Portrait Etudiant Lyonnais – 1935

La photographie présentée ci-dessous représente un étudiant Lyonnais suivant très certainement des études de Droit à l’Université de Lyon (présence d’une boutonnière avec balance et glaive sur le revers de la veste).

Je trouve cette photographie très intéressante car on y retrouve tous les attributs de l’étudiant parmi lesquels, la faluche, l’insigne de boutonnière sur le revers de la veste, la pipe mais également une sorte de grand noeud papillon que l’on peut apercevoir sur les couvertures de Rouen Eudiant (organe de l’AGER).

faluchard droit lyon

Les racines de l’Université de Lyon

15 septembre 1793. Les universités sont abolies par la Convention, sous prétexte qu’elles sont trop aristocratiques.

10 mai 1806. Napoléon institue l’Université impériale, une corporation qui jouit du monopole de l’enseignement, dirigée par un grand maître, divisée en 22 académies. Dans chaque académie sont créées trois « facultés » dites « professionnelles » (théologie, droit, médecine) ainsi que deux « facultés académiques » de sciences et lettres. Ces deux dernières sont rattachées au lycée du chef-lieu de l’académie. Leur rôle est principalement la collation des grades, en particulier du baccalauréat…Composées de trois ou quatre professeurs chacune, misérablement dotées de moyens, la plupart de ces facultés ne fonctionnaient en réalité, le plus souvent, que comme jurys d’examen…Ainsi à la Restauration (ordonnance du 18 janvier 1816), on supprime d’un seul coup dix-sept facultés des lettres et trois facultés des sciences, pour y substituer aussitôt de simples commissions chargées d’examiner les candidats au baccalauréat…(1).

Ce fut le cas à Lyon. Le Lycée de Lyon, établi par l’arrêté du 19 octobre 1802 et installé dans les murs du Grand Collège (… de la Trinité, emplacement actuel du Lycée Ampère), accueillit ainsi de 1809 à 1816 le rectorat et l’inspection académique ainsi que des ersatz de facultés de lettres, sciences, théologie (2), que les universités lyonnaises ne reconnaissent d’ailleurs pas comme leurs aïeules. Les « véritables » facultés furent créées plus tardivement : 1833 pour la Faculté des Sciences de Lyon, 1838 pour la Faculté des Lettres de Lyon, 1839 pour la Faculté de Théologie de Lyon, qui se maintint difficilement jusqu’en 1885 et laissa ensuite la place à la Faculté Catholique ; la Faculté de Droit est créé en 1875 (11) et celle – très attendue – de Médecine et Pharmacie en 1877.
-  Un article de F Bouillier dans La Revue du Lyonnais, série 2, n° 21, « La création d’une Faculté de Médecine à Lyon »

lyon

Construction du pont des Facultés

Fonds Sylvestre, 1901
Collection BML

12 juillet 1875. La Loi sur la liberté de l’enseignement supérieur, supprime le privilège de l’Etat et autorise l’ouverture de facultés privées. L’Université Catholique de Lyon est ainsi fondée en 1876, crée en 1875 sa Faculté de Droit, puis Lettres et Sciences. Elle est réservée aux prêtres jusqu’en 1933, puis après 1968, ouverte à tout étudiant. Elle fonde en 1878 son école de Théologie, qui deviendra Faculté en 1886. 100 ans après, elle est la plus importante de France en nombre d’étudiants comme en renommée. Elle est membre associé du PRES lyonnais.

faluche, lyon

Bal des étudiants

Le Progrès illustré, 20/03/1892
Collection BML

lyon, faluche 

Monome des étudiants

Le Progrès illustré, 27/03/1892
Collection BML

Entre 1876 et 1890, Jules Ferry et ses successeurs reconstruisent les facultés – dont celle de Lyon- avec le concours des villes, les dotent d’un budget, créent des chaires de professeurs. Le décret du 28 décembre 1885 leur donne leur statut, la fonction de doyen assisté par une assemblée qui examine les questions relatives aux enseignements (professeurs, enseignants et étudiants) et un conseil d’administration et de cooptation des enseignants (cercle de notables ne comprenant que des professeurs titulaires).

lyon, faluche

Bal des étudiants

AffG0131, 1907
Collection BML

 lyon, faluche

Bal des étudiants

AffG0053, 1912
Collection BML

 La Loi du 10 juillet 1896 porte création de l’Université. Cette loidonne aux universités nouvelles un statut administratif qui n’évoluera pas de manière significative jusqu’à la loi Faure de 1968. Ses décrets d’application autorisent les universités à créer leurs diplômes propres (à côté des diplômes d’Etat) et leur assure la liberté d’employer leurs fonds particuliers pour la création de cours spécifiques.(1). La seule évolution marquante est la création des IUT en 1966. Christine Musselin (3) attribue à cette longue période le nom de « république des facultés ». Elle est marquée par deux principes : uniformisation et égalitarisme, i.e. un enseignement universitaire théoriquement identique sur l’ensemble du territoire.

L’Université de Lyon de 1896 regroupe les facultés de Sciences, Lettres, Médecine et Droit (11).

-  Annonce de la création de l’Université de Lyon, [Revue du Lyonnais], 1888, série 5, N°5 , Constitution de l’Université de Lyon.

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-  (1)  Histoire des universités en France , sous la direction de Jacques Verger Du XIIe siècle jusqu’en 1980 : histoire des institutions et législation, organisation des enseignements et programmes, statuts des enseignants, statistiques sur les effectifs…

-  (2)  Education et pédagogie à Lyon, de l’Antiquité à nos jours , sous la direction de Guy Avanzini. Voir en particulier « L’enseignement primaire et secondaire » et « L’enseignement supérieur public », de Roland Saussac, qui relate la naissance difficile des facultés lyonnaises et le rôle majeur des maires de Lyon, Gailletonnsi que la contribution Jacqueline de Romilly, l’Enseignement en détresse

-  (3)  La longue marche des universités françaises

-  (4)  Vous avez dit matière grise ?, par Claude Allègre. 2006.

-  (5)  Les Universités dans la région Rhône-Alpes. 10 tomes en 18 volumes couvrant la période 1974-1992. Ces dossiers sous forme papier sont prolongés à partir de 1993 par laBase de données des dossiers de presse, qui contient un millier de références d’articles consacrés aux universités lyonnaises.

-  (6) L’Académie de Lyon compte 76 000 étudiants en 1987 dont 53 500 dans les trois universités lyonnaises. Lyon Figarotitre, le 22 octobre 1988, « Des facultés très encombrées » :Pour la première fois à Lyon, la rentrée universitaire se fait au-dessus de la cote d’alerte. Locaux saturés, équipements dépassés, enseignements surchargés…. Ce constat revient comme une antienne. Lyon III accuse alors une augmentation de 28% des effectifs en première année…et pour mémoire …

  • 2 335 étudiants à Lyon en 1898
  • 36 500 étudiants en 1973
  • 42 600 étudiants en 1978
  • 50 000 étudiants en 1982
  • 52 000 étudiants en 1985
  • 112 303 étudiants dans le Rhône en 2006, sur 134 267 pour l’Académie (Ain+Loire+Rhône), secteur public et privé confondu.

-  (7) Voir sur le sujet un article de Gilles Garel, intitulé Pour une histoire de la gestion de projet

-  (8) Les trois universités lyonnaises ont bénéficié du plan Université 2000. Sur une enveloppe globale de 2 milliards de francs, les collectivités locales ont participé à hauteur de 50% : extensions de capacité d’accueil à Lyon I, Lyon II et Lyon III (Manufacture), développement des IUT, rénovation des résidences et des restaurants universitaires… et surtout création d’un « Campus scientifique et technologique » à Gerland, extension de Lyon I, où se trouvait déjà l’ENS. Sur l’implication actuelle de la région Rhône-Alpes dans l’enseignement supérieur et la recherche :

-  (9)  L’Université Lyon 2 1973-2004. Les Françoise Bayard et Bernard Comte analysent les deux « fondations » de l’Université Lyon II, celle de 1969 et celle de 1973. Nombreuses statistiques permettant de comprendre le développement de l’Université. Portraits. 2004

-  (10) Le sujet n’est pas innocent : une thèse négationniste soutient que les Juifs seraient morts du typhus dans les camps de concentration nazis et leurs corps brûlés pour éviter l’épidémie.

-  (11)   La faculté de droit de Lyon : 130 ans d’histoire , sous la direction de Hugues Fulchiron : histoire de la fondation de la Faculté en 1875, la Faculté sous l’occupation, Mai 1968, histoire du Palais de l’Université, quelques grandes figures (Exupère Caillemer, Charles Appleton, Paul Pic, Edouard Lambert, Louis Josserand, Emmanuel Levy…, témoignages et riche iconographie. 2006

-  (12) Petite histoire des crues du Rhône, d’Alain Pelosato.

 


 

article trouvé ici: http://www.pointsdactu.org/article.php3?id_article=1287

 

2012 – Ils portent fièrement la faluche au « Rép »

Ambiance pleine de gaîté au République, place de l’Hôpital pour la réunion des Faluchards. Une tradition étudiante qui permet de mélanger et de réunir plusieurs filières universitaires.

Solène, Élodie, Myriam, Fabien et Armand restent fidèles au port de la Faluche, la coiffe des étudiants de France depuis 1888. Ce béret de velours noir est orné de rubans de couleur et d’insignes qui retracent la vie de l’étudiant. Un code écrit permet d’assurer une homogénéité au sein du mouvement faluchard, afin que chaque étudiant puisse lire la faluche et connaître le parcours de chaque personne.

faluchard lyon


Article trouvé sur le site du Progrès