Mémoire – L’Association Générale des Etudiantes et Etudiants Rennais de 1919 à 1940

Remerciements à

Jérôme, pour tes précieuses assistance matérielle et aide technique en informatique. Merci aussi à Bouig.
Pierre, pour le traitement informatique des illustrations.
MM. Piron et Le Goux pour m’avoir accueilli et fait partager vos souvenirs d’étudiants rennais.
M. Forquignon, responsable des associations à la préfecture d’Ille-et-Vilaine.
Mme Somborne, responsable de la bibliothèque de l’UFRAPS de Rennes.
M. Lucas, responsable de la bibliothèque de l’Ecole Régionale des Beaux-Arts, pour m’avoir spontanément communiqué quelques résultats de vos recherches.
Et tous les autres qui m’avez apporté aide et soutien. 


Dédicace

A tous ceux qui, un peu, beaucoup ou passionnément, ont fait, font ou feront vivre le mouvement associatif estudiantin. 


Abréviations utilisées dans les notes

ADIV Archives départementales d’Ille-et-Vilaine
AMR Archives municipales de Rennes
BMR Bibliothèque municipale (centrale) de Rennes (rue de la Borderie)
BURH Bibliothèque universitaire de Rennes, place Hoche
BURV Bibliothèque universitaire de Rennes, Villejean
PIV Préfecture d’Ille-et-Vilaine








INTRODUCTION



Pour un étudiant rennais en histoire, se plonger dans l’étude historique de ses homologues d’avant-guerre apparaît, somme toute, comme un choix délibéré. Pourtant, le hasard peut être considéré ici comme une importante base de départ. Le fait d’apprendre, de manière fortuite, l’existence et la conservation du journal L’A, organe de l’Association Générale des Etudiantes et Etudiants Rennais, est ainsi à l’origine de cette étude.

Le dépouillement du « Premier journal du monde (par ordre alphabétique) » a représenté une partie non négligeable des recherches. Il est vrai que la source s’est rapidement révélée être fondamentale. Elle offre, en effet, une mine de renseignements riches et diversifiés. La relative régularité de parution de L’A et ses dix ou douze numéros annuels représentent le premier point positif. Les sujets traités représentent une autre satisfaction : ils concernent l’ensemble des domaines de la vie des étudiants rennais mais aussi, parfois, français. D’ailleurs, L’A semble être devenu rapidement une référence au sein de la presse estudiantine nationale de l’époque. Plusieurs témoignages le confirment. Cependant, il convient de toujours garder à l’esprit la partialité de cette publication. La vision qu’elle nous donne est celle d’étudiants qui relatent leur propre vécu.

Sous bien des aspects, évoquer le milieu associatif des étudiants de l’entre-deux-guerres permet de mettre à jour les racines d’une réalité encore palpable aujourd’hui. Et si les héritages avivent la curiosité, les changements, inévitables au fil des années, représentent également un attrait : le visage de Rennes et de son Université a, ainsi, considérablement changé depuis 1919. Pour ne prendre qu’un exemple simple des permanences et des mutations, les bâtiments universitaires semblent tout indiqués. Ils existent toujours mais ont tous changé de fonction.

Les limites chronologiques du sujet semblent assez « naturelles ». Les deux guerres mondiales, en effet, sont fréquemment retenues comme des temps de rupture. Pourtant, la guerre peut ne représenter, tout au plus, qu’une parenthèse ou un temps mort au cours d’une évolution. Le choix de la période 1919-1940 répond donc à d’autres arguments. D’abord, la ville de Rennes change peu d’une guerre à l’autre. Grossièrement, sa population passe de 80 000 à 100 000 habitants. Ensuite, l’année 1919, début de la période, est marquée par la renaissance de l’Association Générale des Etudiants Rennais après un sommeil de cinq ans dû à la guerre. Mais surtout, cette renaissance coïncide avec la naissance du journal L’A, dont nous avons vu l’importance. Au terme de l’étude, l’année 1940 replonge l’Association et son organe dans la torpeur.

L’unité de la période se trouve renforcée par un trait caractéristique du mouvement associatif des étudiants français de l’époque : le corporatisme. L’étude de « l’Association Générale des Etudiantes et Etudiants Rennais de 1919 à 1940 » représente donc, à l’échelle d’une ville universitaire, « un exemple du corporatisme estudiantin de l’entre-deux-guerres ». Celui-ci se définit globalement par la défense des intérêts des étudiants et le souci d’échapper à toute politisation. On peut y ajouter une dimension « folklorique » par laquelle l’étudiant cherche à préserver un certain nombre de caractères qui lui sont traditionnellement attachés, comme la gaieté ou l’exubérance. Cette définition reste valable de 1919 à 1940.

Cela dit, la remise à l’honneur, en 1944, à Rennes comme ailleurs, du corporatisme estudiantin, est à souligner. Mais il n’a pas été traité ici, parce que c’est chose faite dans un mémoire de DES de 1970. C’est pour une raison différente que les origines de l’A.G.E.R., de 1887 jusqu’à la Première Guerre mondiale, ne font l’objet que d’un court développement. Pour cette période, en effet, la faiblesse de la documentation concernant l’Association contraste trop nettement avec la richesse des sources de l’entre-deux-guerres. De ce fait, le déséquilibre risquait de concerner également l’étude.

Pour la période 1919-1940, les sources présentent un certain nombre de lacunes. Ainsi, aucun registre d’inscription des adhérents de l’A n’entre dans l’élaboration du travail qui suit, faute d’en avoir trouvé. De la même façon, pas un cahier de comptes de l’Association ne figure dans les archives publiques. Un seul registre des séances de délibérations est accessible et ne concerne que les années 1922 à 1934.

Pour commencer l’étude de l’A.G.E.R., le cadre du sujet est volontairement assoupli. La limite de 1919 est repoussée en amont et celle de Rennes élargie. Dès lors, s’affichent en perspective les « origines, contexte et organisation de l’Association Générale des Etudiants de Rennes ». Le décor est planté et le corporatisme estudiantin des années 20 et 30 peut révéler ses caractéristiques.

Mais, prise sous un angle strictement local, la vie de l’Association Générale rennaise ne dévoile pas toutes ses dimensions. L’Association possède aussi une existence nationale. Entre les deux guerres, en effet, l’Union Nationale des Associations d’Etudiants de France fédère toutes les A.G.E. françaises. Et son activité est incontournable. Certes, les échelles sont différentes, l’une locale et l’autre nationale, mais « l’A.G.E.R. et l’U.N.E.F. » participent donc ensemble du même mouvement.

Enfin, d’une guerre à l’autre, on ne peut manquer d’observer « le maintien du folklore ». Héritage de la période précédente et caractéristique d’un certain esprit de l’étudiant, la dimension folklorique occupe une large place parmi les nombreuses activités corporatives de l’A. Et cette face joyeuse de l’étudiant complète sa face studieuse pour lui donner cette personnalité si attachante.

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