1924 – Mi-carême de Nantes

Mi-carême de Nantes 1924

« Joli mois de Mai quand reviendras tu? »

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Certainement un étudiant de l’AGEN (Association générale des Etudiants de Nantes) qui est en premier plan en Faluche.


Photo en HD en téléchargement pour les faluchards.

1988 – Réapparition de la Faluche

Les dictionnaires ne peuvent guère les renseigner à ce sujet. Le Robert {Dictionnaire de la langue française, éd. 1977) rappelle seulement que c’est un « béret d’étudiant » (terme d’origine obscure). Le Larousse {Grand dictionnaire encyclopédique, éd. 1983), signalant que c’est un terme vieilli (dont l’étymologie serait à rechercher dans le lillois faluche, galette ?), indique que c’est le béret de velours noir des étudiants.
Ce béret aurait cent ans d’existence. Il aurait été adopté par les étudiants français à l’occasion d’un congrès international auquel tous les étudiants étrangers portaient des coiffures spéciales, généralement des casquettes de couleurs vives.
On peut se demander s’il n’a pas été choisi alors à l’imitation du béret alpin. Ne s’en coiffe-t-on pas de la même façon ? N’en a-t-il pas la forme et l’ampleur ? Serait-ce d’ailleurs une coïncidence si justement le béret alpin a également cent ans, sa description ayant été précisée par une décision ministérielle du 24 mars 1889 ? Il comporte trois parties : un bourrelet de tête d’une hauteur de 18 mm, qui se rentre à l’intérieur quand on se coiffe du béret ; une couronne et un turban qui, tissés en laine d’une seule pièce et sans couture, ne peuvent se distinguer que lorsque le béret est à plat, le turban réunissant au bourrelet la couronne dessus du béret.
La faluche comprend pareillement une couronne et un turban en velours noir d’une seule pièce, mais au lieu d’un bourrelet, un bandeau qui n’est pas rentré à l’intérieur quand on coiffe le béret. Ce bandeau, de 40 mm de hauteur environ, est traditionnellement recouvert d’un ruban de la couleur attribuée à la faculté : rouge pour les étudiants en droit, velours cramoisi pour ceux de médecine, amarante ceux des sciences, jaune d’or pour ceux des lettres et velours vert pour ceux de pharmacie.

Dans certaines associations d’étudiants, comme à Paris, la faluche ne comporte pas ce seul ruban sur le bandeau, mais parfois bien d’autres ornements : rubans au travers de la couronne, divers insignes généralement métalliques sur le bandeau ou la couronne, armoiries de la ville universitaire brodées ou sur écusson de métal, etc. Il n’est évidemment pas question de les décrire ici, ni d’en indiquer la signification.

Cette réapparition de la faluche sera-t-elle durable ? Ce que l’on peut en dire actuellement, c’est qu’à Paris, elle serait portée par quelques étudiants en droit et en pharmacie. Pour ces derniers, en juin 1988, une quarantaine d’étudiants s’en était procuré une et beaucoup plus en province. La photo ci-jointe représente une manifestation en l’honneur de la faluche organisée le 22 juin 1988 à laquelle Mlle le Professeur Bournique avait été invitée ainsi que moi-même en qualité de président de la Société d’Histoire de la Pharmacie.

 

GROUPE D'ÉTUDIANTS EN PHARMACIE PARISIENS PORTANT LA FALUCHE

GROUPE D’ÉTUDIANTS EN PHARMACIE PARISIENS PORTANT LA FALUCHE
(au premier plan, M. le Doyen honoraire G. Dillemann et Mlle le Pr C. Bournique)

Georges DILLEMANN.

 


In: Revue d’histoire de la pharmacie, 76e année, N. 279, 1988. pp. 369-370.

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pharm_0035-2349_1988_num_76_279_3005


 

La statue de Rabelais au jardin des plantes de Montpellier


Un bourgeois de la ville se désespère parce que son épouse est muette. Les chirurgiens lui rendent la voix, mais notre homme excédé ne peut plus la supporter. L’opération inverse étant impossible, ils lui enlevèrent un osselet dans chaque oreille, pour le rendre sourd. Dès lors, il n’entend plus rien et tout finit par une bagarre générale.

Les personnages de droite représentent : l’un, la Faculté de Médecine, sous l’apparence allégorique d’une jeune femme en costume professoral, l’épitoge au côté, l’autre un carabin style entre-deux-guerres, avec cape et faluche.

François Rabelais s’inscrivit à la Faculté de Médecine en septembre 1530, avant d’être célèbre pour son oeuvre de littérateur. Les étudiants le considèrent comme un modèle, peut-être pour sa philosophie qui allie beaucoup de travail à quantité de plaisirs à tirer de la vie, celui de la « dive bouteille » étant le plus recommandé. Il est assez fréquent que des monômes soient organisés ici, autour d’un tonneau de vin de Mireval, mis en perce.

En 1910, l’Union des Etudiants voulut élever un monument à Rabelais, sur l’Esplanade, à proximité du local de l’association. A l’instigation de Paul Ravoire, leur Secrétaire Général, une souscription fut lancée et un grand concours national, ouvert auprès des sculpteurs. Deux projets sur sept furent retenus, celui de Jacques Villeneuve devançant celui du bitterois Magrou par 12 voix contre sept au jury. Ce choix entraîna une violente polémique journalistique. Pendant quatre années, les gazettes locales se déchaînèrent.

Il fallut la première guerre mondiale pour apaiser les esprits. Quelque opinion que l’on ait de cette oeuvre, que ses détracteurs comparaient à un cheminée ou une pendule, il est difficile actuellement d’imaginer la virulence de la querelle qui partagea les montpelliérains. Les rancoeurs étant calmées, il fut décidé d’élever le monument au Jardin des plantes. L’inauguration eut lieu le 21 octobre 1921, à l’occasion des grandioses fêtes du VIIème centenaire de la Faculté de Médecine. La foule réconciliée pouvait goûter un florilège de beaux discours.

Article du Journal l’Eclair du 7 novembre 1921 :

« A dix heures sonnantes, Monsieur le Président Millérand est venu s’asseoir, entouré des Ministres, sur l’estrade aménagée devant le monument de Villeneuve. La tribune des orateurs est dressée en face. Les délégations professorales de nos facultés, précédées de leur Doyen, les délégations françaises et étrangères, sont présentes en costumes d’apparat. Autour du piédestal ont pris place les porteurs de drapeaux et bannières, ainsi que les choristes de l’Ecole Normale qui nous donnèrent une interprétation nuancée de l’hymne national et la cantate Au drapeau, accompagnée par la Sainte-Cécile. »


(Merci à Diesel Montpellier)


Autres clichés d’époque du monument.

Rabelais

 

Rabelais