2012 – DOSSIER : PORTRAIT DE FAC : L’UNIVERSITÉ DE STRASBOURG

 

Ce qui l’a attirée à l’université de Strasbourg

“Je n’ai pas vraiment regardé la formation elle-même”, avoue l’étudiante en biologie, dont le choix s’est d’abord fait sur des critères extrascolaires. Strasbourg l’a attirée avant tout par sa situation géographique. “La ville est proche de l’Allemagne, mais aussi de la Suisse, du Luxembourg, de la Belgique. On passe un pont, et on peut aller voir autre chose”, explique cette jeune fille curieuse de tout.
En plus d’être une ville européenne, puisqu’elle accueille le siège du Parlement européen, Strasbourg a aussi l’avantage à ses yeux d’être une ville très étudiante, réputée pour la richesse de sa vie associative. Et de fait, à peine arrivée, Arielle s’investit dans diverses associations universitaires.

Ses premiers pas à l’UdS

“Quand on arrive, on est accueilli par les associations qui informent les nouveaux étudiants sur tous les aspects pratiques et organisent des activités, une visite de la ville…”, se rappelle Arielle. L’étudiante a tout de suite saisi l’occasion de rencontrer d’autres jeunes, elle qui ne connaissait personne à Strasbourg
L’université compte une trentaine d’associations étudiantes, regroupées au sein de l’AFGES (Association fédérative générale des étudiants de Strasbourg). Créée il y a plus de 30 ans, l’AFGES est aujourd’hui incontournable et constitue un véritable partenaire pour les institutions officielles, qu’il s’agisse de l’université elle-même, où elle compte de nombreux élus, mais aussi de la région, du département, du CROUS (centre régional des œuvres universitaires et scolaires), ou encore de la CAF (caisse d’allocations familiales).

Sa vie à l’université alsacienne

Très impliquée dans la vie associative. Lors de sa 1re année, Arielle choisit de rejoindre l’association de sa filière d’études : l’Amicale des sciences. “Moi aussi je voulais participer !” raconte celle qui devient alors trésorière adjointe. Elle contribue aussi aux multiples activités de l’association : tenir la cafet’, organiser la vente de matériel scolaire, gérer les photocopies… “J’y ai passé les trois quarts de mon temps”, confie la jeune fille, qui met alors quelque peu ses cours de côté…
Résultat : elle valide 1 semestre sur 2, passe tout de même en L2, mais avec des matières de L1 à rattraper. Qu’à cela ne tienne, elle fera sa L2 en 2 ans ! “Je ne regrette pas du tout”, assure l’étudiante, qui s’astreint cependant à ralentir un peu ses activités associatives : “Il faut savoir dire stop et prendre le temps de travailler.”

De l’Amicale des Sciences à la faluche alsacienne. Après 2 ans passés à l’Amicale des Sciences, Arielle rejoint une association davantage tournée vers la culture locale : l’Amicale des faluchards alsaciens. La faluche, c’est ce drôle de chapeau bariolé, traditionnellement porté par les étudiants en Alsace, mais aussi à Montpellier, Toulouse, Rennes… Peu connue, elle fait pourtant partie du folklore estudiantin.
“La faluche existe depuis 120 ans en France, 102 ans en Alsace. Chaque couleur a sa signification. Elles indiquent la filière, le niveau d’études, l’engagement de celui qui la porte”, explique Arielle, heureuse de s’être ainsi plongée dans la culture régionale et “prête à défendre la faluche !” Car après moins de 3 ans passés à Strasbourg, “je me sens en partie Alsacienne, affirme-t-elle. Et même Alsacienne d’adoption.”

Ses études en biologie

Après sa licence de biologie, Arielle souhaite entrer en école vétérinaire. Or, seuls 4 établissements délivrent le diplôme d’État en France. Ceux-ci sont situés à Maisons-AlfortNantesLyon et Toulouse. “Étant donné qu’aucune ne se trouve à Strasbourg, je serai contrainte de quitter la ville à cause de cela”, regrette Arielle, qui ajoute : “S’il y avait eu une école à Strasbourg, j’aurais été ravie de rester.”


strasbourg: vie à l'université - faluche

Article trouvé sur le site de l’Etudiant: http://www.letudiant.fr/etudes/fac/portrait-de-fac-l-universite-de-strasbourg-13610/la-vie-etudiante-a-luniversite-de-strasbourg-vue-par-arielle-arrivee-de-nice-11872.html


2011 – Les « faluchardes » : rencontre avec de drôles d’étudiantes

Séverine : C’est une faluche, la coiffe des étudiants français. Elle est apolitique, aconfessionnelle, indépendante et asyndicale. Elle aurait été rapportée en France après un congrès d’étudiants qui a eu lieu à Bologne, en Italie, le 12 juin 1888. Ils portaient des coiffes aux couleurs de leur fac, et ils ont trouvé le concept sympa.

Tatiana : Les faluchards, c’est d’abord des étudiants ! C’est une grande famille, un grand réseau de personnes qui portent un chapeau, se rencontrent, font la fête et perpétuent une tradition.

C’est pas très connu tout ça. Comment vous avez eu l’idée de faire partie des faluchards ?

Séverine : On ne fait pas d’affichage, ça fonctionne par le bouche-à-oreille. J’ai connu des faluchards en médecine, j’aimais le concept, mais je n’avais pas accroché avec les personnes. Par la suite, j’ai rencontré des gens super et l’ambiance m’a plu. J’ai attendu 9 ans avant de me faire « baptiser ».

Tatiana : Si je n’avais pas fait d’associatif, je n’aurais peut-être pas de faluche. J’ai rencontré ces gens à chapeaux pendant la formation du BDE de mon IUT, je leur ai posé plein de questions. J’ai traîné avec eux pendant 3 ans et demi avant de me faire falucher.

Justine : Au moment de mon intégration en médecine, j’ai vu des gens avec des chapeaux qui avaient l’air sympa. À l’époque, j’avais pas le temps mais je m’étais renseignée sur Internet et ça me plaisait. Je suis allée à un apéro faluchard et j’ai accroché.

Devenir falucharde, mode d’emploi

Okay, donc vous avez kiffé et décidé d’être faluchardes. Concrètement, on fait quoi ?

Justine : À ce moment-là, on nous appelle les impétrants. On doit se trouver un parrain et une marraine de faluche, des faluchards avec qui on s’entend bien ! C’est des confidents, on aura vraiment une relation privilégiée donc il faut les choisir soigneusement, même si dans certaines villes ils sont imposés. On a la notion de famille en faluche : avec Tatiana, on est « cousines » parce qu’on a un parrain en commun.

Tatiana : Mon parrain, c’est lui qui m’a lancé dans l’associatif, il m’avait dit qu’il aimerait bien avoir ce rôle ! Et sa marraine, c’est Séverine !

Séverine : Ma marraine, c’est un mec ! Ils ont un rôle un peu éducatif, ils sont là pour te préparer à ton baptême.

Ça se passe comment, un baptême faluchard ?

Séverine : Son déroulement est tenu au secret ! Il faut que ce soit la surprise pour l’impétrant qui se fait falucher, sachant que le but, c’est qu’il s’en souvienne de façon positive. Chez nous ça se passe sur une soirée, il y a quelques épreuves, on va te demander d’apprendre des chansons et de connaître le code de la faluche.

Tatiana : J’en garde un super souvenir. Tu n’en connais pas toujours la date, même si on s’en doute un peu ! Les gens qui deviennent faluchards le même jour que toi sont tes « frérots » ou « soeurettes ». Pendant le baptême, ou après, on te donne ton surnom, par rapport au déroulement de la soirée, à ta vie perso, tes origines… C’est plein d’acronymes et de jeux de mots.

 

Décryptage de la faluche, cet objet mystérieux

Après votre baptême, vous portez un truc pas du tout discret, la faluche. Ca ressemble à quoi ?

Séverine : C’est un chapeau en velours avec des pin’s et des rubans qui ont une signification, un peu le « CV » de l’étudiant. Il y a un code national et des particularités pour les villes. La mienne, je l’ai achetée vierge.

Justine : Avec Tatiana, notre faluche a été « faite maison » par notre parrain ! Et on doit tout coudre à la main dessus ! C’est un souvenir, on y est super attachées, pour sa valeur sentimentale mais aussi pécunière (on achète les pin’s), et parce qu’on en a bavé sur les coutures !

Et ça veut dire quoi, tous ces pin’s et ces rubans ? À toi Séverine !

 explication faluche

1- La base, le circulaire : avec le nom de la personne, ses initiales, quel bac elle a passé et l’année où elle l’a eu. Pour le ruban, il y a un code couleur selon ta filière. Il est en velours pour les étudiants en santé, en satin pour les autres. Par dessus, il y a les emblèmes de discipline, qui décrivent ta scolarité (réussite, redoublement etc.)

2- Une partie personnelle : il y a les surnoms de tes parrains, les insignes de ce que tu aimes, éventuellement ta devise.

3- Une partie (souvent un écusson) avec ta province ou ville de naissance.

4- Une partie associative, avec des rubans de couleur : si tu fais partie d’une association étudiante ou d’une BDE.

5- Une partie avec tes villes d’études.

6- Une partie officielle, avec ce qu’on te décerne.

7- Une partie pour les voyages et échanges.

8- Une sécurité, pour éviter de se la faire voler : il y a des gens qui ne nous aiment pas et qui piquent les faluches.

9- L’intérieur, le « potager » : l’endroit où tu mets ce que tu ne veux pas que tout le monde sache. Théoriquement il faut l’autorisation de son proprio pour regarder dans une faluche.

 

La vie de la falucharde : let’s get the party started…

Maintenant que vous avez votre chapeau sur la caboche, vous faites quoi ?

Séverine : C’est du partage, de l’entraide, et de la fête. Dans chaque ville, il y a des associations faluchardes qui organisent des événements. À Lyon, il y a un apéro faluchard une fois par semaine. C’est pas du tout obligatoire et tu peux aussi venir si tu veux juste poser des questions. On se déplace parfois pour faire les apéros des autres villes ! Il y a aussi les repas de filière, l’anniversaire de la faluche chaque année, et les week-ends de congrès organisés par chaque ville.

Justine : Le congrès, c’est souvent en camping, l’hiver dans des gîtes. On est habillés complètement à l’arrache, parfois déguisés. Ça commence par une soirée le vendredi. Le samedi, on fait des activités, l’après-midi il y a des événements de faluche, genre « mariage » (pour le délire, entre faluchards de plus de six mois) ou « enterrement »(quand tu décides d’arrêter). Le samedi soir, c’est apéro avec toutes les spécialités locales, puis soirée.

Le code du faluchard

En tant que faluchardes, vous avez des obligations, des règles ?

Justine : On doit respecter nos aînés faluchards, et notre faluche. Elle doit rester dans son domaine étudiant. Et on doit se tenir bien dans les événements publics : si tu as une conduite déplorable, on peut te reprendre ta faluche (même si c’est très rare). En fait, on passe pour des marginaux alors qu’au final c’est assez structuré. On se fait falucher par choix, donc on accepte les contraintes, et puis c’est pas le bout du monde.

Est-ce qu’il y a une hiérarchie « officielle », un support écrit qui vous aide ?

Séverine : Beaucoup de choses se transmettent à l’oral, d’où l’importance de la tradition, mais le code évolue. Il y a un code écrit des faluchards (que tu peux trouver sur Internet), national et par ville. Il n’y pas de vraie hiérarchie, mais des « grands maîtres » (GM) dans chaque filière, qui officient aux baptêmes, recadrent les gens. Ce sont des gardiens de la tradition.

Pour Justine, « la plus grosse contrainte, c’est le regard des autres »

Est-ce que vos parents savent que vous êtes faluchées ? Qu’est-ce qu’ils en pensent ?

Tatiana : Ils ont un peu flippé, mon père trouvait ça un peu sectaire. Je ne leur ai dit qu’après, quand j’ai demandé à ma mère de m’expliquer comment coudre ma faluche. Je leur ai expliqué, et puis ils savent que ça ne m’empêche pas de travailler donc ils me font confiance.

Séverine : Ils sont au courant, tant que je passe mes diplômes ça va. Mais mon frère est violemment anti-faluche, il m’a dit que j’allais être « la honte de ma famille ».

Et vos potes d’avant la faluche, quelle a été leur réaction ? Est-ce que vos relations ont changé ?

Tatiana : Certains gardent en tête le préjugé du faluchard alcoolo. D’autres sont un peu sceptiques mais voient que je suis bien dedans. Mais je n’ai pas l’impression de voir moins mes amis non faluchards comme certains le craignaient, et je ne pense pas avoir changé, ou alors plutôt en bien.

Séverine : On s’est éloignés, mais c’est plus une question d’horaires incompatibles et de distance géographique. Mais ils viennent aux apéros, ils se mélangent aux faluchards, ça ne gêne personne.

Cette image d’étudiants fêtards, gros buveurs… Vous la vivez comment ?

Séverine : Tout le monde a des détracteurs, nous c’est parce qu’on a un chapeau et que c’est pas dans la norme. Forcément, entre deux étudiants qui finissent dans un sale état, tu retiendras celui qui avait un truc sur la tête. Mais il y aussi des faluchards qui ne boivent pas, par choix ! Ils ont un insigne spécial, le Bacchus troué.

 

La faluche bienheureuse face à la réalité étudiante

faluche de dos

Aller aux apéros, aux congrès, aux baptêmes… Tout ça prend du temps, vous faites comment pour gérer la faluche avec vos études ?

Justine : Le premier commandement, c’est « un bon faluchard est un faluchard qui réussit ses études » et qui est diplômé. Par exemple, j’avais demandé à ce que mon baptême soit après mes partiels, qui étaient ma priorité.

Séverine : Que tu aies une faluche ou pas, si t’as envie de faire la fête, tu trouveras le moyen de la faire. C’est sûre qu’avec la faluche, il y a plus de tentations, mais c’est la responsabilité de chacun qui entre en jeu. Et c’est rare qu’on aille à tous les apéros et tous les week-ends.

Financièrement, acheter des pin’s et faire des voyages, ça revient pas trop cher ?

Justine : C’est souvent là que se trouve la limite. On reste des étudiantes fauchés. Du coup, on va peut-être travailler pendant les petites vacances pour pouvoir se payer ça, parce que ça nous fait plaisir.

Séverine : Le prix d’un week-end est relativement accessible : à 40-50 euros avec logement, repas et boisson, on se débrouille. Et les gens s’organisent en covoiturage pour réduire les frais.

En résumé, la faluche, ça vous apporte quoi par rapport à une étudiante « lambda » ?

Tatiana : Je suis peut-être un peu plus ouverte, un peu plus sûre de moi. Et c’est un vrai réseau, on passe beaucoup par Facebook et ça facilite les choses. L’année prochaine, je vais faire mon alternance à Paris, donc je vais faire marcher les pin’s pour trouver un coin de canapé où dormir ! Il y a une confiance mutuelle, on se connaît tous plus ou moins. Je pense rester en faluche au moins 2-3 ans après avoir fini mes études. Mais il y a même des faluchards de 80 ans !

Justine : C’est la famille qu’on s’est choisie. On est tous arrivés dedans parce qu’on avait envie de rencontrer des gens, ça permet de s’ouvrir, surtout en école d’infirmières où on reste assez fermés sur nous-même. Et pour voyager, tu passes 3 coups de fil et c’est parti !

Séverine : C’est une autre manière de vivre sa vie étudiante. C’est l’occasion de sortir de ta filière et de rencontrer les gens que tu n’aurais pas forcément côtoyés à la fac. Je pense que tu es falucharde parce que tu as l’esprit ouvert et que tu veux connaître des choses. Il y aussi beaucoup d’entraide et c’est un réseau qui perdure dans la vie active. Même si forcément, tu ne peux pas aimer tout le monde, ça créée un contact facile. Chacun sa vision de la faluche. Pour moi, il faut avoir de l’humour, et être tolérant vis-à-vis des autres. On n’est pas sectaires, on a juste un chapeau !

 


article trouvé sur le site mademoizelle.com: http://www.madmoizelle.com/faluchardes-rencontre-118237#sthash.ZyZ8krqO.dpbs


 

1890 – le congrès de BOLOGNE raconté par E. LAVISSE

Les paragraphes sont les suivants:
– LA POLITIQUE ETRANGERE DES ETUDIANTS
– Devoirs envers les étrangers (Allocution prononcée dans une réunion de l’Alliance
française.)
– Les fêtes de Bologne
– Le retour de Bologne (Allocution prononcée dans une réunion des étudiants de Paris, le 23 juin 1889)
– Les fêtes de 1889 (discours aux étudiants étrangers et français, prononcé au banquet de Meudon, le 12 mai 1889)
– Présentation des etudiants à M.CASTELAR (discours prononcé le 13 novembre 1889, en Sorbonne dans une réunion de l’Association Générale des Etudiants de Paris)

Un extrait des fêtes de bologne:
« LES FÊTES DE BOLOGNE

Les fêtes de Bologne ont été très belles, et si pleines de toutes sortes de choses, que l’ensemble, « au moment où j’essaye de le représenter à mon esprit, m’appârait comme une toile immense, où des centaines de personnages, les uns en ordre de procession, les autres en tumulte de cohue. s’avancent ou se bousculent autour des palais, des fontaines, des églises et des statues, sous le grand soleil et le ciel bleu, avec, un éclat extraordinaire de couleurs, couleurs aux fenêtres d’où pendent les guirlandes et les tapis, couleurs surles épaules et les têtes bariolées de centaines de professeurs et d’un millier d’étudiants, couleurs sur les visages qui représentent toutes les nuances de la race aryenne, depuis la blancheur des septentrionaux jusqu’au brun doré des Méditerranéens.

Au fond du tableau, l’histoire dessine les contrastes des temps : le paganisme, le christianisme, la vieille Etrurie, Rome el le moyen âge se confondent. (…) »



Ernest Lavisse,
 né en 1842 et mort à Paris en 1922, est un historien français.

Présenté au ministre et historien Victor Duruy, Lavisse devient très rapidement précepteur du prince impérial (1868) sur recommandation de Duruy puis membre de son cabinet (directeur sans titre) en 1869. La défaite de 1870 touche au plus profond de lui-même ce protégé du régime. Décidé à œuvrer pour sa patrie vaincue, Lavisse, muni d’un modeste viatique, part étudier le fonctionnement du système universitaire de l’Allemagne victorieuse. Durant trois années, il étudie sur place l’histoire et les origines de la Prusse, thème qui restera sa spécialité. L’une de ses deux thèses, la Marche de Brandebourg sous la monarchie ascanienne préfigure ainsi ses œuvres futures les plus originales : Études sur l’histoire de Prusse (1879), Trois empereurs d’Allemagne, Guillaume Ier, Frederic III, Guillaume II (1888), et enfin deux ouvrages sur Frédéric le Grand en 1891 et 1893: La Jeunesse du Grand Frederic et Le Grand Fréderic avant l’avènement.

De retour d’Allemagne en 1875, Lavisse se rallie par degrés au régime républicain, jusqu’à y adhérer tout à fait lors de la crise du 16 mai 1877. Suppléant de Fustel de Coulanges à la Sorbonne en 1880 puis professeur adjoint en 1883, il succède à Henri Wallon à la chaire d’histoire moderne cinq ans plus tard.

En juin 1888, il participe en Italie aux grandes fêtes de Bologne, organisées pour les 800 ans de la plus ancienne université d’Europe.

Personnage phare de la IIIe République, membre de l’Académie française en 1892, directeur de la Revue de Paris en 1894, instituteur national, surtout lorsqu’il devient, en 1904, directeur de l’École normale supérieure, Lavisse mène durant toute sa carrière la régénération du système universitaire et scolaire du régime. Sa politique se révèle d’ailleurs plus patriotique que républicaine, comme les conservateurs s’en rendront compte très vite. Ernest Lavisse, le général Pau et Louis-Emile Bertin seront, avant la guerre de 1914, les cofondateurs de La Ligue Française. Ernest Lavisse, le général Paul Pau seront les Présidents d’honneur de La Ligue Française sous la Présidence de Louis-Emile Bertin. Fort de cette posture institutionnelle reconnue et incontournable, pendant la première guerre mondiale, il présida le Comité d’études, chargé par Aristide Briand en février 1917 de travailler à l’élaboration des buts de guerre de la France.

Professeur talentueux et orateur hors pair, capable de subjuguer par la force de son discours les auditoires les plus divers, Lavisse n’atteint pas cependant la dimension théorique d’un Leopold von Ranke. Durant deux décennies, il dirige la publication des célèbres ouvrages collectifs qui portent son nom : Histoire de France illustrée depuis les origines jusqu’à la Révolution, 1900-1912, et l’Histoire contemporaine de la France, 1920-1922.

Ses ouvrages, parmi lesquels les nombreux « manuels Lavisse », accompagnent la formation de multiples générations de professeurs, d’instituteurs et d’élèves. Ils vont faire naître, phénomène nouveau, une véritable culture historique populaire en France. Toutefois, bon nombre de clichés y trouvent aussi leurs sources, Lavisse étant souvent plus soucieux d’une reconstruction systématique de l’Ancien Régime en fonction de l’avènement de la République que d’une stricte recherche de la vérité historique.

source: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5740418v.r=ernest+lavisse+etudes+et+etudiants.langFR

Histoire de l’AFGES

Strasbourg – Histoire de l’AFGES

1936 – Le 10ème Anniversaire de l’Association Fédérative Générale des Etudiants de Strasbourg

Strasbourg – Histoire de l’AFGES

 

1ère de couverture du livret édité par Strasbourg Université pour les 10 ans de l’AFGES – Avril 1936

 

« Les débuts de l’A.F.G. »

« Strasbourg Université a bien voulu faire appel pour son n° spécial, à un « ancien » et un « ancien » ne peut s’empêcher de se dire, quand on lui parle du 10ème anniversaire de l’A.F.G. : déjà dix ans de cela, et il songe aux difficultés qui de 1919 – inauguration de l’Université – à 1926 n’ont cessé de s’accumuler, semblant rendre vaine toute tentative d’entente et d’union entre les étudiants de Strasbourg. Pourtant le moment vint : Après les échecs d’un Cercle des Etudiants, d’un Comité Central, d’une première A.G., vers la fin de l’année 1925, les cadres d’une Fédération se trouvaient prêts.

En effet, parallèlement à l’A.G., s’étaient fondées les Amicales d’Etudiants, organisées corporativement, par Facultés. Une initiative hardie, partie des Amicales de Droit et des Lettres, dont l’instigateur fut un des fondateurs de l’A.G. elle même, notre ami Bobtscheff, réussit à fédérer les Amicales.  L’Association Fédérative Générale des Etudiants, le 18 janvier 1926 se substitua à l’A.G. La solidité de la base, qui avait manqué à l’A.G., se trouvait créée de ce fait et le recrutement par sélection des membres du comité de l’A.F.G. était désormais assuré.

L’A.F.G. se trouvait devant une tâche énorme. Dans son manifeste elle annonçait comme programme : un nouveau régime des abonnements des chemins de fer, la création d’une Caisse de Malades, d’un Restaurant Universitaire. Coup sur coup ces promesses furent réalisées. Quinze jours après la constitution de l’A.F.G., le nouveau régime des abonnements des chemins de fer était chose faite. M. de Monzie, alors Ministre des Travaux Publics, accorda deux audiences aux délégués de l’A.F.G., et leur projet de tarifs fut celui qu’adopta le Conseil Supérieur des Chemins de Fer.

La Caisse des Malades entraina une longue série de négociations. Les Services Alsace-Lorraine accueillirent favorablement notre projet et le 23 octobre de la même année, M. Poincaré signa le décret qui rétablit à l’Université de Strasbourg la Caisse de Malades des Etudiants.

Entre temps, à Pâques 1926, au congrès de l’Union Nationale à Poitiers, l’A.F.G. s’était fait reconnaître comme membre de l’U.N. Elle obtint même, avec un siège de Vice-Président que pour 1927, Strasbourg fût choisie comme ville de Congrès.

Restait la question du Restaurant Universitaire. De courtes négociations permirent au début de 1927 à l’A.F.G. d’acheter le fonds de commerce et le matériel du restaurant de la Gallia, et le 7 février, le Restaurant Universitaire fut inauguré par un banquet présidé par M. le Recteur Charléty et M. Borromée, Préfet du Bas-Rhin.

Deux mois plus tard l’A.F.G. eut l’honneur d’y recevoir M. Poincaré, venu présider le Congrès de l’Union Nationale des Etudiants de France.

 

L’intérieur du Restaurant Universitaire, la Gallia

 L’intérieur du Restaurant Universitaire, la Gallia

© Cité des mémoires étudiantes, fonds documentaire, 1Fi87.

Une des causes du succès de l’A.F.G. a été, certes, le fait que dès sa constitution elle s’est présentée devant les Etudiants avec une doctrine nette et claire : créer à Strasbourg un organisme englobant toutes les manifestations d’ordre économique de la vie d’un étudiant. A un tel programme, l’A.F.G. pouvait hardiment s’attaquer, car d’autres réussites dans le même domaine – spécialement dans les pays étrangers – ne pouvaient que l’y encourager. Ainsi en dernier n’a t-elle pas contribué – grâce à la création d’œuvres diverses – au développement même de l’Université de Strasbourg?

Mais les Anciens entendent continuer la collaboration à l’œuvre qu’ils ont créée. Groupés à leur tour en une Association, ils veulent maintenir entre eux les liens d’amitié et garder vivace le souvenir des années passées au service des Etudiants, et aussi continuer à se dévouer pour leur Université et à l’A.F.G. auxquelles ils sont estes passionnément attachés. »

A.    Ricklin,
Président honoraire de l’A.F.G.

Extrait du livret commémorant le 10ème anniversaire de l’A.F.G.E.S. – Page 5

Les locaux de l’A.F.G.E.S. – Bâtiment construit en 1885 pour les assurances Germania

  

   


Source : www.archi-strasbourg.org


 

2009 – Les désordres de la chaire

Les désordres de la chaire - monome etudiants
Les désordres de la chaire

La renommée intellectuelle de Toulouse date de… l’Antiquité. L’école de Toulouse jouissait d’une excellente réputation dans le monde méditerranéen en rhétorique et en grec grâce au talent de ses grammatici (maîtres es lettres) et de ses rhetores (professeurs d’éloquence). Au IVe siècle de notre ère, le brillant rhéteur Arborius est même appelé à Constantinople où il est chargé de l’éducation d’un des fils de l’empereur. Parmi les « étudiants » de ces temps lointains figure le poète bordelais Ausone, qui fait allusion dans de beaux vers à Toulouse sa « nourrice ».

 

Le contexte dans lequel naît l’Université de Toulouse en 1229 n’a, lui, rien de poétique. Ce 12 avril, le comte de Toulouse Raimond VII capitule et signe le traité de Paris après les vingt ans de croisade contre l’hérésie cathare qui ont mis le Languedoc à feu et à sang. Le traité prévoit la fondation d’une Université de quatorze professeurs pour introduire dans la cité l’enseignement de la foi et extirper l’hérésie.

On dépêche sur place d’éminents maîtres parisiens, pressés de remettre ces épouvantables Toulousains dans le droit chemin. Parmi eux, un certain Jean de Garlande qui invite les étudiants de tous pays à venir à Toulouse, « où Bacchus règne dans les vignes, où Cérès règne dans les champs ». Malgré cette publicité dithyrambique, Jean de Garlande reçoit un accueil glacial de la part de la population. Son activisme le contraint à quitter rapidement la ville, sur une barque jusqu’à Castelsarrasin, puis déguisé en pèlerin… Ses collègues lui emboîtent vite le pas.

L’Université se renouvelle alors avec des professeurs méridionaux. Impliqués dans la vie de la cité, ils enseignent dans plusieurs facultés : les arts (lettres et sciences), la théologie, première dans l’ordre des préséances, et enfin le droit. La médecine, éclipsée par Montpellier, fait figure de parent pauvre : en 1411, Charles VI s’indigne que cette discipline soit exercée par des ignorants, mais aussi, comble de l’abomination, par… des femmes.

 

Un capitoul poignardé

La jeune Université toulousaine est placée sous l’autorité d’un chancelier appartenant au clergé, d’un recteur, et du conseil, qui délibère sur toutes les questions la concernant. Et il y a fort à faire. Car les « écoliers », comme on les appelle alors, sont nombreux, près de 2000 à la fin du XIVe siècle, et remuants.

Sur les bancs des facultés ou dans les cafés, se côtoient des fils de bonne famille et des nécessiteux, des jeunes gens de moins de 15 ans et d’éternels étudiants que rien ou presque ne distingue des clochards. Les plus méritants et les plus chanceux sont hébergés dans les collèges (Saint-Martial, de Périgord, Maguelonne, de l’Esquile, de Foix…) fondés par de riches Toulousains dans le futur quartier des études, à proximité de la rue du Taur et de la rue des Lois.

Les étudiants toulousains, parmi lesquels figurent quand même trois futurs papes d’Avignon, sont alors particulièrement teigneux. Ils ne font pas bon ménage avec la police, pas plus qu’avec les capitouls qui administrent la cité. Jusqu’à leurs condisciples ou à leurs professeurs auxquels ils cherchent des noises.

Le pape les exhorte au calme. En vain. Ils manient facilement l’épée ; leurs banquets dégénèrent en rixes ; les cours sont perturbés. En principe, les autorités municipales ne peuvent rien faire car les fauteurs de troubles relèvent des tribunaux ecclésiastiques. En principe seulement… En 1292, une rumeur parvient jusqu’aux oreilles de Philippe le Bel : elle fait état d’étudiants torturés puis noyés, de nuit, dans la Garonne sur ordre des capitouls.

Quarante ans plus tard, un capitoul qui tentait de restaurer le calme lors d’un chahut reçoit un coup de couteau du front jusqu’au menton et perd onze dents par la même occasion. Le coupable, Aimeri Bérenger, est décapité sur décision des consuls après un traitement de choc : on lui arrache le poing et on le traîne dans les rues attaché à la queue d’un cheval…

L’Université de Toulouse, et surtout sa faculté de droit, brille tout particulièrement à la fin du XIIIe et au début du XIVe siècle grâce aux doctores tholosani, les docteurs toulousains, comme Guillem de Ferrières ou Arnaud Arpadelle, le commentateur des coutumes de Toulouse. Encore faut-il que ces grands juristes parviennent à faire cours…

Les professeurs se livrent à la lectura et à la disputatio dans des salles prêtées ou louées pour l’occasion. La lectura consiste à lire purement et simplement un corpus d’ouvrages de A à Z en agrémentant la leçon de commentaires, en latin évidemment. Un reportator retranscrit parfois les paroles du professeur quand la pagaille n’est pas trop grande. « Aujourd’hui, je n’ai rien pu noter, ni entendre, les étudiants sifflaient », signale un malheureux sténographe en 1315. La disputatio captive davantage l’auditoire : le professeur peut y briller, surtout dans l’exercice du quodlibet, où il accepte de répondre à n’importe quelle question sur n’importe quel sujet posée par de jeunes étudiants, bacheliers, licenciés ou docteurs.

 

Amphithéâtres incendiés

Du XVIe au XVIIIe siècle, les étudiants toulousains ont le choix entre quatre facultés, art, théologie, droit et médecine, qui se laïcisent progressivement sous l’autorité du Parlement. Affaiblie un temps par la crise économique, la peste et la guerre de Cent ans, l’Université bénéficie de nouveau du prestige de sa faculté de droit dès la première moitié du XVIe siècle. Les écoliers se pressent dans les beaux amphithéâtres inaugurés en 1521 dans l’actuelle rue Lautmann. Parmi eux, de grands esprits : l’imprimeur humaniste Étienne Dolet, Michel de l’Hospital, qui deviendra chancelier de France, Montaigne, dont la mère est toulousaine, et son célèbre ami La Boétie. Jusqu’à Pantagruel que Rabelais fait séjourner à Toulouse !

De brillants professeurs comme Arnaud du Ferrier ou le très populaire Jean de Coras, qui attire à ses cours des milliers d’auditeurs, enseignent le droit romain. Hélas, faute de poste, Jacques Cujas, le meilleur juriste de son temps, part de Toulouse pour Cahors, puis Bourges.

Omniprésent, le Parlement, dont la création remonte à 1443, surveille les étudiants de très près. Interdiction des salles de billard et de jeu de paume dans un certain périmètre autour des amphithéâtres, décence des vêtements, bonne tenue des bals, contenu des cours, respect des horaires, exhortations à se tenir tranquilles…

Les écoliers restent cependant tout aussi querelleurs et violents qu’au Moyen Âge. Les insolences, les entrées illicites dans la « bouteillerie », les injures font le quotidien des collèges (il y en a une vingtaine au XVIe siècle). Regroupés en « nations » de Gascons, Provençaux, Bretons, Français, Espagnols, les étudiants en viennent vite aux armes, dont l’achat est financé par le prélèvement d’un « droit de bienvenue » sur leurs nouveaux compatriotes.

En 1540, le Parlement fait clouer l’épée d’un bagarreur à la porte des amphithéâtres. Ses camarades l’arrachent aussitôt et mettent le feu aux salles. Le coupable est pendu. En 1581, une gigantesque rixe entre étudiants et soldats de guet fait de nombreuses victimes. En 1604, un capitoul qui voulait faire respecter les arrêts du Consistoire est assassiné. Ordonnances, arrêts, envoi aux galères, châtiments corporels, exécutions : rien ne semble décourager ces jeunes gens ingouvernables, qui sont les bêtes noires de la population.

Les affrontements idéologiques des temps alimentent aussi les violences et les polémiques. Le jeune Étienne Dolet se fait arrêter pour avoir défendu des thèses humanistes dans les années 1530. Plus tard, les guerres de religion visent tout autant les étudiants que les professeurs soupçonnés de sympathie avec le protestantisme. En 1572, Jean de Coras est pendu au grand ormeau de la cour du Parlement dans sa robe rouge de cérémonie.

 

Opposition au régime

La discipline, encore déplorable sous Louis XIII, s’améliore un peu avec son successeur. Au XVIIe siècle, l’Université de Toulouse offre pourtant une bien piètre image comme en témoigne une consternante enquête officielle de 1668. Les professeurs « font corvée d’aller aux écoles, s’absentent des jours, des semaines, des mois et des années entières », les vacances durent « depuis la Saint-Jean jusqu’à la Saint-Martin ». Les étudiants, libertins et oisifs, acquièrent leurs grades « sans avoir étudié le temps porté par les statuts, ou pour mieux dire sans avoir étudié ».

Au siècle des Lumières, l’Université accueille dans des locaux vétustes et délabrés environ un millier d’étudiants dont près de la moitié à la faculté de droit – il y existe depuis 1679 une chaire de droit français dont le titulaire enseigne, c’est une nouveauté, dans la langue nationale. Ces derniers demeurent tout aussi belliqueux, et toujours prêts à en découdre quand un camarade est rossé par la police pour avoir sifflé trop fort à la comédie. « Enseignement sans vie, études sans force, discipline sans vigueur, abus de tous genres », constate un nouveau rapport…

Supprimée par la Convention, l’Université renaît sous Napoléon 1er sous la forme de quatre facultés en 1808. Peu de succès pour celles de théologie et de sciences dont le baccalauréat ne présente plus trop d’intérêt. La faculté de lettres organise par contre les examens du baccalauréat qui permet de s’inscrire en droit. Elle délivre 170 diplômes par an sous la Restauration, 240 après 1830. Un vrai record ! Les cours du philosophe et homme politique Gatien-Arnoult font salle comble auprès d’un auditoire qui a soif de culture et d’ouverture idéologique.

La faculté de droit, avec près de 600 inscrits continue à faire le renom de Toulouse, seconde ville universitaire de France après Paris. L’école de médecine, qui forme des officiers de santé, reprend son titre de faculté en 1891 seulement.

Les étudiants conservent tout leur mordant et s’opposent en général au régime quel qu’il soit. Ils manifestent au Grand Rond, au Pont des Demoiselles, dans les théâtres… Sous le Second Empire, acquis, comme leurs professeurs, à la cause républicaine, ils se montrent remuants sans aller jusqu’à la révolte.

 

Des carnavals à mai 68

À la veille de la Première Guerre mondiale, les inscriptions en faculté atteignent presque le seuil des 3000. Les étudiants toulousains, de plus en plus nombreux en lettres (où fait cours un certain Jean Jaurès…) et en sciences, bénéficient des échanges avec Madrid, Barcelone, Burgos, Saragosse, et profitent des différents instituts à vocation scientifique de la ville. Leur chahut dans les lieux publics est toujours aussi mal accepté par la société toulousaine.

Pour encadrer cette jeunesse fêtarde et turbulente, le quotidien La Dépêche crée en 1886 avec le recteur Perroud une Association générale des étudiants toulousains. Laquelle revoit vite à la baisse ses ambitions culturelles et sociales et se borne à mettre sur pied des bals de charité… Outre le bizutage hérité du Moyen Âge et ses rituels d’intégration, cocktail explosif de brimades et d’esprit potache, apparaissent de nouveaux folklores. Les étudiants se mettent à porter la faluche, cette galette noire ornée d’insignes inspirée du béret de Bologne. Les faluchards font même la Une de l’Écho des étudiants de Toulouse en 1930.

Accroissement constant du nombre d’étudiants, explosion des effectifs en médecine, pharmacie, sciences et lettres, déménagement des facultés en périphérie (Rangueil en 1968 pour la médecine puis les sciences, le Mirail en 1973 pour les lettres) : le XXe siècle marque un tournant dans l’histoire de l’Université de Toulouse, avec le grand coup de volant de mai 68.

Sur les murs : « Les chemins de l’excès mènent à la sagesse », « Se soumettre, ou résister et vaincre ». Trente mille étudiants, entassés dans des amphis et des bibliothèques bondés : il y avait là encore une raison de se battre.

 

redaction@depechemag.com

Anne Le Stang


article trouvé sur le site de la dépêche du midi: http://www.ladepeche.fr/article/2009/10/21/698800-les-desordres-de-la-chaire.html


 

2010 – La bastide-de-serou. Les faluchards viennent se rencontrer

Pourquoi vous appelle-t-on les faluchards ?

Parce que nous portons un grand béret noir nommé faluche.

faluche

Connaissiez-vous l’Ariège ?

Eh bien non ! Nous venons de loin, de Bordeaux, de Paris, Marseille, Grenoble, Strasbourg, Lyon, Dijon… Chaque week-end faluchard est toujours l’occasion de découvrir un bout de France et la gastronomie locale.

Pourquoi ces rassemblements ?

Pour sortir de notre monde, pour rencontrer des étudiants de toutes les filières, pour le plaisir de discuter, de se mélanger et d’échanger. Pour les différences. Aujourd’hui nous sommes 200 : des étudiants des grandes écoles, du bloc santé, des BTS, des lettres, des ingénieurs… D’anciens étudiants aussi qui ont les moyens de nous gâter avec la gastronomie locale, que nous ignorions. Ce week-end, c’était le saucisson.

Un rassemblement d’autant de jeunes peut paraître effrayant ?

Et pourtant, nous sommes doux et pacifiques. Nous nous définissons par les valeurs étudiantes selon François Rabelais. Nous sommes apolitiques et non confessionnels. Chez nous, il n’y a pas de sexisme. Nous n’avons rien à voir avec les bizutages et leurs violences. Lorsqu’un étudiant entre dans l’Amicale des faluchards, c’est elle ou lui, dernière ou dernier baptisé (e), qui s’amuse le plus.

A quand votre prochain week-end ?

A Aix-en-Provence, la semaine prochaine ( lire cette semaine) ; les faluchards de ce week-end ne s’y rendront pas obligatoirement. Nous ne pouvons parcourir des milliers de kilomètres chaque fin de semaine. Et quand il y a grève des trains et des raffineries de pétrole, comme en cette période, annulez-vous les week-ends ?

Surtout pas. On s’organise et on arrive à se retrouver sur les lieux du week-end faluchard.

La Dépêche du Midi


Article trouvé sur le site de la dépêche du midi: http://www.ladepeche.fr/article/2010/10/31/938738-la-bastide-de-serou-les-faluchards-viennent-se-rencontrer.html


2012 – La Bastide-de-Sérou. Un week-end avec les faluchards

faluche congres

Les faluchards sont les étudiants portant la faluche, béret noir par lequel ils se définissent et reconnaissent.

Ils se disent héritiers de la philosophie de Rabelais ; ils cultivent l’humanité, la convivialité et le goût des rencontres ; ils combattent le sexisme, sont facétieux et joyeux. Cette mouvance spirituelle est codifiée et structurée depuis 124 ans.

Les week-ends à La Bastide-de-Sérou sont organisés par l’association Faluche et tradition toulousaines.

Annah, étudiante à l’université Paul-Sabatier, de Toulouse, et présidente de cette association (FETT), nous disait que celle-ci travaillait en partenariat avec l’office de tourisme du Séronais. Faluche et tradition toulousaines avait, en effet, commandé 200 baguettes à la boulangerie du village et avait retenu le dernier repas du week-end au Mac Do de Foix.

En 2014, les faluchards toulousains organiseront le 126e anniversaire de la faluche.

 

La Dépêche du Midi


Article trouvé sur le site de la depêche: http://www.ladepeche.fr/article/2012/10/27/1475998-la-bastide-de-serou-un-week-end-avec-les-faluchards.html


 

2011 – La Bastide-de-Sérou. Un week-end sous le signe de la faluche

«Les faluchards sont membres d’une association étudiante. Ce mot vient de notre couvre-chef, la faluche, devenue officiellement le chapeau des étudiants français en 1888. Nous réutilisons ce béret qui était tombé dans l’oubli. Nous nous réclamons de la philosophie de François Rabelais : les faluchards étudient, s’entraident et s’amusent. Nous pensons que nous devons en profiter tant que nous sommes jeunes. La découverte de la gastronomie locale est au programme de nos week-ends et nous apprécions les saucissons ariégeois. Ce temps de rencontre est consacré à nous réunir autour de petits buffets, à chanter et danser.

»Cette sortie a été organisée par les Faluchards de Toulouse et ce sont eux qui ont choisi le village des Lambrilles comme point de chute. Chaque ville universitaire organise un week-end dans l’année. On ne peut pas se rendre à tous, nous sommes avant tout étudiants, il faut travailler. Le prochain week-end faluchard aura lieu à Pau, dans trois semaines.»

Parmi ces faluchards, certains étudient à Toulouse, beaucoup à Montpellier. Il en était venu de Strasbourg, de Nantes, de Tours et de toute la France, quelques-uns de Belgique et d’Italie.


A savoir

La faluche est un béret de velours noir se caractérisant par les galons de couleur et les pin’s qui l’agrémentent. Le galon et les insignes l’ornant révèlent le cursus scolaire de l’étudiant, tandis que ceux placés sur le fond délivrent toutes sortes d’informations personnelles.

La Dépêche du Midi


article trouvé sur le site de la dépêche: http://www.ladepeche.fr/article/2011/10/15/1193233-la-bastide-de-serou-un-week-end-sous-le-signe-de-la-faluche.html


 

INTRODUCTION à la FALUCHE

La faluche est la coiffe traditionnelle des étudiants de France et remplace la toque datant du Moyen Âge. C’est un béret de velours noir orné de rubans de couleur et d’insignes.

À l’origine, « faluche » est le nom du béret porté par plusieurs traditions estudiantines, notamment les bitards, les basochards et les faluchards. Au fil du temps, la faluche a été associée presque exclusivement aux faluchards, alors que d’autres folklores la portent.

HISTOIRE

À la suite de manifestations en 1884, nait l’Association générale des étudiants de Paris (l’«A»). Le 12 juin 1888 les étudiants parisiens sont invités à fêter les 800 ans de l’université de Bologne. La délégation française, avec leurs vêtements sombres égayés d’une cocarde à la boutonnière et d’un ruban en sautoir aux couleurs de la ville de Paris, émerveillée par la plus grande rencontre de costumes et de coiffures écolières du monde, se sentit « pauvre ». En effet, on pouvait y voir défiler toutes les formes de costumes et de coiffures des étudiants européens : les pennes des étudiants belges de facultés laïques, les Espagnols arboraient les tunas et leur capes à rubans, signe de leur appartenance à une université précise, les coiffes allemandes, larges casquettes plates sans rebords, les minces képis à petites visières des étudiants suisse, le chapeau façon Louis XI des étudiants italiens, etc. Elle décida donc d’arborer une coiffure spécifique pour les étudiants français présents. Elle choisit le béret de velours noir des habitants de la région bolonaise en souvenir du congrès qui fut, parait-il, magnifique.

Mais c’est le 25 juin 1888, lors du retour de la délégation à Paris, que la faluche est réellement lancée. Son port s’est généralisé lors du VIe centenaire de l’université de Montpellier qui eut lieu du 22 au 25 mai 1890. À l’origine, elle était portée vierge puis sont apparus le ruban circulaire, les insignes, les rubans…

paris vie étudiante Mi-Careme 1894 cafe Voltaire

Affiche 1945 Congrès de l'UNEF Union nationale des étudiants de FranceLors de l’occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, le port de la faluche est interdit avec une tolérance le jour de la saint Nicolas. Elle est jugée trop nationaliste ; les Allemands y voient un moyen de rassemblement et de résistance (système de messages codés avec les insignes). Pour anecdote, le 11 novembre 1940, des étudiants de l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) manifestent en faluche sur les Champs-Élysées ; les Allemands ouvrent le feu (plaque commémorative près de l’Arc de Triomphe).

Mais les évènements de Mai 68 appelant à un rejet de tout carcan entraînent un rejet en masse de la coiffe étudiante.

Les codes, d’abord transmis oralement, divergeaient selon les universités. C’est pourquoi une synthèse fut faite à Lille le 8 mars 1986 ; celle-ci est inspirée du code toulousain. Il fut adopté comme code national en décembre 1986 à Toulouse et c’est à ce moment-là que débute la notion de Grand Maître. Puis en 1988, lors du centenaire de la Faluche à Reims, est édité un nouveau code plus complet tenant compte des particularités montpelliéraines. La même année a lieu le congrès des 100 ans de la faluche, à Reims. Depuis, un congrès-anniversaire a lieu tous les ans dans une ville différente.

ORGANISATION:

Les faluchards dépendent la plupart du temps d’une association étudiante de filières, d’une corporation ou d’un bureau des élèves et ceci dans la plupart des grandes villes universitaires françaises. Un Grand-Maître (GM) est alors désigné comme garant des traditions, du bon déroulement des baptêmes et du comportement des faluchards. Selon les traditions locales, il est parfois appuyé par un Grand-Chambellan (GC) qu’il choisit ou qui est élu. L’insigne de ces responsables est une croix, sur laquelle se trouve inscrit « au mérite ». Ils la portent au bout d’un ruban de la couleur de la filière qu’ils représentent. La croix de GM est émaillée de blanc et celle de GC est dorée.

Il existe également des ordres au sein de la faluche, créés au gré des années. L’appartenance à une confrérie étudiante peut être signalée sur la faluche par un ruban ou un insigne particulier à chaque confrérie.

UNE COIFFE CODIFIEE:

étudiants en faluche Les couleurs et insignes portés sur la faluche retracent la vie de l’étudiant. Un code écrit permet d’assurer une homogénéité au sein du mouvement faluchard afin que chaque étudiant puisse « lire » la faluche et ainsi connaître le parcours de chaque personne. Une synthèse des différents codes régionaux est réalisée le 8 mars 1986 à Lille. Le descendant de ce code national est remis à jour chaque année depuis le centenaire de la faluche en 1988.

 Voici une introduction rapide de la Faluche. A vous de découvrir tout ce qui fait son histoire au sein de ce site.

CONSTITUTION D’UN MUSEE:

Le but du site WWW.FALUCHE.INFO est de rassembler tout ce qui a fait, fait ou fera l’histoire de la Faluche, aussi bien en documents papiers, en vidéo, en photos qu’en pin’s. Nous tentons donc de rassembler, d’acheter tout ce qui peut nous tomber entre les mains. Malheureusement, nous sommes tous bénévoles et c’est sur nos deniers personnels que tout ceci est collecté. Ce travail, commencé il y a presque 15 ans, nous a permis de rassembler des centaines de pièces. Lire la suite…


Pourquoi des fonds sont-ils nécessaires?

Parfois, quelques uns d’entre vous se demandent pourquoi faluche.net aurait besoin de fonds pour constituer son musée. Je vous mets ci dessous les captures d’écran de plusieurs photos qui ont un intérêt historique indéniable pour la vie du monde étudiants et de la faluche. Malheureusement, à 50 euros pièces, il nous reste à gagner au loto.  😉 

Faluche musée