Les racines de l’Université de Lyon

15 septembre 1793. Les universités sont abolies par la Convention, sous prétexte qu’elles sont trop aristocratiques.

10 mai 1806. Napoléon institue l’Université impériale, une corporation qui jouit du monopole de l’enseignement, dirigée par un grand maître, divisée en 22 académies. Dans chaque académie sont créées trois « facultés » dites « professionnelles » (théologie, droit, médecine) ainsi que deux « facultés académiques » de sciences et lettres. Ces deux dernières sont rattachées au lycée du chef-lieu de l’académie. Leur rôle est principalement la collation des grades, en particulier du baccalauréat…Composées de trois ou quatre professeurs chacune, misérablement dotées de moyens, la plupart de ces facultés ne fonctionnaient en réalité, le plus souvent, que comme jurys d’examen…Ainsi à la Restauration (ordonnance du 18 janvier 1816), on supprime d’un seul coup dix-sept facultés des lettres et trois facultés des sciences, pour y substituer aussitôt de simples commissions chargées d’examiner les candidats au baccalauréat…(1).

Ce fut le cas à Lyon. Le Lycée de Lyon, établi par l’arrêté du 19 octobre 1802 et installé dans les murs du Grand Collège (… de la Trinité, emplacement actuel du Lycée Ampère), accueillit ainsi de 1809 à 1816 le rectorat et l’inspection académique ainsi que des ersatz de facultés de lettres, sciences, théologie (2), que les universités lyonnaises ne reconnaissent d’ailleurs pas comme leurs aïeules. Les « véritables » facultés furent créées plus tardivement : 1833 pour la Faculté des Sciences de Lyon, 1838 pour la Faculté des Lettres de Lyon, 1839 pour la Faculté de Théologie de Lyon, qui se maintint difficilement jusqu’en 1885 et laissa ensuite la place à la Faculté Catholique ; la Faculté de Droit est créé en 1875 (11) et celle – très attendue – de Médecine et Pharmacie en 1877.
-  Un article de F Bouillier dans La Revue du Lyonnais, série 2, n° 21, « La création d’une Faculté de Médecine à Lyon »

lyon

Construction du pont des Facultés

Fonds Sylvestre, 1901
Collection BML

12 juillet 1875. La Loi sur la liberté de l’enseignement supérieur, supprime le privilège de l’Etat et autorise l’ouverture de facultés privées. L’Université Catholique de Lyon est ainsi fondée en 1876, crée en 1875 sa Faculté de Droit, puis Lettres et Sciences. Elle est réservée aux prêtres jusqu’en 1933, puis après 1968, ouverte à tout étudiant. Elle fonde en 1878 son école de Théologie, qui deviendra Faculté en 1886. 100 ans après, elle est la plus importante de France en nombre d’étudiants comme en renommée. Elle est membre associé du PRES lyonnais.

faluche, lyon

Bal des étudiants

Le Progrès illustré, 20/03/1892
Collection BML

lyon, faluche 

Monome des étudiants

Le Progrès illustré, 27/03/1892
Collection BML

Entre 1876 et 1890, Jules Ferry et ses successeurs reconstruisent les facultés – dont celle de Lyon- avec le concours des villes, les dotent d’un budget, créent des chaires de professeurs. Le décret du 28 décembre 1885 leur donne leur statut, la fonction de doyen assisté par une assemblée qui examine les questions relatives aux enseignements (professeurs, enseignants et étudiants) et un conseil d’administration et de cooptation des enseignants (cercle de notables ne comprenant que des professeurs titulaires).

lyon, faluche

Bal des étudiants

AffG0131, 1907
Collection BML

 lyon, faluche

Bal des étudiants

AffG0053, 1912
Collection BML

 La Loi du 10 juillet 1896 porte création de l’Université. Cette loidonne aux universités nouvelles un statut administratif qui n’évoluera pas de manière significative jusqu’à la loi Faure de 1968. Ses décrets d’application autorisent les universités à créer leurs diplômes propres (à côté des diplômes d’Etat) et leur assure la liberté d’employer leurs fonds particuliers pour la création de cours spécifiques.(1). La seule évolution marquante est la création des IUT en 1966. Christine Musselin (3) attribue à cette longue période le nom de « république des facultés ». Elle est marquée par deux principes : uniformisation et égalitarisme, i.e. un enseignement universitaire théoriquement identique sur l’ensemble du territoire.

L’Université de Lyon de 1896 regroupe les facultés de Sciences, Lettres, Médecine et Droit (11).

-  Annonce de la création de l’Université de Lyon, [Revue du Lyonnais], 1888, série 5, N°5 , Constitution de l’Université de Lyon.

===========================

-  (1)  Histoire des universités en France , sous la direction de Jacques Verger Du XIIe siècle jusqu’en 1980 : histoire des institutions et législation, organisation des enseignements et programmes, statuts des enseignants, statistiques sur les effectifs…

-  (2)  Education et pédagogie à Lyon, de l’Antiquité à nos jours , sous la direction de Guy Avanzini. Voir en particulier « L’enseignement primaire et secondaire » et « L’enseignement supérieur public », de Roland Saussac, qui relate la naissance difficile des facultés lyonnaises et le rôle majeur des maires de Lyon, Gailletonnsi que la contribution Jacqueline de Romilly, l’Enseignement en détresse

-  (3)  La longue marche des universités françaises

-  (4)  Vous avez dit matière grise ?, par Claude Allègre. 2006.

-  (5)  Les Universités dans la région Rhône-Alpes. 10 tomes en 18 volumes couvrant la période 1974-1992. Ces dossiers sous forme papier sont prolongés à partir de 1993 par laBase de données des dossiers de presse, qui contient un millier de références d’articles consacrés aux universités lyonnaises.

-  (6) L’Académie de Lyon compte 76 000 étudiants en 1987 dont 53 500 dans les trois universités lyonnaises. Lyon Figarotitre, le 22 octobre 1988, « Des facultés très encombrées » :Pour la première fois à Lyon, la rentrée universitaire se fait au-dessus de la cote d’alerte. Locaux saturés, équipements dépassés, enseignements surchargés…. Ce constat revient comme une antienne. Lyon III accuse alors une augmentation de 28% des effectifs en première année…et pour mémoire …

  • 2 335 étudiants à Lyon en 1898
  • 36 500 étudiants en 1973
  • 42 600 étudiants en 1978
  • 50 000 étudiants en 1982
  • 52 000 étudiants en 1985
  • 112 303 étudiants dans le Rhône en 2006, sur 134 267 pour l’Académie (Ain+Loire+Rhône), secteur public et privé confondu.

-  (7) Voir sur le sujet un article de Gilles Garel, intitulé Pour une histoire de la gestion de projet

-  (8) Les trois universités lyonnaises ont bénéficié du plan Université 2000. Sur une enveloppe globale de 2 milliards de francs, les collectivités locales ont participé à hauteur de 50% : extensions de capacité d’accueil à Lyon I, Lyon II et Lyon III (Manufacture), développement des IUT, rénovation des résidences et des restaurants universitaires… et surtout création d’un « Campus scientifique et technologique » à Gerland, extension de Lyon I, où se trouvait déjà l’ENS. Sur l’implication actuelle de la région Rhône-Alpes dans l’enseignement supérieur et la recherche :

-  (9)  L’Université Lyon 2 1973-2004. Les Françoise Bayard et Bernard Comte analysent les deux « fondations » de l’Université Lyon II, celle de 1969 et celle de 1973. Nombreuses statistiques permettant de comprendre le développement de l’Université. Portraits. 2004

-  (10) Le sujet n’est pas innocent : une thèse négationniste soutient que les Juifs seraient morts du typhus dans les camps de concentration nazis et leurs corps brûlés pour éviter l’épidémie.

-  (11)   La faculté de droit de Lyon : 130 ans d’histoire , sous la direction de Hugues Fulchiron : histoire de la fondation de la Faculté en 1875, la Faculté sous l’occupation, Mai 1968, histoire du Palais de l’Université, quelques grandes figures (Exupère Caillemer, Charles Appleton, Paul Pic, Edouard Lambert, Louis Josserand, Emmanuel Levy…, témoignages et riche iconographie. 2006

-  (12) Petite histoire des crues du Rhône, d’Alain Pelosato.

 


 

article trouvé ici: http://www.pointsdactu.org/article.php3?id_article=1287

 

Tableaux au sein de l’Université de Montpellier


.Le bureau de l’association des étudiants de Montpellier aux fêtes du VIème centenaire 1892.

Le bureau de l’association des étudiants de Montpellier aux fêtes du VIème centenaire (H/T, 200 x 298), Ernest Michel (1833-1902), 1892.


La remise du drapeau à l’Association générale des étudiants par le président de la République Sadi Carnot 1891

La remise du drapeau à l’Association générale des étudiants par le président de la République Sadi Carnot (H/T, 200 x 300), Édouard Marsal (1845-1929), 1891.

 


.Le salut des drapeaux sur la place du Peyrou 1892.
Le salut des drapeaux sur la place du Peyrou (H/T, 300 x 700), Max Leenhardt (1853-1941), 1892.

 


 

Ce tableau fait partie des toiles commandées à trois artistes montpelliérains renommés au XIXe siècle et aujourd’hui injustement oubliés, Ernest Michel (1833-1902), Max Leenhardt (1853-1941) et Édouard Marsal (1845-1929). Contemporains d’autres artistes montpelliérains tels que Frédéric Bazille (1841-1870), Charles Matet (1791-1870), Auguste Glaize (1807-1893), Jean-Pierre Montseret (1813-1888) et bien sûr d’Alexandre Cabanel (1824-1889), dont ils furent les élèves, ils réalisèrent aussi de nombreux portraits pour la galerie des professeurs de l’université.

La redécouverte de trois toiles que l’on croyait disparues, mises au rebut et roulées dans un réduit de la faculté de médecine, a permis de mettre en relation les œuvres commémorant le centenaire. La première, d’Édouard Marsal, La remise du drapeau à l’Association générale des étudiants par le président de la République Sadi Carnot sur la place de la Préfecture le vendredi 23 mai 1890, ornait l’escalier d’honneur de la faculté de médecine. À cette première cérémonie assistent Chancel recteur de l’Académie, les doyens Vigié (faculté de droit), de Rouville (faculté des sciences), Castets (faculté de lettres), Castan (faculté de médecine) et le directeur de l’école de pharmacie (Diacon). On peut reconnaître, en outre, le préfet Pointu-Nores, Eugène Lisbonne, président du conseil général, Alexandre Laissac, maire de Montpellier. Elle complète l’ensemble formé par les deux toiles immortalisant la célébration de l’après-midi, Le salut des drapeaux sur la place du Peyrou le 23 mai : l’une d’Ernest Michel pour le Conseil général est conservée aux archives départementales, l’autre de Max Leenhardt, destinée à la salle des Fêtes du palais universitaire est au Rectorat. Le cérémonial prévoyait que la bannière de l’association des étudiants serait entourée de toutes les bannières des délégations des universités étrangères et que les étudiants défileraient ensuite devant le président de la République, reconnaissables à leur faluche, ornée de liserés de différentes couleurs selon les disciplines : rouge pour le droit, verte pour la pharmacie, grenat pour la médecine, jaune pour les lettres. À côté de ces tableaux officiels, et commandés aux mêmes peintres, les deux autres tableaux retrouvés, Le Bureau de l’association des étudiants de Montpellier aux fêtes du VIe centenaire (Ernest Michel) et Étudiants fêtant le VIe centenaire près de la cathédrale de Maguelone (Max Leenhardt), rappellent la fête des étudiants du 26 mai 1890. Ce sont des donations des artistes pour le Cercle des étudiants (actuel Pavillon populaire) qui venait d’être construit par l’architecte Carlier pour l’association des étudiants nouvellement créée, l’A.G.E.M. et présidée par Jean-François Guy.

L’Université de Montpellier, créée le 26 octobre 1289 par la bulle du pape Nicolas IV, célèbre avec faste son VIe centenaire en 1890, du 21 au 26 mai, en présence du président de la République Sadi Carnot, du ministre de l’instruction publique, Léon Bourgeois, du directeur de l’enseignement supérieur, Louis Liard, et de Gaston Boissier, de l’Académie française. Une toile emblématique vient d’être redécouverte, toujours conservée in situ, dans l’ancien palais universitaire, actuel rectorat. Dans la lignée de l’Apothéose d’Homère (Ingres, 1827) ou de l’Hémicycle de l’École des Beaux-Arts (Delaroche, 1837), l’université commande pour la salle des fêtes de son palais l’allégorie des Savoirs du monde et de l’université de Montpellier ; l’artiste choisi est le peintre montpelliérain Ernest Michel, élève de Cabanel, connu pour ses décors du théâtre et du palais de Justice de Montpellier. Ce tableau symbolise l’union des Arts et Sciences, reflétant le projet d’une université républicaine sur le modèle de l’université pluridisciplinaire de Berlin, l’université des savoirs, regroupée sous un même toit et sous une même autorité, mettant un terme provisoire à la fragmentation du système des facultés napoléoniennes et renouant avec l’organisation de l’université médiévale. Candidate au statut de ville universitaire du sud de la France, Montpellier souhaite alors promouvoir l’université régionale par l’édification d’un palais universitaire (la faculté de médecine et l’école de pharmacie – qui sera faculté en 1920 – échappent à ce regroupement). Toutes les institutions se sont associées, préfecture, conseil général, mairie, sociétés savantes pour faire de cette fête intellectuelle un événement grandiose et populaire, imaginé par Alexandre Germain (1809-1887), doyen de la faculté des Lettres et membre de l’académie des sciences et des lettres de Montpellier. L’objectif de ces fêtes du VIe centenaire, célébrant la renaissance de l’université, est de mettre en scène la dimension universitaire de la ville, de se distinguer auprès des élites nationales et d’emporter la décision du gouvernement. Ce tableau fait écho à l’organisation que l’université souhaite mettre en place avec ses cinq facultés, médecine, droit, lettres, sciences et pharmacie, en inaugurant le palais de l’université et le musée des moulages le samedi 24 mai 1890 dans l’ancien hôpital Saint-Éloi, réaménagé par l’architecte de la ville Anthony Kruger. Plan Campus avant la lettre, le parallèle avec le projet actuel de fusion des trois universités est saisissant et riche d’enseignements.


article extrait de l’excellent site : http://insitu.revues.org


Lille – Les origines du Singe

Éléments de contexte

Pour ma part, j’avais en tête l’article auquel Ptit Joe faisait référence et qui relatait que le Singe avait amené vivant par l’équipe d’Afrique du Sud lors d’une rencontre de rugby contre l’Université de Lille. Le singe étant resté à Lille, il devint rapidement la mascotte locale.

 

 Source : http://irhis.recherche.univ-lille3.fr/00-SiteUniversite/htdocs/sport.html

 Note : aucune mention concernant l’année de cette rencontre…

 

Qu’apporte l’article de Lille Université

Cet article fait état des traditions au sein de L’U. (ie Union des Etudiants de Lille) et plus particulièrement d’une qualifiée de « La belle tradition de l’U, c’est le singe ». 

L’article fait mention d’un « vrai singe » et qui a « l’inappréciable avantage d’être empaillé » ce qui contribue à le rendre selon l’auteur de l’article « plus vénérable, et plus propre ».

Note : notre singe rugbyman serait-il passé de vie à trépas dans la belle ville de Lille et afin d’honorer sa mémoire, les étudiants de l’Union auraient-ils pris la décision de le faire empailler… 

Il est également précisé que ce fameux singe « préside aux destinées de l’U » et que ses membres ne « sauraient vivre sans lui ».

Notre singe réside dans le « salon de la Dictature » considéré par les étudiants par « le Saint des Saints »

 

Le rituel

 Le singe est semble t-il au centre d’une cérémonie, une sorte de rituel initiatique qui est le suivant :

« Les bonzes, introduits tour à tour dans le sanctuaire (ie. La chambre de la Dictature), la tête rasée et couverte de cendre, les pieds nus, un cierge à la main, s’avancent défaillants. Chacun d’eux prononce les imprécations d’usage, vide d’un trait un grand demi et imprime ses lèvres à l’endroit consacré. Autrefois, l’extrémité caudale du singe recevait ce chaste baiser. Aujourd’hui ! … Hélas ! Trois fois hélas ! Les traditions baissent !

Note personnelle : je comprends mieux l’importance du singe et de son usage en tant qu’emblème au sein de l’Union

Le lieu du rituel – la salle du Comité

 

A propos du singe – Les insignes de l’U.E.L.

Il est à noter qu’au moins 2 matrices ont existé, par contre, je suis dans l’incapacité de pouvoir les dater et les replacer dans le temps…avis aux éventuels contributeurs

Vous connaissez le jeu des 7 erreurs, dans ce cas à vous de jouer…

 

   

 


Ajouté par Hervé Giraud le 2 décembre 2012


 

 

1888 – 16 juin – le ptit journal – les étudiants à Bologne

Page 1:
“Mr Lockrey, ministre de l’instruction publque, a communiqué au conseil des renseignements à propos des faits qui se sont produits à Bologne à l’occasion des fêtes de huitiième centenaire de l’Université.
Les étudiants italiens et allemands attendaient à la gare les étudiants français. Les allemands ont salué de l’épée le drapeau français.
Les italiens ont poussé le cri de “vive la France!”. Ils ont ensuite embrassé le drapeau.
La voiture où se trouvaient les étudiants français a été dételée, les étudiants ont été portées en triomphe.
Le président de la société des étuidants français,M. Chaumeton, a eu une entrevue publique avec le roi qui lui a sérré la main.
Le roi est entré à Bologne précédé par le drapeau français apporté par les étudiants.
A droite, se trouvait le drapeau de Rome, à gauche celui de Venise.”

Page 2:
“Bologne
Au moment du départ des souverains, les étudiants français ont offert, au milieu des acclamations, à la reine Marguerite un bouquet de fleurs aux couleurs nationales françaises réunies par un ruban aux couleurs italiennes.”

Juin 1888 - le ptit journal - les étudiants à Bologne

Juin 1888 - le ptit journal - les étudiants à Bologne