2010 – Soirées médecine : « biture express » chez les étudiants

22h00 Tenue de combat

Une semaine que mon entourage me met en garde contre les supposés « débordements » des soirées médecine : « Tu vas voir, dans ces soirées, c’est l’orgie », « surtout ne bois rien, on ne sait pas ce qu’ils mettent dans les verres ». Préparée au pire pour cette soirée de fin d’année de la fac de médecine Paris 5, je retrouve mes vieux réflexes d’étudiante. J’enfile mon « jean de soirée » et mes converses infatigables (j’ai bousillé trop de chaussures dans le fameux « jus de soirée », ce mélange de bière et d’alcools variés qui tapisse le sol des boites). 

23h45 Préchauffe

soiree medecine« Les filles, j’enchaîne depuis 18 heures, je suis défoncée », rigole Lucie, 22 ans, devant l’entrée de la boite-péniche. Une centaine d’autres étudiants attendent l’ouverture des portes depuis une demi-heure. Pour faire passer le temps, la plupart se pré-chauffent, avec une bière ou un mélange fait maison de rhum-orange. Paf ! Le groupe de Lucie s’ouvre une bouteille de champagne. « C’est la soirée des 6ème année ce soir. Ils viennent de passer le concours de leur vie,l’internat. Ils n’ont pas mis le nez dehors depuis 3 mois, m’explique David, 21 ans, avant de reprendre une gorgée de sa bouteille de rosé. Rien de mieux qu’une bonne défonce pour relâcher la pression. » Une jeune fille à l’entrée échange notre pré-vente (à 18€) contre des « tickets boissons ». 10 hard, 10 soft, par personne. L’équivalent d’une demie bouteille d’alcool fort. Depuis l’interdiction des open bars par la loi Bachelot (2009), les BDE (Bureaux des élèves) en charge de l’organisation des soirées, contournent la difficulté avec la distribution de tickets ou de bracelets à trous. « En cas de descente de flics, on est en règle. Mais on boit toujours autant », m’explique un étudiant en rigolant.

00h30 Whisky-coca ou vodka-pomme ?

soiree medecine alcoolLes plus téméraires resteront 5 heures dans l’ambiance moite et l’odeur de transpiration des soirées précédentes de la salle de danse. Les autres picolent sur le pont de la péniche. Au bar, les mélanges sont balisés : whisky-coca, vodka-pomme ou bière. Ce soir, il n’y aura ni distribution de bracelets fluorescents, ni danseuses professionnelles offerts par les marques d’alcool. Attirés par le marché très lucratif des jeunes, les « alcooliers » sont normalement des habitués des soirées étudiantes. Sur la piste de danse, un petit groupe de filles délurées ondulent, toutes un verre à la main. L’une, hilare, donne des coups de bassin sur les fesses de sa copine. Une autre est écroulée sur un canapé, loin dans les délires de l’alcool. 

01h30 Record à battre

soiree medecine alcool« Record à battre les mecs : 8 galettes en une soirée », la bande de Pierre, 23 ans, répond avec des râles de plaisir à ce nouveau défi. Et hop, ils avalent cul sec la fin de leur verre. Pierre se lève et part affronter la cohue au bar pour une nouvelle tournée. Les trois-quarts des étudiants sont agglutinés sur le pont de la péniche. Par petits groupes, ils sifflent leurs tickets. Personne ne semble boire sous la contrainte. Mais comment en être sûre ? « Il n’y a rien de pire que de se retrouver dans une soirée sans avaler une goutte d’alcool, raconte Sophie, 22 ans, 3 verres de whisky-coca et deux bières dans le sang. Même si parfois on va un peu trop loin, les soirées seraient d’un ennui mortel. Si tout le monde boit, t’es obligé de suivre le rythme pour être au même niveau » Pression de groupe, hyper alcoolisation, oubli de soi, les soirées étudiantes empruntent de nombreux codes du bizutage. Sur le pont, il n’y a pas de musique, mais ils sont obligés de crier pour se parler. « C’est mort ce soir, philosophe Guillaume, en 3ème année de médecine. Y a quasiment que des étudiants de 6ème année. Ils ne savent plus boire. C’est chiant. » Sa copine Sophie confirme : « C’est pas une soirée normale. D’habitude les mecs sont à poil. » Et les filles ? « A poil aussi ! » Pour Ousseynou Ngom, auteur d’un mémoire sur Les Jeunes et l’alcool, cette baisse de consommation d’alcool au bout de 2 ou 3 ans d’études, « n’est pas une question de maturité ou de prise de conscience. Une fois que vous êtes accepté et reconnu dans le groupe, vous n’avez plus besoin de faire vos preuves. »

02h15 Roi de la choppe

soiree medecine sexeAccoudé au bar, Mathieu porte la faluche : un béret de velours rouge, recouvert de pin’s, de rubans colorés, d’un mousqueton, d’une petite corde d’escalade… Comme tous ses camarades faluchards, il fait partie de la « corpo » de la fac, l’équivalent du BDE. Pour intégrer ce cercle très fermé des « durs », Mathieu a passé toutes les étapes. Mais la mise à l’épreuve ne s’arrête pas là, « à chaque soirée, nous honorons les 4 piliers de la vie : la fête, la bouffe, l’alcool, le sexe », explique le faluchard, imbibé d’alcool. Ce soir il manque la bouffe, mais la tension sexuelle est partout. Juste à coté, j’entends un étudiant dire à ses potes : « Bon les mecs, on va choper ou pas ? Là il faut qu’on se bouge ! ». Dans la queue des toilettes des filles, Delphine, 20 ans est déçue : « J’ai pas réussi à choper ma target » [comprendre : elle n’a pas réussi à embrasser le garçon qui lui plaisait]. Sa copine, Pauline m’explique son truc pour draguer. « Moi je suis une fille faluche. J’ai qui je veux. » Je connaissais les compétitions de chopes en soirée, mais là je remballe mes idées fleurs bleues.

03h00 Drogues dures

De retour à l’étage, sur le pont de la péniche, une horde de zombies se meut au ralenti. Chacun prend appui sur les autres pour tenir debout et se frayer un chemin. Les gestes sont maladroits, les peaux moites. Luc me bouscule. Il pose sa main sur mon épaule et me dit péniblement, les yeux quasiment fermés par l’alcool : « Pardon, je t’avais pas vue ». Ni moi, ni la cuite. Installés autour d’une table, 4 étudiants préparent discrètement des lignes de cocaïne. Ils ne voudront pas en parler, mais cette pratique s’est banalisée dans les soirées étudiantes ces dernières années. « Le sujet est tabou, analyse Ousseynou Ngom. Contrairement à l’alcool, la consommation de cocaïne n’est pas assumée. On sait que le prix de vente de cette drogue a fortement diminué ces dernières années, mais on ne dispose d’aucun chiffre précis sur sa consommation. »

03h45 Dernier tour de piste

A l’écart dans une autre salle, une étudiante lutte contre le trou noir de l’alcool. Assise face au mur, les mains sur les cuisses, la tête baissée, elle attend que ses hallucinations passent. Une copine passe par là, « ca va ? » Réponse « Hum ». Sans commentaire, la copine s’en va. La scène est trop banale pour pouvoir s’en inquiéter. Ce soir il n’y a pas d’équipe du Samu sur place. A la demande des administrations des établissements, certains BDE anticipent les bitures et réservent un stand au Samu ou à la Croix rouge,directement à l’entrée de la boite. Des mesures pas forcément efficaces pour encadrer la défonce… Un spécimen s’approche de moi : « Je sens que cette demoiselle a très envie de voir ma b… » Je le coupe avant de connaître la suite. Il part exhiber ses attributs un peu plus loin. Je fais un dernier tour avant de partir. Les coins sombres sont tous occupés par des corps qui se caressent. Les faluchards font le siège du bar. Les derniers résistants sur la piste de danse, dégoulinent de sueur. Ce soir, les futurs médecins n’ont pas joué leur grand numéro de débauche. Il y a encore des partiels la semaine prochaine. Preuve que le groupe n’a pas toujours le dernier mot.

Texte et photos : Julia Zimmerlich
 
 
Soirées médecine : « biture express » chez les étudiants
 

Article trouvé sur le site de l’étudiant: http://www.letudiant.fr/loisirsvie-pratique/soirees-medecine-biture-express-chez-les-etudiants-14749.html

septembre 2010


Metz – Vie des étudiants

 

Vie des étudiants de Metz

Evénements notables depuis 1888

1918


Le 17 novembre 1918, les troupes allemandes abandonnent Metz. Le 18, la foule attend l’arrivée des troupes françaises qui entrent dans Metz à la grande joie de la population. Le lendemain, 19 novembre, au même endroit devant la statue du Maréchal Ney toujours pavoisée à l’identique, les troupes françaises défilent à Metz, devant le général Pétain, nommé maréchal le matin même. Le 21 novembre 1918, le cercle des étudiants arrache la statue de Guillaume Ier.

Metz, cercle des etudiants

Manifeste du carabin

Mais le problème, c’est que ce mot génère diverses connotations, plus ou moins reluisantes, et si on associe carabin à faluche, c’est encore pire.

La faluche est la coiffe traditionnelle des étudiants français. Adoptée lors d’un congrès international estudiantin à Bologne en 1888, elle coiffe depuis les étudiants français de n’importe quel cursus, qui ont choisi de devenir faluchard, suite à un baptême. La faluche est apolitique, assyndicale, et aconfessionale.

Alors il me semble important, et de surcroît approprié, à l’occasion de votre intégration, d’expliquer ce qu’est la culture carabine, ce qu’est la culture falucharde.

Tiens d’ailleurs, parlons-en de cette inté. Avant, c’était un bizutage, et le bizutage médecine avait une sacrée réputation ! Mais que l’on prenne ou non en compte les on-dit de l’époque, les divers témoignages, exagérés ou non, sous-estimés ou non, quoi qu’il en soit, le bizutage désormais n’est plus. Certains actes réalisés au cours de ce bizutage étaient déshonorants, humiliants, et ces pratiques ont été bannies des études par la loi, mais aussi et surtout par les étudiants eux-mêmes. Alors une fois de plus, on vous l’a dit et répété, mais c’est toujours bien de le signaler, vous n’avez pas du tout à avoir peur de votre inté, c’est vraiment quelque chose qui vous servira et où surtout vous vous marrerez énormément.

Maintenant parlons de la réputation des carabins. Ah, les soirées médecine, une vraie légende ! Demandez à n’importe quel étudiant ne venant pas de médecine, demandez-lui ce qu’il pense des soirées médecine, en comparaison des autres sorties estudiantines ! Bon on se passe un peu de la pommade là, mais tous ceux que je connais venant d’ailleurs ont toujours trouvé nos soirées comme étant les meilleures… Il n’y a que lors d’une sortie médecine où j’ai pu voir un prof, très sérieux par ailleurs, nous montrer ses fesses ! Ce sont donc des soirées où les gens se lâchent beaucoup plus, étudiants ou profs, où il y a un petit grain de folie qui abolit une grande partie de nos réserves… et ça c’est bien propre à nos études.

Mais là ça devient dérangeant. Certains n’apprécient que très moyennement que tombe le rideau de la pudeur, que les comportements deviennent très borderline, bref, cette désinhibition qui affecte nombre de carabins. Mais peut-être y’a-t-il une raison à cela. Peu de gens cherchent à connaître ces raisons, mais en médecine, on sait implicitement pourquoi. N’oublions pas que le médecin a accès au corps humain, vivant ou mort, jusqu’à son intimité la plus profonde (sans jeu de mots vulgaire, quoique). Le médecin a accès aux parties intimes de l’extérieur du corps, a accès à l’intérieur du corps (c’est peut-être moins intime, mais une endoscopie peut-être beaucoup plus dérangeante qu’un palpé des bourses), que ce soit par des examens invasifs ou non, ou par l’imagerie. Et s’il n’a pas un accès direct aux pensées de son patient, il en sait tout de même énormément sur lui, sur sa vie, sur son passé, sur son mode de vie, rien que grâce au colloque de la consultation. Et puis, demandez à quelqu’un dans la rue de se foutre à poil : si cette personne ne vous agresse pas physiquement, elle vous aura au moins insulté ; qu’un médecin pose la même question dans son cabinet (en y mettant plus de formes tout de même), la personne obéira. Docilement. En clair, le médecin possède un énorme pouvoir sur son patient, et ça, je peux vous dire que ça génère un certain stress. Qu’est-ce que ça à voir avec la désinhibition des carabins me direz-vous ? C’est très simple. Les tabous concernant le corps, que notre société judéo-chrétienne insère dans notre esprit dès notre plus jeune âge, doivent tous être mis de côté lors de l’examen médical. On a accès à des gens nus, dans le meilleur des cas, en vie, mais parfois décédés. Encore un tabou, celui de la mort cette fois, contre lequel il faut lutter également. Et pour ce faire, il faut pouvoir accepter la réalité que ces tabous veulent nous dissimuler, la réalité de la nudité, la réalité de la maladie, celle de la mort aussi. Et afin de pouvoir accepter la réalité de ces choses sur d’autres personnes, il me semble important de l’accepter sur nous-mêmes. C’est maintenant que la désinhibition des carabins opère, c’est elle qui permet au carabin de s’accepter, d’accepter son corps nu, de pouvoir ensuite accepter la nudité des autres.

C’est uniquement une question socio-cultutrelle : on nous a inculqué dans notre jeunesse des principes, mais des principes que l’on doit mettre de côté au cours de l’exercice médical, alors que le reste de la société les a conservés. D’où cette cassure entre les 2, qui génèrent une mauvaise vision de la société vis-à-vis des carabins. De même, si un médecin n’a plus besoin de ça pour accepter la nudité, il a toujours une distance à conserver vis-à-vis de la mort et de la maladie. Beaucoup de médecins sont considérés froids, insensibles, avec parfois un humour noir corrosif à faire grincer les dents. C’est là aussi une forme de protection. Alors qu’on a à affronter la maladie, la souffrance et la mort, il faut au risque de choquer, banaliser ces choses. On ne peut raisonnablement plus leur prêter toute l’importance méritée que le « profane » leur accorde, auquel cas on pèterait tous littéralement un câble, ce serait la déprime permanente, et tous les médecins iraient en consultation psy (problème, les psychiatres sont des toubibs aussi…).

Maintenant, parlons du problème des faluchards. Déjà, il est important de signaler qu’il n’y a pas qu’en médecine qu’on trouve des faluches, c’est bien la coiffe de tous les étudiants français. On en trouve en pharma, en sciences, en lettres… Pourquoi la faluche est-elle mal vue ? Une espèce d’ordre, de caste, avec son signe distinctif, son code, ses insignes… Alors que la faluche se veut « œcuménique », je dirais plutôt confraternelle et universelle, on la désigne comme étant sectaire, réservée à une poignée d’individus ubuesques, qui ont pour seules motivations le sexe et l’alcool. Mais là déjà, faut arrêter un peu l’hypocrisie : il y a énormément de non-faluchards qui ont pour seules motivations le sexe et l’alcool, et énormément de faluchards qui ne sont pas motivés par l’un ou l’autre ! Mais le mérite des porteurs de cette coiffe est peut-être justement d’assumer leurs pulsions, contrairement à d’autres qui ne sont en fait que des personnalités refoulées… Mais malheureusement, à cause de cette mauvaise réputation, parce que la faluche est mal connue, elle ne peut plus jouer son rôle de réunification de tous les étudiants, puisqu’elle est boudée dans nombre de cursus, où le peu de personnes qui la portent, plutôt que d’en faire la promotion, la desservent en croyant faire partie d’une espèce d’élite… Il me semble donc important, avant de mal la juger, de bien connaître ce qu’est réellement la faluche, ce qu’elle signifie, ce qu’elle implique de la part de ceux qui la portent… Ce n’est point ici mon propos, s’il y en a que ça intéresse vraiment (et je le souhaite), les spécialistes ès faluche s’occuperont de vous en temps et en heure, et si vous êtes impatients, prenez contact avec des faluchards (vous en verrez le vendredi avec leur coiffe) ou avec la corpo qui vous orientera.

Un autre problème, qui concerne les carabins tout comme les faluchards (on associe souvent les deux, il faut avouer qu’une bonne partie des faluchés est en médecine), c’est celui des chansons paillardes. Je tiens à différencier les paillardes chantées par des beaufs et celles chantées par les étudiants en médecine ; bien sûr ce sont les mêmes, mais l’esprit, le but dans lequel on les chante est différent. Bon, on se marre en entendant les paroles, maintenant on a tous bien conscience que c’est très limité et que ça ne vole pas souvent très haut (il y a des exceptions, certaines chansons sont au contraire pleines de subtilités et font preuve de l’intelligence de leur auteur). Mais ça, nous on le sait, à la différence de la plupart des beaufs ! C’est là où se trouve une différence essentielle. Ensuite, qu’est-ce qui a amené la présence des paillardes dans nos bien-aimées études ? Déjà, il faut signaler qu’elles viennent « d’en haut » et pas « d’en bas », je m’explique : elles viennent des salles de garde, des internes, elles sont ensuite descendues progressivement vers les externes puis les années inférieures. De plus, elles sont chargées d’histoire, elles nous viennent de l’époque révolue où l’étudiant était essentiellement un citoyen du Quartier Latin, où les étudiants représentaient encore une population bien particulière. A quoi nous servent les paillardes ? peut-être tout simplement à oublier que l’on fait un métier incroyablement difficile. En étant médecin, on possède un savoir et une technique très pointus, que l’on met en œuvre quotidiennement pour soigner des gens, et ce en faisant le moins d’erreurs possibles, en puisant dans la quantité incommensurable de connaissances que l’on possède, la bonne solution. Il ne faut pas se voiler la face et jouer les faux modestes : on fait tout de même partie d’une certaine élite, sans en faire de la vantardise idiote. Et à cause de cela, l’erreur ne nous est pas pardonnée ; on est comme tout le monde, mais on nous reprochera la plus petite erreur que l’on fera. Cette pression constante sur nos épaules, on a à la subir à chaque minute de notre exercice professionnel. En allant plus loin et en évoluant dans les études, on se rend compte qu’il n’est pas facile de faire un TR ou un TV, pas facile de disséquer un corps qui a appartenu à un être vivant, doué d’une conscience comme tout un chacun, pas facile non plus d’annoncer à quelqu’un qu’il lui reste 2 mois à vivre et qu’on ne peut rien faire. Je pense que les paillardes servent aussi à nous faire oublier tout ça. Enfin, les paillardes sont chantées entre amis étudiants. La médecine est une grande famille, tous ceux de la promo, ceux qu’on connaît des années supérieures, tout ce petit monde sera plus tard un groupe de médecins qui pratiqueront en même temps. Dans le milieu hospitalier, ils se connaissent tous, et ce sera d’autant plus vrai pour nous dans la mesure où les départs à la retraite seront importants et que les numerus clausus augmentent : on connaîtra plus de monde au cours de notre pratique que n’en ont connu nos prédécesseurs. Alors quand on voit des potes aussi souvent, n’a-t-on pas envie de faire la fête ? Et quel meilleur moyen pour exprimer cette envie que la chanson ?

Et enfin, pour finir avec les carabins faluchards, on remarquera que ce sont eux qui sont le plus engagés dans la communauté de la vie étudiante. Ce sont eux qui se battent pour les réformes, qui font grêve, qui agissent au niveau des différents BDE et corpos, qui prennent en charge la formation et l’aide aux plus jeunes, qui organisent les soirées, le crit, le férium, et, bien sûr, les intés…

Alors pour toutes ces raisons, oui je suis fier de porter une faluche, oui je suis fier de chanter des paillardes, oui je suis fier d’être un carabin !!!

Article rédigé par pookie

Trouvé sur le net ici : http://www.remede.org/spip/article175.html

2011 – Les « faluchardes » : rencontre avec de drôles d’étudiantes

Séverine : C’est une faluche, la coiffe des étudiants français. Elle est apolitique, aconfessionnelle, indépendante et asyndicale. Elle aurait été rapportée en France après un congrès d’étudiants qui a eu lieu à Bologne, en Italie, le 12 juin 1888. Ils portaient des coiffes aux couleurs de leur fac, et ils ont trouvé le concept sympa.

Tatiana : Les faluchards, c’est d’abord des étudiants ! C’est une grande famille, un grand réseau de personnes qui portent un chapeau, se rencontrent, font la fête et perpétuent une tradition.

C’est pas très connu tout ça. Comment vous avez eu l’idée de faire partie des faluchards ?

Séverine : On ne fait pas d’affichage, ça fonctionne par le bouche-à-oreille. J’ai connu des faluchards en médecine, j’aimais le concept, mais je n’avais pas accroché avec les personnes. Par la suite, j’ai rencontré des gens super et l’ambiance m’a plu. J’ai attendu 9 ans avant de me faire « baptiser ».

Tatiana : Si je n’avais pas fait d’associatif, je n’aurais peut-être pas de faluche. J’ai rencontré ces gens à chapeaux pendant la formation du BDE de mon IUT, je leur ai posé plein de questions. J’ai traîné avec eux pendant 3 ans et demi avant de me faire falucher.

Justine : Au moment de mon intégration en médecine, j’ai vu des gens avec des chapeaux qui avaient l’air sympa. À l’époque, j’avais pas le temps mais je m’étais renseignée sur Internet et ça me plaisait. Je suis allée à un apéro faluchard et j’ai accroché.

Devenir falucharde, mode d’emploi

Okay, donc vous avez kiffé et décidé d’être faluchardes. Concrètement, on fait quoi ?

Justine : À ce moment-là, on nous appelle les impétrants. On doit se trouver un parrain et une marraine de faluche, des faluchards avec qui on s’entend bien ! C’est des confidents, on aura vraiment une relation privilégiée donc il faut les choisir soigneusement, même si dans certaines villes ils sont imposés. On a la notion de famille en faluche : avec Tatiana, on est « cousines » parce qu’on a un parrain en commun.

Tatiana : Mon parrain, c’est lui qui m’a lancé dans l’associatif, il m’avait dit qu’il aimerait bien avoir ce rôle ! Et sa marraine, c’est Séverine !

Séverine : Ma marraine, c’est un mec ! Ils ont un rôle un peu éducatif, ils sont là pour te préparer à ton baptême.

Ça se passe comment, un baptême faluchard ?

Séverine : Son déroulement est tenu au secret ! Il faut que ce soit la surprise pour l’impétrant qui se fait falucher, sachant que le but, c’est qu’il s’en souvienne de façon positive. Chez nous ça se passe sur une soirée, il y a quelques épreuves, on va te demander d’apprendre des chansons et de connaître le code de la faluche.

Tatiana : J’en garde un super souvenir. Tu n’en connais pas toujours la date, même si on s’en doute un peu ! Les gens qui deviennent faluchards le même jour que toi sont tes « frérots » ou « soeurettes ». Pendant le baptême, ou après, on te donne ton surnom, par rapport au déroulement de la soirée, à ta vie perso, tes origines… C’est plein d’acronymes et de jeux de mots.

 

Décryptage de la faluche, cet objet mystérieux

Après votre baptême, vous portez un truc pas du tout discret, la faluche. Ca ressemble à quoi ?

Séverine : C’est un chapeau en velours avec des pin’s et des rubans qui ont une signification, un peu le « CV » de l’étudiant. Il y a un code national et des particularités pour les villes. La mienne, je l’ai achetée vierge.

Justine : Avec Tatiana, notre faluche a été « faite maison » par notre parrain ! Et on doit tout coudre à la main dessus ! C’est un souvenir, on y est super attachées, pour sa valeur sentimentale mais aussi pécunière (on achète les pin’s), et parce qu’on en a bavé sur les coutures !

Et ça veut dire quoi, tous ces pin’s et ces rubans ? À toi Séverine !

 explication faluche

1- La base, le circulaire : avec le nom de la personne, ses initiales, quel bac elle a passé et l’année où elle l’a eu. Pour le ruban, il y a un code couleur selon ta filière. Il est en velours pour les étudiants en santé, en satin pour les autres. Par dessus, il y a les emblèmes de discipline, qui décrivent ta scolarité (réussite, redoublement etc.)

2- Une partie personnelle : il y a les surnoms de tes parrains, les insignes de ce que tu aimes, éventuellement ta devise.

3- Une partie (souvent un écusson) avec ta province ou ville de naissance.

4- Une partie associative, avec des rubans de couleur : si tu fais partie d’une association étudiante ou d’une BDE.

5- Une partie avec tes villes d’études.

6- Une partie officielle, avec ce qu’on te décerne.

7- Une partie pour les voyages et échanges.

8- Une sécurité, pour éviter de se la faire voler : il y a des gens qui ne nous aiment pas et qui piquent les faluches.

9- L’intérieur, le « potager » : l’endroit où tu mets ce que tu ne veux pas que tout le monde sache. Théoriquement il faut l’autorisation de son proprio pour regarder dans une faluche.

 

La vie de la falucharde : let’s get the party started…

Maintenant que vous avez votre chapeau sur la caboche, vous faites quoi ?

Séverine : C’est du partage, de l’entraide, et de la fête. Dans chaque ville, il y a des associations faluchardes qui organisent des événements. À Lyon, il y a un apéro faluchard une fois par semaine. C’est pas du tout obligatoire et tu peux aussi venir si tu veux juste poser des questions. On se déplace parfois pour faire les apéros des autres villes ! Il y a aussi les repas de filière, l’anniversaire de la faluche chaque année, et les week-ends de congrès organisés par chaque ville.

Justine : Le congrès, c’est souvent en camping, l’hiver dans des gîtes. On est habillés complètement à l’arrache, parfois déguisés. Ça commence par une soirée le vendredi. Le samedi, on fait des activités, l’après-midi il y a des événements de faluche, genre « mariage » (pour le délire, entre faluchards de plus de six mois) ou « enterrement »(quand tu décides d’arrêter). Le samedi soir, c’est apéro avec toutes les spécialités locales, puis soirée.

Le code du faluchard

En tant que faluchardes, vous avez des obligations, des règles ?

Justine : On doit respecter nos aînés faluchards, et notre faluche. Elle doit rester dans son domaine étudiant. Et on doit se tenir bien dans les événements publics : si tu as une conduite déplorable, on peut te reprendre ta faluche (même si c’est très rare). En fait, on passe pour des marginaux alors qu’au final c’est assez structuré. On se fait falucher par choix, donc on accepte les contraintes, et puis c’est pas le bout du monde.

Est-ce qu’il y a une hiérarchie « officielle », un support écrit qui vous aide ?

Séverine : Beaucoup de choses se transmettent à l’oral, d’où l’importance de la tradition, mais le code évolue. Il y a un code écrit des faluchards (que tu peux trouver sur Internet), national et par ville. Il n’y pas de vraie hiérarchie, mais des « grands maîtres » (GM) dans chaque filière, qui officient aux baptêmes, recadrent les gens. Ce sont des gardiens de la tradition.

Pour Justine, « la plus grosse contrainte, c’est le regard des autres »

Est-ce que vos parents savent que vous êtes faluchées ? Qu’est-ce qu’ils en pensent ?

Tatiana : Ils ont un peu flippé, mon père trouvait ça un peu sectaire. Je ne leur ai dit qu’après, quand j’ai demandé à ma mère de m’expliquer comment coudre ma faluche. Je leur ai expliqué, et puis ils savent que ça ne m’empêche pas de travailler donc ils me font confiance.

Séverine : Ils sont au courant, tant que je passe mes diplômes ça va. Mais mon frère est violemment anti-faluche, il m’a dit que j’allais être « la honte de ma famille ».

Et vos potes d’avant la faluche, quelle a été leur réaction ? Est-ce que vos relations ont changé ?

Tatiana : Certains gardent en tête le préjugé du faluchard alcoolo. D’autres sont un peu sceptiques mais voient que je suis bien dedans. Mais je n’ai pas l’impression de voir moins mes amis non faluchards comme certains le craignaient, et je ne pense pas avoir changé, ou alors plutôt en bien.

Séverine : On s’est éloignés, mais c’est plus une question d’horaires incompatibles et de distance géographique. Mais ils viennent aux apéros, ils se mélangent aux faluchards, ça ne gêne personne.

Cette image d’étudiants fêtards, gros buveurs… Vous la vivez comment ?

Séverine : Tout le monde a des détracteurs, nous c’est parce qu’on a un chapeau et que c’est pas dans la norme. Forcément, entre deux étudiants qui finissent dans un sale état, tu retiendras celui qui avait un truc sur la tête. Mais il y aussi des faluchards qui ne boivent pas, par choix ! Ils ont un insigne spécial, le Bacchus troué.

 

La faluche bienheureuse face à la réalité étudiante

faluche de dos

Aller aux apéros, aux congrès, aux baptêmes… Tout ça prend du temps, vous faites comment pour gérer la faluche avec vos études ?

Justine : Le premier commandement, c’est « un bon faluchard est un faluchard qui réussit ses études » et qui est diplômé. Par exemple, j’avais demandé à ce que mon baptême soit après mes partiels, qui étaient ma priorité.

Séverine : Que tu aies une faluche ou pas, si t’as envie de faire la fête, tu trouveras le moyen de la faire. C’est sûre qu’avec la faluche, il y a plus de tentations, mais c’est la responsabilité de chacun qui entre en jeu. Et c’est rare qu’on aille à tous les apéros et tous les week-ends.

Financièrement, acheter des pin’s et faire des voyages, ça revient pas trop cher ?

Justine : C’est souvent là que se trouve la limite. On reste des étudiantes fauchés. Du coup, on va peut-être travailler pendant les petites vacances pour pouvoir se payer ça, parce que ça nous fait plaisir.

Séverine : Le prix d’un week-end est relativement accessible : à 40-50 euros avec logement, repas et boisson, on se débrouille. Et les gens s’organisent en covoiturage pour réduire les frais.

En résumé, la faluche, ça vous apporte quoi par rapport à une étudiante « lambda » ?

Tatiana : Je suis peut-être un peu plus ouverte, un peu plus sûre de moi. Et c’est un vrai réseau, on passe beaucoup par Facebook et ça facilite les choses. L’année prochaine, je vais faire mon alternance à Paris, donc je vais faire marcher les pin’s pour trouver un coin de canapé où dormir ! Il y a une confiance mutuelle, on se connaît tous plus ou moins. Je pense rester en faluche au moins 2-3 ans après avoir fini mes études. Mais il y a même des faluchards de 80 ans !

Justine : C’est la famille qu’on s’est choisie. On est tous arrivés dedans parce qu’on avait envie de rencontrer des gens, ça permet de s’ouvrir, surtout en école d’infirmières où on reste assez fermés sur nous-même. Et pour voyager, tu passes 3 coups de fil et c’est parti !

Séverine : C’est une autre manière de vivre sa vie étudiante. C’est l’occasion de sortir de ta filière et de rencontrer les gens que tu n’aurais pas forcément côtoyés à la fac. Je pense que tu es falucharde parce que tu as l’esprit ouvert et que tu veux connaître des choses. Il y aussi beaucoup d’entraide et c’est un réseau qui perdure dans la vie active. Même si forcément, tu ne peux pas aimer tout le monde, ça créée un contact facile. Chacun sa vision de la faluche. Pour moi, il faut avoir de l’humour, et être tolérant vis-à-vis des autres. On n’est pas sectaires, on a juste un chapeau !

 


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Etude – Les engagements bénévoles des étudiants : perspectives pour de nouvelles formes de participation civique

Les engagements bénévoles des étudiants : perspectives pour de nouvelles formes de participation civique

Auteur: HOUZEL Guillaume ,
FRANCE. Observatoire national de la vie étudiante – 2003


NDLR:
Article trouvé sur ce site: Paris ; La Documentation française
( Collection des rapports officiels )

 il parle de la faluche page 35: Les amicales de filières, bureaux des élèves, associations monodisciplinaires et autres corporations s’articulent bien sûr parfaitement avec le modèle mandarinal.

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Mémoire – L’Association Générale des Etudiantes et Etudiants Rennais de 1919 à 1940

L’Association Générale des Etudiantes et Etudiants Rennais de 1919 à 1940

Mémoire de maîtrise d’histoire contemporaine (1999 – LE GOC Hervé)
Téléchargement du mémoire pdf en fin de page 

En 1919, l’Association Générale des Etudiantes et Etudiants Rennais reprend vie. Née à la fin du XIXe siècle, elle possède donc déjà un passé qu’il convient d’évoquer.

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