2ème Congrès de la Fédération internationale des Etudiants – Paris – août 1900

La Fédération Internationale des Etudiants fût une organisation regroupant les étudiants au niveau mondial, hors de toute considération politique, religieuse, commerciale ou même humanitaire. Elle était également appelée « Corda Fratres » (de plus amples informations sont disponibles ici)

 

L’article suivant est paru le 25 août 1900 dans le périodique « L’illustration ».

congrès international étudiants paris 1900

 

On notera la coiffe du Président de ce second Congrès International (une faluche), ainsi que les coiffes semblables des représentants danois, suédois et finlandais.

45 tours « La Faluche » – Choeur Des Etudiants De L’Université Catholique De Paris

Vinyl 45 tours – La Faluche

« La Faluche » fut le Choeur des étudiants de l’Institut Catholique de Paris après la Seconde Guerre Mondiale. Il a existé sous ce nom jusqu’en 1975, avant d’être remplacé par l’association loi 1901 « Choeur et Orchestre de Musique en Sorbonne » [1]. Concernant sa date de création, il est au moins sûr que le Choeur existait en août / septembre 1949, puisqu’un curé canadien l’avait confondu avec la Chorale, groupement de scoutisme parisien [2].

 

Ce 45 tours, paru en 1963 (selon la BNF [4]) regroupe 4 chants du folklore français, sous la direction de Jacques Grimbert:

-face 1: « Quand la Marie » (folklore du Poitou) (pour l’écouter, cliquez >> ici << )

{youtube}pMoV2z1Mrpg{/youtube}

-face 1: « Colchiques dans les prés » (Francine Cockenpot, auteur de plus de 800 chants et musiques véhiculés par les mouvements de jeunesse, notamment le scoutisme [3]) (pour l’écouter, cliquez >> ici << )

{youtube}MoST-CD3_Hk{/youtube}

-face 2: »En passant par la Lorraine » (folklore français) (pour l’écouter, cliquez >> ici << )

{youtube}iD11vv9nlbM{/youtube}

-face 2: « Otoya » (folklore du pays Basque) (pour l’écouter, cliquez >> ici << )

{youtube}NEdVRtlilIk{/youtube}

 

 

[1]: Chœur et Orchestre de Musique en Sorbonne, dossier général 2012, sur www.toccataeurope.eu/

[2]: Histoire de la Chorale – Comment tout a commencé – Prélude et ouverture, par Marcel Gouge, sur michel.brunetti.pagesperso-orange.fr/

[3]: www.fr.scoutwiki.org/Francine_Cockenpot ; www.triofrancinecockenpot.eu/francine.htm

[4]: catalogue.bnf.fr/

1936 – Paris – Les étudiants en médecine et en droit

Note dactylographiée: « La corporation des Etudiants en médecine a reçu hier soir sur le mode rabelaisien, à l’ombre de la statue de Vulpian, la Corporation des Etudiants en Droit« .

La statue de Vulpian se situe dans la rue de l’Ecole de Médecine à Paris. Agence Trampus, Paris, rue du Bouloi.

corporation des Etudiants en médecine Faluche

 

Edmé Félix Alfred Vulpian (5 janvier 1826 à Paris – 18 mai 1887 à Paris) est un physiologiste et neurologue français, médecin des hôpitaux et professeur d’anatomie pathologique et de pathologie expérimentale. (plus de renseignement sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Vulpian)

Médaille de l’Association Générale des Etudiants de Paris

C’est dans ce contexte et afin de reconnaitre les efforts de l’Association et de ses membres, qu’en 1892, M. le Directeur des Beaux Arts commandait au sculpteur Oscar Roty la médaille de l’A. Le 9 janvier 1893, la médaille fut officiellement remise à l’Association par M. Charles Dupuy alors Ministre de l’Instruction Publique dans la grande salle du Conseil de la Nouvelle Sorbonne.

La partie face de la médaille fait référence à la Jeunesse qui y est représentée entre le Force, tenant l’épée, et l’Étude, tenant le livre. Comme il est précisé dans l’Annuaire de l’A, « studieuse et forte : impossible de symboliser l’Association d’une manière plus précise et plus fidèle ».

Le côté pile de la médaille précise dans un cartouche les noms des dignitaires et représentants de la République :

– M. Carnot : Président de la République

– M. Bourgeois : Ministre de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts

– M. Gérard : Vice Recteur de l’Académie

– M. Liard : Directeur de l’Enseignement Supérieur

– M. Roujon : Directeur des Beaux-Arts

A l’issue des célébrations de remise de la médaille, le Comité de l’A organisa, le 25 février 1893, un grand bal qui se tint dans les salons du Ministère des Affaires Étrangères auquel, le Président de la République et son épouse Mme Carnot « avaient bien voulu en rehausser l’éclat par leur présence ». Ce bal au caractère bien particulier fut agrémenté par la remise d’un médaillon en souvenir des festivités.

En savoir plus sur Oscar Roty : http://www.oscar-roty.fr/article/oscar-roty-un-graveur-dans-la-republique.html

1988 – Réapparition de la Faluche

Les dictionnaires ne peuvent guère les renseigner à ce sujet. Le Robert {Dictionnaire de la langue française, éd. 1977) rappelle seulement que c’est un « béret d’étudiant » (terme d’origine obscure). Le Larousse {Grand dictionnaire encyclopédique, éd. 1983), signalant que c’est un terme vieilli (dont l’étymologie serait à rechercher dans le lillois faluche, galette ?), indique que c’est le béret de velours noir des étudiants.
Ce béret aurait cent ans d’existence. Il aurait été adopté par les étudiants français à l’occasion d’un congrès international auquel tous les étudiants étrangers portaient des coiffures spéciales, généralement des casquettes de couleurs vives.
On peut se demander s’il n’a pas été choisi alors à l’imitation du béret alpin. Ne s’en coiffe-t-on pas de la même façon ? N’en a-t-il pas la forme et l’ampleur ? Serait-ce d’ailleurs une coïncidence si justement le béret alpin a également cent ans, sa description ayant été précisée par une décision ministérielle du 24 mars 1889 ? Il comporte trois parties : un bourrelet de tête d’une hauteur de 18 mm, qui se rentre à l’intérieur quand on se coiffe du béret ; une couronne et un turban qui, tissés en laine d’une seule pièce et sans couture, ne peuvent se distinguer que lorsque le béret est à plat, le turban réunissant au bourrelet la couronne dessus du béret.
La faluche comprend pareillement une couronne et un turban en velours noir d’une seule pièce, mais au lieu d’un bourrelet, un bandeau qui n’est pas rentré à l’intérieur quand on coiffe le béret. Ce bandeau, de 40 mm de hauteur environ, est traditionnellement recouvert d’un ruban de la couleur attribuée à la faculté : rouge pour les étudiants en droit, velours cramoisi pour ceux de médecine, amarante ceux des sciences, jaune d’or pour ceux des lettres et velours vert pour ceux de pharmacie.

Dans certaines associations d’étudiants, comme à Paris, la faluche ne comporte pas ce seul ruban sur le bandeau, mais parfois bien d’autres ornements : rubans au travers de la couronne, divers insignes généralement métalliques sur le bandeau ou la couronne, armoiries de la ville universitaire brodées ou sur écusson de métal, etc. Il n’est évidemment pas question de les décrire ici, ni d’en indiquer la signification.

Cette réapparition de la faluche sera-t-elle durable ? Ce que l’on peut en dire actuellement, c’est qu’à Paris, elle serait portée par quelques étudiants en droit et en pharmacie. Pour ces derniers, en juin 1988, une quarantaine d’étudiants s’en était procuré une et beaucoup plus en province. La photo ci-jointe représente une manifestation en l’honneur de la faluche organisée le 22 juin 1988 à laquelle Mlle le Professeur Bournique avait été invitée ainsi que moi-même en qualité de président de la Société d’Histoire de la Pharmacie.

 

GROUPE D'ÉTUDIANTS EN PHARMACIE PARISIENS PORTANT LA FALUCHE

GROUPE D’ÉTUDIANTS EN PHARMACIE PARISIENS PORTANT LA FALUCHE
(au premier plan, M. le Doyen honoraire G. Dillemann et Mlle le Pr C. Bournique)

Georges DILLEMANN.

 


In: Revue d’histoire de la pharmacie, 76e année, N. 279, 1988. pp. 369-370.

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pharm_0035-2349_1988_num_76_279_3005


 

1905 – Caen – Les fêtes du Souvenir Normand

 

Faluchards de Caen

« Vous connaissez le Souvenir normand qui groupe par des fêtes populaires dans tous les pays normands les hommes pieux du souvenir des beaux gestes que la race fit à travers le monde, histoire et légende. Vous n’ignorez pas les fêtes de Corneville pour élever dans le clocher symbolique de la réconciliation entre Normands anglais et français ce gracieux carillon dont l’une des plus belles cloches, la Canadienne, a été donnée par souscription des dames canadiennes. Vous avez lu les récits de notre pèlerinage au champ de bataille historique de Hastings, où Saxons et Normands ont scellé leur réconciliation par des journées de belle cordialité et par une fête d’art populaire de sept journées inoubliables, en août 1903.

Vous avez suivi le souvenir normand à Rouen, où, l’an dernier, sur la terre sainte de Jeanne d’Arc, le maire d’Hastings, en robe rouge, entouré d’une délégation d’Anglais vint pieusement posé une tige de lys en fer forgé, comme hommage et amende honorable à la sainte du patriotisme.

Cet été, du 5 au 10 août, la ville de Caen — capitale de la Basse-Normandie, où reposent Guillaume le Conquérant et Mathilde, sa femme, les fondateurs de la dynastie royale d’Angleterre et à la fois la souche de tous les vrais chrétiens d’Europe — la ville de Caen va donner de belles fêtes du Souvenir normand qui seront surtout d’un caractère d’art traditionnel et populaire. On inaugurera la statue du grand légiste Demelombe, connu de tous les juristes, car c’est la loi normande qui gouverne le monde chrétien.

À Falaise, berceau du Conquérant, on jouera le 9 août, en plein air, un grand drame lyrique…

Le clou de la fête sera sans doute, à côté de cette représentation comique, la présence d’invités venus de toutes les «Normandysseurs». Et parmi ces invités distingués, des représentants en uniforme des armées de la paix des Normands : Angleterre, Suède, Norvège, Danemark, Russie (fondée par Normand Rurik), Grèce, Italie.

Dans cette représentation pacifique de Normands du monde entier, le Canada ne pouvait être oublié par les fondateurs du Souvenir normand qui, depuis les fêtes du Vieux Honfleur, ont pris l’agréable habitude de qualifier le Canada de Normandie d’Amérique.

M. Turgeon, qui doit être à l’inauguration de la statue de Jacques Cartier à St-Malo, ne refusera pas notre invitation d’être avec nous à Caen et à Falaise. De Paris, les étudiants canadiens ne peuvent manquer d’assister à la fête des étudiants normands de Caen avec leurs camarades de la «Boucane»; les artistes canadiens viendront de même y assister avec le bon sculpteur Ph. Hébert.

 

 

Les étudiants de Caen goûtent les meilleurs crus de la Beuverie

Mais il est des Canadiens que le Souvenir normand aimerait à voir se joindre à tous les Normands de la paix de voir, à côté des volontaires de Jersey ou du Sussex quelques volontaires portant l’uniforme anglais et français, venue des bords du St-Laurent ? Pris par le temps, n’ayant ni liste, ni adresse des corps de milice de la province de Québec ou du Manitoba, ou du pays de l’ancienne Acadie, comment faire utilement des invitations ?

Je prends le moyen le plus court, d’écrire à La Patrie en la priant de publier cet appel et cet avis.

Parmi les nombreux Canadiens qui vont en France et en Angleterre, cette année, quelques-uns ne peuvent-ils emporter leur uniforme de volontaire, et venir montrer dans l’état-major des armées normandes de la paix à Caen, pendant les fêtes du Souvenir normand, les couleurs pacifiques et fières de leur pays ?

Nous les invitons de grand cœur, au nom du Souvenir normand, avec l’assentiment de l’honorable maire de Caen. Ils sont sûrs de recevoir parmi les Normands de la vieille Normandie un accueil cordial.

Mais si je pouvais exprimer un vœu personnel, je dirais que ma joie serait à son comble si, parmi les Canadiens volontaires, je pouvais avoir l’honneur de présenter aux autorités normandes un représentant en uniforme des volontaires de Québec et un volontaire de la Garde Ville-Marie.

En terminant, permettez-moi d’exprimer le désir de voir à Caen beaucoup de canadiennes et des journalistes confrères, qui seront bien accueillis chez les Normands de France. »

 


Relaté par Hervé Giraud


 

2012 – Ouest-France – Les faluchards caennais fiers de leurs traditions – Caen

La légende remonte à plus de 800 ans. À l’époque, des étudiants de l’Europe entière se sont retrouvés à Bologne, en Italie. Tous alors avaient une coiffe distincte, pour chaque pays. Sauf les Français. De là est née la faluche, un béret noir arboré par les étudiants de l’Hexagone.

Depuis, la tradition persiste. Le week-end dernier, tous les faluchards de France se sont même donné rendez-vous pour leur 124 e congrès annuel, à Paris. L’occasion pour eux de se retrouver et de faire la fête.

À Caen, c’est tous les mardis soirs que les faluchards se retrouvent au bar « Le Cla’b », rue Saint-Laurent. Romain, 25 ans, étudiant en sociologie explique : « Ici on se retrouve pour bien boire, bien manger. On vient de toutes les filières et on est membres de plusieurs associations ».

Julie, 32 ans, a terminé ses études de radiologie mais ça ne l’empêche pas de rejoindre les faluchards : « Il faut savoir que, même si on ne le voit pas, ce sont surtout des faluchards qui s’occupent des associations étudiantes ».

Un esprit très rabelaisien

Romain a lui-même confectionné sa coiffe. Il la décrit avec fierté : « Sur une faluche, des emblêmes. On peut tout savoir d’un étudiant : sa filière, le nombre d’années terminées, les résultats aux examens. Une étoile dorée, c’est une année validée. Une étoile argentée, une redoublée. Après des insignes peuvent s’ajouter. J’ai la fourchette de fin cuistot car je cuisine souvent pour les soirées. J’ai aussi le ciseau, comme j’ai créé moi-même ma faluche. »

Leurs valeurs ? « On a un esprit très rabelaisien. On est des bons vivants mais la réussite est aussi très importante. On récompense les bons étudiants ou au contraire, on peut distribuer des blâmes. »

Pour devenir faluchard, il faut avoir fait ses preuves lors du baptême : « Ce n’est pas méchant du tout, ce n’est pas un bizutage. On n’en garde tous de très bons souvenirs, mais ça doit rester secret ».

Entre faluchards français, la solidarité est forte. « On peut arriver dans n’importe quelle ville, un collègue nous accueillera. Même avec des étudiants étrangers, car il y a aussi des faluchards belges, italiens, espagnols… On aime aussi s’échanger des bons produits », explique Julie.

Lucie BACON.

Les faluchards caennais fiers de leur tradition


article trouvé sur le site de Ouest France: http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Les-faluchards-caennais-fiers-de-leurs-traditions-_14118-avd-20120723-63290873_actuLocale.Htm


 

1924 – Le Petit Journal illustré- 24 février 1924

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Mauvaise tête et bon coeur
On conçoit aisément qu’on ait appelé « Quartier Latin » cette portion de Paris qui englobe la Sorbonne, le collège de France, les Facultés, les grandes écoles et, à cheval sur le boulevard Saint Germain et le boulevard Saint Michel, enserre dans ses rues étroites Cluny, le Luxembourg, la montagne Sainte Geneviève, tout un passé, enfin, de traditions savantes et de travail intellectuel. Mais, latin, ce quartier ne l’est pas seulement par les idées studieuses qu’il évoque. Grâce à un phénomène de transfusion étrange mais très réel, on peut dire aussi qu’il est latin par l’enthousiasme de la jeunesse qui y vit, par sa passion du mouvement et du bruit, par la fermentation de tous les sentiments chaleureux propres aux races méridionales. Qu’ils soient Bretons ou Normands, Bourguignons ou Alsaciens, les étudiants de Paris, pendant le temps de leur études sont vraiment des Latins.
Une fois de plus, on vient de le constater. Le 11 décembre dernier, l’Association Générale des Etudiants, pour venir en aide à ceux d’entre eux dont le labeur est compromis par l’angoissant problème de la vie chère, avait organisé, à l’Opéra, un bal costumé qui remporta le plus grand succès. La recette dépassa les 300000 francs. Hélas! l’Assistance publique, appliquant d’une façon stricte le règlement prétendit percevoir sur cette somme 77000 francs à son profit.
On parlementa, on discuta, on adressa note sur note sans résultat. Bref, les étudiants décidèrent d’employer la manière forte. Groupés en une troupe de quatre cents volontaires bien résolues, ils se rendirent avenue Victoria, forcèrent les portes des bureaux de l’Assistance Générales de M.Mourrier, le directeur. Celui-ci était absent. Mais deux hauts fonctionnaires se trouvaient là. On les fit prisonniers et l’occupation de la place ennemie menaça de durer interminablement. Il fallut faire intervenir la police. Ce fut pas sans horions échangés qu’on parvint à expulser les envahisseurs.
La turbulence des étudiants, leur propension a descendre dans la rue et à manifester, même quand elle est intempestive ou exagérée, n’excita jamais une sévérité bien grande. En principe, l’indulgence la plus souriante est acquise à toutes les manifestations. C’est le privilège de la jeunesse, aussi bien celles des ateliers que celles des écoles, de provoquer ainsi l’intérêt et la sympathie, d’obtenir pour leurs démonstrations les plus tapageuses le bénéfice des circonstances atténuantes.
Parfois cependant, les étudiants se sont fâchés pour de bon et ce fût sérieux. Lorsqu’en juillet 1830, les ouvriers de Paris descendirent dans la rue au cri de « Vive la Charte !  » les jeunes gens des écoles se joignirent a eux, élevèrent avec eux des barricades, furent enfin de ceux qui renversèrent le trône chancelant de Charles X. Il en fut de même en février 1848. Un colonne d’étudiants entraîna la foule vers le Palais-Bourbon et déclancha ainsi la Révolution d’où devait naître la Deuxième République.
A quel âge serait-on révolutionnaire si on ne l’était pas vingt ans ? Mais les étudiants n’ont pas seulement pris une part actives à tous les grands mouvements politiques qui ont agités Paris. Il est une sorte de privilège qu’ils se sont accordé peut-être, mais dont ils sont férocement jaloux et qu’ils défendent par tous les moyens quand ils le croient attaqué : ils n’admettent pas l’intrusion de la police dans leurs facultés et dans leurs écoles. Ce fut un scandale parmi eux, un scandale suivi d’une manifestation tumultueuse, lorsque, il y années, le doyen de la faculté de Médecine crut devoir appeler les agents pour dégager un jury houspillé par des candidats mécontents.
Mais le fait de ce genre le plus symptomatique date de plus loin, de l’année 1883. Les jeunes peintres, sculpteurs et architectes de divers ateliers avaient organisé un bal, depuis lors répété chaque année et maintenant célèbre, le bal des Quatre z’Arts. Or, le président d’une société de protestation contre la licence des rues, le sénateur Béranger, crut bien faire de dénoncer à la justice l’inconvenance des costumes exhibés à cette fête. Traduits en Police correctionnelle, les organisateurs se virent condamnés à une amende.
Aussitôt, quelques centaines d’étudiants et d’artistes se groupèrent en monôme et parcoururent les rues en protestant avec violence. Ordre fut donné à la police de les disperser. Une bagarre en résulta, au cours de laquelle un consommateur, nommé Nuger, assis a la terrasse d’un café, reçut à la temps un bloc de pyrogène lancé on ne sait par qui, et fut tué sur le coup. La jeunesse des écoles qui jusque-là, n’avait été que tapageuse fut prise de colère et les troubles allèrent en croissant. Le conflit dégénéra en émeute. On arrêta et détela les omnibus, on incendia les kiosques à journaux. Le gouvernement dut faire appel à la troupe et, pendant quelques jours, le quartier Latin fut en état de siège.
Depuis lors, les manifestations n’eurent jamais cette gravité. Monômes traditionnels à quelques dates fixes, protestations contre certaines décisions universitaires, levées enthousiastes à l’arrivée à Paris de certaines personnalités sympathiques, comme Kruger ou le président Wilson, tout se termina le mieux du monde. Il convient toutefois de signaler un fait qui caractérise bien le caractère de la jeunesse des écoles. Au cours d’un conflit avec la police, les manifestants découvrirent, un jour, sous une porte, une enfant abandonnée. Ils l’adoptèrent, lui donnèrent le nom significatif de Lucie Bagarre, pourvurent, en se cotisant, à son éducation et, il y a peu de temps, la marièrent après l’avoir dotée.
Si la cervelle des étudiants est prompte à s’échauffer, leur coeur de vingt ans est, plus que autre, généreux.
Claude FRANCUEIL

Merci à PoRKo-RoCCo