale supérieure, Lavisse mène durant toute sa carrière la régénération du système universitaire et scolaire du régime. Sa politique se révèle d’ailleurs plus patriotique que républicaine, comme les conservateurs s’en rendront compte très vite. Ernest Lavisse, le général Pau et Louis-Emile Bertin seront, avant la guerre de 1914, les cofondateurs de La Ligue Française. Ernest Lavisse, le général Paul Pau seront les Présidents d’honneur de La Ligue Française sous la Présidence de Louis-Emile Bertin. Fort de cette posture institutionnelle reconnue et incontournable, pendant la première guerre mondiale, il présida le Comité d’études, chargé par Aristide Briand en février 1917 de travailler à l’élaboration des buts de guerre de la France.

Professeur talentueux et orateur hors pair, capable de subjuguer par la force de son discours les auditoires les plus divers, Lavisse n’atteint pas cependant la dimension théorique d’un Leopold von Ranke. Durant deux décennies, il dirige la publication des célèbres ouvrages collectifs qui portent son nom : Histoire de France illustrée depuis les origines jusqu’à la Révolution, 1900-1912, et l’Histoire contemporaine de la France, 1920-1922.

Ses ouvrages, parmi lesquels les nombreux « manuels Lavisse », accompagnent la formation de multiples générations de professeurs, d’instituteurs et d’élèves. Ils vont faire naître, phénomène nouveau, une véritable culture historique populaire en France. Toutefois, bon nombre de clichés y trouvent aussi leurs sources, Lavisse étant souvent plus soucieux d’une reconstruction systématique de l’Ancien Régime en fonction de l’avènement de la République que d’une stricte recherche de la vérité historique.

source: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5740418v.r=ernest+lavisse+etudes+et+etudiants.langFR

2009 – Les désordres de la chaire

Les désordres de la chaire - monome etudiants
Les désordres de la chaire

La renommée intellectuelle de Toulouse date de… l’Antiquité. L’école de Toulouse jouissait d’une excellente réputation dans le monde méditerranéen en rhétorique et en grec grâce au talent de ses grammatici (maîtres es lettres) et de ses rhetores (professeurs d’éloquence). Au IVe siècle de notre ère, le brillant rhéteur Arborius est même appelé à Constantinople où il est chargé de l’éducation d’un des fils de l’empereur. Parmi les « étudiants » de ces temps lointains figure le poète bordelais Ausone, qui fait allusion dans de beaux vers à Toulouse sa « nourrice ».

 

Le contexte dans lequel naît l’Université de Toulouse en 1229 n’a, lui, rien de poétique. Ce 12 avril, le comte de Toulouse Raimond VII capitule et signe le traité de Paris après les vingt ans de croisade contre l’hérésie cathare qui ont mis le Languedoc à feu et à sang. Le traité prévoit la fondation d’une Université de quatorze professeurs pour introduire dans la cité l’enseignement de la foi et extirper l’hérésie.

On dépêche sur place d’éminents maîtres parisiens, pressés de remettre ces épouvantables Toulousains dans le droit chemin. Parmi eux, un certain Jean de Garlande qui invite les étudiants de tous pays à venir à Toulouse, « où Bacchus règne dans les vignes, où Cérès règne dans les champs ». Malgré cette publicité dithyrambique, Jean de Garlande reçoit un accueil glacial de la part de la population. Son activisme le contraint à quitter rapidement la ville, sur une barque jusqu’à Castelsarrasin, puis déguisé en pèlerin… Ses collègues lui emboîtent vite le pas.

L’Université se renouvelle alors avec des professeurs méridionaux. Impliqués dans la vie de la cité, ils enseignent dans plusieurs facultés : les arts (lettres et sciences), la théologie, première dans l’ordre des préséances, et enfin le droit. La médecine, éclipsée par Montpellier, fait figure de parent pauvre : en 1411, Charles VI s’indigne que cette discipline soit exercée par des ignorants, mais aussi, comble de l’abomination, par… des femmes.

 

Un capitoul poignardé

La jeune Université toulousaine est placée sous l’autorité d’un chancelier appartenant au clergé, d’un recteur, et du conseil, qui délibère sur toutes les questions la concernant. Et il y a fort à faire. Car les « écoliers », comme on les appelle alors, sont nombreux, près de 2000 à la fin du XIVe siècle, et remuants.

Sur les bancs des facultés ou dans les cafés, se côtoient des fils de bonne famille et des nécessiteux, des jeunes gens de moins de 15 ans et d’éternels étudiants que rien ou presque ne distingue des clochards. Les plus méritants et les plus chanceux sont hébergés dans les collèges (Saint-Martial, de Périgord, Maguelonne, de l’Esquile, de Foix…) fondés par de riches Toulousains dans le futur quartier des études, à proximité de la rue du Taur et de la rue des Lois.

Les étudiants toulousains, parmi lesquels figurent quand même trois futurs papes d’Avignon, sont alors particulièrement teigneux. Ils ne font pas bon ménage avec la police, pas plus qu’avec les capitouls qui administrent la cité. Jusqu’à leurs condisciples ou à leurs professeurs auxquels ils cherchent des noises.

Le pape les exhorte au calme. En vain. Ils manient facilement l’épée ; leurs banquets dégénèrent en rixes ; les cours sont perturbés. En principe, les autorités municipales ne peuvent rien faire car les fauteurs de troubles relèvent des tribunaux ecclésiastiques. En principe seulement… En 1292, une rumeur parvient jusqu’aux oreilles de Philippe le Bel : elle fait état d’étudiants torturés puis noyés, de nuit, dans la Garonne sur ordre des capitouls.

Quarante ans plus tard, un capitoul qui tentait de restaurer le calme lors d’un chahut reçoit un coup de couteau du front jusqu’au menton et perd onze dents par la même occasion. Le coupable, Aimeri Bérenger, est décapité sur décision des consuls après un traitement de choc : on lui arrache le poing et on le traîne dans les rues attaché à la queue d’un cheval…

L’Université de Toulouse, et surtout sa faculté de droit, brille tout particulièrement à la fin du XIIIe et au début du XIVe siècle grâce aux doctores tholosani, les docteurs toulousains, comme Guillem de Ferrières ou Arnaud Arpadelle, le commentateur des coutumes de Toulouse. Encore faut-il que ces grands juristes parviennent à faire cours…

Les professeurs se livrent à la lectura et à la disputatio dans des salles prêtées ou louées pour l’occasion. La lectura consiste à lire purement et simplement un corpus d’ouvrages de A à Z en agrémentant la leçon de commentaires, en latin évidemment. Un reportator retranscrit parfois les paroles du professeur quand la pagaille n’est pas trop grande. « Aujourd’hui, je n’ai rien pu noter, ni entendre, les étudiants sifflaient », signale un malheureux sténographe en 1315. La disputatio captive davantage l’auditoire : le professeur peut y briller, surtout dans l’exercice du quodlibet, où il accepte de répondre à n’importe quelle question sur n’importe quel sujet posée par de jeunes étudiants, bacheliers, licenciés ou docteurs.

 

Amphithéâtres incendiés

Du XVIe au XVIIIe siècle, les étudiants toulousains ont le choix entre quatre facultés, art, théologie, droit et médecine, qui se laïcisent progressivement sous l’autorité du Parlement. Affaiblie un temps par la crise économique, la peste et la guerre de Cent ans, l’Université bénéficie de nouveau du prestige de sa faculté de droit dès la première moitié du XVIe siècle. Les écoliers se pressent dans les beaux amphithéâtres inaugurés en 1521 dans l’actuelle rue Lautmann. Parmi eux, de grands esprits : l’imprimeur humaniste Étienne Dolet, Michel de l’Hospital, qui deviendra chancelier de France, Montaigne, dont la mère est toulousaine, et son célèbre ami La Boétie. Jusqu’à Pantagruel que Rabelais fait séjourner à Toulouse !

De brillants professeurs comme Arnaud du Ferrier ou le très populaire Jean de Coras, qui attire à ses cours des milliers d’auditeurs, enseignent le droit romain. Hélas, faute de poste, Jacques Cujas, le meilleur juriste de son temps, part de Toulouse pour Cahors, puis Bourges.

Omniprésent, le Parlement, dont la création remonte à 1443, surveille les étudiants de très près. Interdiction des salles de billard et de jeu de paume dans un certain périmètre autour des amphithéâtres, décence des vêtements, bonne tenue des bals, contenu des cours, respect des horaires, exhortations à se tenir tranquilles…

Les écoliers restent cependant tout aussi querelleurs et violents qu’au Moyen Âge. Les insolences, les entrées illicites dans la « bouteillerie », les injures font le quotidien des collèges (il y en a une vingtaine au XVIe siècle). Regroupés en « nations » de Gascons, Provençaux, Bretons, Français, Espagnols, les étudiants en viennent vite aux armes, dont l’achat est financé par le prélèvement d’un « droit de bienvenue » sur leurs nouveaux compatriotes.

En 1540, le Parlement fait clouer l’épée d’un bagarreur à la porte des amphithéâtres. Ses camarades l’arrachent aussitôt et mettent le feu aux salles. Le coupable est pendu. En 1581, une gigantesque rixe entre étudiants et soldats de guet fait de nombreuses victimes. En 1604, un capitoul qui voulait faire respecter les arrêts du Consistoire est assassiné. Ordonnances, arrêts, envoi aux galères, châtiments corporels, exécutions : rien ne semble décourager ces jeunes gens ingouvernables, qui sont les bêtes noires de la population.

Les affrontements idéologiques des temps alimentent aussi les violences et les polémiques. Le jeune Étienne Dolet se fait arrêter pour avoir défendu des thèses humanistes dans les années 1530. Plus tard, les guerres de religion visent tout autant les étudiants que les professeurs soupçonnés de sympathie avec le protestantisme. En 1572, Jean de Coras est pendu au grand ormeau de la cour du Parlement dans sa robe rouge de cérémonie.

 

Opposition au régime

La discipline, encore déplorable sous Louis XIII, s’améliore un peu avec son successeur. Au XVIIe siècle, l’Université de Toulouse offre pourtant une bien piètre image comme en témoigne une consternante enquête officielle de 1668. Les professeurs « font corvée d’aller aux écoles, s’absentent des jours, des semaines, des mois et des années entières », les vacances durent « depuis la Saint-Jean jusqu’à la Saint-Martin ». Les étudiants, libertins et oisifs, acquièrent leurs grades « sans avoir étudié le temps porté par les statuts, ou pour mieux dire sans avoir étudié ».

Au siècle des Lumières, l’Université accueille dans des locaux vétustes et délabrés environ un millier d’étudiants dont près de la moitié à la faculté de droit – il y existe depuis 1679 une chaire de droit français dont le titulaire enseigne, c’est une nouveauté, dans la langue nationale. Ces derniers demeurent tout aussi belliqueux, et toujours prêts à en découdre quand un camarade est rossé par la police pour avoir sifflé trop fort à la comédie. « Enseignement sans vie, études sans force, discipline sans vigueur, abus de tous genres », constate un nouveau rapport…

Supprimée par la Convention, l’Université renaît sous Napoléon 1er sous la forme de quatre facultés en 1808. Peu de succès pour celles de théologie et de sciences dont le baccalauréat ne présente plus trop d’intérêt. La faculté de lettres organise par contre les examens du baccalauréat qui permet de s’inscrire en droit. Elle délivre 170 diplômes par an sous la Restauration, 240 après 1830. Un vrai record ! Les cours du philosophe et homme politique Gatien-Arnoult font salle comble auprès d’un auditoire qui a soif de culture et d’ouverture idéologique.

La faculté de droit, avec près de 600 inscrits continue à faire le renom de Toulouse, seconde ville universitaire de France après Paris. L’école de médecine, qui forme des officiers de santé, reprend son titre de faculté en 1891 seulement.

Les étudiants conservent tout leur mordant et s’opposent en général au régime quel qu’il soit. Ils manifestent au Grand Rond, au Pont des Demoiselles, dans les théâtres… Sous le Second Empire, acquis, comme leurs professeurs, à la cause républicaine, ils se montrent remuants sans aller jusqu’à la révolte.

 

Des carnavals à mai 68

À la veille de la Première Guerre mondiale, les inscriptions en faculté atteignent presque le seuil des 3000. Les étudiants toulousains, de plus en plus nombreux en lettres (où fait cours un certain Jean Jaurès…) et en sciences, bénéficient des échanges avec Madrid, Barcelone, Burgos, Saragosse, et profitent des différents instituts à vocation scientifique de la ville. Leur chahut dans les lieux publics est toujours aussi mal accepté par la société toulousaine.

Pour encadrer cette jeunesse fêtarde et turbulente, le quotidien La Dépêche crée en 1886 avec le recteur Perroud une Association générale des étudiants toulousains. Laquelle revoit vite à la baisse ses ambitions culturelles et sociales et se borne à mettre sur pied des bals de charité… Outre le bizutage hérité du Moyen Âge et ses rituels d’intégration, cocktail explosif de brimades et d’esprit potache, apparaissent de nouveaux folklores. Les étudiants se mettent à porter la faluche, cette galette noire ornée d’insignes inspirée du béret de Bologne. Les faluchards font même la Une de l’Écho des étudiants de Toulouse en 1930.

Accroissement constant du nombre d’étudiants, explosion des effectifs en médecine, pharmacie, sciences et lettres, déménagement des facultés en périphérie (Rangueil en 1968 pour la médecine puis les sciences, le Mirail en 1973 pour les lettres) : le XXe siècle marque un tournant dans l’histoire de l’Université de Toulouse, avec le grand coup de volant de mai 68.

Sur les murs : « Les chemins de l’excès mènent à la sagesse », « Se soumettre, ou résister et vaincre ». Trente mille étudiants, entassés dans des amphis et des bibliothèques bondés : il y avait là encore une raison de se battre.

 

redaction@depechemag.com

Anne Le Stang


article trouvé sur le site de la dépêche du midi: http://www.ladepeche.fr/article/2009/10/21/698800-les-desordres-de-la-chaire.html


 

2010 – La bastide-de-serou. Les faluchards viennent se rencontrer

Pourquoi vous appelle-t-on les faluchards ?

Parce que nous portons un grand béret noir nommé faluche.

faluche

Connaissiez-vous l’Ariège ?

Eh bien non ! Nous venons de loin, de Bordeaux, de Paris, Marseille, Grenoble, Strasbourg, Lyon, Dijon… Chaque week-end faluchard est toujours l’occasion de découvrir un bout de France et la gastronomie locale.

Pourquoi ces rassemblements ?

Pour sortir de notre monde, pour rencontrer des étudiants de toutes les filières, pour le plaisir de discuter, de se mélanger et d’échanger. Pour les différences. Aujourd’hui nous sommes 200 : des étudiants des grandes écoles, du bloc santé, des BTS, des lettres, des ingénieurs… D’anciens étudiants aussi qui ont les moyens de nous gâter avec la gastronomie locale, que nous ignorions. Ce week-end, c’était le saucisson.

Un rassemblement d’autant de jeunes peut paraître effrayant ?

Et pourtant, nous sommes doux et pacifiques. Nous nous définissons par les valeurs étudiantes selon François Rabelais. Nous sommes apolitiques et non confessionnels. Chez nous, il n’y a pas de sexisme. Nous n’avons rien à voir avec les bizutages et leurs violences. Lorsqu’un étudiant entre dans l’Amicale des faluchards, c’est elle ou lui, dernière ou dernier baptisé (e), qui s’amuse le plus.

A quand votre prochain week-end ?

A Aix-en-Provence, la semaine prochaine ( lire cette semaine) ; les faluchards de ce week-end ne s’y rendront pas obligatoirement. Nous ne pouvons parcourir des milliers de kilomètres chaque fin de semaine. Et quand il y a grève des trains et des raffineries de pétrole, comme en cette période, annulez-vous les week-ends ?

Surtout pas. On s’organise et on arrive à se retrouver sur les lieux du week-end faluchard.

La Dépêche du Midi


Article trouvé sur le site de la dépêche du midi: http://www.ladepeche.fr/article/2010/10/31/938738-la-bastide-de-serou-les-faluchards-viennent-se-rencontrer.html


2012 – La Bastide-de-Sérou. Un week-end avec les faluchards

faluche congres

Les faluchards sont les étudiants portant la faluche, béret noir par lequel ils se définissent et reconnaissent.

Ils se disent héritiers de la philosophie de Rabelais ; ils cultivent l’humanité, la convivialité et le goût des rencontres ; ils combattent le sexisme, sont facétieux et joyeux. Cette mouvance spirituelle est codifiée et structurée depuis 124 ans.

Les week-ends à La Bastide-de-Sérou sont organisés par l’association Faluche et tradition toulousaines.

Annah, étudiante à l’université Paul-Sabatier, de Toulouse, et présidente de cette association (FETT), nous disait que celle-ci travaillait en partenariat avec l’office de tourisme du Séronais. Faluche et tradition toulousaines avait, en effet, commandé 200 baguettes à la boulangerie du village et avait retenu le dernier repas du week-end au Mac Do de Foix.

En 2014, les faluchards toulousains organiseront le 126e anniversaire de la faluche.

 

La Dépêche du Midi


Article trouvé sur le site de la depêche: http://www.ladepeche.fr/article/2012/10/27/1475998-la-bastide-de-serou-un-week-end-avec-les-faluchards.html


 

2011 – La Bastide-de-Sérou. Un week-end sous le signe de la faluche

«Les faluchards sont membres d’une association étudiante. Ce mot vient de notre couvre-chef, la faluche, devenue officiellement le chapeau des étudiants français en 1888. Nous réutilisons ce béret qui était tombé dans l’oubli. Nous nous réclamons de la philosophie de François Rabelais : les faluchards étudient, s’entraident et s’amusent. Nous pensons que nous devons en profiter tant que nous sommes jeunes. La découverte de la gastronomie locale est au programme de nos week-ends et nous apprécions les saucissons ariégeois. Ce temps de rencontre est consacré à nous réunir autour de petits buffets, à chanter et danser.

»Cette sortie a été organisée par les Faluchards de Toulouse et ce sont eux qui ont choisi le village des Lambrilles comme point de chute. Chaque ville universitaire organise un week-end dans l’année. On ne peut pas se rendre à tous, nous sommes avant tout étudiants, il faut travailler. Le prochain week-end faluchard aura lieu à Pau, dans trois semaines.»

Parmi ces faluchards, certains étudient à Toulouse, beaucoup à Montpellier. Il en était venu de Strasbourg, de Nantes, de Tours et de toute la France, quelques-uns de Belgique et d’Italie.


A savoir

La faluche est un béret de velours noir se caractérisant par les galons de couleur et les pin’s qui l’agrémentent. Le galon et les insignes l’ornant révèlent le cursus scolaire de l’étudiant, tandis que ceux placés sur le fond délivrent toutes sortes d’informations personnelles.

La Dépêche du Midi


article trouvé sur le site de la dépêche: http://www.ladepeche.fr/article/2011/10/15/1193233-la-bastide-de-serou-un-week-end-sous-le-signe-de-la-faluche.html