Thèse – La faluche, histoire, décryptage et analyse, Guy Daniel, thèse pour le doctorat en médecine, Lille, 1990

 


Prologue

Cette thèse peut paraître légère sur son contenu avec tout ce que nous connaissons maintenant. Mais il faut remettre les choses dans leur contexte.
A l’époque (en 1990), la Faluche renaissait de ses cendres après toute la vague de mai 1968 et l’omniprésence d’associations politisées. La Faluche avait perduré grâce à des filières longues comme Médecine ou pharmacie, mais sans cela, elle n’aurait été qu’un vague souvenir du folklore étudiant. Nous ne connaissions à peine l’histoire de la Faluche et certains avançaient même le fait que les étudiants avaient ramené la Faluche de Venise!!!!

Guy Daniel a donc fait des recherches et rassemblé les connaissances de l’époque dans cette thèse qui est la base de tout les travaux qui existent maintenant. La Faluche doit donc avoir une grande reconnaissance à ce que vous allez lire ci dessous.

Merci Docteur

P’tit Joe

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2009 – Les désordres de la chaire

Les désordres de la chaire - monome etudiants
Les désordres de la chaire

La renommée intellectuelle de Toulouse date de… l’Antiquité. L’école de Toulouse jouissait d’une excellente réputation dans le monde méditerranéen en rhétorique et en grec grâce au talent de ses grammatici (maîtres es lettres) et de ses rhetores (professeurs d’éloquence). Au IVe siècle de notre ère, le brillant rhéteur Arborius est même appelé à Constantinople où il est chargé de l’éducation d’un des fils de l’empereur. Parmi les « étudiants » de ces temps lointains figure le poète bordelais Ausone, qui fait allusion dans de beaux vers à Toulouse sa « nourrice ».

 

Le contexte dans lequel naît l’Université de Toulouse en 1229 n’a, lui, rien de poétique. Ce 12 avril, le comte de Toulouse Raimond VII capitule et signe le traité de Paris après les vingt ans de croisade contre l’hérésie cathare qui ont mis le Languedoc à feu et à sang. Le traité prévoit la fondation d’une Université de quatorze professeurs pour introduire dans la cité l’enseignement de la foi et extirper l’hérésie.

On dépêche sur place d’éminents maîtres parisiens, pressés de remettre ces épouvantables Toulousains dans le droit chemin. Parmi eux, un certain Jean de Garlande qui invite les étudiants de tous pays à venir à Toulouse, « où Bacchus règne dans les vignes, où Cérès règne dans les champs ». Malgré cette publicité dithyrambique, Jean de Garlande reçoit un accueil glacial de la part de la population. Son activisme le contraint à quitter rapidement la ville, sur une barque jusqu’à Castelsarrasin, puis déguisé en pèlerin… Ses collègues lui emboîtent vite le pas.

L’Université se renouvelle alors avec des professeurs méridionaux. Impliqués dans la vie de la cité, ils enseignent dans plusieurs facultés : les arts (lettres et sciences), la théologie, première dans l’ordre des préséances, et enfin le droit. La médecine, éclipsée par Montpellier, fait figure de parent pauvre : en 1411, Charles VI s’indigne que cette discipline soit exercée par des ignorants, mais aussi, comble de l’abomination, par… des femmes.

 

Un capitoul poignardé

La jeune Université toulousaine est placée sous l’autorité d’un chancelier appartenant au clergé, d’un recteur, et du conseil, qui délibère sur toutes les questions la concernant. Et il y a fort à faire. Car les « écoliers », comme on les appelle alors, sont nombreux, près de 2000 à la fin du XIVe siècle, et remuants.

Sur les bancs des facultés ou dans les cafés, se côtoient des fils de bonne famille et des nécessiteux, des jeunes gens de moins de 15 ans et d’éternels étudiants que rien ou presque ne distingue des clochards. Les plus méritants et les plus chanceux sont hébergés dans les collèges (Saint-Martial, de Périgord, Maguelonne, de l’Esquile, de Foix…) fondés par de riches Toulousains dans le futur quartier des études, à proximité de la rue du Taur et de la rue des Lois.

Les étudiants toulousains, parmi lesquels figurent quand même trois futurs papes d’Avignon, sont alors particulièrement teigneux. Ils ne font pas bon ménage avec la police, pas plus qu’avec les capitouls qui administrent la cité. Jusqu’à leurs condisciples ou à leurs professeurs auxquels ils cherchent des noises.

Le pape les exhorte au calme. En vain. Ils manient facilement l’épée ; leurs banquets dégénèrent en rixes ; les cours sont perturbés. En principe, les autorités municipales ne peuvent rien faire car les fauteurs de troubles relèvent des tribunaux ecclésiastiques. En principe seulement… En 1292, une rumeur parvient jusqu’aux oreilles de Philippe le Bel : elle fait état d’étudiants torturés puis noyés, de nuit, dans la Garonne sur ordre des capitouls.

Quarante ans plus tard, un capitoul qui tentait de restaurer le calme lors d’un chahut reçoit un coup de couteau du front jusqu’au menton et perd onze dents par la même occasion. Le coupable, Aimeri Bérenger, est décapité sur décision des consuls après un traitement de choc : on lui arrache le poing et on le traîne dans les rues attaché à la queue d’un cheval…

L’Université de Toulouse, et surtout sa faculté de droit, brille tout particulièrement à la fin du XIIIe et au début du XIVe siècle grâce aux doctores tholosani, les docteurs toulousains, comme Guillem de Ferrières ou Arnaud Arpadelle, le commentateur des coutumes de Toulouse. Encore faut-il que ces grands juristes parviennent à faire cours…

Les professeurs se livrent à la lectura et à la disputatio dans des salles prêtées ou louées pour l’occasion. La lectura consiste à lire purement et simplement un corpus d’ouvrages de A à Z en agrémentant la leçon de commentaires, en latin évidemment. Un reportator retranscrit parfois les paroles du professeur quand la pagaille n’est pas trop grande. « Aujourd’hui, je n’ai rien pu noter, ni entendre, les étudiants sifflaient », signale un malheureux sténographe en 1315. La disputatio captive davantage l’auditoire : le professeur peut y briller, surtout dans l’exercice du quodlibet, où il accepte de répondre à n’importe quelle question sur n’importe quel sujet posée par de jeunes étudiants, bacheliers, licenciés ou docteurs.

 

Amphithéâtres incendiés

Du XVIe au XVIIIe siècle, les étudiants toulousains ont le choix entre quatre facultés, art, théologie, droit et médecine, qui se laïcisent progressivement sous l’autorité du Parlement. Affaiblie un temps par la crise économique, la peste et la guerre de Cent ans, l’Université bénéficie de nouveau du prestige de sa faculté de droit dès la première moitié du XVIe siècle. Les écoliers se pressent dans les beaux amphithéâtres inaugurés en 1521 dans l’actuelle rue Lautmann. Parmi eux, de grands esprits : l’imprimeur humaniste Étienne Dolet, Michel de l’Hospital, qui deviendra chancelier de France, Montaigne, dont la mère est toulousaine, et son célèbre ami La Boétie. Jusqu’à Pantagruel que Rabelais fait séjourner à Toulouse !

De brillants professeurs comme Arnaud du Ferrier ou le très populaire Jean de Coras, qui attire à ses cours des milliers d’auditeurs, enseignent le droit romain. Hélas, faute de poste, Jacques Cujas, le meilleur juriste de son temps, part de Toulouse pour Cahors, puis Bourges.

Omniprésent, le Parlement, dont la création remonte à 1443, surveille les étudiants de très près. Interdiction des salles de billard et de jeu de paume dans un certain périmètre autour des amphithéâtres, décence des vêtements, bonne tenue des bals, contenu des cours, respect des horaires, exhortations à se tenir tranquilles…

Les écoliers restent cependant tout aussi querelleurs et violents qu’au Moyen Âge. Les insolences, les entrées illicites dans la « bouteillerie », les injures font le quotidien des collèges (il y en a une vingtaine au XVIe siècle). Regroupés en « nations » de Gascons, Provençaux, Bretons, Français, Espagnols, les étudiants en viennent vite aux armes, dont l’achat est financé par le prélèvement d’un « droit de bienvenue » sur leurs nouveaux compatriotes.

En 1540, le Parlement fait clouer l’épée d’un bagarreur à la porte des amphithéâtres. Ses camarades l’arrachent aussitôt et mettent le feu aux salles. Le coupable est pendu. En 1581, une gigantesque rixe entre étudiants et soldats de guet fait de nombreuses victimes. En 1604, un capitoul qui voulait faire respecter les arrêts du Consistoire est assassiné. Ordonnances, arrêts, envoi aux galères, châtiments corporels, exécutions : rien ne semble décourager ces jeunes gens ingouvernables, qui sont les bêtes noires de la population.

Les affrontements idéologiques des temps alimentent aussi les violences et les polémiques. Le jeune Étienne Dolet se fait arrêter pour avoir défendu des thèses humanistes dans les années 1530. Plus tard, les guerres de religion visent tout autant les étudiants que les professeurs soupçonnés de sympathie avec le protestantisme. En 1572, Jean de Coras est pendu au grand ormeau de la cour du Parlement dans sa robe rouge de cérémonie.

 

Opposition au régime

La discipline, encore déplorable sous Louis XIII, s’améliore un peu avec son successeur. Au XVIIe siècle, l’Université de Toulouse offre pourtant une bien piètre image comme en témoigne une consternante enquête officielle de 1668. Les professeurs « font corvée d’aller aux écoles, s’absentent des jours, des semaines, des mois et des années entières », les vacances durent « depuis la Saint-Jean jusqu’à la Saint-Martin ». Les étudiants, libertins et oisifs, acquièrent leurs grades « sans avoir étudié le temps porté par les statuts, ou pour mieux dire sans avoir étudié ».

Au siècle des Lumières, l’Université accueille dans des locaux vétustes et délabrés environ un millier d’étudiants dont près de la moitié à la faculté de droit – il y existe depuis 1679 une chaire de droit français dont le titulaire enseigne, c’est une nouveauté, dans la langue nationale. Ces derniers demeurent tout aussi belliqueux, et toujours prêts à en découdre quand un camarade est rossé par la police pour avoir sifflé trop fort à la comédie. « Enseignement sans vie, études sans force, discipline sans vigueur, abus de tous genres », constate un nouveau rapport…

Supprimée par la Convention, l’Université renaît sous Napoléon 1er sous la forme de quatre facultés en 1808. Peu de succès pour celles de théologie et de sciences dont le baccalauréat ne présente plus trop d’intérêt. La faculté de lettres organise par contre les examens du baccalauréat qui permet de s’inscrire en droit. Elle délivre 170 diplômes par an sous la Restauration, 240 après 1830. Un vrai record ! Les cours du philosophe et homme politique Gatien-Arnoult font salle comble auprès d’un auditoire qui a soif de culture et d’ouverture idéologique.

La faculté de droit, avec près de 600 inscrits continue à faire le renom de Toulouse, seconde ville universitaire de France après Paris. L’école de médecine, qui forme des officiers de santé, reprend son titre de faculté en 1891 seulement.

Les étudiants conservent tout leur mordant et s’opposent en général au régime quel qu’il soit. Ils manifestent au Grand Rond, au Pont des Demoiselles, dans les théâtres… Sous le Second Empire, acquis, comme leurs professeurs, à la cause républicaine, ils se montrent remuants sans aller jusqu’à la révolte.

 

Des carnavals à mai 68

À la veille de la Première Guerre mondiale, les inscriptions en faculté atteignent presque le seuil des 3000. Les étudiants toulousains, de plus en plus nombreux en lettres (où fait cours un certain Jean Jaurès…) et en sciences, bénéficient des échanges avec Madrid, Barcelone, Burgos, Saragosse, et profitent des différents instituts à vocation scientifique de la ville. Leur chahut dans les lieux publics est toujours aussi mal accepté par la société toulousaine.

Pour encadrer cette jeunesse fêtarde et turbulente, le quotidien La Dépêche crée en 1886 avec le recteur Perroud une Association générale des étudiants toulousains. Laquelle revoit vite à la baisse ses ambitions culturelles et sociales et se borne à mettre sur pied des bals de charité… Outre le bizutage hérité du Moyen Âge et ses rituels d’intégration, cocktail explosif de brimades et d’esprit potache, apparaissent de nouveaux folklores. Les étudiants se mettent à porter la faluche, cette galette noire ornée d’insignes inspirée du béret de Bologne. Les faluchards font même la Une de l’Écho des étudiants de Toulouse en 1930.

Accroissement constant du nombre d’étudiants, explosion des effectifs en médecine, pharmacie, sciences et lettres, déménagement des facultés en périphérie (Rangueil en 1968 pour la médecine puis les sciences, le Mirail en 1973 pour les lettres) : le XXe siècle marque un tournant dans l’histoire de l’Université de Toulouse, avec le grand coup de volant de mai 68.

Sur les murs : « Les chemins de l’excès mènent à la sagesse », « Se soumettre, ou résister et vaincre ». Trente mille étudiants, entassés dans des amphis et des bibliothèques bondés : il y avait là encore une raison de se battre.

 

redaction@depechemag.com

Anne Le Stang


article trouvé sur le site de la dépêche du midi: http://www.ladepeche.fr/article/2009/10/21/698800-les-desordres-de-la-chaire.html


 

2010 – La bastide-de-serou. Les faluchards viennent se rencontrer

Pourquoi vous appelle-t-on les faluchards ?

Parce que nous portons un grand béret noir nommé faluche.

faluche

Connaissiez-vous l’Ariège ?

Eh bien non ! Nous venons de loin, de Bordeaux, de Paris, Marseille, Grenoble, Strasbourg, Lyon, Dijon… Chaque week-end faluchard est toujours l’occasion de découvrir un bout de France et la gastronomie locale.

Pourquoi ces rassemblements ?

Pour sortir de notre monde, pour rencontrer des étudiants de toutes les filières, pour le plaisir de discuter, de se mélanger et d’échanger. Pour les différences. Aujourd’hui nous sommes 200 : des étudiants des grandes écoles, du bloc santé, des BTS, des lettres, des ingénieurs… D’anciens étudiants aussi qui ont les moyens de nous gâter avec la gastronomie locale, que nous ignorions. Ce week-end, c’était le saucisson.

Un rassemblement d’autant de jeunes peut paraître effrayant ?

Et pourtant, nous sommes doux et pacifiques. Nous nous définissons par les valeurs étudiantes selon François Rabelais. Nous sommes apolitiques et non confessionnels. Chez nous, il n’y a pas de sexisme. Nous n’avons rien à voir avec les bizutages et leurs violences. Lorsqu’un étudiant entre dans l’Amicale des faluchards, c’est elle ou lui, dernière ou dernier baptisé (e), qui s’amuse le plus.

A quand votre prochain week-end ?

A Aix-en-Provence, la semaine prochaine ( lire cette semaine) ; les faluchards de ce week-end ne s’y rendront pas obligatoirement. Nous ne pouvons parcourir des milliers de kilomètres chaque fin de semaine. Et quand il y a grève des trains et des raffineries de pétrole, comme en cette période, annulez-vous les week-ends ?

Surtout pas. On s’organise et on arrive à se retrouver sur les lieux du week-end faluchard.

La Dépêche du Midi


Article trouvé sur le site de la dépêche du midi: http://www.ladepeche.fr/article/2010/10/31/938738-la-bastide-de-serou-les-faluchards-viennent-se-rencontrer.html


2012 – La Bastide-de-Sérou. Un week-end avec les faluchards

faluche congres

Les faluchards sont les étudiants portant la faluche, béret noir par lequel ils se définissent et reconnaissent.

Ils se disent héritiers de la philosophie de Rabelais ; ils cultivent l’humanité, la convivialité et le goût des rencontres ; ils combattent le sexisme, sont facétieux et joyeux. Cette mouvance spirituelle est codifiée et structurée depuis 124 ans.

Les week-ends à La Bastide-de-Sérou sont organisés par l’association Faluche et tradition toulousaines.

Annah, étudiante à l’université Paul-Sabatier, de Toulouse, et présidente de cette association (FETT), nous disait que celle-ci travaillait en partenariat avec l’office de tourisme du Séronais. Faluche et tradition toulousaines avait, en effet, commandé 200 baguettes à la boulangerie du village et avait retenu le dernier repas du week-end au Mac Do de Foix.

En 2014, les faluchards toulousains organiseront le 126e anniversaire de la faluche.

 

La Dépêche du Midi


Article trouvé sur le site de la depêche: http://www.ladepeche.fr/article/2012/10/27/1475998-la-bastide-de-serou-un-week-end-avec-les-faluchards.html


 

2012 – Ils portent fièrement la faluche au « Rép »

Ambiance pleine de gaîté au République, place de l’Hôpital pour la réunion des Faluchards. Une tradition étudiante qui permet de mélanger et de réunir plusieurs filières universitaires.

Solène, Élodie, Myriam, Fabien et Armand restent fidèles au port de la Faluche, la coiffe des étudiants de France depuis 1888. Ce béret de velours noir est orné de rubans de couleur et d’insignes qui retracent la vie de l’étudiant. Un code écrit permet d’assurer une homogénéité au sein du mouvement faluchard, afin que chaque étudiant puisse lire la faluche et connaître le parcours de chaque personne.

faluchard lyon


Article trouvé sur le site du Progrès


INTRODUCTION à la FALUCHE

La faluche est la coiffe traditionnelle des étudiants de France et remplace la toque datant du Moyen Âge. C’est un béret de velours noir orné de rubans de couleur et d’insignes.

À l’origine, « faluche » est le nom du béret porté par plusieurs traditions estudiantines, notamment les bitards, les basochards et les faluchards. Au fil du temps, la faluche a été associée presque exclusivement aux faluchards, alors que d’autres folklores la portent.

HISTOIRE

À la suite de manifestations en 1884, nait l’Association générale des étudiants de Paris (l’«A»). Le 12 juin 1888 les étudiants parisiens sont invités à fêter les 800 ans de l’université de Bologne. La délégation française, avec leurs vêtements sombres égayés d’une cocarde à la boutonnière et d’un ruban en sautoir aux couleurs de la ville de Paris, émerveillée par la plus grande rencontre de costumes et de coiffures écolières du monde, se sentit « pauvre ». En effet, on pouvait y voir défiler toutes les formes de costumes et de coiffures des étudiants européens : les pennes des étudiants belges de facultés laïques, les Espagnols arboraient les tunas et leur capes à rubans, signe de leur appartenance à une université précise, les coiffes allemandes, larges casquettes plates sans rebords, les minces képis à petites visières des étudiants suisse, le chapeau façon Louis XI des étudiants italiens, etc. Elle décida donc d’arborer une coiffure spécifique pour les étudiants français présents. Elle choisit le béret de velours noir des habitants de la région bolonaise en souvenir du congrès qui fut, parait-il, magnifique.

Mais c’est le 25 juin 1888, lors du retour de la délégation à Paris, que la faluche est réellement lancée. Son port s’est généralisé lors du VIe centenaire de l’université de Montpellier qui eut lieu du 22 au 25 mai 1890. À l’origine, elle était portée vierge puis sont apparus le ruban circulaire, les insignes, les rubans…

paris vie étudiante Mi-Careme 1894 cafe Voltaire

Affiche 1945 Congrès de l'UNEF Union nationale des étudiants de FranceLors de l’occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, le port de la faluche est interdit avec une tolérance le jour de la saint Nicolas. Elle est jugée trop nationaliste ; les Allemands y voient un moyen de rassemblement et de résistance (système de messages codés avec les insignes). Pour anecdote, le 11 novembre 1940, des étudiants de l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) manifestent en faluche sur les Champs-Élysées ; les Allemands ouvrent le feu (plaque commémorative près de l’Arc de Triomphe).

Mais les évènements de Mai 68 appelant à un rejet de tout carcan entraînent un rejet en masse de la coiffe étudiante.

Les codes, d’abord transmis oralement, divergeaient selon les universités. C’est pourquoi une synthèse fut faite à Lille le 8 mars 1986 ; celle-ci est inspirée du code toulousain. Il fut adopté comme code national en décembre 1986 à Toulouse et c’est à ce moment-là que débute la notion de Grand Maître. Puis en 1988, lors du centenaire de la Faluche à Reims, est édité un nouveau code plus complet tenant compte des particularités montpelliéraines. La même année a lieu le congrès des 100 ans de la faluche, à Reims. Depuis, un congrès-anniversaire a lieu tous les ans dans une ville différente.

ORGANISATION:

Les faluchards dépendent la plupart du temps d’une association étudiante de filières, d’une corporation ou d’un bureau des élèves et ceci dans la plupart des grandes villes universitaires françaises. Un Grand-Maître (GM) est alors désigné comme garant des traditions, du bon déroulement des baptêmes et du comportement des faluchards. Selon les traditions locales, il est parfois appuyé par un Grand-Chambellan (GC) qu’il choisit ou qui est élu. L’insigne de ces responsables est une croix, sur laquelle se trouve inscrit « au mérite ». Ils la portent au bout d’un ruban de la couleur de la filière qu’ils représentent. La croix de GM est émaillée de blanc et celle de GC est dorée.

Il existe également des ordres au sein de la faluche, créés au gré des années. L’appartenance à une confrérie étudiante peut être signalée sur la faluche par un ruban ou un insigne particulier à chaque confrérie.

UNE COIFFE CODIFIEE:

étudiants en faluche Les couleurs et insignes portés sur la faluche retracent la vie de l’étudiant. Un code écrit permet d’assurer une homogénéité au sein du mouvement faluchard afin que chaque étudiant puisse « lire » la faluche et ainsi connaître le parcours de chaque personne. Une synthèse des différents codes régionaux est réalisée le 8 mars 1986 à Lille. Le descendant de ce code national est remis à jour chaque année depuis le centenaire de la faluche en 1988.

 Voici une introduction rapide de la Faluche. A vous de découvrir tout ce qui fait son histoire au sein de ce site.

CONSTITUTION D’UN MUSEE:

Le but du site WWW.FALUCHE.INFO est de rassembler tout ce qui a fait, fait ou fera l’histoire de la Faluche, aussi bien en documents papiers, en vidéo, en photos qu’en pin’s. Nous tentons donc de rassembler, d’acheter tout ce qui peut nous tomber entre les mains. Malheureusement, nous sommes tous bénévoles et c’est sur nos deniers personnels que tout ceci est collecté. Ce travail, commencé il y a presque 15 ans, nous a permis de rassembler des centaines de pièces. Lire la suite…


Pourquoi des fonds sont-ils nécessaires?

Parfois, quelques uns d’entre vous se demandent pourquoi faluche.net aurait besoin de fonds pour constituer son musée. Je vous mets ci dessous les captures d’écran de plusieurs photos qui ont un intérêt historique indéniable pour la vie du monde étudiants et de la faluche. Malheureusement, à 50 euros pièces, il nous reste à gagner au loto.  😉 

Faluche musée