Mémoire – L’Association Générale des Etudiantes et Etudiants Rennais de 1919 à 1940

L’Association Générale des Etudiantes et Etudiants Rennais de 1919 à 1940

Mémoire de maîtrise d’histoire contemporaine (1999 – LE GOC Hervé)
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En 1919, l’Association Générale des Etudiantes et Etudiants Rennais reprend vie. Née à la fin du XIXe siècle, elle possède donc déjà un passé qu’il convient d’évoquer.

Une fois posé ce contexte historique, apparaît le cadre géographique composé des établissements d’enseignement supérieur de Rennes. Ce décor reste le même de 1919 à 1940, avec seulement quelques créations supplémentaires. Il ne reste ensuite qu’à présenter les acteurs principaux, à savoir les étudiants rennais.
Ces différents points de repère mis en place, l’Association Générale devient l’objet essentiel. Son organisation est détaillée sous deux aspects. Ce sont d’abord les textes statutaires et réglementaires qui en constituent l’ossature. Ensuite, les faits quotidiens et les membres de l’Association influent sur le fonctionnement de cette dernière.
Enfin, pour compléter le portrait de l’A.G.E.R., deux éléments prennent une dimension incontournable. Le premier est la Maison des Etudiants, symbole du regroupement des étudiants rennais et centre de leur vie associative. Le deuxième élément est le journal L’A. L’organe de l’Association offre aux étudiants une tribune pour commenter leurs activités et exprimer leur verve.

 

L’Association Générale des Etudiantes et Etudiants Rennais de 1919 à 1940
Un exemple du corporatisme estudiantin de l’entre-deux-guerres

Mémoire de maîtrise d’histoire contemporaine (1999 – LE GOC Hervé)

faluche AGER Rennes

Monome faluche

 

Prosper le bizu faluche

Nicolas pelletier rennes faluchard Ager

 

PLAN

INTRODUCTION 4

PREMIERE PARTIE : ORIGINES, CONTEXTE ET ORGANISATION DE L’ASSOCIATION GENERALE DES ETUDIANTS DE RENNES 7 I. L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR A RENNES A PARTIR DU XIXe SIECLE 9

A. Aux origines 9

Emergence de l’enseignement supérieur et naissance des associations d’étudiants 9

Une ou des A.G.E.R. ? 11

Facultés, écoles et instituts rennais 13

B. La population estudiantine de Rennes de 1919 à 1940 14 Remarques 15 Les étudiants à l’Université et dans la ville 17

II. L’A.G.E.R. : ORGANISATION ET ADMINISTRATION 20

A. Dans les textes 20

Les membres, les corporatives et l’Association Générale 20

Les effectifs de l’A 22

La réforme des statuts 23

B. Dans les faits : les relations au sein de l’Association 25 Les filles de l’A.G.E.R. … 25

Les anciens de l’A.G. … 26

… et les autres 27

III. L’A.G.E.R. : UN TOIT ET UNE VOIX 31

A. Son siège : la Maison des Etudiants 31

La Halle-aux-Toiles 31

De la rue Chalais à la rue Saint-Yves 34

B. Son journal : L’A 35

Le journal, ses auteurs, ses lecteurs : succès et déboires 36

« L’A, organe de l’A.G. … est pourtant organe des jeunes ! » 39

DEUXIEME PARTIE : L’A.G.E.R. ET L’U.N.E.F. 44

I. L’A.G.E.R. AFFILIEE A L’UNION NATIONALE DES ETUDIANTS DE FRANCE 46

A. L’amélioration de la vie matérielle 46

Contexte difficile et solidarité 46

Les restaurants d’étudiants 49

La Cité Universitaire 52

Le « Comité d’entr’aide aux étudiants mobilisés » 53

B. Le congrès travaille 54

Les commissions et leurs vœux 54

Les tensions et la désunion de l’Union 58

II. LA DEFENSE DES INTERETS ESTUDIANTINS 60

A. L’avenir professionnel 60

L’orientation professionnelle et le B.U.S. 60

La grève 62

B. L’apolitisme affiché 64

III. UN CORPS SAIN 69

A. Le Sanatorium des Etudiants tuberculeux 69

B. Le sport chez les étudiants 72

Le sport universitaire en France 72

A Rennes : S.R.U.C. et R.E.C. 75

TROISIEME PARTIE : LE MAINTIEN DU FOLKLORE 80

I. « L’ESPRIT ESTUDIANTIN » 82

A. Le congrès s’amuse 82

B. Les monômes et autres manifestations « folkloriques » 85

II. LES FESTIVITES 91

A. Le Mardi-Gras et la Mi-Carême 91

Le Mardi-Gras 91

La Mi-Carême 92

B. Les bals, revues théâtrales, émissions de radio… 96

Les matinées et soirées 96

Les revues théâtrales 99

Radio-Rennes 100

III. LES SIGNES EXTERIEURS D’ETUDIANTS 102

A. Le béret ou la faluche 102

B. La bannière de l’Association Générale et les écharpes 110

CONCLUSION 113

ANNEXES 116

TABLE DES ILLUSTRATIONS 146

TABLE DES MATIERES 148

SOURCES ET BIBLIOGRAPHIE 151

 

Remerciements à

Jérôme, pour tes précieuses assistance matérielle et aide technique en informatique. Merci aussi à Bouig.
Pierre, pour le traitement informatique des illustrations.
MM. Piron et Le Goux pour m’avoir accueilli et fait partager vos souvenirs d’étudiants rennais.
M. Forquignon, responsable des associations à la préfecture d’Ille-et-Vilaine.
Mme Somborne, responsable de la bibliothèque de l’UFRAPS de Rennes.
M. Lucas, responsable de la bibliothèque de l’Ecole Régionale des Beaux-Arts, pour m’avoir spontanément communiqué quelques résultats de vos recherches.
Et tous les autres qui m’avez apporté aide et soutien. 


Dédicace

A tous ceux qui, un peu, beaucoup ou passionnément, ont fait, font ou feront vivre le mouvement associatif estudiantin. 


Abréviations utilisées dans les notes

ADIV Archives départementales d’Ille-et-Vilaine
AMR Archives municipales de Rennes
BMR Bibliothèque municipale (centrale) de Rennes (rue de la Borderie)
BURH Bibliothèque universitaire de Rennes, place Hoche
BURV Bibliothèque universitaire de Rennes, Villejean
PIV Préfecture d’Ille-et-Vilaine








INTRODUCTION



Pour un étudiant rennais en histoire, se plonger dans l’étude historique de ses homologues d’avant-guerre apparaît, somme toute, comme un choix délibéré. Pourtant, le hasard peut être considéré ici comme une importante base de départ. Le fait d’apprendre, de manière fortuite, l’existence et la conservation du journal L’A, organe de l’Association Générale des Etudiantes et Etudiants Rennais, est ainsi à l’origine de cette étude.

Le dépouillement du « Premier journal du monde (par ordre alphabétique) » a représenté une partie non négligeable des recherches. Il est vrai que la source s’est rapidement révélée être fondamentale. Elle offre, en effet, une mine de renseignements riches et diversifiés. La relative régularité de parution de L’A et ses dix ou douze numéros annuels représentent le premier point positif. Les sujets traités représentent une autre satisfaction : ils concernent l’ensemble des domaines de la vie des étudiants rennais mais aussi, parfois, français. D’ailleurs, L’A semble être devenu rapidement une référence au sein de la presse estudiantine nationale de l’époque. Plusieurs témoignages le confirment. Cependant, il convient de toujours garder à l’esprit la partialité de cette publication. La vision qu’elle nous donne est celle d’étudiants qui relatent leur propre vécu.

Sous bien des aspects, évoquer le milieu associatif des étudiants de l’entre-deux-guerres permet de mettre à jour les racines d’une réalité encore palpable aujourd’hui. Et si les héritages avivent la curiosité, les changements, inévitables au fil des années, représentent également un attrait : le visage de Rennes et de son Université a, ainsi, considérablement changé depuis 1919. Pour ne prendre qu’un exemple simple des permanences et des mutations, les bâtiments universitaires semblent tout indiqués. Ils existent toujours mais ont tous changé de fonction.

Les limites chronologiques du sujet semblent assez « naturelles ». Les deux guerres mondiales, en effet, sont fréquemment retenues comme des temps de rupture. Pourtant, la guerre peut ne représenter, tout au plus, qu’une parenthèse ou un temps mort au cours d’une évolution. Le choix de la période 1919-1940 répond donc à d’autres arguments. D’abord, la ville de Rennes change peu d’une guerre à l’autre. Grossièrement, sa population passe de 80 000 à 100 000 habitants. Ensuite, l’année 1919, début de la période, est marquée par la renaissance de l’Association Générale des Etudiants Rennais après un sommeil de cinq ans dû à la guerre. Mais surtout, cette renaissance coïncide avec la naissance du journal L’A, dont nous avons vu l’importance. Au terme de l’étude, l’année 1940 replonge l’Association et son organe dans la torpeur.

L’unité de la période se trouve renforcée par un trait caractéristique du mouvement associatif des étudiants français de l’époque : le corporatisme. L’étude de « l’Association Générale des Etudiantes et Etudiants Rennais de 1919 à 1940 » représente donc, à l’échelle d’une ville universitaire, « un exemple du corporatisme estudiantin de l’entre-deux-guerres ». Celui-ci se définit globalement par la défense des intérêts des étudiants et le souci d’échapper à toute politisation. On peut y ajouter une dimension « folklorique » par laquelle l’étudiant cherche à préserver un certain nombre de caractères qui lui sont traditionnellement attachés, comme la gaieté ou l’exubérance. Cette définition reste valable de 1919 à 1940.

Cela dit, la remise à l’honneur, en 1944, à Rennes comme ailleurs, du corporatisme estudiantin, est à souligner. Mais il n’a pas été traité ici, parce que c’est chose faite dans un mémoire de DES de 1970. C’est pour une raison différente que les origines de l’A.G.E.R., de 1887 jusqu’à la Première Guerre mondiale, ne font l’objet que d’un court développement. Pour cette période, en effet, la faiblesse de la documentation concernant l’Association contraste trop nettement avec la richesse des sources de l’entre-deux-guerres. De ce fait, le déséquilibre risquait de concerner également l’étude.

Pour la période 1919-1940, les sources présentent un certain nombre de lacunes. Ainsi, aucun registre d’inscription des adhérents de l’A n’entre dans l’élaboration du travail qui suit, faute d’en avoir trouvé. De la même façon, pas un cahier de comptes de l’Association ne figure dans les archives publiques. Un seul registre des séances de délibérations est accessible et ne concerne que les années 1922 à 1934.

Pour commencer l’étude de l’A.G.E.R., le cadre du sujet est volontairement assoupli. La limite de 1919 est repoussée en amont et celle de Rennes élargie. Dès lors, s’affichent en perspective les « origines, contexte et organisation de l’Association Générale des Etudiants de Rennes ». Le décor est planté et le corporatisme estudiantin des années 20 et 30 peut révéler ses caractéristiques.

Mais, prise sous un angle strictement local, la vie de l’Association Générale rennaise ne dévoile pas toutes ses dimensions. L’Association possède aussi une existence nationale. Entre les deux guerres, en effet, l’Union Nationale des Associations d’Etudiants de France fédère toutes les A.G.E. françaises. Et son activité est incontournable. Certes, les échelles sont différentes, l’une locale et l’autre nationale, mais « l’A.G.E.R. et l’U.N.E.F. » participent donc ensemble du même mouvement.

Enfin, d’une guerre à l’autre, on ne peut manquer d’observer « le maintien du folklore ». Héritage de la période précédente et caractéristique d’un certain esprit de l’étudiant, la dimension folklorique occupe une large place parmi les nombreuses activités corporatives de l’A. Et cette face joyeuse de l’étudiant complète sa face studieuse pour lui donner cette personnalité si attachante.

 



PREMIERE PARTIE : ORIGINES, CONTEXTE ET ORGANISATION DE l’ASSOCIATION GENERALE DES ETUDIANTS DE RENNES



En 1919, l’Association Générale des Etudiantes et Etudiants Rennais reprend vie. Née à la fin du XIXe siècle, elle possède donc déjà un passé qu’il convient d’évoquer. Une fois posé ce contexte historique, apparaît le cadre géographique composé des établissements d’enseignement supérieur de Rennes. Ce décor reste le même de 1919 à 1940, avec seulement quelques créations supplémentaires. Il ne reste ensuite qu’à présenter les acteurs principaux, à savoir les étudiants rennais.

Ces différents points de repère mis en place, l’Association Générale devient l’objet essentiel. Son organisation est détaillée sous deux aspects. Ce sont d’abord les textes statutaires et réglementaires qui en constituent l’ossature. Ensuite, les faits quotidiens et les membres de l’Association influent sur le fonctionnement de cette dernière.

Enfin, pour compléter le portrait de l’A.G.E.R., deux éléments prennent une dimension incontournable. Le premier est la Maison des Etudiants, symbole du regroupement des étudiants rennais et centre de leur vie associative. Le deuxième élément est le journal L’A. L’organe de l’Association offre aux étudiants une tribune pour commenter leurs activités et exprimer leur verve.



I. L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR A RENNES A PARTIR DU XIXe SIECLE

L’enseignement supérieur à Rennes constitue, de façon logique, le cadre de l’étude de l’Association Générale des Etudiants Rennais. En effet, dans la capitale bretonne comme dans les autres villes universitaires françaises, l’émergence de l’enseignement supérieur s’accompagne de la naissance du mouvement associatif des étudiants. Des origines à l’entre-deux-guerres, en passant des locaux aux effectifs estudiantins rennais, le contexte est mis en place ici.

A. Aux origines

Les entorses faites aux limites chronologiques et géographiques du sujet doivent permettre d’éclairer ensuite certaines réalités de l’entre-deux-guerres.

 

Emergence de l’enseignement supérieur et naissance des associations d’étudiants

Au XIXe siècle, une vaste réorganisation marque l’enseignement en France. C’est le cas en particulier pour le primaire et le secondaire. Mais l’enseignement supérieur est également concerné. Ainsi le 17 mars 1808, un décret impérial fixe notamment l’organisation des facultés de droit, médecine, sciences, lettres et théologie. Cependant, ce n’est que vers 1880 qu’émerge véritablement le « haut » enseignement. Jusqu’alors, seules deux facultés comptent réellement : celles de médecine et de droit. Mais leur tâche reste étroitement professionnelle. Quant aux facultés de lettres et de sciences, elles se contentent de fournir des jurys de baccalauréat. Les différents établissements supérieurs n’ont, de surcroît, aucun lien organique entre eux et sont géographiquement séparés. De ce fait, le sentiment collectif d’appartenir à une même communauté n’existe pas.

Vers 1880 donc, après une longue stagnation, tout change. A l’origine du mouvement réformateur, se trouve un groupe d’universitaires réunis dans la Société pour l’étude des questions d’enseignement supérieur. Son secrétaire n’est autre que Ernest Lavisse. Avec plusieurs confrères – comme Ch. Seignobos ou G. Monod -, il a fréquenté les universités allemandes après la guerre de 1870-1871. Impressionnés par l’organisation des institutions militaires, civiles et intellectuelles d’outre-Rhin, ils y ont vu l’explication de la victoire de l’Allemagne. De ce modèle, ils tirent des applications devant assurer le redressement de la France [1]. D’autres grands noms participent aux réformes. Et leurs débats sont repris, dès 1881, dans l’organe de la Société, laRevue internationale de l’enseignement. Outre la solidarité unissant cette génération d’universitaires, des liens étroits existent aussi avec le monde politique et l’administration. Bref, dans les années 1880-1900, les conditions sont réunies pour l’édification de l’enseignement supérieur.

Les facultés ont un premier organe commun à partir de 1885, dans le Conseil des Facultés. La loi de finance de 1889 leur donne l’autonomie financière. Mais c’est la loi du 10 juillet 1896 qui les groupe en restituant à ce corps le nom d’Université, administrée par un conseil que préside le recteur de l’académie et dotée d’un budget particulier. Les études supérieurs se développent. Crédits et locaux sont obtenus. Le nombre des maîtres et des étudiants ne cesse de croître. Une véritable unité du milieu estudiantin se forge alors et les associations d’étudiants apparaissent.

Bien sûr, des groupements estudiantins ont existé auparavant, et ce, dès l’Université médiévale. Plusieurs siècles après, certains étudiants se réclament encore les héritiers des escholiers du Moyen Age, de Rabelais ou de François Villon. Mais les deux époques sont difficilement comparables. A Rennes, on n’oublie pas non plus qu’en 1756, les étudiants en droit ont fondé leur corporation et qu’ils ont participé aux heurts de la Révolution [2]. Au XIXe siècle, d’autres groupes d’étudiants se forment. Leurs batailles sont celles de 1830 ou de 1848. Mais leur engagement n’est pas celui d’un « corps ». Ils agissent en citoyens auprès d’autres membres de la société. Et c’est bien là une différence notable avec les associations des années 1880. Car ce n’est qu’en cette fin de siècle que les étudiants prennent conscience qu’ils forment un ensemble.

Mais pouvait-il en être autrement ? En effet, si l’on suit Antoine Prost, la naissance de l’étudiant n’intervient qu’en 1877 [3]. Avant, l’étudiant en lettres ou en sciences n’existe pas. La définition du Littré ne mentionne que ceux en droit ou en médecine. Mais le 3 novembre 1877, un arrêté crée 300 bourses de licence et des maîtres de conférence pour enseigner aux boursiers. Selon Prost, on peut seulement alors parler d’étudiants. Un enseignement cohérent est organisé qui leur est réservé. 200 bourses d’agrégation, créées en 1880, complètent celles de licence.

L’émergence de l’enseignement supérieur, son organisation et sa cohérence, la naissance et la multiplication des étudiants, la prise de conscience de leur unité collective, favorisent donc l’apparition des associations d’étudiants. D’autres facteurs favorables interviennent. La France est en paix et la IIIe République est une période de stabilisation du régime politique. Les libertés démocratiques, en particulier, sont instaurées même si la liberté d’association n’est reconnue de façon officielle qu’en 1901.

Alors, par delà les différences disciplinaires, partout en France, dans chaque université, les étudiants se regroupent. Ainsi en 1877, se fonde à Nancy, l’Union des étudiants qui deviendra Cercle des Etudiants puis Société générale des Etudiants. A Lille, l’Union des Etudiants de l’Etat est fondée en 1881 [4]. Viennent ensuite Bordeaux en 1882, Paris en 1884, Rennes en 1887, Lyon en 1888, etc.

A Paris, l’Association Générale des Etudiants se constitue dans un climat « à la fois patriotique et paternaliste [5] ». Elle bénéficie du patronage de personnalités comme G. Monod ou E. Lavisse, nommé président d’honneur. L’A.G. de Paris, comme d’autres en province d’ailleurs, se trouve donc pleinement impliquée dans le vaste mouvement de refonte de l’enseignement supérieur. Les discours « débonnaires, graves et moralisateurs [6] », prononcés par Lavisse, le rappellent aux étudiants lors des assemblées générales ou des fêtes de l’A. Pour ses banquets, le directeur de l’enseignement supérieur n’hésite ni à se déplacer, ni à « porter des toasts paternels [7]». Enfin, l’A.G. de Paris est représentée, avec son drapeau, aux grandes manifestations officielles, que ce soit l’inauguration de la nouvelle Sorbonne ou les fêtes du 14 Juillet.

Les Associations Générales s’organisent chacune à sa manière et conservent un fort particularisme local. Au-delà de celui-ci pourtant, des constantes se retrouvent dans les différentes villes universitaires françaises. En premier lieu, la « belle époque » marque de son empreinte la jeunesse « dorée » des Universités. Les étudiants appartiennent en effet en grande majorité à la bourgeoisie, à l’élite dirigeante. Même si des exceptions viennent confirmer la règle, la vie facile est le lot général. L’esprit libre de tout souci financier, le père banquier ou riche commerçant pourvoyant aux besoins, l’étudiant vient passer à la faculté les plus belles années de sa vie. Son avenir professionnel est déjà tracé : sa famille entretient des relations qui permettront de lui trouver un emploi et une épouse.

En attendant, les A.G.E. s’occupent de lui fournir les occasions de retrouver ses pairs et de se détendre. Dans cette optique, leur tâche essentielle voire unique est de mettre sur pied un certain nombre de festivités. Les monômes et les bals de l’A en sont les principales. Ces occasions, où d’autres, permettent à l’étudiant d’effrayer le « bourgeois », d’exercer ses talents de chansonnier ou de faire la cour aux « grisettes ». La littérature de l’époque offre plusieurs exemples de cet étudiant menant la « vie de Bohème », au quartier latin notamment. Dès lors, on comprend que le qualificatif « folklorique » ait été attribué à cette époque du mouvement estudiantin [8]. Cette époque prend fin avec la Première Guerre mondiale.

Une ou des A.G.E.R. ?

De l’histoire de l’Association Générale des Etudiants Rennais des origines, nous ne connaissons que des bribes. Les documents collectés sont, en effet, peu nombreux. Ils ne permettent pas de retracer de façon complète la vie ou plutôt les vies de l’Association. Seuls certains jalons sont donc présentés ici.

L’Association Générale des Etudiantes et Etudiants de Rennes ou l’A, comme on la nomme communément, est fondée en 1887. Plusieurs documents mentionnent cette date et en premier lieu le Bulletin artistique et littéraire de l’A.G.E.R. datant de 1898 [9]. 1887 est aussi la date que gardent en mémoire et nous communiquent les membres de l’A.G.E. de Rennes en 1932, par l’intermédiaire de leur annuaire [10]. Ce dernier d’ailleurs, malgré son nom, ne paraîtra que cette seule fois. Ainsi, les informations qu’il nous apporte, notamment sur l’histoire de l’Association, sont d’autant plus précieuses qu’elles sont rares. Mais cela ne va pas sans poser le problème de leur exactitude. Il est difficile, en effet, de faire des recoupements et des comparaisons avec des sources de première main.

Les premiers documents officiels attestant l’existence de l’Association que j’ai pu trouver remontent au début de l’année 1889 [11]. Ils citent l’Association Générale mais sans en donner plus de détail. En l’absence d’éléments plus anciens, il est ici délicat d’évoquer le mode de fonctionnement de l’A.G.E.R. ou les conditions de sa naissance. On peut seulement replacer celle-ci dans le vaste mouvement de regroupement des étudiants dans des cadres similaires.

Une autre étape de l’histoire de l’Association est présentée, une nouvelle fois, par l’annuaire de 1932. Il est question de l’affaire Dreyfus. Pendant cette période, les étudiants rennais se déchirent, à l’image des autres composantes de la société française. Leur association souffre alors du mélange de la politique et des préoccupations purement corporatistes. C’est du moins ce qu’affirment les étudiants de 1932. Il faut préciser que pour eux, nous le verrons, l’apolitisme est une condition fondamentale de leur vie associative. Il ne doit souffrir aucune exception car il garantit la cohésion.

Nous retrouvons d’ailleurs cette notion dans un Extrait des statuts de l’A.G.E.R. publié en 1904 [12]. Ainsi « l’Association s’interdit toute discussion politique et religieuse ». Le petit livret rappelle aussi la date de fondation de 1887 et situe le siège de l’A au 1 quai Lamennais. Mais le plus intéressant réside dans les buts et l’administration présentés dans le « Résumé des statuts [13] ».

« L’Association a pour but :

1° De faciliter les relations, respectueusement amicales, entre les Professeurs et les Etudiants ;

2° De resserrer les liens de solidarité et de camaraderie entre la jeunesse des différentes Facultés ou Ecoles […]

3° De grouper les Etudiants dans l’intérêt de leurs études, d’entretenir chez eux l’esprit de corps, les sentiments d’honneur et de patriotisme ;

4° De prendre en main la défense de leurs intérêts légitimes ; de leur permettre, au moyen de l’Association, de réaliser toute une série d’avantages et d’économies sur leurs dépenses. »

Avec l’alinéa 3, nous retrouvons une atmosphère proche de celle qui règne au moment des naissances d’associations d’étudiants : conscience d’une unité collective et patriotisme. Quant au premier alinéa, il sous-entend un certain paternalisme, comparable à celui qui existe à l’A.G.E. de Paris au moment de sa fondation. D’ailleurs le paragraphe relatif à l’administration de l’A.G.E.R. souligne le contrôle au moins théorique sinon réel exercé par les professeurs :

« La gestion des intérêts de l’Association est confiée à deux Assemblées :

1° Une Commission consultative composée de professeurs.

2° Un Comité d’Etudiants.

La Commission consultative […] a pour but d’approuver les décisions prises par le Comité, d’examiner les comptes du Trésorier, de donner son avis sur toutes les questions importantes. »

Dans l’historique de l’annuaire de 1932, l’autre étape présentée est celle de 1910. C’est alors que les étudiants commencent à penser à une association corporative groupant les corporations déjà existantes : celles du droit, des lettres – dont on nous précise qu’elle fut fondée en 1905 -, de médecine, des sciences. Et l’année 1912 marque la fondation de cette association fédérale. Mais ce résumé, proposé en 1932, n’est pas exactement conforme à la réalité.

Il est vrai qu’en 1911, l’Association Générale n’existe plus, « l’A a sombré [14] ». Les étudiants sont dispersés dans différents groupements politiques ou corporatistes. Mais des signes existent de leur volonté de se rejoindre, de s’entendre [15]. Et la naissance d’un journal estudiantin, Le Cri des Ecoles, à la rentrée 1910, est un de ces signes. Pour aider les étudiants à se rassembler après les cours, le maire leur promet un foyer.

Et c’est le 28 novembre 1912 que leurs délégués se réunissent à la Halle-aux-Toiles « pour fixer l’attribution des locaux donnés par la Municipalité [16] ». Ce ne sont pas seulement les membres de corporatives, mais aussi ceux de groupes politiques ou d’autres étudiants qui sont désormais réunis sous le même toit. Leur association est la Maison des Etudiants. Commence pour eux le véritable apprentissage de la cohabitation.

Mais la guerre éclate et marque une période de « cinq [ans] de léthargie involontaire et de silence imposé [17] ». En 1920, un article de L’A souligne « les louables efforts » et le « mérite des camarades Tromeur, Le Gall et Delalande auxquels revient la gloire de n’avoir pas laissé – aux temps difficiles de 1917, 1918, 1919 – l’Association complètement mourir [18] ».

Facultés, écoles et instituts rennais

Du début du XIXe siècle à la veille de la Première Guerre mondiale, l’histoire et la géographie des établissements d’enseignement supérieur de Rennes sont loin d’être figées. Une certaine stabilité marque cependant l’entre-deux-guerres.

Dès 1803, une Ecole de Médecine départementale est instituée en 1803. Elle devient successivement Ecole secondaire de Médecine en 1820, Ecole préparatoire de Médecine et de Pharmacie en 1841, puis Ecole de plein exercice en 1896. Une Faculté de Droit est fondée en 1806. Une Faculté des Lettres est instituée, une première fois, en 1810. Supprimée au lendemain de l’Empire, elle est rétablie en 1839 avec cinq chaires. Et en 1881, on commence d’augmenter le nombre de chaires et les enseignements. La Faculté des Sciences est créée en 1840, avec cinq chaires dont le nombre va s’accroître surtout après 1878 [19].

Sans lien entre elles pendant longtemps, ces facultés et écoles ont un premier organe commun à partir de 1885, dans le Conseil des Facultés. La loi de 1896 les groupe en Université.

Installées d’abord dans divers locaux mal appropriés, les facultés et l’Ecole de Médecine de Rennes sont réunies, en 1855, dans le Palais universitaire spécialement construit pour elles. A la fin du siècle, elles s’y trouvent à l’étroit. La Faculté des Sciences en sort la première et s’installe de 1896 à 1910 dans le Palais des Sciences construit place Pasteur [20]. Deux annexes y seront ajoutées, en 1903 et 1928. En 1938, rue du Thabor, la construction d’un Institut de Géologie est achevée. Comme pour la Faculté des Sciences, l’année 1896 marque pour l’Ecole de Médecine, l’occupation de ses nouveaux bâtiments, boulevard Laënnec.

Mais revenons un moment sur les « palais ». Partout en France, de tels édifices sont en chantier. La volonté de constituer un véritable enseignement supérieur s’accompagne d’un immense effort pour le loger. Paris en est un exemple : la construction de la Sorbonne débute en 1885 pour s’achever en 1889. La participation considérable des villes « témoigne de l’ampleur du mouvement suscité par l’enseignement supérieur [21] ». L’emplacement choisi et le style monumental des constructions « confirment l’importance accordée à l’entreprise [22] ».

Ainsi, à Rennes, l’axe de la Vilaine est mis en valeur « en tirant partie de la perspective rectiligne créée par la canalisation de la rivière [23] ». Les nouveaux bâtiments doivent soutenir la comparaison avec les réalisations prestigieuses des XVIIe et XVIIIe siècles et du second Empire. On érige donc le Palais universitaire puis celui des Sciences, achevé en 1888. Du même mouvement fait également partie l’édification du Palais du Commerce. C’est en 1887 que sa première pierre est posée.

Profitant de la loi de Séparation de décembre 1905, la municipalité opère un transfert massif de locaux en faveur de l’Université et de l’enseignement public. En 1911, dans le Palais universitaire ne restent que les appartements et les bureaux du recteur d’académie, avec les musées des beaux-arts, d’archéologie et d’histoire naturelle de la ville de Rennes. La Faculté de Droit est transférée dans l’hôtel de l’Archevêché, place Saint Melaine. Celle des Lettres s’installe avec les bibliothèques universitaire et municipale dans les locaux et les jardins du Grand Séminaire, place Hoche [24].

Tous les établissements universitaires occupent donc désormais la place qu’ils vont garder jusqu’en 1940. Deux autres établissements anciens ne dépendent pas de l’Université même s’ils appartiennent à l’enseignement supérieur. Leur situation géographique est également stable entre les deux guerres.

Le premier est l’Ecole des Beaux-Arts. Sa création intervient en 1881, à la suite d’une convention conclue entre la municipalité rennaise et l’administration des beaux-arts. L’école occupe successivement la Halle-aux-Toiles, l’hôtel des Postes et enfin l’ancien couvent, rue Hoche, où elle est encore. Les cours s’y multiplient et se diversifient de telle façon qu’en 1905, une Ecole Régionale d’Architecture est fondée [25].

Le deuxième établissement est l’Ecole Nationale d’Agriculture. Elle s’installe à Rennes, en 1896, route de Saint-Brieuc [26].

De nouvelles créations marquent aussi la période de l’entre-deux-guerres. L’Institut de Géologie, achevé en 1938, a déjà été évoqué. Toujours dans le cadre de l’Université, l’Institut Polytechnique de Bretagne (I.P.B.) est créé en 1919 avec ses deux sections, commerciale et industrielle. Situé 23 rue Victor Hugo [27], il est inauguré officiellement en février 1920 [28].

En 1929, c’est l’Institut Régional d’Education Physique (I.R.E.P.) qui voit le jour. En effet, « pour permettre le développement de l’éducation physique en France, le Ministère a créé un certain nombre d’Instituts régionaux, rattachés aux Universités et établis dans les principales villes sièges de Faculté ou d’Ecole de Médecine [29]». Il n’en existe qu’un dans l’Ouest, valable pour les académies de Rennes et de Caen. Son siège est à Rennes et ses cours débutent en décembre 1929.

Enfin, en 1930, l’Ecole de Chirurgie dentaire et de Stomatologie est créée, quai Lamennais. Une grande partie de ses enseignants sont des professeurs de l’Ecole de Médecine [30].

Pour la période de l’entre-deux-guerres, la géographie des établissements d’enseignement supérieur est désormais posée. Il reste à connaître l’importance de la jeunesse qui fréquente ces lieux.

B. La population estudiantine de Rennes de 1919 à 1940

Le recensement des étudiants rennais, même incomplet, permet d’aborder la place de cette jeunesse à l’Université ou dans la ville.

Les effectifs estudiantins à l’Université de Rennes

 

Droit

Sciences

Lettres

Médecine

Pharmacie

I.R.E.P.

TOTAUX

(1917-1918)

231

124

85

165

605

1918-1919

357

191

126

(48)

163

53

890

(1919-1920)

558

223

122

903

1920-1921

526

236

138

(43)

156

67

1123

1921-1922

563

244

178

(78)

128

77

1190

1922-1923

621

248

199

(76)

123

80

1271

1923-1924

613

225

186

(67)

116

79

1219

1924-1925

563

270

203

(88)

97

77

1210

1925-1926

574

325

208

(94)

76

(5)

92

(24)

1275

1926-1927

756

342

206

(81)

93

(7)

116

(33)

1513

1927-1928

931

410

263

(128)

98

(10)

124

(37)

1826

1928-1929

884

402

293

(159)

125

(10)

159

(54)

1863

1929-1930

943

422

343

(144)

130

(10)

154

(51)

43

2035

1930-1931

952

402

379

(170)

155

(8)

164

(57)

26

2078

1931-1932

930

334

406

(187)

188

(14)

159

(57)

36

2053

1932-1933

926

360

411

(191)

211

(15)

146

(52)

28

2082

1933-1934

1032

370

445

(192)

218

(13)

137

(57)

27

2229

1934-1935

941

270

412

(201)

237

(16)

149

(53)

18

2027

1935-1936

1028

225

360

(177)

270

154

15

2052

1936-1937

1035

251

354

(163)

249

151

11

2051

1937-1938

961

392

405

(207)

229

168

24

2179

1938-1939

1019

361

466

(251)

278

154

21

2299

1939-1940

1164

550

941

(264)

286

170

21

3132

 

N.B. : A côté du nombre d’étudiantes et étudiants par année et discipline, le nombre entre parenthèses donne l’effectif proprement féminin.

Remarques

Les chiffres posent en eux-mêmes un certain nombre de problèmes.

En ce qui concerne les étudiants en droit, deux façons de les dénombrer existent. Le chiffre haut a été retenu. Reprenons les termes du rapport annuel du Conseil de l’Université concernant l’année scolaire 1927-1928 [31] : « Il y a […] un élément d’incertitude provenant du fait que les chiffres théoriques contiennent un certain nombre d’étudiants signalés comme étant en cours d’étude, mais n’ayant fait en réalité aucun acte de scolarité ». Ainsi, cette catégorie des « étudiants dont les inscriptions prises antérieurement à la présente année scolaire ne sont pas périmées et qui n’ont pas subi d’examen en 1927-1928 » regroupe 438 personnes. Les étudiants ayant fait réellement acte de scolarité sont au nombre de 493. On peut considérer ce chiffre comme le seul vraiment représentatif des étudiants et le retenir comme total des effectifs. Mais si l’on prend en compte tous les étudiants inscrits sans tenir compte du fait qu’ils aient ou non fait acte de scolarité, on aboutit au total de 931 étudiants en droit. C’est le chiffre haut. L’écart entre les deux totaux est ici flagrant. Et la possibilité de deux comptabilités ne va pas sans poser problème.

Ainsi, pour l’année scolaire 1936-1937, le rapport est explicite : « D’une façon générale, il nous paraît utile d’observer ici que l’on pourrait tout aussi légitimement adopter d’autres bases et par suite arriver à un total assez différent. Ainsi dans le calcul des étudiants en Droit l’on n’a pas compris ceux dont les inscriptions, prises antérieurement à la présente année scolaire, ne sont pas périmées, mais qui n’ont pas subi d’examens en 1936-1937. Or le nombre de ces étudiants s’élève à 331 pour la dernière année. Si l’on en tenait compte, l’effectif du Droit s’élèverait à 1 035 ». Quant aux totaux différents obtenus, que ce soit en droit ou pour l’Université entière, « aucune raison décisive ne paraît contraindre à préférer » le chiffre haut au chiffre bas [32].

Le décompte des effectifs de la Faculté des Sciences n’est pas plus simple. Toujours pour l’année 1936-1937, on trouve dans le rapport, introduisant l’observation faite pour la Faculté de Droit citée ci-dessus, la précision suivante : « L’on a compté parmi les étudiants de la Faculté des Sciences les étudiants inscrits à la Faculté libre d’Angers qui ont passé des examens de sciences à Rennes, afin de se conformer aux errements antérieurs [33] ». Pour expliquer ces « errements », précisons que du ressort de l’Université de Rennes dépend un certain nombre d’établissements d’enseignement supérieur de Nantes et d’Angers. Ainsi, un décret du 20 juin 1922 rattache aux facultés de sciences et de lettres de Rennes, « les établissements d’enseignement supérieur récemment créés sous des dénominations distinctives, par la ville de Nantes [34]» : l’Institut Polytechnique de l’Ouest, l’établissement d’enseignement supérieur des Sciences Naturelles du Muséum de Nantes, l’Institut municipal d’Enseignement des Lettres.

Dans les rapports, les effectifs de sciences mais aussi de médecine incluent donc des étudiants de Nantes et d’Angers. A travers les divers modes de calcul adoptés, je me suis efforcé de faire la part entre les effectifs proprement rennais et les autres que je ne mentionne pas. Ainsi ne sont pas comptabilisés les étudiants des Institut Polytechnique de l’Ouest et Institut de Sciences Naturelles de Nantes et de la Faculté libre d’Angers. Enfin, on peut noter ici que les étudiants de l’Institut Polytechnique de Bretagne sont comptabilisés pour une part avec ceux de sciences et pour certains avec les étudiants en droit. L’institut comprend en effet une section commerciale et une section industrielle limitée, en 1919, aux industries chimiques. Pour celle-ci, les cours sont ceux que suivent à la Faculté des Sciences les étudiants candidats au diplôme d’ingénieur-chimiste [35].

Pour les étudiants en médecine et pharmacie, les chiffres distinguant nettement ceux de Rennes de ceux de Nantes ou Angers, j’ai pu facilement ne retenir que les Rennais.

Dans les rapports, l’effectif féminin de la Faculté des Sciences représente une difficulté dans la mesure où il est donné avec le total des effectifs rennais, nantais et angevin confondus. Le détail du nombre d’étudiantes par établissement n’est pas précisé, ce qui rend impossible la présentation de l’effectif féminin proprement rennais. En droit, la difficulté de prendre en compte l’effectif féminin provient du fait que le nombre total des étudiants de la faculté avec lequel le total féminin est donné dans les rapports annuels n’est pas toujours le même. En effet, les étudiants dont les inscriptions précédentes ne sont pas périmées sont parfois écartés du total s’ils ne font pas acte de scolarité. Enfin, en médecine et pharmacie, le nombre d’étudiantes, généralement peu élevé, n’est pas mentionné systématiquement par les rapports. Pour ces raisons, nous n’avons pas une vue d’ensemble précise du nombre de jeunes filles qui fréquentent les facultés rennaises. Seule la Faculté des Lettres fait exception. C’est d’ailleurs un des établissements où les étudiantes sont le mieux représentées par rapport aux garçons.

Les totaux des étudiants de Rennes présentés ici, pour toutes les raisons évoquées précédemment, sont donc assez différents de ceux des rapports. Précisons aussi qu’ils cachent un certain nombre d’individus comptés plusieurs fois. Certains étudiants, en effet, sont inscrits en même temps dans plusieurs disciplines, en vue de passer plusieurs diplômes. Compte tenu des difficultés de dénombrement déjà rencontrées, il m’a semblé inutile de rajouter celle-ci qui, au reste, ne concerne qu’une minorité d’étudiants.

L’ultime remarque consiste à souligner l’absence dans ce tableau des effectifs d’un certains nombre d’établissements d’enseignement supérieur rennais. La source consultée, à savoir les rapports annuels du Conseil de l’Université, n’évoque évidemment que ce qui dépend de l’Université. Or, de son ressort ne font pas partie l’Ecole des Beaux-Arts, l’Ecole Nationale d’Agriculture, le Conservatoire, l’Ecole de Notariat, l’Ecole d’Architecture, les cours de préparation aux Grandes Ecoles et, enfin, l’Ecole de Chirurgie dentaire. Ce sont donc plusieurs dizaines d’étudiants qui échappent au recensement présenté.

Les étudiants à l’Université et dans la ville

Dans un premier temps, nous ne tiendrons compte que de la seule Université. L’évolution de ses effectifs requiert quelques précisions.

Après la Première Guerre, la vie reprend à l’Université. Le rapport du Conseil souligne « une rassurante impression de renaissance [36] » pour l’année 1918-1919. Mais cette dernière n’est pas considérée comme normale en raison de la démobilisation trop tardive des professeurs et surtout des étudiants. En droit, comme dans les autres disciplines d’ailleurs, l’effectif continue à s’étoffer. La présence de 35 étudiants serbes, déjà inscrits en 1918, l’explique en partie [37]. Ils regagnent cependant leur pays à l’été 1919 [38]. Des Américains, plus nombreux, fréquentent aussi les facultés rennaises. Ils sont 61 en droit, 31 en sciences et 35 en lettres [39].

L’année 1920-1921 marque le retour définitif à la normale. Les facultés disposent désormais de leurs anciens locaux de façon complète. Celle des Lettres, « à peine rentrée en possession de ceux qu’elle avait dû céder à l’Autorité militaire pendant la guerre, s’était vue obligée de donner asile à l’Ecole primaire supérieure de jeunes filles, dont le bâtiment avait été incendié [40] ». Mais elle a repris possession de tous ses locaux. Le seul rappel vraiment apparent de la guerre est l’organisation d’examens spéciaux pour les étudiants démobilisés.

La vie continue et le nombre d’étudiants progresse assez régulièrement. Mais en 1934-1935, le rapport fait remarquer la baisse importante du nombre des étudiants de la Faculté des Sciences. D’autres établissements sont aussi concernés par la diminution de leurs effectifs. Alors, bien sûr, le creux démographique consécutif au conflit mondial explique le phénomène. Et il n’échappe pas aux membres de l’Université qui rappellent « la faible natalité des années de guerre ». Pourtant, cette explication ne leur suffit pas. Ils y ajoutent « le peu de débouchés offerts aux jeunes gens qui font des études ». La période est marquée, en effet, par les difficultés économiques et le chômage. Le gouvernement lui-même souhaite ralentir fortement les recrutements dans l’administration. Or celle-ci est d’habitude largement ouverte aux étudiants des facultés. Ainsi, dans la mesure où un exemplaire du rapport du Conseil de l’Université est destiné au ministère, l’explication qui y est présentée sonne comme une mise en garde [41].

Enfin, au terme de la période évoquée, la guerre perturbe à nouveau la vie universitaire. Le rapport relatif à l’année 1939-1940 met en relief les « difficultés nées des circonstances, de l’afflux des étudiants réfugiés, du manque de locaux et, plus tard, des faits de guerre [42] ». Le gonflement des effectifs, particulièrement spectaculaire à la Faculté des Lettres, est donc lié à l’arrivée de réfugiés. Ils affluent du Nord dont Rennes doit recevoir, selon un plan préétabli, les services départementaux et les facultés [43].

Voilà donc quelques jalons posés sur cette période de l’entre-deux-guerres. Globalement, l’effectif de l’Université est donc en progression de 1919 à 1940. Et même s’il manque dans le décompte un certain nombre d’établissements, essayons d’estimer le poids des étudiants dans Rennes

Numériquement d’abord, les étudiants forment un petit groupe par rapport à la population rennaise. Pour cette dernière, nous possédons des dénombrements précis lors de quatre années de l’entre-deux-guerres [44]. Leur mise en parallèle avec les effectifs de l’Université est claire :

Nombre d’habitants à Rennes

Nombre d’étudiants de l’Université

1921

81 241

1 190

1926

83 418

1 513

1931

88 659

2 053

1936

98 538

2 051



En 1939, J. Meyer estime à 4 000 personnes, professeurs compris, les effectifs de l’Université. Et il précise qu’une « bonne partie de ce groupe social provient de l’extérieur de la ville [45]». Gardons ce chiffre même s’il est un peu élevé pour la seule Université. En effet, il est basé sur le total présenté dans les rapports annuels du Conseil. Or nous avons vu que ce total englobe les étudiants de Nantes et d’Angers.

D’un point de vue économique, le poids des étudiants est difficilement quantifiable. Si l’on suit J. Meyer, nous pouvons l’envisager dans un contexte plus large. Ainsi enseignements supérieur et secondaire réunis apportent environ 5 000 personnes à Rennes, soit 5% de la population. « Cela représente une partie importante du mouvement commercial de la ville [46] ». Pour cette raison, certaines municipalités se soucient de soutenir les secteurs qui favorisent l’expansion de Rennes. L’industrie lourde est absente, mais une garnison importante, les administrations et l’enseignement représentent une source de dynamisme économique. En outre, le soutien apporté à l’enseignement par certains édiles, comme Le Bastard ou Janvier, s’explique par les valeurs républicaines et laïques qu’ils défendent et partagent avec la majorité des universitaires.

Mais revenons aux étudiants. La politique les intéresse aussi. Jean Meyer évoque d’ailleurs à ce sujet « l’animation qu’amènent au cours de l’année scolaire, dans une ville réservée et secrète, des étudiants fortement intéressés par les luttes politiques du moment [47]». Certes, avant la Première Guerre mondiale, ils constituent plusieurs groupements politiques : Groupe Socialiste des Etudiants Rennais, Union Républicaine, Saint-Yves… Mais après-guerre, beaucoup d’étudiants rejoignent les corporations et l’Association Générale. Or, celle-ci prône l’apolitisme, rendant exceptionnelles, en son sein, les manifestations politiques.

Certes, l’animation générée à travers la ville par les étudiants représente un autre indice de la place qu’ils y occupent. Mais bien plus que les luttes politiques, ce sont les festivités qui sont mises à profit par les étudiants pour se montrer aux yeux de la cité. Ainsi, les monômes réunissant plusieurs dizaines voire quelques centaines de personnes et surtout les fêtes du mardi-gras et de la mi-carême sont des temps forts. L’A.G.E.R. est alors sous les feux de l’actualité. Le reste du temps, la présence des étudiants dans Rennes semble peu perceptible [48].

Et pourtant, l’activité associative des étudiants est structurée et très intense.

 


[1] BOURDE Guy et MARTIN Hervé, Les écoles historiques, Paris, Le Seuil, coll. Point Histoire, 1990, 415 p., p. 181 à 214

[2] [sans auteur] « Les Etudiants de Rennes », L’A n° 9 J. 1er mai 1924, p. 4

[3] PROST Antoine, Histoire de l’enseignement en France, Paris, Armand Colin, coll. U, 2e éd. 1970, 526 p., p. 223 et suivantes

[4]ADIV – M 269 : lettres des maires de Nancy et de Lille

[5] PROST A., op. cit., p. 223 et suivantes

[6] Ibid.

[7] Ibid.

[8] BORELLA François et de LA FOURNIERE Michel, Le syndicalisme étudiant, Paris, Le Seuil, 1967, 188 p. pp. 34 à 38

[9] ADIV – 3 Per 629 : Association Générale des Etudiants – Bulletin artistique et littéraire (Rennes) n° 1 de janvier 1898

[10] ADIV – 2 Per 876 : A.G.E.R. Annuaire de 1932. Imp. de L’Ouest-Eclair

[11] AMR – R 82 : Lettres

[12] BMR – 34 735 : Association Générale des Etudiants de Rennes – Extraits des statuts 1904

[13] BMR – 34 735 : Extraits des statuts 1904, p. 6

[14] F. Q., « On nous loge », Le Cri des Ecoles N° 4, 15 février 1911, p. 1

[15] QUESSETTE F., « Entre Etudiants », Le Cri des Ecoles N° 2, 11 janvier 1911, p. 1

[16] Goziré, « Autour d’un Foyer », Le Cri des Ecoles N° 23, 12 décembre 1912, p. 1

[17] L’Astronome, « Les astres au firmament rennais : VI – Monsieur Raoul Félix, président de l’A.G.E. », L’A n° 6 L. 8 mars 1920, p. 2

[18] L’Astronome, « Les astres au firmament rennais : VI – Monsieur Raoul Félix, président de l’A.G.E. », L’A n° 6 L. 8 mars 1920, p. 2

[19] Académie de Rennes – Célébration du Ve centenaire de la fondation de l’Université 1461-1961, Rennes, Imprimeries Simon

[20] MEYER Jean (dir.), Histoire de Rennes, Toulouse, Privat, 1972, 496 p., pp. 391 et suivantes

[21] PROST A., Hist. de l’enseignement, p. 223 et suivantes

[22] Ibid.

[23] MEYER J. (dir.), Histoire de Rennes, pp. 391 et suivantes

[24] MEYER J. (dir.), Histoire de Rennes, pp. 391 et suivantes

[25] BURV – 19 209 : Rennes – Ecole des Beaux-Arts, Cinquantenaire 1881-1931, livre d’or

[26] BMR : 46 964 : Ecole Nationale d’Agriculture, Rennes – album photographique.

BMR : 45 632 : Ecole Nationale d’Agriculture, 1926

[27] [sans auteur] « Institut Polytechnique », L’A n° 5 J. 2 février 1922, p. 4

[28] [sans auteur] « A l’Institut Polytechnique », style=’font-style:L’A n° 5 L. 23 février 1920, p. 2

[29] Docteur LEFEUVRE, Professeur de physiologie, Directeur de l’Institut Régional, « L’Institut Régional d’Education Physique des Académies de Rennes et de Caen – I. Organisation actuelle », L’A n° 4 J. 29 janvier 1931, p. 6 et du même auteur, « L’Institut Régional d’Education Physique des Académies de Rennes et de Caen – II. Réformes et améliorations à envisager », L’A n° 5 J. 12 février 1931, p. 6

[30] Docteur LE NORCY et M. HOUALET, directeurs de l’Ecole Dentaire, « L’Ecole de chirurgie dentaire et de stomatologie de Rennes », L’A N° 1 J. 4 décembre 1930, p. 6

[31] BURH – 182 300 : Rapport annuel du Conseil de l’Université 1927-1928, pp. 9 et 10

[32] BURH – 182 300 : Rapport annuel 1936-1937, p. 10

[33] Ibid.

[34] ADIV – 2 Per 161 : Rapport annuel 1921-1922, p. 3

[35] BURH – 182 300 : Rapport annuel 1918-1919, p. 48

[36] BURH – 182 300 : Rapport annuel 1918-1919, p. 22

[37] Ibid., p. 31

[38] Ibid., p. 17

[39] Ibid.

[40] BURH – 182 300 : Rapport annuel 1920-1921, p. 3

[41] BURH – 182 300 : Rapport annuel 1934-1935, p. 31

[42] BURH – 182 300 : Rapport annuel 1939-1940

[43] SAINCLIVIER Jacqueline, L’Ille-et-Vilaine 1918-1958, Vie politique et sociale, Rennes, coll. « Histoire », PUR, 1996, 480 p., p. 219

[44] MEYER J., Histoire de Rennes, p. 385

[45] MEYER J., Histoire de Rennes, p. 385

[46] Ibid.

[47] Ibid.

[48] Témoignage de M. Piron

 

DEUXIEME PARTIE : L’A.G.E.R. ET L’U.N.E.F.

 

A la fin du XIXe siècle, dans chaque ville universitaire, les étudiants se regroupent au sein des Associations Générales. Il faut ensuite attendre 1907 pour qu’aboutisse un processus fédérateur analogue mais à l’échelle nationale cette fois. En mai de cette année-là, à Lille, les statuts de l’Union Nationale des Associations Générales d’Etudiants de France sont élaborés. C’est une association régie par la loi de 1901. Notons que, dans le langage courant, cette Union a pris, au moins après la Première Guerre mondiale, la dénomination d’Union Nationale des Etudiants de France ; elle est désignée par les initiales U.N.E.F. ou U.N. tout simplement. L’essentiel de l’encadrement des étudiants étant assumé au niveau local par les A.G.E., le rôle de l’Union Nationale reste secondaire jusqu’à la guerre. Et cette dernière va tout changer.

Les étudiants ont pris une part active et importante au premier conflit mondial. Les mentalités ont changé et une maturité nouvelle habite la jeunesse. Elle est le fruit des atrocités vécues au front, des deuils, des difficultés économiques et matérielles engendrées par la guerre. La solidarité entre les étudiants est devenue une nécessité. Il faut faire face ensemble aux problèmes matériels. C’est ainsi que, localement, les Associations Générales reprennent leurs activités devenues presque vitales. Dans un premier temps, elles retissent les liens entre étudiants. Puis, elles leur proposent un certain nombre d’avantages matériels. Dans ce cadre, l’A de Rennes multiplie les actions. Mais il est des domaines où l’échelon local se révèle trop restreint. Les A.G.E. trouvent alors un relais naturel avec l’Union Nationale. Par le biais de cette dernière, les étudiants en appellent directement au soutien des autorités françaises. La voix de l’U.N.E.F., qui devient rapidement celle de tous les étudiants, se fait désormais entendre régulièrement et notamment une fois par an lors de son congrès.

Les travaux de l’U.N. visent à défendre les intérêts estudiantins. Cette activité purement corporatiste porte sur toutes sortes de sujets ayant trait à l’enseignement supérieur. En outre, après la guerre, les étudiants s’unissent pour vaincre les craintes et les incertitudes qu’ils ont désormais face à l’avenir. La crise des années trente, loin d’améliorer la situation, engendre des problèmes d’emploi. Pour tenter d’y faire face, l’Union Nationale cherche notamment à améliorer l’orientation des étudiants. Et ceux-ci vont même jusqu’à faire grève pour défendre leur avenir professionnel. Mais dans leur activité associative et corporatiste, les étudiants affichent leur apolitisme. Celui-ci doit garantir leur unité. Mais il n’est pas si facile à maintenir.

Une autre préoccupation des étudiants concerne leur santé. Elle est mise en péril par leurs conditions de vie parfois difficiles. A l’époque, la tuberculose notamment fait des ravages. Pour lutter contre ce fléau, une nouvelle fois, les étudiants se mobilisent. Comme dans les autres domaine, ils bénéficient du soutien des autorités dirigeantes et de généreux donateurs. Selon la même logique, et avec des appuis similaires, les étudiants organisent le sport universitaire. La pratique du sport doit être un complément naturel à leur formation intellectuelle.

I. L’A.G.E.R. AFFILIEE A L’UNION NATIONALE DES ETUDIANTS DE FRANCE

L’Association Générale des Etudiants Rennais participe pleinement à l’activité de l’U.N.E.F. à laquelle elle est affiliée. Les cartes que l’A distribue à ses membres lui sont d’ailleurs fournies par l’Union Nationale. L’A.G.E.R. se préoccupe de rendre meilleur le quotidien de ses étudiants. Pour ce faire, un certain nombre de décisions lui appartiennent et son prises à l’échelon local, avec souvent la bénédiction ou l’aide directe des autorités. Mais les décisions sont aussi discutées et prises au niveau national. Elles concernent l’ensemble des étudiants.

A. L’amélioration de la vie matérielle

En avril 1919, l’Association Générale des Etudiants Rennais définit ses buts dans l’article 1 de ses statuts. Il s’agit pour elle de « créer et d’entretenir de bonnes relations de camaraderie entre les étudiantes et étudiants rennais français et alliés, de présenter la défense de leurs légitimes intérêts, de commémorer le souvenir des étudiants morts au champ d’honneur, de faire œuvre de bienfaisance en s’associant à toutes les manifestations organisées au profit des œuvres humanitaires. »

Contexte difficile et solidarité

La guerre mondiale qui vient de s’achever est évidemment encore très présente dans les esprits. Nombreux sont les professeurs et les étudiants morts au combat. Certains locaux universitaires comme ceux de la Faculté des Lettres sont encore occupés par les autorités militaires. Des examens spéciaux organisés pour les étudiants démobilisés, la présence en cours de décorés [1] ou de blessés de guerre, d’étudiants américains et serbes sont aussi des rappels de la guerre.

Les anciens combattants désirent garder le souvenir de leurs camarades disparus. Dans L’A du 13 juillet 1922 [2], un membre de l’Association écrit en faveur de l’installation, à la Maison des Etudiants, d’une plaque « à la mémoire des Etudiants Rennais » morts victimes de la guerre. Lors de la première séance de rentrée du Comité, le 25 novembre 1922, le nouveau président Colas-Pelletier propose une résolution dans ce sens. Elle est adoptée.

On peut également citer l’inauguration d’une plaque commémorative à la Faculté de Droit le 14 décembre 1922 [3] et l’inauguration d’un monument aux morts à l’Ecole Nationale d’Agriculture en 1925 [4]. Dans le règlement général de l’A de 1923, l’article 32 stipule que l’Association « organise chaque année une cérémonie destinée à glorifier la mémoire des Etudiants “ morts pour la France ” ». Enfin, en 1929, dans la nouvelle Maison de la rue Saint-Yves, le président de l’A est mandaté par le comité pour « l’inauguration d’une plaque commémorative aux étudiants morts pendant la dernière guerre [5]».

Dans un contexte difficile, le réflexe vital mène au regroupement et à l’entraide. Les soucis matériels et financiers préoccupent les étudiants et ils le disent : « La vie chère nous atteint particulièrement, nous qui sommes un capital d’attente […] la guerre, pour la plupart d’entre nous qui la firent, va prolonger jusqu’aux alentours de la trentaine cette période déjà longue d’activité emmagasinatrice préexistante à l’activité productive et rémunératrice [6] ».

Un article dans le numéro 10 de L’A de mai 1920 est intitulé « O fortunati infortunati [7] ». Son auteur le dédicace ainsi : « A mes copains de la débine, en consolation ». Une phrase écrite en majuscule, au milieu de l’article, retient l’attention : « LE COUT DE LA VIE, COMPARATIVEMENT A CE QU’IL ETAIT AVANT LA GUERRE A QUADRUPLE ». En note, ce tableau et une remarque acerbe :

 

en 1913

en 1920

Chambre

20 fr.

  80 fr.

Pension

50 fr.

200 fr.

Un bock

0,15

0,60

Un cahier

0,10

0,70

Un complet

70 fr.

425 fr.

 

« N.-B.- Nous ne sommes pas de ceux qui soutiennent que la vie n’a augmenté que de 0 fr.15 depuis un an !!! »

Dans le numéro suivant, daté du 10 juin, un article reprend l’éditorial du Démocrate d’Ille-et-Vilaine du 6 juin qui déplore l’impossibilité pour les jeunes de « classes non favorisées » d’étudier en faculté [8]. Le coût élevé de la vie s’accompagne de restrictions diverses. Ainsi un étudiant demande « un peu de feu à la bibliothèque, S.V.P. ». En effet, la salle de lecture où il pensait trouver une atmosphère plus clémente que celle de sa chambre, n’est pas mieux chauffée [9]. Avant d’aborder par le détail les nombreuses réalisations de l’A.G.E.R., laissons la parole au président, Marcel Colas-Pelletier [10] :

« Cette année nous continuerons l’œuvre commencée. Les conditions difficiles de la vie actuelle de l’Etudiant ont rendu nécessaire le développement de l’Association Générale qui donne de nombreux avantages dont profite la collectivité.[…]

Il est en effet nécessaire que l’Etudiant s’organise, se groupe car l’existence de la vie chère rend de plus en plus les études difficiles.

L’Etudiant ne s’attarde plus aux illusions qui enchantèrent ses années de Lycée […].

Il connaît la valeur du temps et sans se départir de la gaieté, force plus que jamais précieuse, l’esprit de l’Etudiant a subi une transformation.

La vie de Bohème chère aux générations précédentes faite de fantaisies, de mélancolie, de caprices et d’insouciance est bien finie.

Certes il existe encore de rares spécimens qui mènent une existence romantique, mais ils sont peu nombreux […].

Enfin s’il est encore quelques Etudiants fortunés, il en est beaucoup d’autres, et c’est l’immense majorité, dont les familles ne peuvent plus, par suite des événements actuels, supporter de lourds sacrifices pécuniaires.

Combien avons-nous de nos condisciples – hélas – qui sont dans la pénible obligation de chercher des occupations entre leurs heures d’études, diminuant ainsi leurs chances de réussite en fin d’année, ou de pousser l’économie jusqu’à des privations néfastes au point de vue de l’hygiène et de la santé physique et intellectuelle. »

Il va de soi qu’un groupement corporatiste tel que l’A.G.E.R. est tourné d’abord vers la préservation de ses propres intérêts. Mais d’autres préoccupations plus générales l’animent aussi. L’un de ses buts est d’ailleurs d’apporter son aide à des « œuvres humanitaires ». Ainsi, chaque année, un délégué de l’A.G. est chargé d’assurer le service de distribution aux indigents au Fourneau Leperdit. Un séjour au bord de la mer pour un enfant tuberculeux doit être financé par l’Association en 1920 [11]. Une partie des bénéfices réalisés lors des fêtes est reversée à plusieurs œuvres de bienfaisance. Ainsi, dans le compte-rendu de la séance de délibération du 13 avril 1923, la liste d’une vingtaine d’œuvres est dressée. En face de chacune d’elles est inscrite la somme que l’A lui destine. Le total atteint 2 950 francs [12].

Concernant le bien-être matériel des étudiants cette fois, l’A.G.E.R. multiplie les initiatives. La carte de membre permet de bénéficier des avantages proposés par l’A. Dans un premier temps, le plus simple est d’obtenir des réductions chez les commerçants de Rennes. Cela peut se faire sans avance de fonds. Un certain nombre de tailleurs, chapeliers, marchands de chaussures et autres répondent favorablement aux sollicitations et accordent des remises de 5 à 10%. Des réductions sont aussi accordées aux étudiants dans différents bars, au théâtre, dans les cinémas. La liste des établissements et des réductions est disponible au siège de l’A et une partie est parfois publiée dans le journal.

Peu à peu le budget s’étoffe : cotisation des membres, dons et subventions s’additionnent et permettent des réalisations plus ambitieuses. Mais en l’absence des cahiers de compte de l’A.G.E.R., il faut se contenter des rares informations financières glanées dans les sources disponibles. Pour commencer, évoquons la Maison des Etudiants pour souligner le fait qu’elle constitue la base de la vie de l’A en abritant ses membres et une partie de ses activités. Elle participe en cela au bien-être matériel des étudiants.

A la rentrée 1922, un office des placements est organisé [13]. Il est destiné à fournir des répétiteurs, secrétaires, remplaçants, etc. Ces emplois permettent à quelques étudiants de financer leurs études. Dans le même but l’Association propose aussi à ses membres les plus démunis des prêts et des bourses. Les statuts de 1923 les mentionnent, tout comme ils mentionnent un service médical et pharmaceutique. Ainsi, « certaines réductions, concernant les soins médicaux et pharmaceutiques, sont accordés aux membres actifs de l’Association, par des Médecins, Dentistes et Pharmaciens dont la liste est publiée annuellement » (article 8). En 1930, l’A.G. va plus loin et met en place un « Institut prophylactique » [14]. Mais sa vie sera courte faute de moyens [15].

Les restaurants d’étudiants

Accompagnant les problèmes financiers, celui de la nourriture préoccupe particulièrement les étudiants. Dans ce domaine, l’A.G.E.R. va rapidement se doter d’un restaurant. Elle s’inspire en cela de l’exemple d’autres Associations Générales d’Etudiants et bénéficie du soutien de l’Union Nationale.

Dans un article sur « les restaurants coopératifs d’étudiants », un certain Studius nous livre sa réflexion [16]. Il prend l’exemple du restaurant de l’A.G. de Bordeaux, l’Escuelle de Rabelais, où le repas coûte 3 francs. L’A.G. traite à forfait avec un restaurateur. L’auteur déclare, qu’à sa connaissance, aucune Association Générale ne possède un restaurant en gestion directe. Plusieurs difficultés expliquent cette situation : ressources limitées des Associations Générales, absence ou insuffisance des aides financières des Pouvoirs publics, rareté des gérants « convenables » et difficultés diverses pour les étudiants de gérer l’affaire eux-mêmes, enfin aléas financiers d’une semblable exploitation. Studius évoque les réflexions du Congrès de l’U.N. sur le sujet. Enfin, il conclut qu’à Rennes, les étudiants n’ont pas les moyens financiers de monter une pension coopérative sans aide. La question est cependant à l’étude et les étudiants donneront ce qu’ils possèdent : « un peu de [leur] temps et beaucoup de [leur] activité. »

Le lundi 22 novembre 1920, le Restaurant Coopératif de l’Université (R.C.U.) ouvre ses portes au Coq d’Or, Galeries Méret [17]. La formule est prudente puisque la gestion en a été confiée à un restaurateur et à une commission. Pourtant, le 7 avril 1921, un article de L’A traitant « la question du R.C.U. » informe qu’il est tombé. La déception est grande pour les étudiants et les récriminations sont nombreuses. Une protestation est publiée à la une de L’A dont l’originale porte « en tout quatre-vingt-onze signatures recueillies le soir du 19 mars où fut lue la protestation ci-dessus au R.C.U., alors que la moitié des pensionnaires ou presque l’avait déjà quitté ». Les étudiants tiennent à préciser qu’ils n’ont pas participé à la direction du restaurant. En effet, « pour le public, c’est le restaurant des Etudiants qui est tombé. Et dans son esprit, ce sont les étudiants qui en assurèrent le fonctionnement ». Ils déplorent le gaspillage des subventions dont le montant total dépassait 40 000 francs. Ils soulignent qu’il leur sera désormais difficile d’obtenir de nouvelles aides. En outre, ils ont dû retourner vers d’autres restaurants plus chers.

A côté de cette expérience malheureuse, une autre réussie permet de répondre aux attentes de quelques étudiants : les élèves de l’Ecole Nationale d’Agriculture ont fondé en 1920 une véritable société coopérative nommée Ruche des Agricoles ou Maison familiale [18]. La gestion directe de la société est aux mains des élèves et assurée par trois organismes : le bureau est composé d’un gérant, d’un secrétaire-trésorier et d’un magasinier solidairement responsables ; le conseil d’administration contrôle la gestion des membres du bureau et prend de concert avec ceux-ci les décisions qu’ils jugent nécessaires au bon fonctionnement et à la discipline de l’établissement ; l’assemblée générale constituée par tous les coopérateurs élit les membres du bureau et du conseil d’administration, ratifie par son vote les décisions prises par les administrateurs et accorde ou refuse sa confiance au gérant et à ses deux collaborateurs.

La coopérative est en outre placée sous le patronage du directeur de l’Ecole, président d’honneur et d’un professeur, président. Le gérant achète les marchandises auprès de grossistes ou au marché pour les volailles, œufs et légumes frais. On peut ainsi voir le samedi, sur la Place des Lices, le gérant aidé de deux camarades, s’approvisionner en légumes et en charger une petite voiture à bras.

Un apport de 25 francs, remboursé en fin d’année, est demandé à tout élève entrant dans la société. Il permet les premiers achats de mise en route. A la fin de chaque mois, le montant total des dépenses est réparti entre chaque coopérateur. Ce total comprend les achats et les salaires du personnel de service du restaurant. En outre, les fournisseurs accordent des crédits aux échéances de trente à soixante jours. Ainsi, les denrées sont consommées immédiatement mais ne sont payées qu’en fin de mois. Ce délai permet au trésorier de calculer avec exactitude la quote-part incombant à chaque coopérateur et d’en encaisser le montant.

En 1923, les 95 élèves de l’E.N.A. fréquentant le restaurant ont ainsi dépensé en moyenne 3,75 francs par jour et par estomac. Le logement et le blanchissage sont également proposés aux élèves pour respectivement 5 francs et 6,75 francs mensuels. « En résumé un agricole peut vivre à l’E.N.A. pour la modique somme de 124 fr. 25 par mois ». Ne sont pas pris en compte, évidemment, les frais de vêtement et l’argent de poche. En comparaison, à Rennes, « les restaurateurs prennent des pensionnaires à des prix variant de 180 à 240 fr. par mois, sans le petit déjeuner qui représente une dépense supplémentaire d’au moins 20 francs par mois. Ajoutez à cela le loyer d’une bien modeste chambre de 60 francs et le prix du blanchissage évalué à 15 francs et vous obtenez le total minimum de 275 francs ». Cette longue démonstration à pour but de prouver que l’idée coopérative est applicable à Rennes puisque déjà appliquée. Elle vise à encourager les bonnes volontés afin de mettre en place une structure similaire pour l’ensemble des étudiants rennais.

Mais ceux-ci devront attendre le déménagement de leur Maison vers la rue Saint-Yves avant de bénéficier des avantages d’un restaurant d’étudiant. Une salle au rez-de-chaussée de la nouvelle Maison des Etudiants est prévue pour l’accueillir. En janvier 1927, l’A.G.E.R. se réunit en assemblée générale avec pour objet d’en discuter. Les élèves agricoles apportent leur aide et leurs conseils [19]. Et le 24 février, « le conseil d’administration du Restaurant Coopératif convoque la première assemblée générale mensuelle prévue aux statuts [20] ». L’assemblée doit rendre compte de la gestion et discuter « certaines questions de détail et d’organisation intérieure [21]».

L’annuaire de l’A.G.E.R. de 1932 [22] nous expose les statuts du restaurant coopératif. Celui-ci fonctionne de façon autonome tout en restant dans le cadre de l’Association. Les coopérateurs doivent être membres de l’A.G. et verser une caution d’entrée. Les membres de l’A.G. non coopérateurs peuvent cependant prendre un ou plusieurs repas rue Saint-Yves dans la mesure des places disponibles et après avoir payé. Pour ce qui est de l’administration, les coopérateurs réunis en assemblée générale élisent deux administrateurs. La direction du restaurant, où ils mangent gratuitement, leur est confiée. Le restaurant étant coopératif ne doit pas faire de bénéfice. 3 000 francs doivent cependant être gardés en fin d’année pour assurer la relance l’année suivante. Une commission de vérification des comptes du restaurant est à l’œuvre chaque trimestre. Elle se compose de trois coopérateurs élus par l’assemblée générale des coopérateurs, du président de l’Association Générale et du président de la commission des comptes de l’Association.

Si l’on en croit L’A d’avril 1930 [23], l’année a été prospère pour le restaurant. Cela permet de « boucler son budget ». Est-ce à dire que ce n’était pas le cas les premières années ? On peut le supposer car on insiste pour que les étudiants prennent pension au « resto » : « Ils y seront aussi bien servis qu’ailleurs, ils s’y retrouveront entre camarades, ils feront des économies et ils serviront les intérêts de l’A.G.E.R. ». L’appel semble avoir été entendu. En effet, l’année scolaire 1930-1931 voit se confirmer le succès du restaurant coopératif. Plus de 115 repas sont servis midi et soir. Les étudiantes bénéficient aussi des avantages du restaurant dans leur salon transformé en salle à manger à l’heure des repas [24].

Dès le second trimestre, l’inscription de nouveaux coopérateurs n’est plus possible faute de place. Le chiffre d’affaires atteint 280 000 francs. Et si le bénéfice est seulement de 1 300 francs, il s’explique par l’obligation statutaire d’équilibrer le budget. Le paradoxe est qu’il faut donc compter sur l’aide financière de l’Association pour répondre à la demande et développer l’activité du restaurant. La trésorie générale de l’A.G.E.R. apporte 6 000 francs tirés de la subvention qu’elle a obtenue de la commission des recteurs. Les améliorations concernent l’outillage de la cuisine, le nombre accru des personnels de service, l’agencement de la salle.

En 1931-1932, une moyenne de 140 couverts par repas sont servis. Une trentaine d’étudiantes fréquente la rue Saint-Yves. Un des avantages est de pouvoir y prendre son repas au ticket alors qu’en ville, un restaurateur ne décompte pas un repas qui n’a pas été pris. Pour 5 francs, le menu comprend un hors d’œuvre au choix (potage le soir), deux plats de viande garnis de légumes et un dessert au choix, pain et bière à volonté. L’équivalent en ville revient à 7 francs environ. Les étudiants rennais sont fiers de leur restaurant. Il est pour eux « la démonstration la plus frappante de l’activité de [leur] Association Générale [25] ». Mais la situation ne reste pas idyllique.

Ainsi, en 1935-1936, l’Université intervient financièrement pour soutenir le restaurant « qui a donné maints déboires ». Il s’agit pour elle de maintenir « cette œuvre sociale si utile » qui offre aux étudiants, « pour un prix modique, une nourriture saine et abondante [26] ». Le déséquilibre budgétaire semble avoir pour origine un certain nombre d’abus voire de malversations. Pour les réprimer, l’A.G. crée un comité de réorganisation. Il s’agit, en effet, d’éviter à tout prix la fermeture du restaurant ou le placement à sa tête d’un gérant non étudiant [27]. Les étudiants sont une nouvelle fois invités à fréquenter le restaurant de la rue Saint-Yves. « C’est votre devoir et votre avantage » leur affirme le trésorier général Le Mazou [28].

En janvier 1938, L’A reparle du restaurant coopératif [29]. Dans un long article, Jules-Pierre Loyer, président de l’Association, fait le sombre bilan du début d’année. Il souligne qu’en ces temps de crise, la nourriture représente près de la moitié du budget mensuel de l’étudiant. Les efforts faits pour le restaurant, notamment ceux de publicité, n’ont permis qu’une trop légère amélioration de la situation. Loyer déplore le fait que sur 1 100 membres de l’A.G.E.R. seule une cinquantaine fréquente régulièrement le restaurant. Il en rappelle les avantages et notamment celui du prix : 6,25 francs par repas. Il insiste sur le devoir et l’intérêt de chacun d’y manger. Il sollicite la participation de tous : une boîte installée dans la salle du restaurant doit recevoir suggestions et réclamations pour permettre « de réprimer certains abus, de faire ou d’autoriser telle ou telle chose ».

En écho au message du président, l’article d’un certain Digabel paraît dans L’A du 3 février [30]. Le titre alarmiste annonce que « l’A.G. se meurt ». Digabel demande à chacun de prendre ses responsabilités. Il donne plusieurs explications à la « décrépitude » du restaurant : une dette de 20 000 francs accumulée depuis plusieurs années, une ouverture tardive qui a obligé les étudiants à prendre pension en novembre dans les restaurants de la ville, « une mauvaise réputation héritée du passé ». Toutefois, l’auteur loue les efforts de Loyer pour rendre le restaurant coopératif plus vivant et plus propre. Mais la collaboration de tous est nécessaire, à plus forte raison celle des délégués. Digabel leur demande de montrer l’exemple en mangeant à l’A. Le premier janvier 1939 [31], le Recteur Galletier, en accord avec le Comité de l’A.G.E.R. réduit le prix du repas de 6,50 à 6 francs.

La Cité Universitaire

Après la guerre, se loger représente un véritable problème. Les logements sont rares et les loyers souvent prohibitifs. Les propriétaires se montrent souvent très exigeants, parfois trop. Les critiques des étudiants à l’encontre de leur logeuses ne sont d’ailleurs pas rares dans L’A. Des efforts sont pourtant faits, comme la construction d’Habitations à Bon Marché (H.B.M.), mais cela reste insuffisant. Les logements restent surpeuplés et souvent insalubres, ce qui favorise le développement de la tuberculose.

Dès la rentrée 1922, l’A.G.E.R. a mis sur pied un office des chambres. Appelé aussi Office de location, il « fonctionne toute l’année, même pendant les vacances. Il se met en rapport avec les propriétaires de chambres garnies, connaît leurs conditions, le confort des pièces disponibles, etc. Il reçoit les demandes des étudiants (qui peuvent préciser le quartier, le prix approximatif, tel autre détail qu’ils désirent). Et l’Office, satisfaisant à ces desiderata, donne aux jeunes gens les adresses désirées [32] ». La question est de savoir combien de chambres sont ainsi louées par an ; dans quelle mesure les propriétaires d’appartements connaissent et collaborent à cet Office.

On a vu que l’Université, en la personne de son Recteur, intervient occasionnellement pour soutenir, financièrement notamment, les activités de l’Association Générale. La question de l’alimentation a ainsi trouvé une solution. En ce qui concerne le logement, l’Université prend le relais de l’A, pressée par la demande des étudiants. Elle apporte une réponse spécifique à ce groupe, une réponse déjà proposée ailleurs : la Cité Universitaire.

Le 4 octobre 1931, une cérémonie réunit un certain nombre de personnalités rennaises pour la pose de la première pierre de la Maison des Etudiantes [33]. Il ne s’agit pas ici d’un deuxième siège de l’A.G.E.R. qui serait proprement féminin ; le bâtiment est destinée à héberger les étudiantes en chambres individuelles. Tiengou, président de l’A et Mlle Boudan, présidente des étudiantes, représentent l’Association. La ville de Rennes a cédé le terrain sur lequel l’édifice va s’élever, avenue Jules Ferry, face à l’Ecole Primaire Supérieure des filles. Le Conseil général d’Ille-et-Vilaine, le département du Morbihan et l’Etat contribuent au financement.

Une Maison des Etudiants est en projet et doit remplir pour les garçons la même fonction que la Maison des Etudiantes pour les filles. Les deux constructions formeront la Cité Universitaire de Rennes. Certains voient déjà dans la Cité la fin du restaurant coopératif. L’aménagement d’une salle de restaurant est, en effet, prévu dans la Maison des Etudiantes. Pourtant il n’est nullement question de fermer le restaurant de la rue Saint-Yves qui donne alors entière satisfaction. De plus, pour consolider encore l’importance de l’A, on envisage de subordonner l’admission à la Cité à l’adhésion à l’Association Générale ; la pratique existe d’ailleurs dans certaines villes universitaires déjà dotées de cités.

En janvier 1933, L’A reprend une enquête sur la jeunesse publiée par L’Illustration et passant en revue les cités universitaires de France [34]. Voici ce qui concerne celle de Rennes :

« Rennes qui compte dans son ressort 2.800 inscriptions dont 668 féminines, et à Rennes même 1.750 étudiants environ (le reste se répartissant entre Nantes, Angers), réalise sous l’impulsion de l’Office départemental d’habitation à bon marché, et du Recteur Davy, un très louable effort. Depuis novembre dernier, la cité de jeunes filles fonctionne. Celle des étudiants actuellement en construction, et qui comprendra 131 chambres coûtera 2.500.000 francs. L’architecte, M. J. Gallacier, modifiant heureusement la conception qui donne à la maison des étudiantes un peu trop l’aspect d’une cité ouvrière, prévoit sur la nouvelle construction un beffroi qui l’apparentera d’assez loin à la cité de Besançon. Il faut en effet que les cités universitaires aient un style personnel.

Si à Rennes, on a un peu oublié cette règle, on a du moins soigné l’aménagement intérieur. L’Université qui a versé à l’Office une subvention de 193.000 fr., complétant 1.743.000 fr. prêtés par l’Etat a fourni le mobilier, et fait décorer la maison par un artiste, M. C. Guillon, qui a voulu faire de chaque chambre tendue de toile de Jouy, un studio intime et vraiment féminin. Le mobilier en accajou verni, aux lignes modernes et sobres apparaît mieux que confortable.

Primitivement on avait prévu un restaurant. Mais il sera remplacé par une salle des fêtes, car l’Association Générale des Etudiants possède dans un vaste et vieil hôtel de la rue St Yves concédé par la Municipalité, le restaurant corporatif sans doute le mieux achalandé et le mieux géré de France. »

Dans son rapport pour l’année 1934-1935, le conseil de l’Université signale que la « construction et l’aménagement des deux cités, masculine et féminine, étant achevés, il n’y a à prévoir que des dépenses d’entretien [35] ». Et l’année suivante, on apprend que les « deux Maisons d’Etudiants continuent à fonctionner à la satisfaction, et des usagers, et de l’Université [36]».

Le « Comité d’entr’aide aux étudiants mobilisés »

Avec l’entrée en guerre de la France en 1939 et la mobilisation, celle des étudiants en particulier, la solidarité prend un sens tragique. Les étudiants restés à l’arrière désirent soutenir ceux qui sont partis. Dans cette optique, il s’agit de mettre en place une organisation spécifique. Encore une fois, la preuve va être faite de la capacité des étudiants à se serrer les coudes pour résoudre un problème nouveau.

L’impulsion décisive est donnée à Paris, un dimanche de réveillon froid et brumeux : lors du premier conseil d’administration de l’Union Nationale, une existence réelle est donnée à un concept déjà trouvé et qui s’appelle désormais « Comité d’Entr’aide aux Etudiants mobilisés ». Chaque A.G.E. de province est chargée de la création d’un comité local à l’image de celui de la place Saint Michel. Ainsi, plutôt que de laisser l’initiative et la réalisation au comité parisien, les étudiants optent pour la voie de la décentralisation. Les comités de province collaborent avec Paris tout en conservant une large autonomie [37].

A Rennes, les dons doivent être envoyés au 14 rue Saint-Yves. La recette des soirées « aide à entretenir une œuvre belle entre toutes [38] ». Outre les colis de nourriture et de vêtements et la correspondance, les mobilisés peuvent recevoir le journal L’A [39]. Tout est fait pour garder des relations étroites entre Rennes et ses mobilisés. Ceux qui rentrent en permission retrouvent l’ambiance des bals et des thés dansants. Leurs uniformes y rappellent cependant la proximité de la guerre [40].

Ce rappel est bientôt amplifié par les première arrivées de réfugiés, en mai 1940 [41]. Malgré la proximité des examens, des étudiants passent la nuit à la gare afin d’apporter leur aide. L’Association Générale, par l’intermédiaire de son journal, tente de mobiliser tout le monde en soulignant que « ceux qui arrivent manquent de tout ». Même les bourgeois, surnommés Pékins, se voient impliqués : il leur est demandé de mettre un terme à leur curiosité indécente face aux arrivées des réfugiés du nord de l’Europe pour aider et héberger ces derniers [42].

L’année scolaire 1939-1940 connaît une nette perturbation, cela va sans dire. Le conseil de l’Université, dans son rapport annuel, souligne ainsi ses « difficultés nées des circonstances, de l’afflux des étudiants réfugiés, du manque de locaux et, plus tard, des faits de guerre [43] ». Il semble vraisemblable de voir dans ces perturbations sinon la source, du moins l’accentuation de la tension qui règne parmi les étudiants et que nous révèle L’A. Cette atmosphère orageuse ternit sensiblement les démonstrations de solidarité. L. Muzellec, président de l’A.G.E.R., intervient lui-même dans les colonnes du journal pour regretter le « caractère d’animosité tout à fait contraire à l’esprit estudiantin [44] » présents dans quelques articles.

Un long article, dans le numéro 9 de L’A [45], s’étend sur les nombreuses mésententes qui existent entre les étudiants à Rennes. Le dernier numéro du journal est l’occasion de revenir sur les événements de l’année. Plusieurs articles en dressent le bilan. Le président de l’A.G.E.R. relativise les critiques contre l’Association pour mettre en valeur les points positifs. Il met ainsi en évidence la réussite du Comité d’entr’aide aux étudiants mobilisés. Ce comité a bénéficié du soutien du Recteur qui a versé 3 000 francs. S’y sont ajoutés 10 000 francs venant des recettes des matinées et des bals, des collectes et des dons.

Muzellec rappelle aussi qu’il n’y a « pas eu à déplorer à Rennes ce qui s’est passé dans plusieurs villes de province où les A.G. ont été obligées de fermer leurs portes tout au début de la guerre [46] ». Certes, l’A.G.E.R. a bénéficiée d’un répit. Mais l’arrivée des Allemands à Rennes, le 18 juin, est suivie par la réquisition de la Maison des Etudiants. Comme en 1914, la vie associative estudiantine est interrompue.

D’une guerre à l’autre, l’Association Générale des Etudiants Rennais se bat donc sur tous les fronts pour améliorer le quotidien de ses membres. Son activité est visible et concrète à Rennes mais prend également une dimension nationale au sein de l’Union.

B. Le congrès travaille

Après la Première Guerre mondiale, la voix de l’U.N.E.F. se fait désormais entendre régulièrement et devient rapidement celle de tous les étudiants. Sa meilleure tribune est celle de son congrès annuel. Chaque fois, l’A.G.E.R. y délègue quelques-uns de ses membres pour prendre part aux débats.

Les commissions et leurs vœux

Le premier congrès de l’après-guerre, le VIIIe depuis la naissance de l’U.N.E.F., se déroule à Strasbourg en 1919 [47]. Le choix de la capitale alsacienne est évidemment hautement symbolique. La région, annexée par l’Allemagne après la défaite française de 1870, vient de rentrer dans le giron de la France. Dans ce contexte, des cérémonies fastueuses marquent l’inauguration officielle de l’Université de Strasbourg. Y sont présents le Président de la République, les maréchaux Joffre, Foch et Pétain, le commissaire général, le préfet, les professeurs, des membres du clergé, des délégations d’étudiants français et étrangers. L’après-midi, le Président de la République ouvre par un discours le congrès des étudiants.

Un des faits marquants est la création d’une « Union internationale entre les étudiants de tous les peuples du monde ». Les étudiants réunis réalisent « ainsi une sorte de “ Société des Nations ” de la jeunesse intellectuelle, d’où devront être exclus les Etudiants ennemis d’hier jusqu’au jour où la “ Société des Nations ”, celle-ci véritable organe d’union entre les peuples, jugera bon d’admettre ces mêmes peuples ennemis en son sein ». Nous voyons ici que la guerre est encore trop proche pour parler de réconciliation. Et surtout, cette dernière n’est envisageable par les étudiants qu’après une décision des gouvernements. Les étudiants réagissent en tant que groupe, celui de la jeunesse intellectuelle, et ce groupe n’envisage pas d’autre attitude que la subordination aux décisions des autorités. D’autres exemples nous le montreront.

Dès son premier numéro, le journal L’A présente donc un compte-rendu du congrès de l’U.N. à Strasbourg. De manière similaire, à l’occasion de chaque congrès, L’A propose à ses lecteurs, de façon plus ou moins détaillée, les vœux résultant des débats ou les impressions de ses délégués. Il n’est pas question dans ce chapitre de réaliser une étude exhaustive des travaux de l’Union Nationale. Elle exigerait un ouvrage complet. Je m’attacherai à montrer le fonctionnement de l’U.N.E.F. à partir des sources dont je dispose, c’est-à-dire en majorité les articles de L’A. Il s’agit donc d’une vision des congrès de l’Union telle que la présentent ses acteurs de l’A.G.E.R.

Au congrès de Strasbourg, l’A.G. de Rennes a envoyé un délégué en la personne de Louis Prévost, étudiant en droit. Son compte-rendu évoque déjà une partie du fonctionnement des congrès de l’U.N. Ainsi, les délégués étudiants venus de diverses Associations Générales se répartissent dans différentes commissions pour travailler. Le congrès de 1920 qui se déroule à Bordeaux, fait l’objet d’un compte-rendu plus détaillé et technique occupant plusieurs pages dans deux numéros de L’A [48]. Les renseignements apportés sont donc plus nombreux.

Cinq commissions d’étude sont composées des délégués étudiants présents. Quatre délégués représentent l’A.G.E.R. : Prévost, Dagorne, Rébillard et Demazel [49]. Chaque commission est dotée d’un président d’honneur en la personne d’un parlementaire, et d’un bureau : président, secrétaire, rapporteur général et vice-président. L’objet de la première commission est l’administration des associations d’étudiants. La deuxième s’occupe de la vie matérielle et morale des étudiants ainsi que des questions militaires. La troisième commission a pour objet d’étudier les questions universitaires. La suite du compte-rendu est prévue dans le numéro 12 de L’A mais elle ne paraîtra pas. D’après les autres congrès, on peut supposer qu’une des deux commissions qui reste traite des questions sportives.

A la suite des débats, dans chaque commission, des vœux sont formulés. Ils sont destinés à être présentés aux différents ministres par le bureau de l’Union Nationale des Etudiants de France. Il n’est donc pas question pour les étudiants de revendiquer quoi que ce soit. Il s’agit d’émettre des propositions, de faire des demandes polies et de se soumettre au bon vouloir des autorités gouvernementales. Le bureau de l’U.N.E.F. est élu parmi les délégués réunis en assemblée générale lors de chaque congrès. Il est composé d’un président, de quatre vice-présidents, d’un trésorier, d’un secrétaire. Lui est adjoint un commissaire général des sports. Le budget de l’U.N. est assuré par les cotisations que verse chacune des A.G.E. au prorata de ses membres et par les subventions reçues du ministère [50]. Ces dernières sont ensuite partiellement reversées aux Associations Générales.

Les premières préoccupations étudiantes, on le voit à Strasbourg, concernent le logement et l’alimentation, besoins vitaux surtout en ces temps difficiles. La multiplication des bourses est également souhaitée afin de permettre aux étudiants pauvres de poursuivre leurs études. Ainsi l’assistance financière de l’Etat est nécessaire à l’Union Nationale et, à travers elle, aux Associations Générales. Les vœux en ce sens seront régulièrement repris lors des congrès suivants.

Dans la même logique, l’autre préoccupation prioritaire pour les étudiants est celle de leur représentation auprès des instances dirigeantes, on l’a déjà évoqué. A Bordeaux, les étudiants demandent ainsi que leurs associations soient reconnues d’utilité publique à l’exemple de l’Association Générale de Paris. L’U.N.E.F. est reconnue d’utilité publique en mai 1929 [51]. Ils veulent aussi être représentés au sein des conseils de l’Université et des facultés. Cette demande est réitérée lors des congrès de Montpellier en novembre 1921 [52] et de Lyon en mai 1922 [53].

Illustration 2
Le cri du jour, c’est… monôme.

(L’A n° 1 samedi 2 décembre 1922, p. 1)

La conclusion intervient pendant l’été : « les étudiants seront désormais représentés dans les Conseils de l’Université pour le jugement des affaires disciplinaires : dans chaque faculté (médecine, droit, lettres, sciences) et dans chaque école, deux étudiants seront élus parmi les étudiants majeurs et français au scrutin secret [54] ». C’est peu pour les étudiants pour se faire entendre. Le recours direct auprès des ministères par l’intermédiaire du bureau de leur Union Nationale reste donc leur mode d’action principal. Les vœux définis en congrès sont donc ensuite déposés auprès des autorités compétentes.

Nous avons vu l’intense activité déployée par l’Association Générale des Etudiants Rennais pour apporter un réconfort matériel et financier à ses membres. De façon similaire, dans toutes les A.G. de France, les efforts sont fournis pour répondre aux besoins. A Rennes et ailleurs, des services de logement, de placement, de restaurants sont organisés. Ce mouvement de solidarité est épaulé par le ministère de l’Instruction publique qui obtient un crédit destiné aux œuvres sociales d’étudiants. Ce crédit est de 200 000 francs pour l’année 1921 et de 450 000 francs pour 1922.

Mais l’extension prise par ces œuvres incite le ministère à ne plus verser les subventions directement aux Associations Générales. Afin de répartir au mieux les fonds, la Commission des Recteurs est créée en 1930. Elle est remplacée en 1936, à l’instigation de Jean Zay, par une institution plus importante : le Comité supérieur des œuvres en faveur des étudiants. Il est conçu sous la forme d’une commission rattachée à la Direction de l’enseignement supérieur, mais pourvue d’un secrétariat permanent [55].

Chaque ville universitaire possède ses propres particularités. S’en dégage un certain nombre de questions et de doléances qui vont étoffer les vœux lors du congrès national. Chaque Association Générale y présente ainsi ses propres revendications. Ces dernières seront retenues si elles correspondent à un besoin général. Ainsi chaque A.G. a intérêt à défendre ses « couleurs » si elle veut que ses préoccupations débouchent sur des réalisations. Ainsi, Colas-Pelletier, délégué au congrès de Clermont-Ferrand de 1923, est « heureux d’apprendre à [ses] amis que tous les vœux formulés par Rennes furent votés à l’unanimité [56] ». De même, dans son compte-rendu du congrès d’Alger de 1930, L’A titre : « Tous les vœux de l’A.G.E.R. ont été adoptés [57] ».

Mais parfois, la demande d’une ville peut être contraire aux intérêts d’une autre. Un bel exemple concerne la création d’une faculté de médecine dans l’Ouest. Dès le congrès de Bordeaux de 1920, un rapport nantais « sur la nécessité de l’établissement d’une Faculté mixte de Médecine et de Pharmacie à Nantes » est lu dans le cadre de la troisième commission qui traite des questions universitaires [58]. Le débat est lancé et repris par les Rennais dans leur journal sous le titre « Rennes ou Nantes ? », à la rentrée 1920-1921 [59].

Reprenons pour commencer l’explication sur l’organisation de l’enseignement médical français que fournit L’A : il existe « des écoles préparatoires (Angers, Caen, Rouen, etc.) dans lesquelles on ne peut faire que ses deux premières années d’études ; des écoles de plein exercice (Rennes, Nantes, etc.) dans lesquelles on ne peut faire que ses quatre premières années ; desfacultés dans lesquelles on peut faire toutes ses années (5), passer tous ses examens et auprès desquelles on peut soutenir sa thèse de doctorat. » Or les facultés de médecine les plus proches sont celles de Lille, Paris et Bordeaux. Les étudiants de l’Ouest sont dans l’obligation d’y finir leurs études dont le prix augmente alors avec l’éloignement. L’implantation d’une faculté de médecine dans l’Ouest est donc généralement souhaitée. Le tout est de s’accorder sur la ville d’accueil. Au congrès de Lyon de 1922 [60], le vœu est formulé « que l’Ecole de plein exercice de médecine et de pharmacie de Rennes devienne “ Faculté ” ».

Mais la question est reposée au début de l’année 1937 : le président de l’A.G.E.R., R.-Y. Le Mazou, annonce, dans L’A du 4 février [61], la création prochaine de la faculté de médecine à Nantes. Il déplore « l’exode des carabins » rennais. Dans le numéro du 18 février, L’A contient trois articles sur le sujet [62]. Les arguments avancés sont d’abord économiques. Les étudiants verront augmenter le coût de leur scolarité s’ils doivent s’éloigner. Les commerçants de Rennes perdront une part de la manne financière apportée par les étudiants. L’A.G.E.R. quant à elle, perdra aussi une partie de ses adhérents.

En effet, on craint que l’édification d’une faculté de médecine à Nantes entraîne à terme la mort de l’Ecole de plein exercice de Rennes, les carabins préférant suivre l’intégralité de leur cursus dans le même établissement et surtout dans la même ville. Une réunion générale en mars doit permettre au carabins rennais de discuter de leur « rôle devant la menace d’une Faculté de Médecine à Nantes [63] ». En avril, un nouvel article concerne « La “ future ” Faculté de Médecine ». L’auteur insiste cette fois sur les arguments historiques qui font de Rennes, contrairement à Nantes, un centre universitaire et la capitale intellectuelle de la Bretagne [64].

Dans cet exemple l’U.N.E.F. joue son rôle de représentation des étudiants en tranchant un problème entre deux villes universitaires. Un vœu, en faveur de Rennes, est pour l’Union une sorte de conclusion au différent opposant Nantais et Rennais. L’affaire, semble-t-il, est laissée ensuite entre les mains des autorités, quelles qu’elles soient. Lorsque l’affaire resurgit, l’U.N. ne semble pas devoir intervenir. Les pouvoirs locaux s’en sont saisis et l’ultime décision leur appartient.

La présence d’un certain « esprit de clocher » n’est donc pas sans conséquences. D’ailleurs, en 1923, un article destiné « aux congressistes [65] » exprime la déception des délégués rennais, Colas-Pelletier et Lecun. Ils ont « été très peinés par l’inqualifiable attitude d’individus qui se sont montrés honteusement jaloux de l’estime et de la considération dont Rennes avait su s’entourer au sein de l’Union Nationale ». Ils ont « pu remarquer en outre que les rivalités de régions, les politiques de couloirs, les fausses amitiés, les campagnes navrantes régnaient en maîtresses chéries ».

Dans ces luttes d’influence au sein de l’Union, il est toujours intéressant pour une A.G. d’obtenir un siège au bureau ou dans un comité. Et Colas-Pelletier obtient l’une des quatre vice-présidences au congrès de Paris en 1924 [66]. L’une des réunions de bureau de l’U.N.E.F. se tient d’ailleurs à Rennes au début de l’année 1925 [67]. Cependant, mises à part quelques exceptions comme celle citée précédemment, Rennes ne semble pas jouer un rôle national de premier plan puisqu’elle n’obtient que peu de postes au bureau. L’A.G.E.R. sait pourtant se faire entendre et ce d’autant plus qu’elle va rester loyale envers l’U.N. lors de la tourmente du début des années trente.

Les tensions et la désunion de l’Union

Le journal de l’A.G.E.R. va se faire l’écho d’un certain nombre d’événements qui vont nuire à la cohésion de l’U.N.E.F. pendant quelques années. Les articles d’André Mussat notamment vont se multiplier. A la base, des problèmes agitent l’A.G.E. de Paris. Mais ils se répercutent à l’U.N.E.F. lors du congrès d’Alger en 1930. Henri Coatanlem, délégué rennais, relate les faits intervenus lors de l’assemblée générale du 11 avril [68] :

« […] un vif débat s’engage sur les incidents de Paris. […] Dijon, président de l’A.G. de Paris, donne ses explications qu’il tire d’un volumineux dossier. Baugier, président de la nouvelle A.G. de Paris, attaque Dijon. Ripostes, attaques et contre-attaques s’échangent. Le brouhaha dure quelques temps. Cet incident orageux énerve l’assistance dont une majorité se manifeste contre les agissements indignes et reconnus coupables des Parisiens dont l’A.G. est devenue l’organe d’un groupement politique. […] Il s’ensuit qu’une motion proposée par Rennes, Dijon et Poitiers, demandant l’exclusion de l’A.G. de Paris, est déposée. [Elle] est votée par 110 voix contre 74. […] Ensuite, le congrès a voté l’admission à l’intérieur de l’U.N. de l’Association corporative des Etudiants de Paris, nouvellement constituée sous la présidence de notre camarade Baugier. »

L’année suivante, dans un compte-rendu du congrès de Caen, André Mussat évoque les débats, calmes cette fois, pour la réintégration de l’A.G. de Paris [69] :

« […] comme les étudiants parisiens représentent près de la moitié de la population universitaire de France, il est à souhaiter que les différentes associations (Amicales corporatives, A.G., A. corporative) fusionnent dans un groupement fédératif purement estudiantin, en dehors des querelles politiques. Et l’on clôt le débat en chargeant le bureau de l’U.N. d’agir en ce sens. »

Mais d’autres querelles séparent les étudiants au sein de l’U.N. Ainsi, Mussat vise des étudiants « du côté de Toulouse ou d’ailleurs » et parle « des éternels démolisseurs ». Il poursuit en parlant de l’A.G.E.R. :

« […] notre politique envers l’U.N. est simple : la faire connaître afin de grandir son rôle dans la vie estudiantine française. Pour cela, l’A. de Rennes a toujours largement ouvert ses colonnes à tout ce qui regarde les importantes questions. Et ceux qui, avec un facile dédain, nous traitent de dociles exécuteurs de l’U.N., feraient mieux de collaborer à l’œuvre commune que d’essayer de démolir ce que leurs anciens ont péniblement édifié. »

Le congrès de 1932 se déroule à Nice dans une « ambiance détestable [70] ». A tel point que l’U.N.E.F. se scinde en deux : l’A.G. de Paris dont le cas n’est toujours pas résolu, celles de Toulouse et de Lille qui la défendent, celles de Nancy, Grenoble, Besançon, Amiens, Tours et Casablanca entrent en dissidence. La base des problèmes semble se trouver dans des querelles de personnes notamment pour obtenir des sièges à l’Union Nationale. D’ailleurs, après le congrès, l’A.G. de Nancy, réunie en assemblée générale, refuse de suivre son président Cherrey et maintient son affiliation à l’Union Nationale. Tous les prétextes sont bons pour ceux qui veulent exprimer leur rancœur et critiquer les dirigeants de l’U.N. : l’affaire de l’A.G. de Paris, celle du sanatorium, etc.

Rennes, quant à elle, ne cesse de crier haut et fort son attachement à l’Union. L’A voit paraître un ou plusieurs articles concernant l’U.N. dans presque tous ses numéros. Dans le 12e, Mussat s’en excuse presque. Et dans le n°1 de l’année 1932-1933, on peut lire : « […] L’an passé, l’A était considéré comme organe officieux de l’U.N. Maintenant, celle-ci possède un journal officiel : L’Université de France. Aussi cette année, les questions d’U.N. et de C.I.E. ne demanderont sans doute pas de s’étendre au-delà de la page habituelle […] [71]. »

En fait les articles traitant de l’U.N. restent nombreux et A. P. Mussat est toujours aussi prolixe. Il apprend aux lecteurs de L’A qu’à Marseille, fin mars, un accord a été conclu entre les associations adhérentes à l’U.N. et les associations dissidentes. L’accord prévoit la réintégration des dissidentes sur les bases suivantes : cessation de toute polémique, réforme des statuts de l’U.N., élection au congrès de Pau d’un bureau de six membres (4 des associations adhérentes, 2 des associations dissidentes).

Et à Pau, en avril 1933, après de légères modifications, l’accord est ratifié à l’unanimité. Les réformes de statuts sont aussi votées et les élections, malgré une atmosphère chargée, entérinent l’union ou plutôt la réunification[72]. En 1934, l’A.G. de Paris est dissoute et on parle d’une fédération [73]. Celle-ci est intégrée à l’Union en 1937 au congrès de Vichy, l’U.N. voulant « marquer par là qu’elle réalisait l’union de tous les étudiants de France [74]. »

Pourtant, si des tensions existent au sein de l’U.N.E.F, son travail n’en est que ralenti. Et bon nombre d’avancées sont à mettre à son actif.

[1] Aleph, « En zig-zag dans les Facultés – Nouvelles des “lettres” », L’A n° 1 L. 22 décembre 1919, p. 3

[2] [sans auteur] « A la mémoire des Etudiants Rennais morts victimes de la guerre », L’A n° 12 J. 13 juillet 1922, p. 4

[3] [sans auteur] « Faculté de Droit – Inauguration d’une plaque commémorative », L’A n° 3 J. 11 janvier 1923, p. 8

[4] L’A, « Inauguration du monument aux morts à l’Ecole Nationale d’Agriculture », L’A n° 10 J. 14 mai 1925, p. 7

[5] ADIV – 1 J 40 : Registre, séance du 8 mars 1929

[6] R. D., « Questions d’argent », L’A n° 3 L. 26 janvier 1920, p. 1

[7] Le Polymensuellement-fauché, « O Fortunati Infortunati », L’A n° 10 J. 27 [mai] 1920, pp. 1 et 2

[8] [sans auteur] « Les fameuses questions matérielles », (reprise de l’éditorial du Démocrate d’Ille-et-Vilaine du 6 juin), L’A n° 11 J. 10 juin 1920, p. 4

[9] Un fervent habitué de la bibli., « Un peu de feu à la bibliothèque, S.V.P. », L’A n° 3 J. 6 janvier 1921, p. 3

[10] COLAS-PELLETIER Marcel, Etudiant en Médecine, Président de l’Association générale des Etudiants, « Réalisations et projets », L’A n° 1 S. 2 décembre 1922, p. 2

[11] R. D., « Les étudiants se désintéressent-ils des questions sociales, politiques, économiques…? », L’A n° 8 L. 19 avril 1920, p. 1

Le Secrétaire général David, « Compte-rendu de la séance du 3 Décembre », L’A n° 2 J. 9 décembre 1920, p. 1

[12] ADIV – 1 J 40

[13] [sans auteur] « Les nouveaux cadres de l’Association », L’A n° 1 S. 2 décembre 1922, p. 8

[14] A. D. R., « L’Institut Prophylactique de l’“A” », L’A n° 5 J. 20 février 1930, p. 7

[15] [sans auteur] « Un budget équilibré qui est pourtant un budget indigent », L’A n° 4 J. 29 janvier 1931, p. 11

[16] Studius, « les restaurants coopératifs d’étudiants », L’A n° 11 J. 10 juin 1920, p. 3

[17] [sans auteur] « Le Restaurant coopératif de l’Université », L’A n° 1 J. 25 novembre 1920, p. 1

[18] [sans auteur] « La vie matérielle de l’étudiant – un exemple à suivre », L’A n° 10 S. 12 mai 1923, p. 2

[19] ADIV – 1 J 40 : Registre, assemblée générale du 10 janvier 1927

[20] [sans auteur] « Au Restaurant coopératif », L’A n° 6 J. 24 février 1927, p. 7

[21] Ibid.

[22] ADIV – 2 Per 876 : A.G.E.R. Annuaire de 1932, pp. 51 à 72

[23] J. K., « Les créations utiles de l’A.G. », L’A n° 8 J. 10 avril 1930, p. 7

[24] xxx., « L’œuvre de l’A.G.E.R. », L’A n° 12 J. 25 juin 1931, p . 11

[25] MUSSAT André, « Rapport sur le Restaurant corporatif (suite et fin) », L’A n° 9 J. 12 mai 1932, p. 11

[26] BURH – 182 300 : Rapport annuel du Conseil de l’Université 1935-1936, pp. 14 et 15

[27] SUGIER L., « Création d’un comité de réorganisation », L’A n° 5 J. 6 février 1936, p. 9

[28] LE MAZOU R. Y., Trésorier de l’A.G.E.R., « Au restaurant coopératif », L’A n° 6 J. 20 février 1936, p. 9

[29] LOYER J. P., « Le restaurant de l’A », L’A n° 2 J. 20 janvier 1938, p. 9

[30] DIGABEL, « L’A.G. se meurt », L’A n° 3 J. 3 février 1938, p. 8

[31] [sans auteur] « Restaurant de l’A », L’A n° 3 J. 19 janvier 1939, p. 2

[32] [sans auteur] « Les nouveaux cadres de l’Association », L’A n° 1 S. 2 décembre 1922, p. 8

[33] [sans auteur] « Les étudiants et le problème du logement – La première pierre de la Maison des étudiantes est posée », L’A n° 1 J. 10 décembre 1931, p. 6

[34] [sans auteur] « A propos des cités universitaires », L’A n° 4 J. 26 janvier 1933, p. 6

[35] BURH – 182 300 : Rapport annuel du Conseil de l’Université 1934-1935, p. 17

[36] BURH – 182 300 : Rapport annuel 1935-1936, p. 14

[37] [sans auteur] « Comité d’entr’aide aux Etudiants mobilisés », L’A n° 2 J. 1er février 1940, pp. 1 et 2

[38] Le Comité, « Comité d’entr’aide », L’A n° 2 J. 1er février 1940, p. 4

[39] MUZELLEC L., « Camarades aux armées », L’A n° 6 J. 11 avril 1940, p. 2

[40] [sans auteur] « Punch des Lettres », L’A n° 3 J. 15 février 1940, p. 4

[41] L’A, « D. H. », L’A n° 9 J. 23 mai 1940, p. 2

[42] L’A, « Ceci s’adresse aux Pékins », L’A n° 9 J. 23 mai 1940, p. 1

[43] BURH – 182 300 : Rapport annuel 1939-1940

[44] MUZELLEC L., « Etudiantes et Etudiants », L’A n° 6 J. 11 avril 1940, p. 3

[45] John Barleycorn G.C.V.O., « La situation et l’opinion », L’A n° 9 J. 23 mai 1940, p. 6

[46] MUZELLEC L., « Muzellec vous parle… », L’A n° 10 J. 6 juin 1940, pp. 1 et 3

[47] PREVOST L., « Le Congrès de Strasbourg », L’A n°1 L. 22 déc. 1919, pp. 1 et 2

[48] [sans auteur] « IXe Congrès de l’Union Nationale des Associations d’Etudiants de France – Vœux et conclusions des cinq Commissions d’Etude », L’A n° 10 J. 30 mai 1920, pp. 1 et 3 et L’A n° 11 J. 10 juin 1920, p. 5

[49] [sans auteur] « Par ci, par “l’A” », L’A n° 8 L. 19 avril 1920, p. 3

[50] [sans auteur] « Questions professionnelles », L’A, n° 12 J. 19 mai 1921, p. 3

[51] BORELLA F. et de LA FOURNIERE M., Le syndicalisme étudiant, p. 42

[52] PREVOST Louis, « Après Montpellier – Compte-rendu du Xe Congrès de l’Union Nationale des A. d’Etudiants », L’A n° 1 J. 1er décembre 1921, p. 4

[53] [sans auteur] « XIe Congrès de l’Union Nationale des Associations d’Etudiants de France », L’A n° 11 J. 15 juin 1922, p. 4

[54] Dr AMABERT, Président de l’U.N., « Questions professionnelles », (Extrait du Bulletin de l’U.N.), L’A n° 6 J. 22 février 1923, p. 7

[55] BORELLA F. et de LA FOURNIERE M., Le syndicalisme étudiant, p. 68

[56] LANGLOIS Lucien, rapporteur général du congrès, « XIIe Congrès de l’Union Nationale des Etudiants de France. Rapport général », L’A n° 12 J. 21 juin 1923, p. 1

[57] COATANLEM Henri, Vice-président de l’A.G.E.R., Président de la Corporation de Pharmacie, « Le XIXe Congrès National de l’U.N. s’est réuni à Alger du 6 au 15 avril », L’A n° 10 J. 15 mai 1930, p. 6

[58] [sans auteur] « IXe Congrès de l’Union Nationale des Associations d’Etudiants de France. Vœux et conclusions des cinq Commissions d’Etude (Suite) », L’A n° 11 J. 10 juin 1920, p. 5

[59] D., « Rennes ou Nantes ? », L’A n° 1 J. 25 novembre 1920 et n° 2 J. 9 décembre 1920, p. 2

[60] [sans auteur] « XIe Congrès de l’Union Nationale des Associations d’Etudiants de France », L’A n° 11 J. 15 juin 1922, p. 4

[61] LE MAZOU R.-Y., Président de l’A.G.E.R., « L’exode des carabins », L’A n° 5 J. 4 février 1937, p. 1

[62] DEPASSE Jean, interne à l’Hôtel-Dieu, « L’école se meurt – L’école est morte. Il n’est de salut que dans le statu quo », L’A n° 6 J. 18 Février 1937, p. 2 et MARIO, « A propos de la Faculté de Médecine », p. 5

[63] [sans auteur] « Avis aux carabins », L’A n° 8 J. 11 mars 1937, p. 2

[64] [sans auteur] « La “future” Faculté de Médecine – Un peu d’histoire », L’A n° 10 J. 29 avril 1937, p. 10

[65] [sans auteur] « Aux congressistes », L’A n° 12 J. 21 juin 1923, p. 2

[66] [sans auteur] « XIIIe Congrès de l’Union Nationale des Etudiants de France », L’A n° 11 J. 5 juin 1924, p. 1

[67] P. B., « L’U.N. parmi nous », L’A n° 5 J. 12 février 1925, p. 5

[68] COATANLEM Henri, Vice-président de l’A.G.E.R., Président de la corporation de Pharmacie, « Le XIXe Congrès National de l’U.N. s’est réuni à Alger du 6 au 15 avril », L’A n° 10 J. 15 mai 1930, p. 6

[69] MUSSAT André, « Le XXe Congrès de l’Union Nationale s’est tenu à Caen du 7 au 13 avril », L’A n° 9 J. 30 avril 1931, p. 6

[70] TIENGOU A., Président de l’A.G.E.R., « Laïus officiel – L’A.G. de Rennes au Congrès de Nice », L’A n° 8 J. 21 avril 1932, p. 11

[71] [sans auteur] « Numéro 1 », L’A n° 1 J. 1er décembre 1932, p. 1

[72] MUSSAT André-Paul, Directeur de l’Office de Presse Universitaire, « Bilan », L’A n° 10 J. 1er juin 1933, p. 4

[73] [sans auteur] « L’A.G. de Paris est dissoute », L’A n° 10 J. 31 mai 1934, p. 4 et [sans auteur] « Zig-zag corporatif », p. 6

[74] M. X., « Le Congrès travaille », L’A n° 10 J. 29 avril 1937, p. 3

 

 

TROISIEME PARTIE : LE MAINTIEN DU FOLKLORE

 

En 1919, l’étudiant « folklorique » n’a pas disparu, bien au contraire. Même si la guerre l’a rendu plus grave, il reste jeune et « la gaieté est un de [ses] devoirs [1] ». De nombreux écrits rappellent ce caractère enjoué. Ils sonnent comme une justification dans le contexte d’immédiate après-guerre qui ne prête pas vraiment à rire. Nous nous attarderons dans cette partie sur le côté facétieux de la jeunesse universitaire. L’anecdotique est ici de mise et la parole sera souvent laissée aux étudiants. Nous nous attacherons à décrire quelques rites, quelques traditions. Certaines remontent au temps de la naissance des Associations Générales d’Etudiants et attestent donc d’un maintien du folklore.

S’il est une expression qui apparaît souvent pour qualifier l’humour, l’exubérance et la jeunesse de l’étudiant, c’est bien « l’esprit estudiantin ». En fait, cet esprit est partout, dans les écrits et dans les faits. Il règne dans les congrès de l’Union Nationale des Etudiants de France lorsque les débats sérieux ont cédé la place. Il imprègne les monômes de début d’année et d’autres manifestations joyeuses. Et il marque aussi les festivités.

L’organisation des festivités, à l’A.G.E.R. comme dans les autres Associations Générales, constitue une activité à part entière, au même titre que la défense des intérêts corporatifs ou que l’amélioration des conditions de vie et d’étude. A Rennes, outre la fête du Mardi-Gras, les étudiants mettent sur pied, chaque année, les festivités de la Mi-Carême. Héritage ancien, ce carnaval purement estudiantin remporte un franc succès entre les deux guerres. Par ailleurs, l’A et ses sections corporatives organisent, plus ou moins régulièrement, des bals, des revues théâtrales, des émissions de radio, etc.

Enfin, si l’étudiant se distingue par un esprit qui lui serait propre, il se distingue encore plus nettement par des signes extérieurs. Son béret traditionnel marque ainsi son statut. L’Association Générale est également dotée d’attributs distinctifs. Elle possède ainsi un drapeau et même des armoiries. A cela s’ajoutent des écharpes que portent ses délégués et qui indiquent leur fonction au sein de l’A.

I. « L’ESPRIT ESTUDIANTIN »

De tout temps, on a reconnu à la population estudiantine un certain esprit frondeur, enjoué et farceur. Il a été dit aussi que l’étudiant, comme l’artiste d’ailleurs, menait une vie libre, une « vie de Bohème ». Ce caractère traditionnel de l’étudiant, cet « esprit » particulier, donne une dimension supplémentaire à son activité corporatiste, une dimension récréative.

A. Le congrès s’amuse

La deuxième partie nous a entraînés hors de Rennes à travers les congrès de l’Union Nationale des Etudiants de France. Revenons y encore un peu mais changeons d’angle de vue. Nous avons vu des étudiants sérieux participant aux débats. Mais il ne faut pas oublier la deuxième dimension de ces réunions. En effet, si le congrès travaille, le congrès s’amuse aussi.

En conclusion du compte-rendu du Congrès de Montpellier, fin octobre-début novembre 1921, on peut lire dans L’A [2]:

« La Bohème de Murger est bien morte.

La guerre, avec ses conséquences économiques, a, chez l’étudiant plus que dans toute autre profession, occasionné un revirement dont s’étonnent peut-être nos aînés.

Les étudiants ont, en effet, compris que le temps de la folle insouciance était révolu et que, pour résoudre le douloureux problème de la vie, il leur fallait à leur tour, comme l’ouvrier ou le fonctionnaire, s’unir et s’organiser.

Ils n’ont pas pour cela perdu de leur traditionnelle gaieté.

Les organisateurs du 10e Congrès le savaient bien, eux qui, si judicieusement, avaient su mêler aux travaux d’études les distractions les plus choisies.

C’est ainsi que les fêtes ont succédé aux fêtes ; les réceptions et les banquets aux soirées. Les villes voisines elles-mêmes, Béziers, Cette [sic], Nîmes, avaient tenu, et avec quel chaleureux accueil, à recevoir les étudiants français et étrangers.

Il est donc certain que les délégués emporteront du 10e Congrès en même temps que la conviction de voir dans un proche avenir leurs efforts aboutir, le souvenir, et cela compte, d’une charmante hospitalité. »

Lors des fêtes, aucune occasion de s’amuser n’est manquée à l’image de celle-ci, qui date d’avril 1927, à Strasbourg [3].

« Au cours du banquet inaugural, un congressiste facétieux s’amusa à gonfler un de ces petits engins en caoutchouc qu’on appelle…pas français. Le ballonnet improvisé fit aussitôt le tour de la table, puis passa à une autre pour aller échouer, enfin dégonflé, sur l’assiette du président du Conseil, qui prit fort bien la chose. Les Anglais, il s’agit de savoir les prendre… »

Les congrès internationaux apportent aussi leur lot d’anecdotes. En août 1929, Jean Léon, président de l’A.G.E.R., se rend au Congrès de la Confédération Internationa e des Etudiants[4]. En introduction de son compte-rendu publié dans L’A, il souligne le scepticisme général des étudiants au sujet de l’utilité des congrès. Et, il poursuit ainsi :

« C’est bien là une opinion, et je dois avouer que je l’aurais facilement partagée avant ma participation au Congrès de Budapest. Aujourd’hui je suis revenu de mon erreur. […] Loin de moi l’idée de vouloir vous faire croire que le XIe Congrès de la C.I.E. consistait à réunir quelque 300 étudiants ascètes, qui se seraient volontairement imposé l’obligation de consacrer quinze jours de leur vie d’étudiant à travailler en silence pour le plus grand bienfait de la cause internationale universitaire. Il y a de bons moments dans l’histoire d’un Congrès d’étudiants… Et s’il vous arrive parfois de vous rendre en Europe Centrale, je vous conseillerai d’endosser le costume breton, qui vous fera prendre pour un Suisse et bénéficier de la plus-value de la monnaie de ce pays. C’est ainsi qu’à Salzburg, malgré nos vives protestations, mon camarade Robert et moi avons dû nous incliner devant la compétence d’un gérant de café qui nous a gracieusement rendu 67 fr. 50 sur un modeste billet de 10 fr. que nous lui avions remis en échange de 2 excellents cafés arrosés d’une petite fine. L’opération imposée n’était nullement mauvaise. »

Cela dit, et après quelques descriptions des contrées traversées, J. Léon consacre le dernier tiers de son article au résumé des questions traitées au congrès… pour les lecteurs que ça intéresse !

En juin 1932 [5], alors que l’ambiance au sein de l’Union Nationale et lors des derniers congrès s’est dégradée, Mussat nous donne sa définition de l’esprit estudiantin :

« […] il est des mots sur lesquels il faudrait tout de même s’entendre. “ Esprit estudiantin ”, “ gaieté estudiantine ”, bravo ! Seulement pas d’équivoque. Si cela signifie trois douzaines de vitres cassées, des bris stupides, des gestes imbéciles, la grande majorité des étudiants rigole devant ces grands mots qui cachent de si petites choses. Non, je crois que l’esprit estudiantin est bien autre chose : entre l’étudiant apache et l’étudiant gigolo, il existe l’étudiant moyen, qui ne peut pas rougir d’être dans son Association Générale comme dans l’Union Nationale.

Cet étudiant-là sait boire et chanter ; il sait dépenser l’excès de force que donne la jeunesse ; il porte avec fierté le béret de velours ; il s’amuse de la tête des bourgeois horrifiés, mais aussi il travaille plus qu’on ne le pense, il passe des examens, il a un but : sa situation. C’est pour cet étudiant-là qu’est publié L’A. »

>L’A offre, au début des années trente, nombre d’articles sérieux sur les congrès, ses vœux et ses dissensions. Mais en 1933, le journal consacre une demi page d’anecdotes relatives au congrès de Pau. Plusieurs délégations se réunissent à Bordeaux avant de partir pour Tartas puis Pau. C’est Quito, par ailleurs excellent caricaturiste, qui signe l’article intitulé « le congrès…et sa muse [6] ». En voici quelques extraits :

« A Bordeaux, les gilets et le chapeau bretons firent sensation. Certains croyaient à une mascarade. On leur prouva le contraire en poussant un vigoureux “ Brogoz Mazadou ” et Conan se chargea de détromper un pays [sic] émigré là-bas, en taillant avec lui une petite bavette bretonne. »

« Les délégués rennais posèrent un peu aux régionalistes farouches. Ils rebâchèrent tellement sur l’air de “ La Paimpolaise ”

Nous voulons notre indépendance

Et le cidre comme boisson

qu’ils furent pris au mot. On leur supprima le vin. A partir de ce moment, ils arrêtèrent leur refrain et se retirèrent de “ La Fédération des Provinces opprimés ”, société fictive et humoristique lancée par un étudiant strasbourgeois.

Certaines délégations avaient un caractère tout spécial. C’est ainsi que les étudiants de Rennes avaient arboré divers costumes bretons. On pouvait reconnaître le chapeau de Quimper, à large ruban de velours, les gilets Bigouden noirs avec de lourdes broderies oranges.[…]

Les joueurs du Paris-Université-Club se firent dès leur arrivée remarquer par leur allure bizarre. Les uns boitaient, les autres avaient le bras en écharpe. La plupart étaient coiffés de canotiers dans lesquels étaient plantées des tulipes et autres fleurs. Ces éclopés n’en remportèrent pas moins la victoire dans le match de rugby du dimanche suivant. »

« Comme toujours les chansons estudiantines retentirent durant tout le congrès. Cette année, on remarqua “ A Recouvrance ”, vieille chanson brestoise qui fut lancée par les délégués rennais et que tout le monde apprit rapidement.

Les agents de Pau furent d’une patience remarquable, en particulier lorsque, à la porte du vin d’honneur offert le jeudi à l’Hôtel Continental, les étudiants se mirent “ à régler ” la circulation, et à créer des embouteillages en barrant la voie pour astiquer les clous des passages cloutés. »

« En général, la tenue des délégués fut très correcte. Il y eut bien comme toujours quelques exceptions. Certains étudiants se figurent que, parce qu’ils sont en dehors de chez eux, tout leur est permis. C’est ainsi que certains sportifs marseillais, au banquet du samedi soir, se tinrent comme les derniers des goujats. Et l’on peut se demander qui est le plus à blâmer : d’étudiants qui manquent de tenue, ou d’un président qui ne dit pas un seul mot pour ramener le chahut à des limites raisonnables.

Ce fut Laffite, vice-président de l’U.N. et président de Bordeaux qui eut le courage d’intervenir. »

Cette fausse note montre que certains confondent exubérance et excès. Le chahut doit avoir des « limites raisonnables ». Encore faut-il pouvoir définir ces limites. Et les récits de congrès qui s’amusent se multiplient. Au cours des années trente, cette facette joyeuse des rassemblements de l’Union Nationale prend de plus en plus de place, au moins dans les articles de L’A. Au congrès de 1934, les Rennais sont à nouveau costumés[7] :

« C’est le torse bombé, le pas assuré et la g… grande ouverte que les onze membres de notre délégation prirent contact avec Marseille.

Auparavant, lors de leur passage à Paris, revètus de splendides costumes bretons tous différents, ils avaient fait les délices du “ badaud parisien ”, de réputation mondiale.

Les réactions plurent (pleuvoir) :

“ Tiens des Tchécoslovaques… ” – “ Tu es fou, c’est une troupe de toréadors… ” – “ Oh ! dis, chéri, regarde les jolis costumes suisses ” – “ Vois-tu, Eugénie, ces jeunes gens costumés en Bretons d’avant-guerre… ” – “ A quelle société de musique appartiennent-ils ? ”

J’en passe et des meilleurs… »

En 1937, le congrès a lieu à Vichy. La une de L’A est consacrée à la présentation de plusieurs anecdotes illustrant une fois encore l’esprit estudiantin [8]. Une nouvelle occupation des étudiants nous est dévoilée :

« Les drapeaux

C’était une habitude fort appréciée par les délégations que de s’approprier un drapeau. Pourquoi ? Pour avoir un trophée, tout simplement. Et plus le drapeau était difficile à prendre, plus il avait de la valeur.

En quittant les couloirs de la mairie de Clermont, un groupe aperçoit une splendide panoplie de drapeaux. Il y en avait cinq, très haut placés, qui avaient l’air de nous narguer… Courte-échelle, et que je te hisse ! et voilà les drapeaux à bas.

La concierge n’entend pas que ses drapeaux s’enfuient : elle court après l’un, mais deux autres prennent d’autres chemins, et, voulant courir aux deux autres, elle laisse échapper le premier, etc., si bien que les cinq crânent dans la rue.

Deux heures après. Discours du maire.- “ … Et d’abord, les drapeaux que vous avez pris à la mairie, voulez-vous les rendre ?

– Hou ! Hou ! A poil ! Non ! Non ! vocifèrent cent voix.

– Eh bien alors, je vous les donne… ” »

Toujours à Vichy et pour finir sur les congrès, l’article de L’A laisse imaginer quelle peut être la réaction d’un habitant confronté aux congressistes :

« L’Etudiant vu par le Vichyssois

LUNDI.- “ Les étudiants sont des jeunes gens très gais, très gentils ; ils donnent de la vie à la ville. ”

MARDI.- “ Hum ! Les étudiants ? Il y en a de très gentils, et aussi de véritables énergumènes. ”

MERCREDI.- “ Cette nuit encore, ils m’ont empêché de dormir. Ah ! les salauds ! ”

JEUDI.- “ Ils m’ont emporté ma poubelle ! Ils ont tiré ma sonnette et, quand j’ai montré le nez, ils m’ont traité de cocu ! ”

VENDREDI (s’épongeant le front).- “ Quousque tandem aburetis. ”

SAMEDI (résigné).- “ Ah ! les vaches ! ”

DIMANCHE (rajeuni).- “ Enfin seul ! ” »

En congrès, mais également ailleurs, le dynamisme des étudiants est donc bien visible, voire audible !

B. Les monômes et autres manifestations « folkloriques »

Restons encore en congrès avant d’aller voir ce qui se passe à Rennes pour parler des monômes. Sous ce terme se cache un défilé, souvent indiscipliné, habituellement joyeux, des étudiants à travers les rues de leur ville. En 1919, Louis Prévost participe au congrès de Strasbourg en tant que délégué de l’A.G.E. de Rennes. Il en rapporte la description d’un monôme plutôt inhabituel [9] :

« […] il est un fait auquel je ne puis penser sans émotion et que je m’en voudrais de passer sous silence. Il me fut raconté par un étudiant alsacien tandis que nous montions à Sainte-Odile, comme l’exige toute visite en Alsace. […] Pendant 48 ans, en effet, depuis l’année fatale, jusqu’à l’année glorieuse, les étudiants d’Alsace ont tenu à l’honneur de pratiquer une coutume presque religieuse. Comme pour se prouver à eux-mêmes leur fidélité à la France, et aussi comme pour répondre de l’autre côté de la frontière à l’acte d’hommage fait par les étudiants de Paris au monument d’Alsace-Lorraine, chaque année, au jour convenu, ils se rendaient solennellement à la statue de Kléber qui dominait la grande place de Strasbourg et y déposaient une palme. Malheureusement ils étaient sous le joug et jamais au grand jour la police allemande qui étroitement les surveillait n’eut toléré de leur part un tel acte patriotique qui à ses yeux n’était qu’un acte de rébellion. Alors ils attendaient minuit et le grand monôme silencieux pouvait pieusement se dérouler dans les rues de Strasbourg sans crainte d’être trahi. Quelques habitants dans le secret, entrouvrant alors leur fenêtre et les larmes aux yeux pouvaient entendre doucement défiler le pieu pèlerinage de ceux qui n’oubliaient pas. Ah ! comme à nous étudiants français, pour qui le monôme n’est qu’un long cri bruyant et que l’expansion joyeuse de notre jeunesse comme ce monôme au silence contraint, malgré sa touchante et haute signification nous paraît douloureux et lugubre ! »

A Rennes, chaque rentrée universitaire est marquée par une intense activité. Dans chaque corporation, les étudiants se regroupent en assemblée générale pour procéder à l’élection du nouveau bureau. Voilà quelle peut être l’ambiance en de telles circonstances :

« Grosse ambiance, des plus sympathiques ! Gueulantes énormes, discours aussi virulents que substanciels donnèrent aux bizuths une impression des plus favorables sur l’activité corporative à laquelle dorénavant ils allaient se consacrer.

Le soir le traditionnel monôme des juridiques réveilla la cité, plongée amoureusement dans “ les délices de Capoue ”, puis se rendit à l’Ecole d’Agriculture, où une réception des plus accueillantes était réservée, pour sceller l’amitié juridico-agricole. Fortes libations furent faites, moult chansons et monologues furent débités, à la grande joie de tous ceux qui faisaient de ce premier voyage leur premier souvenir estudiantin [10]. »

L’A.G.E.R. change également son équipe dirigeante. Puis, elle lance un monôme réunissant les étudiants de toutes les facultés. Il est tellement représentatif qu’il marque aussi le début de chaque numéro de L’A. Le bi-mensuel de l’Association Générale des Etudiants de Rennes, en effet, possède pour illustrer son titre, le dessin d’un monôme composé de dix étudiants coiffés du béret et la bouche grande ouverte d’où sort sûrement une chanson. Le dessinateur est un certain Jamet.

L’étudiant qui ouvre la marche (à droite) est l’étudiant en droit. Il tient un lampion et, sous le bras, un livre titré « les plaideurs », une balance (de la justice) et une toque de juge (ou un mortier). Derrière lui vient l’étudiant en médecine ou carabin. Il porte un clystère et des forceps tenant un cœur. Suit l’étudiant en lettres avec une grande plume comme symbole et un cheval ailé sous le bras. Ce Pégase pourrait bien symboliser l’étudiant en histoire. Vient ensuite le scientifique, un ballon dans la poche de sa blouse et regardant à travers une lunette. L’étudiant en pharmacie ou potard tient une fontaine de poison. Il en asperge le carabin. Derrière lui, l’étudiant en notariat, un crayon sur l’oreille, porte des dossiers où apparaît l’inscription « succession étude n° ». L’étudiant des beaux-arts avance d’un pas décidé avec, à la main, un pot de peinture de « bleu de Prusse », un pinceau, un porte-plume et une gomme (?). Suit l’agricole, élève à l’Ecole Nationale d’Agriculture. Il tient sous le bras un poireau et un porcelet et s’appuie sur une canne, vieux symbole étudiant. Vient ensuite l’élève suivant les cours préparatoires à l’entrée aux grandes écoles. Une cheminée d’usine dans la poche, il porte le voilier symbolisant l’Ecole Navale. Enfin, fermant la marche, l’étudiant en architecture porte équerre, té et carton à dessin. Il tire derrière lui une maquette sur roulette de l’hôtel de ville de Rennes.



Dès la première rentrée de l’après-guerre, le 20 décembre 1919 à 19h30, 600 étudiants se réunissent place de la mairie pour un monôme dans les rues de Rennes [11]. Le défilé s’ébranle, animé par une fanfare et mené par la « police » formée de trois étudiants costumés. Les étudiants qui portent des transparents sont encadrés par des porteurs de torches. Il y a aussi deux lanternes et des feux de bengale. La vieille tradition, interrompue par la guerre, revit. Et la ville aussi car les étudiants y mettent un peu de bonne humeur. L’un d’eux se demande d’ailleurs si « Rennes, sans les étudiants, serait […] autre chose qu’une ville ensevelie, qu’un Pompéï pétrifié ? [12] ».

A la rentrée 1920, un appel est lancé dans les colonnes de L’A pour le monôme [13]. Il précise que « chacun sera porteur d’un lampion qu’il se procurera. Les différents attributs de chaque corporation illustreront les différents segments du cortège : blouses de carabins, blouses des agricoles, toges du droit, blouses des beaux-arts, blouses des potards, etc… L’Association se charge des transparents qui précéderont chaque groupement ».

Et c’est « le samedi 18 décembre, par 2 degrés au-dessous de zéro [14] » que 400 étudiants défilent. « Le monôme se [termine] aux alentours du bassin de la place du Palais où le Président [invite] l’assistance à se délester vésicalement avant de passer au Coq absorber la tournée générale qui y [est] offerte par l’Association. » Mais pour certains, cette « tournée » n’est pas la seule. Ainsi le 28 novembre 1925 [15] :

« […] à l’issue du cortège, deux « Escholiers » entrèrent chez un commerçant « ad bibendum ». Et, dame ! Chacun a ses opinions sur l’élégance adéquate aux jours de fête : ils avaient pensé, eux, que le noir habille bien. A ces excellents clients, le cafetier fit grise mine, tant qu’ils durent vider les lieux en se payant… sa cafetière. »

A la rentrée 1924, le président Colas-Pelletier rappelle aux délégués « que le monôme doit être gai, mais il faut exclure les transparents trop obsènes, afin de ne pas émouvoir la rumeur publique ». En 1927, un article ironique de L’A [16] évoque les « exhibitions manifestement contraires […] à la pudeur des foules ». Une nouvelle fois, mention est faite d’étudiants « en train de polluer la pièce d’eau » de la place du Palais. Par ailleurs, quelques lignes nous laissent imaginer la teneur des transparents : celui des agricoles représente « une vache au mamelles évidentes et démesurées » et celui de la pharmacie expose une femme nue. A cela il faut ajouter les chants et autres chahuts pour avoir un aperçu global de ces jours de monôme.

Et parfois, le défilé emprunte les transports en communs :

« On dit que… le directeur des tramways électriques tempête, indigné, contre l’exubérance démesurée des agris qui, sous l’impulsion d’ardeurs chahuteuses, ont déchaîné des mouvements de tangage, de roulis, des soubresauts qui font câbrer les trams et menacent de les faire dérailler [17]. »

Cependant, l’année 1932 marque l’arrivée des bus à Rennes. Elle est perçue comme une « menace « :

« C’est la lutte du moteur à explosion contre le rhéostat, autrement dit de M. Morin contre le Conseil municipal.

Lequel l’emportera ? Peu nous importe ! Nous constatons simplement que les étudiants ont été gravement atteints dans leurs prérogatives impréscriptibles. Comment ! ce sont les autos cars et bus qui maintenant font leur monôme de rentrée, et avant que l’Association Générale ait fait le sien ! C’est tout simplement scandaleux. Ah ! voilà bien ce que deviennent les traditions ! Qu’est donc devenu le savoir-vivre de nos pères.

Le plus terrible, c’est que les étudiants sont désarmés devant les bus. Au moins, ils peuvent avec les trams tirer la corde du troley, descendre en marche sans payer et sans risquer de se casser le cou ; avec les nouveaux engins, c’est impossible.

Je crois donc que le simple bon sens comme l’intérêt commandent à tous les camarades de repousser les bus, comme dangereux pour le maintien des traditions et de notre porte-monnaie… Prosaïque question de gros sous ? Peut-être.

J’espère donc fermement que, grâce aux efforts conjugués des étudiants et du Conseil municipal, il ne tardera pas à s’élever un petit monticule sur lequel sera écrit :

CI GIT BUS.

N.D.L.R. – Le rédacteur en chef de L’A et ses collaborateurs s’associent volontiers à cette protestation. La disparition des tramways fera en même temps disparaître une des sources les plus fécondes de plaisanteries humoristiques et journalistiques rennaises.

Que deviendront-nous alors, grands dieux ! [18] »

Au sujet de cet article, il faut retracer la « polémique autour de la première ligne de bus. [19] »

« La création de la première ligne de bus rennaise remonte à novembre 1932.

Un ancien carrossier, M. Pierre Morin, décide de lancer sans autorisation une ligne entre la République et l’Octroi de Nantes.

Il écoperas de 600 contraventions en 45 jours pour stationnement non autorisé place de la République et sera condamné à payer 5 amendes de 2 f pour mise en service d’une voiture de place sans autorisation.

Finalement, M. Morin abandonne et la Compagnie des Tramways Electriques, qui avait mis en service le 25 novembre 1932, une ligne de bus entre le quartier de Redon et le boulevard Sévigné, reprend la ligne exploitée par M. Morin. »

Outre le monôme général qui, comme son nom l’indique, rassemble tous les étudiants de la ville, il existe aussi les monômes corporatifs auxquels participent les membres d’une seule discipline. Ainsi, par exemple, à la rentrée 1929 [20], les « juridiques » se rendent en monôme rue de Saint-Brieuc, à l’Ecole Nationale d’Agriculture où a lieu « une cordiale réunion d’amitié juridico-agricole, joyeusement marquée par des laïus vibrants, et par des chants ardents ». Et à leur tour, « les Agris, suivant une vieille tradition, [rendent] leur première visite officielle à la cité rennaise, en un monôme particulièrement animé. Puis, selon la bonne coutume, ils [sont] reçus par les juridiques, à la Maison des Etudiants ».

Autre tradition de début d’année, le bizutage est un ensemble d’épreuves et de brimades qui permet d’incorporer les nouveaux étudiants tout juste sortis du lycée. Si ces « bizuts » sont régulièrement mentionnés dans les colonnes de L’A, ce n’est pas le cas des épreuves auxquelles ils sont soumis lors des rentrées. Il est pourtant à peu près certain que chaque corporation organise son propre bizutage. Mais le secret semble ne pas devoir être dévoilé. Les écrits sur le sujet sont donc rares. Voici cependant la description de la rentrée chez les élèves des beaux-arts de Rennes en 1933 [21].

« Les Beaux-Arts sont rentrés

C’est toujours avec une grande joie que les Beaux-Arts attendent la rentrée de leurs jeunes rapins ; si des figures soigneusement rasées, si le snobisme présent ont remplacé les chevelures abondantes, les barbes hirsutes et le laisser-aller d’autrefois, le « bleu » malgré tout appréhende cette vie d’atelier qu’il va affronter avec une joie mêlée de quelque épouvante.

En effet, une fois la présentation faite, une fois la correction achevée, une fois le maître sorti, la ruche, dans laquelle le nouveau venu se sent encore bien isolé, se met à bourdonner dans toute son indépendance ; les planches se recouvrent d’un brouhaha assourdissant, les figures se marquent d’une joie intense : le nouveau est décidément prisonnier, et l’on va rire.

Connaissance lui est faite du « massier », parfois peu consciencieux, et du chef-cochon, aux allures farouches et terrifiantes, projetant vers lui, figé comme une statue dans le sanctuaire des anciens, des flots d’eau destinés, sinon à le refroidir dans ses élans artistiques, du moins à lui former le caractère.

Alors commence le long questionnaire de ses talents, de sa morale et de ses espoirs devant le jury des respectueux anciens à la tenue débraillée et aux blouses maculées. La séance terminée, grâce lui est faite pour apprendre à copier des chapiteaux toscans, dessiner des volutes, tenir un pinceau, pour avoir la gloire d’être chargé de tracer des ombres sans jamais profiter de leur fraîcheur, ou pour tourner sur le fond d’un godet un bâton d’encre de Chine jusqu’à ébullition de l’eau.

Pour autant, il n’est pas encore considéré comme faisant partie de l’atelier ; aussi doit-il payer à tous l’apéritif, pendant lequel il sera invité poliment à poser nu sur une table pour chanter le bienfait du nectar qu’il offre et se conformer aux différents rites et coutumes, accompagnés du fameux chant des Pompiers. Au reste, en cas de refus de sa part, il devrait retrouver le compas à volutes chez Sexer et Colombo, faire tous les libraires pour acheter du mastic à papier, etc. Il lui serait même interdit de participer « au baptême », qui est l’origine de cette camaraderie si légendaire qui ne se perdra jamais tout le long des carrières et qui doit le sacrer membre de cette Corpo aux vieilles coutumes.

Enfin, lorsqu’il sera ancien, il se consolera de ces épreuves et exercera sa verve vengeresse sur de pauvres rapins, auxquels il fera connaître les délices de leur situation, pendant que commence pour lui le labor improbus. »

L’esprit estudiantin se trouve donc aussi dans ces rites du bizutage. Mais il apparaît alors bien secret. En d’autres occasions, il s’offre non plus seulement aux seuls étudiants mais à la population de la ville. Ainsi, lors des festivités tous sont invités à s’amuser.


[1] R. D., « La gaieté est un de nos devoirs », L’A n° 5 L.23 février 1920, p. 1

[2] PREVOST L., « Après Montpellier – Compte-rendu du Xe Congrès de l’Union Nationale des A. d’Etudiants », L’A n° 1 J. 1er décembre 1921, p. 4

[3] [sans auteur] « Echos du Congrès », L’A n° 11 Merc. 25 mai 1927, p. 4

[4] LEON J., « Laïus officiel – Confédération Internationale des Etudiants. Impressions du Congrès de Budapest », L’A n° 3 J. 16 janvier 1930, p. 7

[5] MUSSAT A., « Numéro douze », L’A n° 12 J. 23 juin 1932, p. 11

[6] QUITO, « Le congrès… et sa muse », L’A n° 10 J. 4 mai 1933, p. 8

[7] [sans auteur] « Début de congrès », L’A n° 8 J. 26 avril 1934, p. 9

[8] [sans auteur] « Vichy ? On n’en a cure… – Le congrès s’amuse », L’A n° 9 [avril 1937], p. 1

[9] PREVOST L., « Le Congrès de Strasbourg », L’A n° 1 L. 22 décembre 1919, pp. 1 et 2

[10] [sans auteur] « Bureau de la corporation du droit », L’A n° 1 J. 3 décembre 1936, p. 4

[11] Le serre-file, « Le monôme du 20 décembre », L’A n° 2 L. 12 janvier 1920, p. 1

[12] Pic, « Retour », L’A n° 1 J. 25 novembre 1920, p. 2

[13] [sans auteur] « Le Monôme de Rentrée », L’A n° 2 J. 9 décembre 1920, p. 1

[14] [sans auteur] « Les Etudiants Rennais ont du poil quelque part – Le Samedi 18 Décembre, par 2 degrés au-dessous de zéro, un monôme énorme en longueur, en clameur et en couleur parcourt les rues de la ville », L’An° 3 J. 6 janvier 1921, p. 3

[15] [sans auteur] « Une belle manifestation de solidarité. Les suites du monôme », L’A n°1 J. 17 décembre 1925, p. 1

[16] Toc, « Pudicité de l’Ouest », L’A n° 1 J. 15 décembre 1927, p. 3 et ANNEXE 2

[17] [sans auteur] « On dit que… », L’A n° 1 J. 4 décembre 1930, p. 2

[18] [sans auteur] « Protestation – Il y’a de l’A… bus », L’A n° 1 J 1er décembre 1932, p. 1

[19] Un siècle de transports collectifs à Rennes, plaquette éditée par Rennes District pour l’exposition de 1997 sur ce thème.

[20] [sans auteur] « L’A vit », L’A n° 1 J. 5 décembre 1929, p. 7

[21] S. D., « Les Beaux-Arts sont rentrés », L’A n° 2 J. 21 décembre 1933, p. 2

 

 

CONCLUSION

 

De 1919 à 1940, le mouvement associatif des étudiants français se révèle particulièrement actif. Il présente plusieurs caractéristiques qu’il est possible de résumer par un terme : le corporatisme. L’Association Générale des Etudiantes et Etudiants Rennais offre un exemple de ce corporatisme estudiantin de l’entre-deux-guerres.

Le mouvement associatif plonge ses racines dans les dernières années du XIXe siècle. Alors que l’enseignement supérieur émerge véritablement, les étudiants prennent conscience qu’ils forment un corps. Ils éprouvent alors logiquement le besoin de renforcer les liens qui les unissent et d’entretenir ce corps. Pour ce faire, dans chaque ville universitaire, les étudiants des différentes facultés se réunissent au sein d’une Association Générale. Celle des étudiants rennais voit le jour en 1887. Elle ne semble cependant pas réussir à maintenir la cohésion de la jeunesse des écoles. Cette dernière ne retrouve un début d’unité que vers 1910, notamment autour de son Foyer.

Après la Première Guerre mondiale, l’A.G.E.R. (re)naît. Le conflit que les étudiants ont vécu les a marqués et leur a donnés une maturité nouvelle. Ils ont pour but, comme avant-guerre, de se regrouper. Mais cette fois, la solidarité et l’entraide apparaissent presque vitales. Elles permettent aux étudiants de surmonter ensemble les difficultés matérielles du quotidien et la crainte de l’avenir. A Rennes et ailleurs, les membres des Associations Générales s’activent pour obtenir aides et avantages matériels et financiers. Dans une atmosphère paternaliste, ils s’entourent du soutien des autorités municipales ou universitaires.

Au-delà de l’échelon local, l’Union Nationale des Associations d’Etudiants de France bénéficie alors d’une véritable participation des Associations Générales qui la composent. Ce n’était pas le cas avant la guerre. Et l’U.N. bénéficie de la reconnaissance des autorités gouvernementales et de leur aide. Les réalisations en faveur des étudiants se multiplient alors : bourses, restaurants, cités universitaires, sanatorium…

Les intérêts estudiantins sont désormais mieux pris en compte et les étudiants peuvent, dans une certaine mesure, participer aux réformes universitaires qui les concernent directement. La défense de leurs intérêts est d’ailleurs au cœur de leur mouvement associatif. Il entraîne un changement de ton sensible vers la fin de la période. Les vœux polis et respectueux communiqués aux autorités ne sont plus toujours entendus. Le recours à la grève est alors une solution. Et un syndicalisme estudiantin est déjà en germe. Il faut cependant souligner que l’apolitisme prôné par leur mouvement permet aux étudiants de s’adresser aux autorités quelles que soient leurs appartenances idéologiques. Mais il est avant tout une garantie pour la cohésion du mouvement, à l’U.N.E.F. comme à Rennes.

Cependant, les étudiants ne restent pas prostrés dans une attitude sérieuse et préoccupée. L’esprit estudiantin est joyeux. L’A.G.E.R. propose à ses membres toute une série de distractions. Elle fait vivre dans ce domaine un héritage de la période d’avant-guerre, période « folklorique » comme elle est parfois qualifiée. Au-delà des chahuts et des monômes plus ou moins indisciplinés, il est même proposé aux étudiants de l’A de Rennes d’organiser des festivités. Parmi celles-ci, la plus remarquable est sans conteste le carnaval de la Mi-Carême. Mais elle ne doit pas occulter les autres manifestations dues à l’humour et à la jeunesse des étudiants. Dans ce registre, il faut citer une réalisation exceptionnelle : L’A, le journal de l’A.G.E. de Rennes.

Le mouvement associatif et corporatiste des étudiants rennais est donc marqué, dans les années vingt et trente, par une assez large représentativité du milieu estudiantin, par la défense des intérêts de ce milieu, par une dimension nationale au sein de l’U.N. et par un caractère folklorique. Ces caractéristiques générales qu’elle partage avec les autres Associations Générales d’Etudiants de France, font de l’A.G.E.R. un exemple du corporatisme estudiantin de l’entre-deux-guerres.

Mais en 1939, la guerre est déclarée. Les Allemands entrent dans Rennes en 1940 et occupent les lieux de vie des étudiants. La Faculté de Droit, par exemple, est réquisitionnée. Les juristes suivent donc leurs cours parmi les statues du musée qui retrouve sa première fonction ou près d’un corps humain décapité et conservé dans un liquide à l’Ecole de Médecine [46]. La Maison de la rue Saint-Yves n’échappe pas à l’occupation et la vie associative des étudiants s’endort à nouveau.

En 1944, quelques étudiants relancent l’activité de l’A.G.E.R. et le succès est immédiat et massif. Le corporatisme reprend sa place mais par pour très longtemps. Les choses ont changé, le monde n’est plus le même. La politique prend de l’importance dans le milieu étudiant. Le syndicalisme qui perçait déjà avant la guerre, se développe. Bientôt, l’étudiant corporatiste, l’étudiant « folklorique », l’étudiant porteur du béret sera dépassé. La révolte de mai 1968 n’est pas loin.

 


[1] AMR – R 82 : Rapport de police 1889

[2] [sans auteur] « Et nos bérets ? », Le Cri des Ecoles N°17, 3 mars 1912, p. 1

[3] [sans auteur] « V’là l’béret ! », Le Cri des Ecoles N°18, 17 mars 1912, p. 2

[4] PREVOST L., « Le Congrès de Strasbourg », L’A n° 1 L.22 décembre 1919, pp. 1 et 2

[5] ADIV – 1 J 40 : Registre, séance du 19 janvier 1923

[6] [sans auteur] « Les couleurs corporatives », L’A n° 4 J. 25 janvier 1923, p. 8

[7] ADIV – 1 J 40 : Registre, séance du 8 janvier 1930

[8] L’A n° 6 Merc. 10 mars 1926, p. 3

[9] M., « La ballade du Notariat », L’A n° 12 Merc. 30 juin 1926, p. 2

[10] L’A n° 8 Merc. 21 avril 1926, p. 1

[11] L’A n° 11 J. 18 mai 1933, p. 1

[12] COLLIN H., « A propos d’insignes », L’A n° 10 J. 14 mai 1936, p. 12

[13] Quito, « Le congrès… et sa muse », L’A n° 10 J. 4 mai 1933, p. 8

[14] [sans auteur] « On dit », L’A n° 11 V. 4 mai 1945, p. 2

[15] L’A n° 10 16 juin 1938, p. 4

[16] LE GOUX F., « A propos de Faluche. Retour à la sobriété classique », L’A n° 7 J. 22 février 1945, p. 1 et ANNEXE 4

[17] L’A n° 12 J. 26 juin 1924, p. 1

[18] témoignage de M. Le Goux

[19] L’A n° 7 J. 31 mars 1938, p. 3

[20] Jobic, « Balade en prose! », L’A n° 1 J. 1er décembre 1921, p. 3

[21] COLAS-PELLETIER, « Appel aux étudiants », L’A n° 4 J. 29 janvier 1925, p. 5

[22] PICQUENOT P., « Ballade de fin d’année à Nantes – Programme général », L’A n° 10 J. 14 mai 1925, p. 3

[23] [sans auteur] « Association Générale des Etudiants Rennais – Ballade de “l’A”. Année scolaire 1927-1928 », L’A n° 11 J. 31 mai 1928, p. 8

[24] G. (des Lettres) C. Lui, « A propos du Bal des Lettres », L’A n° 5 J. 7 février 1923, p. 8

[25] BOUYNOT Y., « La ballade de l’A », L’A n° 12 J. 13 juin 1929, p. 1

[26] Quito, « Le congrès… et sa muse », L’A n° 10 J. 4 mai 1933, p. 8

[27] LEROY M., « Revue de la presse estudiantine », L’A n° 8 J. 26 mars 1936, p. 9

[28] [sans auteur] « Aux confrères de l’A et aux lecteurs de l’A », L’A n° 1 J. 3 décembre 1936, p. 9

[29] M. L., « La résurrection de la faluche », L’A n° 1 J. 3 décembre 1936, p. 2

[30] Un ruban jaune, « Renée », L’A n° 2 J. 17 décembre 1936, p. 3

[31] M. L., « Renée se meurt. Renée n’est pas morte… », L’A n° 4 J. 21 janvier 1937, p. 2

[32] Un Dur à Cuir, « La faluche », L’A n° 2 J. 20 janvier 1938, p. 9

[33] Le serre-file, « Le monôme du 20 décembre », L’A n° 2 L. 12 janvier 1920, p. 1

[34] [sans auteur] « Aux midinettes », L’A n° 5 L. 23 février 1920, p. 2

[35] ADIV – 1 J 40 : Registre, séance du 26 avril 1926

[36] PIV : Statuts et Règlement de l’A.G.E.R. 1923

[37] J. T., « Le Congrès de l’U.N. à Toulouse », L’A n° 9 J. 18 avril 1929, p. 4

[38] Copyright by Razaiou, « Les conférences de l’A », L’A n° 4 Merc. 10 février 1926, p. 4

[39] [sans auteur] « Les conférences de L’A », L’A n° 4 J. 26 janvier 1928, p. 7

[40] ADIV – 1 J 40 : Registre, séance du 19 janvier 1926

[41] [sans auteur] « A travers l’A.G.E.R. – Le président nous quitte », L’A n° 9 J. 30 avril 1931, p. 11

[42] ADIV – 1 J 40 : Registre, séance du 27 novembre 1924

[43] ADIV – 1 J 40 : Registre, séance du 9 février 1925

[44] [sans auteur] « Ce que fut le Mardi-Gras », L’A n° 6 J. 17 février 1921, pp. 1 et 2

[45] L’A n° 1 J. 15 décembre 1927, p. 3

[46] Témoignage de M. Piron

 

ANNEXES

ANNEXE 1

« L’étudiant français en 1922 », L’A n° 10 , 25 mai 1922, p. 2

J. Aussel, président de l’Union Nationale des Etudiants, inaugure le congrès de 1922 par ces mots :

« Une des marques distinctives de l’étudiant de notre époque est justement une parfaite entente de son intérêt, au sens propre du mot, liée à une exacte compréhension de la vie réelle. Moins romanesque, je ne dis pas moins idéaliste que ses aînés, le jeune homme qui fréquente nos facultés se défie du rêve, des chimères, se garde de la molle insouciance comme du pire des abandons. Il n’a point renoncé à toute fantaisie. Un brin de panache flotte toujours au-dessus de son béret, mais tel que je le connais, tel que j’aime à le fréquenter sur les bancs de nos salles de cours, dans les bibliothèques […], dans nos réunions amicales où il vient chercher un délassement à ses labeurs, il apparaît comme un réaliste, aussi différent des héros de la vie de Bohême que ceux-ci différaient de ce pauvre diable de Panurge, leur lointain devancier. Il est grave : la formation de son esprit sans cesse attiré par les faits, la dure épreuve de la guerre, les difficultés créées par le renchérissement de la vie ont fait de lui un homme pratique ayant déjà le sens des affaires, des siennes tout au moins. […]

[…] le relèvement de la France dépend en grande partie du rôle que joueront demain les jeunes gens sortis de nos facultés […]. Quels seront demain les hommes doués à la fois du goût de l’action et des lumières qu’il suppose, sinon les jeunes gens qui fréquentent nos Grandes Ecoles et nos Facultés ? Aussi n’aspirons-nous qu’à devenir dignes du magnifique rôle qu’on nous assigne. L’Union Nationale des Associations d’Etudiants veut et doit exercer de ce côté une influence de plus en plus décisive. Il est de toute nécessité qu’une commission se charge, au sein de notre Congrès de rechercher et de définir la part qui doit revenir aux intellectuels et aux carrières libérales dans la reconstruction de notre pays. Cette préoccupation, hautement patriotique, donnera un sens noble à toutes nos revendications. Notre point de vue n’est pas celui d’un égoïsme étroit, toute la générosité de nos vingt ans proteste contre une conception aussi mesquine.

Notre idéal, au contraire, est d’apporter une contribution de plus en plus large à la reconstitution de la France nouvelle. Si nous réclamons que notre sort ou plutôt, notre condition soit améliorée, c’est que nous voulons empêcher le dépeuplement de nos Facultés et l’abandon de nos laboratoires, menacés de mort si les âpres difficultés de l’existence continuent à détourner les jeunes gens de l’étude et du patient labeur intellectuel.

De même si nous voulons qu’on nous aide à fortifier les liens qui nous rattachent les uns aux autres, c’est que nous pensons que c’est là une des conditions de cette union de cœur entre tous les Français, si nécessaire à notre prospérité et à notre action dans le monde. Si enfin […] nous demandons à figurer dans les conseils d’Université, c’est que nous voyons dans ce rapprochement entre les maîtres et les élèves un des gages les plus certains de cette continuité dans l’effort qui doit relier les jeunes générations aux précédentes, pour le plus grand resplendissement de la science et de la culture française […]. »

ANNEXE 2

« Pudicité de l’Ouest », L’A n° 1 J. 15 décembre 1927, p. 3

M. le Maire à M. l’abbé Bethléem
Mon cher Maître,
Afin que vous ne soyez pas trop mécontent de vos élèves de Bretagne, j’ai pris la liberté de vous rapporter les mesures que nous prîmes pour protéger notre bonne ville contre l’invasion débordante d’une pornographie à l’éclosion de laquelle notre jeunesse présente, hélas! un terrain de culture des plus favorables, passez-moi l’expression.
Depuis longtemps on voyait les étudiants former chaque année un monôme pour fêter la rentrée des écoles, et cette manifestation était le prétexte d’exhibitions manifestement contraires au cahier des charges de la Messagerie Hachette, autant qu’à la pudeur des foules. Voici d’ailleurs une lettre que j’ai sous les yeux et que j’ai conservée depuis deux ans.
« Monsieur le Maire,

« Etant de service l’autre soir au petit bar, aux fins de critique théâtrale, sociale et rédhibitoire, je longeais la place du Palais, lorsque mon attention fut attirée dans les formes réglementaires par une nuée d’étudiants qui cernaient le bassin. Un passant m’ayant dit qu’il s’agissait du monôme traditionnel et adéquat, je m’approchai et ayant réussi à risquer mon képi entre deux épaules de carabins, j’aperçus un spectacle qui choquait mes opinions hydrologues et édilitaires : ces jeunes gens étaient en train de polluer la pièce d’eau, pour permettre au Piéton del’Ouest-Eclair de la traiter de “ bassine ”, ce qui est aussi contraire aux bonnes mœurs qu’aux intérêts de la municipalité. Devant leur nombre et leur attitude décidée, je n’osai les exhorter à “ rentrer ça ” et m’en fus retrouver la patronne qui partagea mon indignation.

AGENT 2222. »

D’autres plaintes me sont parvenues, telles celles d’une vieille demoiselle qui habite seule faubourg de Fougères et que la fidélité d’un petit chien console de la muflerie des hommes. Cette vénérable personne s’était dérangée exprès, après avoir avalé son dîner, pour venir assister à la manifestation estudiantine. Or, le premier transparent qu’elle vit la remplit d’horreur : c’était celui des élèves de l’Ecole Nationale d’Agriculture, qui représentait une vache aux mamelles évidentes et démesurées. Le transparent de la pharmacie provoquait les regards par l’exposition d’une femme nue et d’instruments dont l’hydrothérapie déprave l’imagination et affole les Rennais, habitués à la pudicité. Je vous fais grâce du reste, mais tiens à votre disposition des chants qu’a conservés la mémoire d’une brave tenancière de kiosque w.-c. qui pleure sa quiétude et son innocence perdue.
Ce qu’il y avait peut-être de plus scandaleux, c’est l’invasion classique de certains établissements du quartier de la gare, les conventions onéreuses que de jeunes débauchés imposaient à ces commerçants qu’immortalisa Courteline et les traitements auxquelles étaient soumises de pauvres filles pressées par le besoin.
Nous souvenant que les pouvoirs dont nous sommes investis comportent des charges d’âmes, et pleinement conscient de notre responsabilité, sinon de pasteur, du moins de berger du troupeau rennais, nous avons mis le holà à ces excès. La pudeur de nos concitoyens sera cette année protégée, d’abord par les agents chargés de suivre les étudiants jusque dans leurs pérégrinations nocturnes, au lieu de se confiner dans la poursuite des voleurs qui ne présente qu’un médiocre intérêt, puis par un arrêté dont voici la substance :
1° Interdiction de tout transparent pouvant troubler la circulation urbaine et la pureté des âmes ; 2° interdiction des lanternes vénériennes ; 3° interdiction des chants interrupteurs de sommeils bourgeois ; 4° interdiction des coalitions de consommateurs et usagers tendant à la ruine du commerce local. Sous toutes réserves, Messieurs les commissaires et agents de police sont chargés de veiller au bon ordre du défilé et à l’exécution de l’arrêté, notamment en ce qui concerne les nudités des transparents. La police devra fournir les mouchoirs pour cacher les seins. Nos agents se feront un devoir, j’en suis sûr, de protéger efficacement la sécurité (du moins morale) des braves gens décidés à mener une existence vertueuse.
Croyez, mon cher maître, que nous saurons assurer la quiétude aux bons bourgeois de notre cité.
Nous implorons votre bénédiction.
En Mairie de Rennes,
le 5 décembre 1927.
P.c.c. : Toc.

ANNEXE 3

« A propos du Bal des Lettres », L’A n° 5 J. 7 février 1923, p. 8

« Pour la première foi depuis les guerres médiques, l’Association corporative des Etudiantes et Etudiants de Lettres de la Faculté de Rennes est descendue des hauteurs olympiennes où elle planait. Compatissante à nos misères humaines, elle a organisé mercredi 31, dans les salons Gaze, un bal auquel nos bon camarades Lelièvre et Perrier ont donné la puissante impulsion de leur jeune enthousiasme et de leur goût si sûr.

Gros succès […]

Que ceux qui reprochent trop facilement aux habitués de la place Hoche de se tenir à l’écart de l’Association s’imprègnent de ce succès. Si les bérets jaunes ne font pas foule aux manifestations tumultueuses des étudiants, si leur présence se fait un peu désirer à la Maison, il n’en est pas moins probant que dans toutes les occasions utiles ils sont là et le Comité sait qu’il peut compter sur eux. A vrai dire, l’esprit de la Faculté, l’esprit littéraire pousse peu aux vastes chahuts. D’autre part, nos camarades fournissent une somme de travail considérable et nécessairement continue pour passer leurs examens. Entre tous, le digne président, Michel Forget, peut prouver à tous qu’une agrégation de Lettres ne se prépare pas en musardant sur les quais ou ailleurs. Enfin, les littéraires sont assez peu nombreux, par rapport aux autres Facultés ou Ecoles. Ce sont là des arguments que l’on pourrait opposer à ceux qui seraient tenté de parler de ce qu’ils ignorent, si toutefois une défense se faisait sentir. […] »

ANNEXE 4

« A propos de la faluche – Retour à la sobriété classique », L’A n° 7 J. 22 février 1945, p. 1

Dans notre dernier numéro, un de nos rédacteurs dénonçait la manière tendancieuse dont on enseigne l’histoire : il s’agissait de l’origine de la faluche dont certain pédagogue rennais voudrait faire une invention parisienne remontant à 1930 ! Ignorance ou mauvaise foi ?

En tout cas, nous tenons à la disposition de tous la photo du Comité de l’A.G.E.R., année 1923 – l’année de Colas-Pelletier –. Tous les membres portent la faluche.

Et ceci, d’ailleurs, conformément au Règlement Général de l’Association – bien antérieur à 1930 – qui édicte :

Art. 120. – Tout étudiant qui s’inscrit à l’Association a droit au port du béret ceint d’un ruban dont les couleurs doivent être conformes au modèle fixé par une délibération du Comité, au port de l’insigne de l’A.G.E.R., et de l’insigne de sa corporation.

Art. 121. – Le port du béret est obligatoire dans les fêtes ou manifestations où l’Association agit officiellement.

La lecture de ces deux articles sera profitable à tous, aussi bien aux historiens partiaux (le sage n’affirme rien qu’il ne prouve) qu’aux faluchards :

Car il y est dit clairement que le port de la faluche est la prérogative des membres actifs de l’A.G. et non de n’importe quel étudiant. Avis aux bizuths qui s’achètent trop souvent une faluche avec la même désinvolture qu’un chapeau mou. La loi prévoit des sanctions au port illégal d’uniforme ou d’insigne ; et tout membre du Comité, sur présentation de sa carte, a le droit de vérifier qu’un faluchard est bien membre de l’A.

Deuxième point : lorsqu’on regarde une photo comme celle dont je parlais plus haut, on est frappé de la sobriété des faluches d’alors : une étoile par année ; le ruban de délégué pour le Comité ; les quatre rubans réglementaires pour les présidents de corpo. C’est tout : aucune breloque, aucune fanfreluche. La tenue est uniforme et réglementaire. Et, croyez-moi, cela a beaucoup plus d’allure que ces musées ambulants que l’on connaît aujourd’hui.

Il est d’ailleurs facile d’expliquer comment on est arrivé à cette surcharge de médailles et quincailleries de toute sorte :

Tout le mal vint du bizuth : les anciens, avec leur étoile annuelle et les quelques insignes estudiantins qu’ils conquéraient dans les congrès, en devenant membres d’honneur des A.G. étrangères, eurent bientôt des faluches assez garnies qui firent pâlir d’envie le bizuth à une étoile. Celui-ci, par émulation, pousse son amour du clinquant jusqu’à se couvrir de tout ce que renfermaient d’hétéroclite les tiroirs de sa propriétaire. En définitive, il se couvrit surtout de ridicule, et on en arriva à ces décorations qui n’ont rien d’étudiantin.

Plus près de nous, depuis la libération, ce sont les insignes militaires – surtout américains – qui sont à la mode. Leur port est rarement justifié, et il est regrettable de voir parfois des anciens imiter les bizuths dans la voie de la surcharge et du mauvais goût.

Le goût, c’est mon affaire (!). Laissez-moi vous parler en son nom et vous rappeler à un peu plus de sobriété. Ç’a été un des étonnements de nos camarades de l’A.G. de Caen, venant nous rendre visite, il y a un mois, que cette anarchie des insignes sur les faluches rennaises :

« A Caen, nous disaient-ils, ce ne serait pas toléré ; seuls les insignes étudiantins ont leur raison d’être. » Nous sommes entièrement de leur avis. Mais sera-t-il besoin d’instituer une commission d’épuration des faluches ?

Je ne le pense pas. J’espère que mon appel sera entendu. Gardons seulement les distinctions réglementaires (étoiles, rubans) et les insignes estudiantins. Un minimum d’héraldique pour celui qui veut montrer qu’il est de Morlaix ou de Pondi, mais inutile de porter sur sa tête tout l’armorial de Bretagne.

La faluche y gagnera en vraie élégance, et peut-être certains pékins auront-ils moins tendance à prendre cette coiffure traditionnelle pour un déguisement de mardi-gras. Peut-être aussi certains amateurs de trophées (la chasse à la faluche est moins casse-gueule que celle au casque boche) seront-ils moins tentés de garnir leur panoplie au moyen de faluches dérobées à la sortie des cinémas.

Je sais que cet amour exagéré des décorations ne sévit pas uniquement chez les étudiants. Mais comme doit s’opérer le retour à l’ordre, donnons l’exemple, revenons à la sobriété et rendons les galons auxquels nous n’avons pas droit.

F. Le Goux,

Président de l’A.G.E.R.
Carabin et artilleur hippo.



ANNEXE 5

« Insignes », L’A n° 1 S. 10 novembre 1945, p. 4

Les faluches rennaises ont toujours été un modèle de fantaisie. Je ne veux pas chercher à savoir ici s’il faut s’en réjouir ou s’en affliger. Toutefois s’il est certain que la fantaisie est souvent de bon goût, il y a des limites en tout.

Je ne vous citerai que deux exemples.

J’avais repéré l’an passé un étudiant en P.C.B. (un bizuth à une étoile). Une étoile, c’est peu me direz-vous ? Je crois que mon bizuth avait eue la même pensée, alors il avait corsé un peu le tableau…

Outre son petit cochon, il avait exhibé sur son couvre-chef : un parapluie, une chouette et une abeille impériale… et l’inévitable tête de mort !…

Ca faisait très bien ! Pour tout homme sensé, cet attirail signifiait que notre bizuth était déjà carabin, que de plus il préparait en même temps que Normale Supérieure Sciences, Normale Supérieure Lettres, et même l’Ecole Centrale. J’ai connu des gens très fort, même en bluff, mais pas encore à ce point !

L’année passée, il existait aussi un notaire qui était avec sa traversière tricolore, rien moins que membre du bureau de l’U.N.

Allons, Messieurs, ne soyez pas ridicules dans un pays où le ridicule tue. Ne vous attribuez donc pas des rubans de délégués ou de président de corporation, sous prétexte que le violet va bien à votre genre de beauté.

Afin de vous éviter de tomber dans ces erreurs, je vous conseille très vivement de ne porter que les insignes correspondantes [sic] aux études que vous poursuivez ou que vous avez poursuivies, et n’essayez pas de vous faire passer pour un gnouiffard alors que vous êtes un petit bizuth de P.C.B.

Voici d’ailleurs les insignes des corpos et leur signification. Pour quelques-uns aussi je rappelle les couleurs des corpos.

Droit : couleur rouge groseille ; insigne : balance.

Sciences : couleur violet académique ; insignes : palmes sur fond violet, cornue et ballon pour les chimistes ; marteau des géologues.

Lettres : couleur jaune ; insignes : palmes sur fond rouge.

Médecine : couleur velours grenat ; insignes : tête de mort, tête de mort sur hermine, squelette.

Pharmacie : couleur velours vert ; insigne : caducée de santé.

Agris : couleurs vert et rouge ; insignes : gerbe de blé et faucille, épis de maïs.

Beaux-Arts : couleur bleu ciel ; insigne : palette.

Conservatoire : couleur bleu ciel ; insigne : lyre.

Archis : couleurs bleu et violet ; insignes : équerre et compas.

Dentaires : couleur velours violet ; insigne : dent.

P.C.B. : couleur blanc et velours grenat ; insigne : cochon jaune.

Notariat : couleurs rouge et violet ; insigne : plume d’oie sur livre ouvert.

Grandes Ecoles : couleurs rouge et jaune ; insigne : taupe calot noir à liseré rouge. – X de Polytechnique. – G. et parapluie de Normale Sup. Sci et abeille impériale de Centrale. – Chameau des mines de Saint-Etienne. – Deux marteaux croisés : Mines de Paris. – Un compas, un marteau : Mines de Nancy – Equerre, marteau des Travaux publics. – Ancre de Navale. – Aigle planant de l’aéronautique. – Saint-Cyr, calot fond rouge, revers bleu ; casoard et grenade courte enflammée. – H.E.C., calot bleu marine liseré vert ; caducée du commerce. – Khagne, chouette.

Maintenant, je rappelle pour les corporations dont la couleur est double, que ces deux couleurs sont d’égale largeur et placée horizontalement l’une au-dessus de l’autre ; pour les étudiants appartenant à deux corporations qu’ils ont choisi une corporation en achetant une carte de l’Association et que, par conséquent, ils doivent porter le ruban de cette corpo ; ils peuvent toutefois rappeler qu’ils appartiennent à une autre en plaçant un biais à la couleur de cette dernière corpo ; biais d’une largeur maximum de 5 m/m, placé sur le ruban de la faluche.

Je rappelle enfin que seuls ont droit à des rubans « traversières » […] les délégués, présidents de corporation ou présidentes, et les membres du bureau de l’A.G.

Pour ce qui est de la fantaisie permise sur la faluche qu’elle n’aille pas jusqu’à autoriser à porter un insigne sous prétexte qu’il est « celui du régiment de mon grand oncle ».

J. R. P.



ANNEXE 6

« Le béret », L’A n° 12 J.21 juin 1928, p. 4

De l’armoire qui baîlle sa vie
Ma main extirpe lentement
Sous un tas de nippes jaunies
Mon bon vieux béret d’étudiant.

Le velours onctueux s’effrite
S’écorche en maints et maints endroits
Prend des tons chauds et gras de frites
Sur la doublure et sur l’endroit.

Ce n’est qu’une crasseuse loque
Jaune, verdie, d’humidité
Et ses trous chantent en soliloque
Sa crasse et son humilité.

Son ruban verdâtre a des teintes
De vieux murs d’hospice lépreux
Sa soie grince encore une plainte
En froissant le bandeau galeux.

Qu’il est superbe en sa misère :
Mécène de rêve infini
Ripailles et veillées austères
Il a tout vécu, tout subi.

MAX.

 

ANNEXE 7

 

BUREAUX ET COMITES

 

1919

 

A.G.E.R.

Président

Delalande

Vice-présidents

Mlle Erard

Le Tonturier

Marcovitch

Laurence (étudiant américain)

Secrétaire général

Brebant

Secrétaire adjoint

Prévost

Trésorier

Clech

Trésorier adjoint

Rébillard

 

 

1919-1920

 

A.G.E.R.

Président : Raoul FELIX

 

LETTRES

Membres d’honneur

M. le Doyen et MM. les professeurs et maîtres de conférences de la Faculté

Secrétaires généraux honoraires

MM. Jeudon,croix de guerre, médaille militaire et Kreutzberger, colonel en retraite, officier de la Légion d’honneur, étudiants tous les deux

Secrétaire général

M. Lesage, mutilé de guerre, médaille militaire (classique)

Secrétaire adjoint

M. Broustail, croix de guerre (agrég.)

Trésorière

Mlle Cam (histoire)

Délégués au comité de l’A

MM. Guzille, croix de guerre (classique) et Lequenet (classique)

 

MEDECINE

Président

Chesnais

Vice-président

Lejeune

Secrétaire

Dagorne

Secrétaire adjointe

Mlle Regnault

Délégués à l’A.G.

Félix et Nivolle

 

 

1920-1921

 

A.G.E.R.

Président

F. Hervé, médaille militaire, croix de guerre (8 cit.), interne des Hôpitaux.

Vice-présidents

L. Prévost, licencié en droit, étudiant en doctorat, avocat stagiaire à la Cour d’Appel (Questions universitaires. Relations avec les A.G. et l’U.N.).

R. Dagorne, étudiant en médecine (Journal, Fêtes).

Trésorier

Folleau, étudiant en agriculture

Trésorier adjoint

Sollier, étudiant en sciences.

Secrétaire général

H. David, étudiant en médecine

Secrétaires adjoints

Boulo, étudiant en pharmacie

Marchal, étudiant en architecture, étudiant en lettres

Délégués

Cussec et Moysan (Droit), Gendrot (Beaux-Arts), Guérin (Pharmacie), Lemée (Sciences), Liégeois (Agriculture), Rouvrais (Notariat), Thiriet (Institut Polytechnique), Trelluyer (Grandes Ecoles).

 

COMITE DU JOURNAL

Rédaction

R. Dagorne

Rédacteurs en chef

Aubert, Bagot, Chauveau, David, Marchal, Morin, Prévost

Administration

Gouez (abonnement)

Hays (publicité)

Trelluyer (vente)

 

DROIT

Président

Me Chauveau, avocat stagiaire à la Cour d’Appel

Vice-présidente

Mlle Brismontier

Vice-président

M. Cordier

Secrétaire

M. P. Desgrées du Loü

Trésorier

M. Brismontier

Délégués à l’Association Générale

Me Prévost, avocat stagiaire à la Cour d’Appel, M. Moysan, M. Cusset

Délégué au Restaurant Coopératif

M. Moysan

 

MEDECINE

Délégués à la corporative de médecine

PCN – Colas-Pelletier, Moinet

1e année – Lancelot, Berty

2e année – David, Sabatier

3e année – Vinot, Le Cam

4e année – Hervé, Bertrand

Délégués à l’Association Générale

Hervé, Dagorne, David

Délégué au Restaurant Coopératif

Chauvière

 

NOTARIAT

Président

Simon

Vice-président

de la Tribouille

Trésorier

Bourdais

Secrétaire

Morin

Délégué à l’A

Rouvrais

 

SCIENCES

Présidente

Mlle Klein

Président

M. Sollier

Secrétaires

Mlle Cabours, M. Lemée

Trésoriers

Mlle Auffret, M. Hervio

Délégués à l’A

Sollier, Lemée

Délégué au Restaurant Coopératif

M. Bollet

 

 

 

1921-1922

 

A.G.E.R.

Président d’honneur

F. Hervé, président de l’année 1920-1921

Président

L. Prévost

Vice-présidents

R. Dagorne (Médecine)

F. Aubert (Droit) [Petitjean (Droit)]

Secrétaire général

de Pincé (Pharmacie)

Secrétaires adjoints

J. Pascalie (Agriculture) et T. Lemonnier (Beaux-Arts)

Trésorier

M. Colas-Pelletier (Médecine)

Trésorier adjoint

J. Bollot (Sciences)

Délégués

J. Le Chapelain (Lettres), Roulleau (Sciences), L. Prévost et A. Tréguier (Droit), G. Morin [A. Le Cam] (Médecine), A. Hista (Pharmacie), J. Vilcoq et E. Baudry (Agriculture), J. Hardouin (Architecture), M. Morin (Notariat), G. Aubrée (I.P.B.)

 

JOURNAL

Directeur-rédacteur en chef

R. Dagorne

Publicité

Ferdinand Hays (Droit)

Vente

Gendron (Médecine), Créhalet (P.C.N.).

Abonnements et trésorerie

Thiriet (Droit)

 

AGRICULTURE

ARCHITECTURE

2e année : Président

Vilcoq

Massier

Lemoine

Vice-président

Simon

Secrétaire

Dupas

1e année : Président

Baudry

BEAUX-ARTS

Vice Président

Hiron

Président

Lemonnier

Secrétaire

Vernier

INSTITUT POLYTECHNIQUE

DROIT

Président

Descure

Président

Cordier

Secrétaire

Bettel

Vice-présidente

Mlle Voisard

Trésorier

Le Frais

Vice-président

Petitjean

Secrétaire

Forner

Trésorier

Cahierre

MEDECINE

Président

Vinot

Vice-président

Sabatier

LETTRES

Secrétaire

Gauchet

Président

Michel Forget

Trésorier

Berty

Secrétaire

Bobon

Bibliothécaire

Créhalet

Trésorière

Mlle D. Laurent

Secrétaire adjoint

Le Cam jeune

Assesseurs

Mlle Gourdon, Le Chapelain

Préposé aux fêtes

Gendron

NOTARIAT

Président

Béon

SCIENCES

Vice-président

Trébert

Président

Roulleau

Vice-présidente

Mlle Rébillon

Présidente

Mlle Cahour

Trésorier

Boulanger

Secrétaires

Leluen, Mlle Destugue

Secrétaire

Robic

Trésoriers

Castex, Mlle Godbille

PHARMACIE

Président

Grall

Vice-président

Cadiou

Secrétaire

Classe

Trésorière

Mlle Garandel

 

 

1922-1923

 

A.G.E.R.

Président

Colas-Pelletier (Médecine)

Vice-présidents

Sollier (Droit)

Milon (Sciences)

Trésorier général

Baudry (Agriculture)

Secrétaire général

Bédel (Notariat)

Trésorier adjoint

Berthy (Médecine)

Secrétaire adjoint

Lebrac (Pharmacie)

Délégués

Laroche (Droit), Lelièvre (Lettres), Avare (Beaux-Arts), Heck (Architecture), Catho (Institut Polytechnique de Bretagne), X. (Grandes Ecoles), Delabie (Agriculture), Souques (Sciences) Pinard, Pigeon, Savouret, Jambon (Médecine)

Bureau de la Commission sportive

Colas-Pelletier, Baron (Médecine) et Gast (Agriculture)

Gérant du Cercle

Souques

 

Déléguées féminines

LETTRES

Mlles Léonec et Bruneau

SCIENCES

Mlle Dastugne

DROIT

Mlle Voisard

I.P.B.

Mlle Mary

PHARMACIE

Mlle Poullain

 

ARCHITECTURE

MEDECINE

Massier

Lemoine

Président

Berthy

Délégués physiques [P.C.N.?]

Menon, Fougères

AGRICULTURE

Président

Baudry

NOTARIAT

Président

Collet

BEAUX-ARTS

Vice-président

Auffray

Président

Lemonnier

Trésorier

Montfort

Secrétaire

Pichot

DROIT

Président

Cordier

PHARMACIE

Vice-présidente

Mlle Voisard

Président

Le Cun

Vice-président

Macé

Vice-président

Dauet

Secrétaire

Dorlhac

Secrétaire

Guillou

Trésorier

Reliquet

Trésorière

Mlle Poullain

I.P.B.

SCIENCES

Présidente

Mlle Mary

Président

Roulleau

Vice-président

Huon

Vice-président

Milon

Secrétaire

Pagot

Secrétaire

Leluan

Trésorier

J. Granier

Trésorier

Castex

LETTRES

Président

Forget

Vice-président

Terrier

Assesseurs

Mlle Bruneau, Hervé

Trésorière

Mlle Léonnec

 

 

 

1923-1924

 

A.G.E.R.

Président

Colas-Pelletier

Vice-président

Cast

Cailli

Trésorier général

Ménez

Trésorier adjoint

Martinet

Secrétaire

Parthenay

Secrétaire adjoint

Francès

Commissaire des fêtes

Hista

Commissaire aux sports

Gast, Hista

C.O.I.

Le Crac, Serre, Guerion

Président de la commission journalistique

Colas-Pelletier

Déléguées féminines au Comité

Mlle Robert (Sciences) et son adjointe, Mlle Bothel (Lettres)

JOURNAL

Rédacteur en chef

M. Bodard des Loges

Gérant

Cavellat

Administrateur-trésorier

Picquenot

 

AGRICULTURE

MEDECINE

1e année

Martin

Président

Y. Gouriou, interne des hôpitaux

Bossu

Vice-président

Le Cun (Jean)

Delage de la Rochetterie

Trésorier

Baron (André)

2e année

Président

Glaudard

Secrétaire

Blottière

Vice-président

Varin

Trésorier

Cossec

NOTARIAT

Ruche

Gérant

Gilles

Président

Poulain

Trésorier

Lefèvre Piro

Vice-président

Busson

Magasinier

Mimile Laveillon

Secrétaire

Mlle Paulin

Secrétaire adjoint

Lejeune

ARCHITECTURE

Trésorier

H. Amard

Massier

Le Moine

PHARMACIE

BEAUX-ARTS

Président

Depincé

Président

Mahé

Vice-président

Jossé

Secrétaire

Tostivint

DROIT

Trésorière

Mlle Bois-Berthelot

Président

Veaux

Vice-présidente

Mlle Voisard

SCIENCES

Vice-président

Huchet

Président

Duclos

Secrétaire

Esnault

Vice-président

David

Trésorier

Serre

Secrétaire

Bouzat

Trésorier

Le Bourhis

I.P.B.

Vice-présidente

Mlle Robert

Président

Sée

Secrétaire

Mlle Tromeur

Vice-président

Salladain

Trésorière

Mlle Pochat

Secrétaire général

Lesage de la Haye

Trésorier

Sagette

LETTRES

Président

Forjet

Vice-président

Chevrier

Trésorière

Mlle Botherel

 

 

1924-1925

 

A.G.E.R.

Président

Marcel Colas-Pelletier, vice-président de l’U.N., président sortant

Vice-présidents

Paul Picquenot (Droit)

Bossu (Agriculture)

Secrétaire général

Le Ménager (Sciences)

Trésorier général

Le Gallo (Pharmacie)

Secrétaire adjoint

Julien (Droit)

Trésorier adjoint

Serre (Droit)

Commissaire général des sports

Lebreton (Pharmacie)

Commissaire philanthropique

Dayot (Médecine)

Commissaires d’ordre intérieur

Julien (Droit), Nicolas (Médecine), Moraud (Droit)

Commissaire générale des fêtes

Le Ménager (Sciences)

Commissaires adjoints

Lesage (I.P.B.), Lemoux (Beaux-Arts)

Commission théâtrale et artistique

Ronsin (Beaux-Arts), Derrouch (Architecture)

Commission professionnelle, des chambres et restaurants 

Blottières (Médecine)

Bibliothécaire

Boutruche (Lettres)

Président de la Commission journalistique et gérant de l’A

Colas-Pelletier

Rédacteur-en chef

Blottière

Administrateur-trésorier

Picquenot

Membres du Comité

Bourdet (Sciences), Vallet (Agriculture), Buche (Agriculture), Gade (Notariat)

Déléguées à l’A.G.

Mlle Lenoble (Lettres) et Mlle Flandrin (Droit) son adjointe

 

AGRICULTURE

GRANDES ECOLES

Corporative

Président

Bossu

Président

Delaquaize

Vice-président

de la Rocheterie

Vice-président

Leroy

Trésorier

Morel

Trésorier

Ballard

1e année

Président

Buche

Vice-président

Lambert

I.P.B.

Trésorier

Dubois

Président

Sée

Ruche

Gérant

Couderc

Vice-président

Salladin

Trésorier

Sanséeau

Trésorier

Lesage

Magasinier

Brocard

Délégués à l’A.G.

Lesage

ARCHITECTURE

LETTRES

Massier

Lemoine

Président

Robert [Sorin]

Délégué à l’A.G.

Derrouch

Vice-présidente

Mlle Lenoble [Mme Hagen]

Secrétaire

Hervé [Paul Charlier]

BEAUX-ARTS

Secrétaire adjointe

Mlle Robert

Président

Dupont [François Marc]

Trésorière

Mlle Paslier [Mlle Simon]

Secrétaire

François [Eude Paul]

Délégués à l’A.G.

Bourdet, Le Métruche, [Robert]

Délégué à l’A.G.

Rousin [Ronsain Jean]

DROIT

MEDECINE

Président d’honneur

Veaux

Président

Baron

Président

Gouaislin

Vice-président

Blottières

Vice-présidente honoraire

Mlle Voisard

Trésorier

Coudroy

Vice-présidente

Mlle Flandrin

Secrétaire

Nicolas

Vice-président

Prodhomme

Commissaire aux fêtes

Dayot

Secrétaire

Nicolas

Commissaire aux sports

Benoist

Secrétaire adjoint

de Kerprigent

Délégués à l’A.

Colas-Pelletier, Blottières, Dayot

Trésorier

Bertrand

Délégués d’années

Bougerie, de Kerprigent, Nicolas, Bertrand

Délégués aux sports

Aupinel

Délégués à l’A.G.

Picquenot, Serre, Julien

 

NOTARIAT

Président               Le Goff

Secrétaire              Lemoine

Trésorier               Patté

Délégués à l’A.G.                Sordes

Délégué aux sports             Corlay

 

PHARMACIE

Président               Josset

Vice-président      Gatel

Secrétaire              Adam

Trésorière             Mlle Andrieux

Délégués à l’A.G.                Le Gallo, Lebreton

 

SCIENCES

Président               Duclos

Vice-présidents    Mlle Tromeur, David

Secrétaires            Mlle Le Mée, Nédelec

Trésoriers             Mlle Le Métayer, Le Paslier

Délégués à l’A.G.                Bourdet, Le Ménager

 

 

1925-1926

 

A.G.E.R.

Président                              Colas-Pelletier (Médecine)

Vice-présidente                   Mlle Robicault (Sciences)

Vice-présidents                   Picquenot (Droit), Dubois (Agriculture) et Le Cun (Médecine)

Secrétaire général                Aupinel (Droit)

Trésorier général                 Lebreton (Pharmacie)

Secrétaire adjoint Cahour (Sciences)

Trésorier général                 Bertrand (Droit)

Commissaire général des fêtes                         Le Cun (Médecine)

Commissaires d’ordre intérieur (C.O.I.)           Cotrel et Miossec (Notariat)

Bibliothèque                                                        Sorin (Lettres)

Délégué aux sports                                            Lebreton (Médecine)

Commissaire philanthropique                           Le Paslier (Sciences)

Commissaires artistiques                                  Ronsin (Beaux-Arts), Couesnon (Architecture)

Commissaire aux conférences                          Dandin (Lettres)

Commissaire aux chambres                               Pélissier (Pharmacie)

Membres du Comité           Camus (Agriculture), Mingotti (Agriculture), Le Louet (Beaux-Arts),

                                               Adam (Pharmacie)

 

AGRICULTURE

MEDECINE

1e année

Président

Camus

Président

Le Cun

Vice-président

Frappier

Vice-président

Blottière

Trésorier

Berbey

Secrétariat

Nicolas

Délégués à l’A.G.

Dubois, Mingotti

Trésorier

Coudray

2e année

Président

Dubois

Délégué à l’A.

Colas, Le Cun, Lebreton

Vice-président

Carli-Basset

Trésorier

Fortin

NOTARIAT

Délégué à l’A.G.

Camus

Président

de Raguenel

Ruche

Gérant

Warnet

Vice-président

Ferron

Trésorier

Bouthor

Secrétaire-trésorier

Herviault

Magasinier

Demesmay

Délégués à l’A.G.

Cotrel, Miossec

BEAUX-ARTS

PHARMACIE

Président

Dupont

Président

Adam

Vice-présidents

Barré, Eudes

Vice-président

Le Dosseur

Trésorier

Dufresne

Secrétaire

Saveau

Délégués à l’A.G.

Ronsin, Le Louet

Trésorière

Mlle Dupuis

Délégués à l’A.

Adam, Pélissier, Lebreton

DROIT

Président

Asse [Nicolas]

SCIENCES

Vice-présidente

Mlle Barbot

Président

Le Paslier

Vice-président

Julien

Présidente

Mlle Cahour

Secrétaire

Nicolas [Louet]

Vice-présidente

Mlle Cadare

Trésorier

Loysel

Vice-président

Cheneau

Secrétaire adjoint

Hillion [Moulière]

Secrétaire

Esparbit

[Trésorier adjoint

Hillion]

Trésorier

Lefebvre

Membre

Moulière

Délégués à l’A.G.

Le Paslier, Cahour

Délégués à l’A.G.

Picquenot [Asse], Bertrand, Aupinel

LETTRES

Président

Sorin

Présidente

Mme Hagen

Trésorière

Mlle Simon

Secrétaire

Paul Charlier

Délégués à l’A.G.

Sorin, Dandin

 

 

1926-1927

 

A.G.E.R.

Président               Asse (Droit)

Vice-présidents    Dercheu (Agriculture)

                               Le Cun (Médecine)

                               Aupinel, commissaire général des fêtes (Droit)

Vice-présidente    Mlle Suzanne Huet

Secrétaire général                Dauget (Notariat)

Secrétaire adjoint                Flatrès (Pharmacie)

Trésorier général                 Cotrel (Droit)

Trésorier adjoint                  Dioré (Pharmacie)

Membres du Comité           Corlay (Notariat), Deshayes (Médecine), Paoli, commissaire sportif (Sciences),

Nouvel (Sciences), Lebreton (Pharmacie), Judas (Agriculture), Bonnol (Agriculture),

David (Architecture), Bouynot (Lettres), Decharmes (Lettres), François (Beaux-Arts),

Etesse (Médecine), X… (Grandes Ecoles)

 

MEDECINE

Président               Charpentier

Vice-président      Taillard

Secrétaire              Guillemet

Trésorier               Boschet

Bibliothèque         Menon

 

 

1927-1928

 

A.G.E.R.

Président honoraire            Aupinel (Droit)

Président                              Léon (Droit)

Vice-présidente                   Mlle Simon (Lettres)

Vice-présidents                   Bonnal (Agriculture)

                                               Flatrès (Pharmacie)

                                               Etesse, commissaire général des fêtes (Médecine)

Trésorier général                 Dioré (Pharmacie)

Trésorier adjoint                  Gloaguen (Pharmacie)

Secrétaire général                Glémo (Droit)

Secrétaire adjoint Pinel (Médecine)

Commissaire adjoint des fêtes          Guillemet (Médecine)

Commissaires à l’ordre intérieur       Huet (Notariat)

                                                               Boiteau (Beaux-Arts)

                                                               Lamourec (Architecture)

Commissaire aux conférences           Cozannet (Droit)

Commissaire philanthropique           Baron (Sciences)

Commissaire à la bibliothèque          Colas (Lettres)

Commissaire général des sports       Cormier

Membres du comité            Mlle Maumon et Le Calvez (Lettres), Lamballais et Trémollières (Grandes Ecoles),

Théault (Notariat), Morand (Droit), Brugère et Héranger (Agriculture)

 

 

1928-1929

 

A.G.E.R.

 

NOTARIAT

Trésorière                             Bourgeois [Mlle Serph-Dumagnau]

Délégué à l’A.G.                  Gaudu [Chalugour]

 

1929-1930

 

A.G.E.R.

Président               Léon [Le Gentil]

Vice-présidents    Le Gentil, Poirier, Herbault [Coatanlem (Président en pharmacie)]

Vice-présidente    Mlle J.-C. Simon

Secrétaire              Schmitt

Trésorier               Picot [Tiengout (Sciences)]

Trésorier adjoint                                 Tiengout [Duparc (Droit)]

Commissaire général des fêtes         Herbault

Commissaire des sports                     Le Gentil

Bibliothécaire et commissaire aux conférences             de Crozant

Commissaires de l’ordre intérieur                                    Cheminant et Coatanlem

Commissaire au bar                            Raulo

Commissaire philanthropique           Le Goff

Membres               les présidents des associations de médecine, pharmacie, droit, lettres, agriculture, sciences,

architecture, notariat, grandes écoles, chirurgie dentaire et Nel (Médecine),

Le Gentil, Tanguy et Le Goff (Pharmacie), Herbault, Picot et Duparc (Droit),

de Croazant et Thoraval (Lettres),Schmitt et Mousset (Agriculture), Briand (Architecture),

Cheminant (Notariat), Roger (Grandes Ecoles)

 

L’A DES ANCIENS

Président               M. René Ladam

Vice-présidents    MM. Colas-Pelletier et Jean Léon

Secrétaire              Me Chaudet

Secrétaire adjoint Me Perdriel

Trésorier                               M. Bossu

Comité d’honneur               le recteur d’académie de Rennes

                                               les doyens et directeurs des grandes écoles

                                               le maire de Rennes

Comité de propagande       MM. Caille, Fred Aubert, Sollier, Delalande et Menez

 

AGRICULTURE

NOTARIAT

Président

Poirier

Président

Lavollée Fernand

Trésorier

Collineau

ARCHITECTURE

Secrétaire adjoint

Ugirin

Président

David

CHIRURGIE DENTAIRE

PHARMACIE

Président

Raulo

Président

Coatanlem

Vice-président

Vacher

DROIT

Trésorière

Mlle Sauvage

Président

Savidan

Secrétaire

Boussonguant

Bibliothécaire

Bouvet

GRANDES ECOLES

Président

Renaud

SCIENCES

LETTRES

Président

Lamballais

Président

Lejeune

MEDECINE

Président

Etienne

 

 

1930-1931

 

A.G.E.R.

Président               Félix Le Gentil (Pharmacie) [Lemonnier]

Vice-présidente    Mlle Boudan (Lettres)

Vice-présidents    Marceil (Agriculture)

                               Gruel (Médecine)

                               Duparc (Droit)

Secrétaire général                Sauton (Droit)

Secrétaire adjoint Tanguy (Pharmacie)

Trésorier général                 Tiengou (Sciences)

Trésorier adjoint                  Lejeune (Lettres)

Commissare général des fêtes          Duparc

Commissaire aux sports                     Lemonnier (Agriculture)

Délégué aux conférences                  Le Marchand (Médecine)

Rédacteur en chef de l’A                   Pierre Jan (Médecine)

Administrateur de l’A                        Cochet (Lettres)

Commissaire au bar                            Le Screign (P.C.N.)

Commissaire à l’ordre intérieur         Lardoux (Notariat), Le Floch (Chirurgie dentaire)

 

L’A DES ANCIENS

Président               M. Sollier

Trésorier               M. Bossu

 

AGRICULTURE

1e année                Président               Boussingault [Pierre Jung]

                               Vice-président      Tharraud [Boulvin]

                               Trésorier-secrétaire             Poulet [Bourdoy]

Barman                                                 Orbichon [Heude]

Bibliothécaire                                      Lecler [Gessat]

Commissaire au Cercle                       Aullin [Arué]

 

 

 

1931-1932

 

A.G.E.R.

Président               Tiengou (Sciences)

Présidente             Mlle Boudan (Lettres)

Vice-présidents    Boussaingaut (Agriculture)

                               Moru (Médecine) [André Hémery]

Vice-président, commissaire des fêtes            Le Floch (Chirurgie dentaire)

Vice-présidente                   Mlle Grall (Sciences)

Secrétaire général                Le Clech (Droit)

Secrétaire adjoint Delalande (P.C.N.)

Trésorier général                 Le Fouillé (Pharmacie) [Lejeune (Lettres)]

Trésorier adjoint                  Lejeune (Lettres) [Beauvais (Pharmacie)]

Commissaire des sports                     Thépaut (Droit)

[Commissaire philanthropique          Cadoret (Beaux-Arts)]

Rédacteur en chef du journal l’A     Mussat (Lettres)

Administrateur du journal l’A          Latouche (Droit)

 

BEAUX-ARTS

Président               Cadoret

 

DROIT

Président               Hemeury

Vice-présidente    Mlle Antoine

Vice-président      A. Chevalier

 

LETTRES

Président                              Faugeras

Délégués à l’A.G.                Lejeune, Thoraval

 

PHARMACIE

Président                              Chabay [Chabrey]

Vice-président                     Lévayer

Trésorière                             Mlle Perrot

Secrétaire                              Allard

Délégués à l’A.G.                Baert, Le Fouillé, Rouault, [Beaujan, Beauvais]

Bibliothécaire                       Mlle Patureau

Délégué au sport                 Bellec

 

 

1932-1933

 

A.G.E.R.

Président d’honneur           Tiengou (Sciences)

Président                              Lejeune (Lettres)

Vice-présidente                   Mlle Boudan (Lettres)

Vice-président                                                     Forest (Agriculture)

Vice-président, chargé de l’ordre intérieur     Rème (Architecture)

Vice-président, commissaire des fêtes            Sérandour (Notariat)

Secrétaire général                Alfred Chevalier (Droit)

Secrétaire adjoint Guil (Chirurgie dentaire)

Trésorier général                 Beauvais (Pharmacie)

Trésorier adjoint                  Heullant (Notariat)

Rédaction du journal l’A                   Perquis (Droit)

Administration du journal                 Goulven (Droit)

Secrétariat de rédaction                     Lemarchand (Médecine)

Commission artistique                       Chapel (Droit)

Commission des comptes                  Levayer (Pharmacie)

Sports (Rennes-Etudiants-Club)      Conan (Droit)

Bibliothèque                                        Ters (Lettres)

Membres du Comité           Pitois et Bouthellier (Médecine), Miclet et Renoult (Agriculture), Redouté (Notariat),

Gayet et Rouault (Sciences), Vaillant (Pharmacie),

Guillou et Deshayes (Beaux-arts, Conservatoire), Duros (Grandes Ecoles),

Mussat (Lettres), Le Floch (Chirurgie dentaire)

 

AGRICULTURE

1e année                Président                              Renoult

                               Vice-président                     Barrault

                               Secrétaire-trésorier              Vaudremer

                               Commissaire du Cercle       Navucet

                               Barman                                  Thoreau

                               Bibliothécaire                       Velay

Président               Forest

 

LETTRES

Président               F. Ters

 

PHARMACIE

Président               René Lavayer

 

 

1933-1934

 

A.G.E.R.

Président honoraire            Lejeune

Président                              Bouic (Médecine)

Vice-présidents                                                   Rème (Architecture)

                                                                              Renoult (Agriculture)

Vice-président commissaire des fêtes             Heullant (Notariat)

Trésorier                               Beauvais (Pharmacie)

Trésorier-adjoint                 Le Moal (Pharmacie)

Secrétaire général                Bernard Le Douarec (Droit)

Commission artistique        Droalen (Droit)

Rédacteur en chef du journal L’A                   Armand Le Douarec (Médecine)

Administrateur du journal L’A                         Goulven (Droit)

Commission des comptes                                 Rocher (Sciences)

Commission des annales                                   Le Vaillant (Pharmacie)

Bibliothécaire                       Jaffré (Lettres)

Président du R.E.C.             Parlier (Education physique)

 

AGRICULTURE

1e année                Président               Duval

                               Vice-président      Pfister

                               Trésorier               Nivet

Barman                                                 Flandrin

Bibliothécaire                                      Le Pers

 

 

1934-1935

 

A.G.E.R.

Président               Armand Le Douarec (Médecine)

Vice-président      Droalen (Droit)

 

AGRICULTURE

MEDECINE

Président

Duval

Président

Le Douarec

Délégués

Pfister, Sugier (Président des Bizuths)

Vice-président

Blanchet

Secrétaire

Le Guern

ARCHITECTURE

Délégués

Carric, Maros

Président

Clau

BEAUX-ARTS

NOTARIAT

Président

Guilloux

Président

Hévin

Délégué

Briand

Délégués

Gadby, Nicolas

CHIRURGIE DENTAIRE

PHARMACIE

Président

Henry

Président

Ménager

Délégué

Moy (vice-prés.)

Vice-président

Harmonic

Secrétaire

Launay

DROIT

Délégués

Quessette, Ranou, Bellec

Président

Droalen

Vice-président

Duhamel

SCIENCES

Vice-présidente

Mlle Graff

Président

Le Goff

Secrétaire

Vocher

Délégué

L Borgne

Délégués

Audureau, Dachencq, Trégoat, André, Fabre

GRANDES ECOLES

P.C.B.

Président

Graff

Président

Le Bihan

Délégués

Clacquin, Delor

LETTRES

Président

Le Mazou

Délégués

Robert, Dupuy, Jaffray

 

 

1935-1936

 

A.G.E.R.

Président                              Pierre Henry

Vice-présidents                   Jean-Pierre Gasnier et Lesage

Secrétaire général                Launay

Secrétaire adjoint                Le Goff

Trésorier général                 R.-Y. Le Mazou

Trésorier adjoint                  Le Chat

Commission des fêtes        Gasnier

Commission artistique        Jeanne

Commission du journal l’A

                Rédacteur en chef               Lebois

                Administrateur                    Leroy

Commission des comptes

                Président                              Le Borgne

Commission des Annales                  Blévin

Commission de la Biblio.                   Morvan

Commission philanthropique

                Primel (P.)

                Le Mestric (V.P.)

R.E.C.     Pique

Commission de l’ordre intérieur

                Président                              Le Pape

                Vice-présidents                   Masson et Le Guern

                Président d’honneur           Le Sage

Restaurant

                Administrateurs                  Masson et Le Pape

Membres délégués des différentes corporations

                Gasnier (Président Droit), Lesage (Président Médecine), Jaguin (Président Pharmacie),

Sugier    (Président Agri), Morvan (Président Lettres), Lechat (Président Notariat), Coudron (Président P.C.B.),

Henry (Président Dentaire), Le Goffe (Président Sciences), Le Mercier (Président Beaux-Arts),

Graff (Grandes Ecoles), Clot (Président Architecture)

 

AGRICULTURE

CHIRURGIE DENTAIRE

Président

Sugier

Président

Henry

Vice-président

Didier

Vice-présidente

Mlle Le Bellec

Secrétaire-trésorier

Henry Jean

Vice-président

Boudin

Commissaire du Cercle et délégué aux sports

Teissier

Secrétaire

Jumelais

Barman

Corcoral

Secrétaire adjointe

Mlle Lucas

Bibliothécaire

Crozet

Trésorier

Ratier

1e année

Président

Teissier Raymond

Trésorier adjoint

Daniel

Vice-président

de Troggof

Délégué aux sports

Faligot

Trésorier

Beck

Délégué à l’A.G.

Moy

Barman

Pigelet

Conseil int.

Lépinec, Menand, Bernod

Bibliothécaire

Naef

Commissaire du Cercle

Bourgeois

 

DROIT

Président honoraire            Duhamel

Président                              Gasnier

Vice-présidente                   Mlle Gontier

Vice-président                     Le Pape

Secrétaire                              Boché

Délégués                              Lemestric, Abgral, Masson, Geffriaud, Fique, Ollivier

Sports                                   Le Falchier

 

 

1936-1937

 

A.G.E.R.

Président                              R.-Y. Le Mazou (Lettres)

Vice-présidents                   Teissier (Agris)

                                               Flaud (Droit)

                                               Boudin (Chirurgie dentaire)

Trésorier général                 Le Goffe (Sciences)

Trésorier adjoint                  Blancart (Notariat)

Secrétaire général                Amicel (Pharmacie)

Secrétaire adjoint Albaret (Médecine)

Commission des fêtes

                Président               Boudin (Chir. dent.)

                                               Vice-président : Ruellou (Droit)

                                               Membres : Tensorer (Droit), Taillanter (Médecine), Le Bled (Chir. dent.)

Commission artistique        Briand (Beaux-Arts), Le Pape (Droit)

Commission philanthropique            Douet (Droit)

Commission des comptes                  Le Borgne (Sciences)

Commission des annales                   Chouammier (P.C.B.)

Journal L’A                           Gorguès et Leroy (Lettres)

 

DROIT

Président                              Jean-Pierre Gasnier

Vice-présidente                   Mlle Thérèse Comte

Vice-président                     Guy Duquenne

Secrétaire                              Rio

Secrétaire adjoint Tensorer

Trésorier                               Louis Le Pape

Commissaire aux sports     L’Hégaret

Délégués à l’A                     Louis Le Pape, Ruellou, Jacques Flaud, Marcel Le Pape, Alain Douet

 

LETTRES

Président                              Leroy

Présidente                            Mlle Marsault

Vice-président                     Bottier

Vice-présidentes                 Mlles Girard et Rouillier

Trésorier                               Le Verger

Trésorière                             Mlle Kervahut

Secrétaire-archiviste           Hélias

Secrétaire adjointe              Mlle Troalen

Délégués                              Perrin, Rochefort, Le Mazou

 

 

1937-1938

 

A.G.E.R.

Président                              Jules-Pierre Loyer (Médecine)

Vice-présidents                   Richard (Droit)

                                               Roblot (Agris)

                                               Ferragu (Chirurgie Dentaire)

Secrétaire général                Quentel (Pharmacie)

Secrétaire adjoint Mlle Le Goulard (P.C.B.)

Trésorier général                 Pierre Mevel (Lettres)

Trésorier adjoint                  Perret (Notariat)

Commission des Fêtes

                Président                              Ferragu

                Vice-président                     Briand (Beaux-Arts)

Commission artistique                       Albaret (Médecine), Devorcines (Droit)

Commission philanthropique            Baguelin-Lebroc (Pharmacie)

Commission de l’ordre intérieur       Charrieau (Médecine)

Journal L’A                                          Dubois (Médecine), Delalande (Droit)

R.E.C.                                                    Le Guyader (Médecine)

Commission des Finances

                Président                              Hélias (Lettres)

 

COMITE DES ETUDIANTES

Présidente             Mlle Penverne (Sciences)

Vice-présidentes                 Mlle Pallier (Droit)

                                               Mlle Porée (Lettres)

                                               Mlle Brulé (Médecine)

Trésorière             Mlle Tanguy (Pharmacie)

Secrétaire              Mlle Le Goulard (P.C.B.)

 

 

1938-1939

 

A.G.E.R.

Président honoraire            Jules-Pierre Loyer

Présidente                            Viviane Mazoyer (Droit)

Président                              Jean Quentel (Pharmacie)

Vice-présidents                   Normand (Agris)

                                               L’Hégaret (Droit)

                                               Ferragu (Dentaire)

Secrétaire général                René Rio (Droit)

Secrétaire adjoint Henriette Le Bousse (P.C.B.)

Trésorier général                 Charles Galès (Médecine)

Trésorier adjoint                  André Facque (Notariat)

 

CHIRURGIE DENTAIRE

Président               Morvan

Présidente             Mlle Laurent

Vice-président      Daniel

Trésorier               Cartron

Secrétaire              Boisson

Délégués à l’A                     Morvan, Boudin

Délégué suppléant              Ferragu

Délégué au sport                 Urvoas

 

DROIT

Président               J. Legaut

Présidente             V. Hazoyer

Vice-président      Rio

Délégués à l’A                     O Ninine, Albanel, Janvier, Massart, Cougard

Délégué suppléant              Leroy

 

LETTRES

Président               Hamon

Présidente             Mlle Dihlemmer

 

MEDECINE

Président               J.-F. Dubois

Présidente             Mlle Brulé

Vice-président      Y. Poirier

Trésorier               Ch. Galès

Secretaire              Bourris

Délégués à l’A                     Galès, F. Raoux, Tanguy

Délégué suppléant              J.-L. Avertain

Délégué au sport                 M. Charriau

 

NOTARIAT

Président               Facque

Vice-président      Rupied

Délégué à l’A       Jégu

 

PHARMACIE

Président               Le Marié

Présidente             Mlle Galaine

Vice-président      Trochu

Délégués à l’A                     Bellat, Ollivier, Gaultier

Délégué suppléant              Hammoney

 

 

1939-1940

 

A.G.E.R.

Président                              Muzellec (Pharmacie)

Vice-présidente                   Mlle Julot (Pharmacie)

Vice-présidents                   Ponselle (A.E.N.A.R.)

                                               Froger (Médecine)

                                               Le Goff (Sciences)

Secrétaire général                Manuel (Droit)

Secrétaire adjoint Martin (P.C.B.)

Trésorier                               Salliou (Droit)

Trésorier adjoint                  Le Roux (Notariat)

 

LETTRES

Président                              Gibrat

Présidente                            Simone Le Lann

 

 


Association Générale des Etudiantes et Etudiants Rennais de 1919 à 1940

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