2016 -Lille – Thèse – L’Association Amicale des Étudiants en Pharmacie de Lille : du mythe de 1878 à la reconnaissance officielle le 19 mars 1930

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Soutenue publiquement le 9 Décembre 2016
Par M. Anthony Canonne


THESE POUR LE DIPLOME D’ETAT DE DOCTEUR EN PHARMACIE


Figure 12 : Carte d’adhésion de l’Union Lilloise des étudiants de l’État pour l’année 1911/1912

 

Dans les remerciements, extrait : “A Hervé Giraud qui m aura grandement aidé au cours de ma thèse, grâce à ta passion et ton acharnement à récupérer des documents concernant la mémoire étudiante, le folklore, tu m as permis d illustrer mon travail.”

 

 

 

 

Université de Lille 2 Faculté des Sciences Pharmaceutiques Année Universitaire 2016/2017 et Biologiques de Lille

 

THESE POUR LE DIPLOME D’ETAT DE DOCTEUR EN PHARMACIE

 

Soutenue publiquement le 9 Décembre 2016
Par M. Anthony Canonne

 

 

 

L’Association Amicale des Étudiants en Pharmacie de Lille : du mythe de 1878 à la reconnaissance officielle le 19 mars 1930.

 

 

 

 

Membres du jury :

 

Président : Monsieur le Doyen Damien CUNY, Professeur en Sciences Végétales et Fongiques.

Assesseur : Monsieur Thomas MORGENROTH, Professeur Agrégé en Économie et Gestion.

Membre extérieur : Monsieur Daniel VION, Doyen Honoraire

image

image

Faculté des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques de Lille

3, rue du Professeur Laguesse – B.P. 83 – 59006 LILLE CEDEX

( 03.20.96.40.40 – Ê : 03.20.96.43.64

http://pharmacie.univ-lille2.fr

 

Université Lille 2 – Droit et Santé

Président : Professeur Xavier VANDENDRIESSCHE

 

Vice-présidents : Professeur Alain DUROCHER Professeur Régis BORDET Professeur Eric BOULANGER Professeur Frédéric LOBEZ Professeur Murielle GARCIN Professeur Annabelle DERAM Professeur Muriel UBEDA SAILLARD Monsieur Ghislain CORNILLON Monsieur Pierre RAVAUX

Monsieur Larbi AIT-HENNANI Madame Nathalie ETHUIN Madame Ilona LEMAITRE

 

Directeur Général des Services : Monsieur Pierre-Marie ROBERT

 

Faculté des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques

Doyen : Professeur Damien CUNY

Vice-Doyen, 1er assesseur : Professeur Bertrand DECAUDIN Assesseur en charge de la pédagogie Dr. Annie STANDAERT Assesseur en charge de la recherche Pr. Patricia MELNYK

Assesseur délégué à la scolarité Dr. Christophe BOCHU Assesseur délégué en charge des

relations internationales Pr. Philippe CHAVATTE Assesseur délégué en charge de la vie étudiante M. Thomas MORGENROTH Chef des services administratifs : Monsieur Cyrille PORTA

 

Liste des Professeurs des Universités – Praticiens Hospitaliers

 

Civ. NOM Prénom Laboratoire

Mme

ALLORGE

Delphine

Toxicologie

M.

BROUSSEAU

Thierry

Biochimie

M.

DECAUDIN

Bertrand

Pharmacie Galénique

M.

DEPREUX

Patrick

ICPAL

M.

DINE

Thierry

Pharmacie clinique

Mme

DUPONT-PRADO

Annabelle

Hématologie

M.

GRESSIER

Bernard

Pharmacologie

M.

LUYCKX

Michel

Pharmacie clinique

M.

ODOU

Pascal

Pharmacie Galénique

Mme

RENNEVILLE

Aline

Hématologie

M.

STAELS

Bart

Biologie Cellulaire

Liste des Professeurs des Universités

 

Civ. NOM Prénom Laboratoire

M.

ALIOUAT

El Moukhtar

Parasitologie

Mme

AZAROUAL

Nathalie

Physique

M.

BERTHELOT

Pascal

Onco et Neurochimie

M.

CAZIN

Jean-Louis

Pharmacologie – Pharmacie clinique

M.

CHAVATTE

Philippe

ICPAL

M.

COURTECUISSE

Régis

Sciences végétales et fongiques

M.

CUNY

Damien

Sciences végétales et fongiques

Mme

DELBAERE

Stéphanie

Physique

M.

DEPREZ

Benoît

Laboratoire de Médicaments et Molécules

Mme

DEPREZ

Rebecca

Laboratoire de Médicaments et

Molécules

M.

DUPONT

Frédéric

Sciences végétales et fongiques

M.

DURIEZ

Patrick

Physiologie

M.

FOLIGNE

Benoît

Bactériologie

M.

GARÇON

Guillaume

Toxicologie

Mme

GAYOT

Anne

Pharmacotechnie Industrielle

M.

GOOSSENS

Jean François

Chimie Analytique

M.

HENNEBELLE

Thierry

Pharmacognosie

M.

LEMDANI

Mohamed

Biomathématiques

Mme

LESTAVEL

Sophie

Biologie Cellulaire

M.

LUC

Gerald

Physiologie

Mme

MELNYK

Patricia

Onco et Neurochimie

M.

MILLET

Régis

ICPAL

Mme

MUHR – TAILLEUX

Anne

Biochimie

Mme

PAUMELLE-LESTRELIN

Réjane

Biologie Cellulaire

Mme

PERROY

Anne Catherine

Législation

Mme

ROMOND

Marie Bénédicte

Bactériologie

Mme

SAHPAZ

Sevser

Pharmacognosie

M.

SERGHERAERT

Eric

Législation

Mme

SIEPMANN

Florence

Pharmacotechnie Industrielle

M.

SIEPMANN

Juergen

Pharmacotechnie Industrielle

M

TARTAR

André

Laboratoire de Médicaments et Molécules

M.

WILLAND

Nicolas

Laboratoire de Médicaments et

Molécules

 

Liste des Maîtres de Conférences – Praticiens Hospitaliers

 

Civ. NOM Prénom Laboratoire

Mme

BALDUYCK

Malika

Biochimie

Mme

GARAT

Anne

Toxicologie

Mme

GOFFARD

Anne

Bactériologie

M.

LANNOY

Damien

Pharmacie Galénique

Mme

ODOU

Marie Françoise

Bactériologie

M.

SIMON

Nicolas

Pharmacie Galénique

Liste des Maîtres de Conférences

 

Civ. NOM Prénom Laboratoire

Mme

ALIOUAT

Cécile Marie

Parasitologie

M.

ANTHERIEU

Sébastien

Toxicologie

Mme

AUMERCIER

Pierrette

Biochimie

Mme

BANTUBUNGI

Kadiombo

Biologie cellulaire

Mme

BARTHELEMY

Christine

Pharmacie Galénique

Mme

BEHRA

Josette

Bactériologie

M

BELARBI

Karim

Pharmacologie

M.

BERTHET

Jérôme

Physique

M.

BERTIN

Benjamin

Immunologie

M.

BLANCHEMAIN

Nicolas

Pharmacotechnie industrielle

M.

BOCHU

Christophe

Physique

M.

BORDAGE

Simon

Pharmacognosie

M.

BOSC

Damien

Laboratoire de Médicaments et Molécules

M.

BRIAND

Olivier

Biochimie

Mme

CACHERA

Claude

Biochimie

M.

CARNOY

Christophe

Immunologie

Mme

CARON

Sandrine

Biologie cellulaire

Mme

CHABÉ

Magali

Parasitologie

Mme

CHARTON

Julie

Laboratoire de Médicaments et Molécules

M

CHEVALIER

Dany

Toxicologie

M.

COCHELARD

Dominique

Biomathématiques

Mme

DANEL

Cécile

Chimie Analytique

Mme

DEMANCHE

Christine

Parasitologie

Mme

DEMARQUILLY

Catherine

Biomathématiques

Mme

DUMONT

Julie

Biologie cellulaire

Mme

DUTOUT-AGOURIDAS

Laurence

Onco et Neurochimie

M.

EL BAKALI

Jamal

Onco et Neurochimie

M.

FARCE

Amaury

ICPAL

Mme

FLIPO

Marion

Laboratoire de Médicaments et Molécules

Mme

FOULON

Catherine

Chimie Analytique

M.

FURMAN

Christophe

ICPAL

M.

GELEZ

Philippe

Biomathématiques

Mme

GENAY

Stéphanie

Pharmacie Galénique

M.

GERVOIS

Philippe

Biochimie

Mme

GOOSSENS

Laurence

ICPAL

Mme

GRAVE

Béatrice

Toxicologie

Mme

GROSS

Barbara

Biochimie

M.

HAMONIER

Julien

Biomathématiques

Mme

HAMOUDI

Chérifa Mounira

Pharmacotechnie industrielle

Mme

HANNOTHIAUX

Marie-Hélène

Toxicologie

Mme

HELLEBOID

Audrey

Physiologie

M.

HERMANN

Emmanuel

Immunologie

M.

KAMBIA

Kpakpaga Nicolas

Pharmacologie

M.

KARROUT

Youness

Pharmacotechnie Industrielle

Mme

LALLOYER

Fanny

Biochimie

M.

LEBEGUE

Nicolas

Onco et Neurochimie

Mme

LECOEUR

Marie

Chimie Analytique

Mme

LEHMANN

Hélène

Législation

Mme

LELEU-CHAVAIN

Natascha

ICPAL

Mme

LIPKA

Emmanuelle

Chimie Analytique

Mme

MARTIN

Françoise

Physiologie

M.

MOREAU

Pierre Arthur

Sciences végétales et fongiques

Mme

MUSCHERT

Susanne

Pharmacotechnie industrielle

Mme

NIKASINOVIC

Lydia

Toxicologie

Mme

PINÇON

Claire

Biomathématiques

M.

PIVA

Frank

Biochimie

Mme

PLATEL

Anne

Toxicologie

M.

POURCET

Benoît

Biochimie

M.

RAVAUX

Pierre

Biomathématiques

Mme

RAVEZ

Séverine

Onco et Neurochimie

Mme

RIVIERE

Céline

Pharmacognosie

Mme

ROGER

Nadine

Immunologie

M.

ROUMY

Vincent

Pharmacognosie

Mme

SEBTI

Yasmine

Biochimie

Mme

SINGER

Elisabeth

Bactériologie

Mme

STANDAERT

Annie

Parasitologie (80%)

M.

TAGZIRT

Madjid

Hématologie

M.

VILLEMAGNE

Baptiste

Laboratoire de Médicaments et

Molécules

M.

WELTI

Stéphane

Sciences végétales et fongiques

M.

YOUS

Saïd

Onco et Neurochimie

M

ZITOUNI

Djamel

Biomathématiques

Professeurs Agrégés

 

Civ.

NOM

Prénom

Laboratoire

Mme

MAYES

Martine

Anglais

M.

MORGENROTH

Thomas

Législation

 

Professeurs Certifiés

Civ. NOM Prénom Laboratoire

M.

HUGES

Dominique

Anglais

Mlle

FAUQUANT

Soline

Anglais

M.

OSTYN

Gaël

Anglais

 

Professeur Associé – mi-temps

Civ. NOM Prénom Laboratoire

 

M. DHANANI Alban Droit et Economie Pharmaceutique

image

 

Maîtres de Conférences ASSOCIES – mi-temps

Civ. NOM Prénom Laboratoire

M.

BRICOTEAU

Didier

Biomathématiques

Mme

CUCCHI

Malgorzata

Biomathématiques

M.

FRIMAT

Bruno

Pharmacie Clinique

M.

GILLOT

François

Droit et Economie pharmaceutique

M.

MASCAUT

Daniel

Pharmacie Clinique

M.

ZANETTI

Sébastien

Biomathématiques

 

AHU

Civ.

NOM

Prénom

Laboratoire

Mme

DEKYNDT

Bérengère

Pharmacie Galénique

M.

PEREZ

Maxime

Pharmacie Galénique

image image

 

Faculté des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques de Lille

3, rue du Professeur Laguesse – B.P. 83 – 59006 LILLE CEDEX Tel. : 03.20.96.40.40 – Télécopie : 03.20.96.43.64

http://pharmacie.univ-lille2.fr

 

L’Université n’entend donner aucune approbation aux opinions émises dans les thèses ; celles-ci sont propres à leurs auteurs.

Remerciements

 

A mon directeur de thèse, Monsieur Morgenroth, merci d’avoir toujours été patient, présent pour moi et de m’avoir conseillé au mieux malgré mon sujet non conventionnel.

 

Aux membres de mon jury, Monsieur Cuny et Monsieur Vion de me faire l’honneur de consacrer du temps à la lecture de ce manuscrit.

 

Un merci particulier à Monsieur Galerneau, et son équipe. Vous m’avez ouvert les portes de votre pharmacie depuis les débuts de mes études pharmaceutiques et d’avoir été conciliant avec mon emploi du temps associatif.

 

A toutes les personnes de l’Université de Lille II et de la Faculté avec lesquelles j’aurais travaillé durant mes nombreux mandats : Monsieur Porta, Monsieur Geny, Madame Januszek, Monsieur Nedelec, Madame Allepaerts, Madame Herbaux, Monsieur Bochu.

 

Aux enseignants de la Faculté, avec lesquels j’aurais échangé pendant mes mandats associatifs et d’élus sur de nombreux sujets.

 

Un grand merci à Monsieur Dubreuil de m’avoir soutenu, d’avoir toujours eu une oreille attentive et d’avoir été de bon conseil lors de mon mandat de président de l’AAEPL.

 

A Monsieur Hermann qui aura été le parrain de la revue de 2012, je garde un énorme souvenir de ma première année passée au sein de l’AAEPL et vous y êtes pour beaucoup.

 

A mon bureau de l’AAEPL 2013/2014 connu sous le nom de bureau des Tocards : Adrien, Ambroise, Baptiste, Bérengère, Clément, Estelle, Guillaume. On a surmonté beaucoup de difficultés malgré nos divergences, c’est pour cela que je suis fier d’avoir travaillé avec vous et continué de faire progresser l’AAEPL ensemble.

 

Au bureau de l’ANEPF 2014/2015 dénommé bureau du Chat, une année intense en même temps que ma 6ème année, toujours sur les routes entre les différentes facultés de pharmacie de France. J’espère sincèrement que l’on arrivera à ce réunir tous les ans malgré la distance vu notre répartition à travers l’hexagone.

A David, qui m’aura confié un poste de Vice‐président au sein de l’AAEPL puis au sein de l’ANEPF. Que de chemin parcouru ensemble, je n’ai jamais regretté de t’avoir suivi dans ces mandats, tu es certainement le plus grand architecte de mon parcours associatif.

 

Aux jeunes et maintenant moins jeunes de l’AAEPL : Alexandre, Amaury, Ambroise, Anne‐Sophie, Baptiste, Caroline, Céline, Charles‐Vianney, Chloé, Claire, Clément, Clotilde, Élise, Estelle, Florian, Floriane, Harold, Jeanne, Julie, Justine, Loïc, Lola, Lucile, Marie, Marion, Mehdi, Olivier, Thomas B, Thomas Po, Thomas Pr, Victoire… Vous êtes l’avenir de l’association, à vous de transmettre les valeurs de cette formidable fourmilière aux générations futures qui n’ont pas encore conscience que notre association existe.

 

Aux vieux de l’AAEPL qui m’ont fait confiance et permit de commencer mon long parcours associatif, et qui étaient toujours là pour un conseil ou pour une écoute attentive : Antoine, Bérenger, Christophe, Florentin, Remy.

 

A ma génération dorée de l’AAEPL : Bérengère, Pauline, Léa, Cécile, Paul, Benjamin. Vous m’aurez pour certains accompagnés durant tout mon cursus étudiant dans l’association. Maintenant que nous formons l’EHPAD de l’association, ne nous perdons pas de vue.

 

Aux étudiants de ma promotion « Luc Dubreuil », qui m’auront accompagné en amphi, et avec lesquelles j’aurai sympathisé : Agathe, Anne‐Charlotte, Astrid, Camille, Capucine, Clément, Florence, Jérôme, Louise, Margot, Marie, Marine, Mathilde, Orlane, Pauline, Sofiane, Tamara, Victor…

 

Aux étudiants des autres villes avec lesquels j’ai sympathisé à travers tous les événements de l’ANEPF et ceux dans les autres villes, ainsi que les personnes du réseau de la FAGE, que je ne peux malheureusement pas tous nommer ici.

 

A l’association des Amis de la Faculté et son président Manuel Dassonneville, qui aura toujours été d’une grande aide et qui m’aura financé une partie de la récupération du patrimoine de l’AAEPL auprès de la BNF qui demande des montants astronomiques.

 

A Hervé Giraud qui m’aura grandement aidé au cours de ma thèse, grâce à ta passion et ton acharnement à récupérer des documents concernant la mémoire étudiante, le folklore, tu m’as permis d’illustrer mon travail.

A Fanny, ma binôme qui m’aura toujours soutenue, accompagnée durant mes études et plus encore, je te dois beaucoup car tu as bien souvent travaillé à ma place pour me permettre d’avoir ce temps si précieux lors de mes mandats.

 

A mes Amis du lycée : Amélie‐Anne, Belkacem, Benjamin, Charlotte, Cyril, Damien, François, Julie, Kevin, Mathieu, Manon, Melissa. Je regrette de ne pas avoir pu passer autant de temps que j’aurai voulu avec vous et j’espère que vous comprendrez un jour mon engagement total au sein de ces associations étudiantes.

 

A Clément, pour tout le temps passé ensemble à parler d’associatif. Nous ne somme pas toujours d’accord mais je sais que l’on serait toujours capable d’en discuter pendant des heures. Tu es toujours un bourreau du travail, tu auras beaucoup appris pendant tes mandats mais n’oublie jamais que l’on peut être aussi exigent avec les autres qu’avec soi‐même. J’attends avec impatience que tu continues à retrouver la mémoire de l’AAEPL à travers la récupération des exemplaires perdus de La Jeunesse.

 

A mes parents Maryse et Frédéric qui m’auront toujours soutenus que ce soit dans les moments difficiles comme mes échecs durant mes premières années de faculté ou comme dans les moments de stress pour les examens et mandats associatifs mais aussi dans les moments plus heureux de mes années associatives qui m’ont beaucoup fait voyager.

 

A ma Famille qui m’aura toujours accompagnée durant ces longues années, même si je n’ai pas toujours pu être aussi souvent à vos cotés que je l’aurais voulu dans les moments importants. Une grosse pensée à ma grand‐mère qui vient de nous quitter, je n’oublierai jamais les moments passés avec elle.

 

Enfin à toi Estelle, tu auras énormément travaillé avec moi pour cette thèse. J’espère pouvoir t’aider autant dans la tienne. En tout cas, ce n’est pas sur l’orthographe que je t ‘aiderai ! Je suis conscient que l’on ne te considère bien souvent que comme ma copine dans l’association, tu es souvent vu comme mon ombre alors qu’en réalité tu auras été mon appui lors de ces années associatives pour ne pas chuter. Merci d’avoir toujours été là pour me comprendre et m’avoir permis de prendre mon mandat à l’ANEPF car j’ai sacrifié ce temps si précieux.

Remerciements 6

Glossaire 11

Introduction 12

  1. Contexte de l’émergence d’une organisation corporative des étudiants en Pharmacie de Lille 14

    1. Les évolutions successives des textes législatifs encadrant la pratique de la pharmacie et des études pharmaceutiques du XVIIIème jusqu’au début du XXème siècle en France 14

      1. Du statut d’Apothicaire à celui de Pharmacien 14

      2. La Révolution française et ses conséquences 14

      3. De 1791 jusqu’à la loi du 21 germinal an XI 15

      4. La loi du 21 germinal an XI 16

      5. La reconnaissance officielle de deux Classes de Pharmaciens et réflexions sur l’uniformisation du diplôme 17

      6. La fin des pharmaciens de 2ème Classe 18

      7. Uniformité du diplôme, stage officinal et programme national des études 18

    2. Les différentes structures successives créées pour accueillir et former les étudiants en pharmacie à l’échelle nationale 20

      1. Les Écoles de Pharmacie 20

      2. Les Écoles Préparatoires 20

      3. Transformation des Écoles Préparatoires en Écoles de Plein Exercice 21

      4. La création des Facultés 22

    3. La Situation à Lille 23

      1. Transfert de Douai vers Lille 23

      2. L’Université Libre de Lille 25

      3. Le processus pour arriver à une Faculté Mixte de Médecine et de Pharmacie à Lille 26

      4. Les étudiants en pharmacie lillois 29

      5. Traumatisme de la Grande Guerre 31

    4. La naissance d’une structure étudiante territoriale lilloise : l’Union Lilloise des Étudiants de l’État 34

      1. La structuration de l’UNION 34

      2. Une réponse aux besoins des étudiants 38

      3. La Maison des Étudiants 40

    5. La création d’une structure nationale de tous les Étudiants : l’Union Nationale des Étudiants de France 45

      1. Naissance d’une entité nationale 45

      2. Les missions de cette association 48

      3. Ses rapports avec les étudiants lillois 49

    6. La création d’une structure nationale des étudiants en pharmacie. 50

      1. Une association mère de l’AAEPL : l’AAEPF 50

      2. Les relations entre l’AAEPL et l’AAEPF 53

    7. Naissance d’un nouveau Folklore estudiantin 54

      1. La faluche 54

      2. Origine de la faluche 56

      3. Évolution de la faluche 58

  2. L’AAEPL : du mythe à la reconnaissance officielle en 1930 64

    1. Historique de l’AAEPL du mythe de 1878 à 1930 64

      1. Le mythe de 1878 64

      2. De la fondation de l’AA en 1902 à une expansion rapide jusqu’à la première Guerre Mondiale 65

      3. L’AA durant la première Guerre Mondiale et sa reconstruction 79

      4. De la reconstruction en 1919 jusqu’à 1930 81

    2. Objectifs, missions et évènements de l’AAEPL 112

      1. Ses buts, objectifs et revendications 112

      2. Les services et les événements proposés 115

      3. Financement de l’association 117

    3. Structure de l’AAEPL 118

    4. La Jeunesse Pharmaceutique de 1906 à 1930 119

      1. La création et publication 119

      2. Organisation du Journal 119

      3. Évolution de la 1ère page et du format 121

Conclusion 126

Annexe 127

TABLE DES ILLUSTRATIONS 154

BIBLIOGRAPHIE 157

Glossaire :

 

A : abréviation de l’AGEP

AA : abréviation de d’AAEPL

AAEPL : l’Association Amicale des Étudiants en Pharmacie de Lille AAEPS : l’Association Amicale des Étudiants en Pharmacie de Strasbourg AG : Assemblée Générale

AGE : l’Association Générale des Étudiants

AGEL : l’Association Générale des Étudiants de Lille AGEP : l’Association Générale des Étudiants de Paris

ANEPF : l’Association Nationale des Étudiants en Pharmacie de France CROUS : Centre Régionaux des Œuvres Universitaires et Scolaires

FEP : la Fédération Nationale des Étudiants en Pharmacie de France et d’Algérie FNEP : La Fédération Nationale des Étudiants en Pharmacie

JP : La Jeunesse Pharmaceutique LUC : le Lille Club Université Office : abréviation de l’ONEPF

ONEPF : l’Office National des Étudiants en Pharmacie de France PCN : le certificat d’études Physiques, Chimiques et Naturelles TP : Travaux Pratiques

U : abréviation de l’Union des Étudiants en Pharmacie de France UN : abréviation de l’UNEF

UNAGEF : l’Union Nationale des Associations Générales Étudiantes de France UNEF : l’Union Nationale des Étudiants de France

UNION : l’Union des Étudiants de l’État de Lille

Introduction :

 

Il est difficile d’aborder l’histoire d’une entité associative sans prendre en compte le contexte historique, la situation géographique de celle‐ci ainsi que les raisons de son apparition. Certains choix effectués par nos prédécesseurs, eux aussi étudiants en pharmacie, peuvent parfois être incompris ou surprenants puisqu’un siècle nous sépare de ces derniers. Le regard sur ces choix ou décisions est le fruit d’une réflexion a posteriori avec un recul conséquent et un point de vue bien différent car les étudiants ont énormément évolué. C’est également le cas des pharmaciens qui n’ont plus grand‐ chose à voir avec leurs ainés. Or, la prise de recul est rarement la qualité première d’une association étudiante. Même de nos jours, alors que la professionnalisation de celle‐ci est une évidence, cela se fait au détriment d’une spontanéité qui caractérise bien souvent les étudiants et leurs mouvements qu’ils soient en pharmacie ou non.

 

L’histoire de l’Association Amicale des Étudiants en Pharmacie de Lille simplifiée par son sigle « AAEPL » est indissociable de l’Histoire, celle de Lille mais aussi celle des étudiants en pharmacie de Lille. On l’appelle aussi affectueusement « la Corpo » sans savoir réellement que ce terme à une connotation historique.

 

Cette association connue de grands moments avec de nombreuses soirées et congrès mais aussi des moments plus douloureux. Elle aura subi frontalement les 2 Guerres Mondiales, et se relèvera difficilement à chaque fois. Elle aura contribué aux nombreuses mutations des études de pharmacie. Elle fait partie des associations créatrices de l’Association Nationale des Étudiants en Pharmacie de France (ANEPF) qui est maintenant la seule association nationale représentative des étudiants en Pharmacie de France, qui défend partout leurs intérêts.

 

L’AAEPL a toujours eu un fort poids dans de nombreuses décisions au niveau local, mais aussi au niveau national. Dès sa création, elle fut proactive afin de permettre aux étudiants en pharmacie de Lille d’étudier dans les meilleures conditions et de leur garantir un exercice professionnel radieux.

 

Je souhaite à travers ce travail permettre à notre association de retrouver une partie de son passé oublié. Malheureusement, j’ai conscience qu’il me sera impossible de reconstituer intégralement cet immense puzzle dont trop de pièces sont à jamais

perdues. J’espère que des jeunes de notre association auront à cœur de poursuivre ce que j’ai initié. Je suis persuadé qu’après la parution finale de mon manuscrit de nouveaux documents réapparaitront. Chaque jour sont indexés de nouveaux documents, que ce soit dans les Bibliothèques Municipales, qui numérisent actuellement leurs collections, mais aussi la Bibliothèque Nationale de France ou les Bibliothèques Universitaires, qui redécouvrent la richesse de leur patrimoine. La mémoire étudiante est loin d’être la plus complète, bien que son histoire soit riche. Malencontreusement, les étudiants ne sont pas les meilleurs journalistes ou biographes de leur temps. Ils n’avaient tout simplement pas conscience que ce qu’ils vivaient allait avoir une valeur historique, d’où le faible nombre d’ouvrages parus à ce jour sur les étudiants, hormis ceux concernant l’Union Nationale des Étudiants de France et le sujet de mai 1968.

 

Je termine par cette citation d’Antonio Gramsci qui correspond tout à fait à mon état d’esprit et au choix d’un tel sujet pour clôturer mes études : « Celui qui ne sait pas d’où il vient ne peut savoir où il va ».

  1. Contexte de l’émergence d’une organisation corporative des étudiants en Pharmacie de Lille

    image

    1. Les évolutions successives des textes législatifs encadrant la pratique de la pharmacie et des études pharmaceutiques du XVIIIème jusqu’au début du XXème siècle en France

      1. Du statut d’Apothicaire à celui de Pharmacien

         

        Sous l’Ancien Régime, les apothicaires étaient regroupés au sein de corporations locales, souvent avec les pratiquants d’autres métiers comme les épiciers, chaque métier ayant ses prérogatives et ses règles propres. La corporation vérifiait que les remèdes étaient préparés « selon l’art ». Après un apprentissage assez long, le candidat pouvait devenir maître apothicaire après un examen de ses connaissances et la réalisation d’un chef d’œuvre.

        La Déclaration du Roi du 25 avril 1777 sépara les épiciers et les apothicaires et décida la création du « Collège de Pharmacie », remplaçant l’ancienne corporation. Elle permit aux « Maîtres en Pharmacie » de donner des cours publics pour l’instruction de leurs élèves dans leur laboratoire et leur jardin. Ces dispositions ne s’appliquaient qu’à Paris et à ses faubourgs et n’ont été étendues au reste de la France qu’après la chute de la royauté (1,2).

         

      2. La Révolution française et ses conséquences

         

        Lors de la Révolution française, « la Loi d’Allarde » du 2 mars 1791 abolit les corporations de Maîtres et les coalitions de Compagnons (3). De plus, le décret du 17 mars 1791 supprime les droits du Collège de Pharmacie ainsi que toutes les communautés de métiers rendant l’accès aux métiers libres.

        Ces lois permettent à tout français d’exercer n’importe quel métier, quelle que soit sa classe sociale, dans le but utopique de permettre une égalité totale entre les Hommes. Cela provoque une révolution dans le milieu médical et pharmaceutique. Très vite, après de nombreuses réclamations et abus, l’Assemblée Nationale vote le 14 avril 1791, le décret relatif à l’exercice de la pharmacie, la vente et la distribution des drogues et médicaments. Ce rapide retour en arrière, dans une époque trouble de notre histoire,

        traduit un début de réflexion sur l’importance du contrôle des connaissances, et la distinction entre les véritables professionnels de santé et les charlatans.

         

        Par la suite, la loi du 14 juin 1791 dite « Loi Le Chapelier » interdit toute association entre les personnes d’un même métier, cela ne concerne pas uniquement les pharmaciens.

         

      3. De 1791 jusqu’à la loi du 21 germinal an XI

         

        Cette période, durant approximativement une décennie, ne comporte pas d’évolution majeure. Les pharmaciens ne sont pas la priorité des nouveaux gouvernements issus de la Révolution de 1789 (1). La législation écrite sous l’Ancien Régime n’est pas modifiée, bien au contraire, de nouveaux textes seront promulgués afin de confirmer et de préciser les anciennes lois. Nous citerons les évolutions par ordre chronologique, dans un souci de lisibilité :

         

        • La loi du 21 juillet 1791 concerne les peines infligées aux détenteurs et revendeurs de médicaments « gâtés ou corrompus » ;

        • Le règlement du 12 frimaire an V (3 décembre 1796) comprend douze articles relatifs à la préparation, à la vente des médicaments, à la vente des poisons et aux visites de pharmacie (ce règlement confirme la Déclaration du 25 avril 1777) ;

        • Le règlement du 4 ventôse an IX (23 février 1801) est relatif à l’exercice de la pharmacie et à l’enseignement public de la chimie par les pharmaciens (du département de la Seine).

          Ce texte introduit pour la première fois la chimie dans l’enseignement pharmaceutique.

        • L’arrêté de l’Assemblée Générale du Collège de Pharmacie sur les remèdes secrets du 15 frimaire an X (6 décembre 1801) fait suite à un vent de charlatanisme au sein du corps pharmaceutique.

          Il oblige les pharmaciens à faire contrôler par la même Assemblée leurs nouveaux remèdes secrets avant que ceux‐ci ne soient autorisés à la fabrication et à la vente.

           

          Il est important de noter que le Collège de Pharmacie devient la Société Libre des Pharmaciens de Paris puis l’École gratuite de Pharmacie par un Décret du Directoire en

          l’an V (1797). Cela permet de surveiller l’instruction et la formation des futurs pharmaciens ainsi que l’exercice de la Pharmacie. Il est important de souligner que cette institution est la seule ayant survécue à la Révolution, seul son nom changea.

           

          A la fin de l’an X de la République, en 1801, aucun texte législatif complet ne cadre intégralement le rôle et les missions des pharmaciens et les études à suivre. Il existe cependant une multitude d’arrêtés, d’ordonnances, de décrets mais pas encore de loi organique.

           

      4. La loi du 21 germinal an XI

         

        Cette loi du 21 germinal de l’an XI est fondamentale pour la Pharmacie française, elle est appelée « Loi Organique » de la Pharmacie. Elle est la première loi, qui fixe des obligations strictes sur l’exercice de la Pharmacie mais aussi sur la formation des aspirants pharmaciens (1,3,4).

        Elle a pour objectif principal la création des six Écoles de Pharmacie, trois en France : Paris, Montpellier et Strasbourg, où existaient déjà des Écoles de Santé, et trois dans des villes de territoires annexés : Turin, Gênes, Mayence (5). Elle prévoit également que chaque école doive ouvrir quatre cours : chimie, botanique, pharmacie et histoire naturelle des médicaments, dont les enseignements sont confiés à un professeur nommé par l’État. Les étudiants doivent par ailleurs passer un examen de pratique durant quatre jours.

         

        Deux parcours distincts sont possibles pour exercer la profession de pharmacien :

         

        • Le premier consiste à faire trois années de stage et trois années de cours dans une école. Le jury est dans ce cas constitué par des Professeurs de l’école et quatre pharmaciens. A l’issue de ce parcours, le pharmacien peut exercer dans la France entière.

        • Le second consiste à réaliser huit ans de stage dans une officine légalement établie, le diplôme est alors délivré par un jury départemental. Ce diplôme n’est valable que dans le département d’obtention et ne permet pas d’exercer ailleurs en France.

          Le principe du monopole pharmaceutique est renforcé, le pharmacien peut faire des drogues ou préparations médicinales qui ne sont délivrées que sur présentation d’une ordonnance établie par un médecin. Les préparations officinales doivent être effectuées selon les formules d’un Codex que le gouvernement fait élaborer. Les substances vénéneuses doivent être tenues à part, sous clef, et leur délivrance fait l’objet d’une inscription sur un registre contrôlé par le Maire ou le Commissaire de police.

           

      5. La reconnaissance officielle de deux Classes de Pharmaciens et réflexions sur l’uniformisation du diplôme

         

        Le décret, en date du 22 août 1854, crée la dénomination officielle des deux Classes de pharmaciens. Selon les dires de l’époque, il existait une réelle différence de niveaux entre les aspirants pharmaciens formés à l’école et ceux formés uniquement dans les officines (6,7). La distinction est la suivante :

         

        • Ceux dit de première Classe, formés dans les Écoles de Pharmacie,

        • Ceux dit de deuxième Classe, issus de la formation professionnelle ayant le droit d’exercer leur art que dans un seul département.

           

          L’Ordonnance du 27 septembre 1840 exigeait, à partir de 1850, le grade de bachelier pour entreprendre la scolarité dans les écoles. Désormais, ce décret du 22 août 1854 exige ce grade avant l’inscription au stage pour ces candidats. Paradoxalement, la seule obtention du certificat de grammaire (de niveau inférieur) est suffisante pour prétendre au diplôme de pharmacien de 2ème Classe.

          De plus, ce texte impose des études théoriques à tous les candidats au diplôme de pharmacien et la suppression des jurys départementaux à partir du 1er janvier 1855.

          Malgré cette évolution, le niveau des pharmaciens de 2ème Classe fit l’objet de nombreuses critiques. Dans un long rapport présenté le 24 juin 1875, le conseiller d’État Silvy exposait : « le témoignage des présidents de jurys est unanime : les examens des candidats à la seconde classe sont mauvais et beaucoup d’élèves très faibles sont admis ». Les raisons avancées pour expliquer cette faillite du système étaient le niveau d’études secondaires médiocre des candidats, l’absence de travaux pratiques et l’insuffisance de leur scolarité en pharmacie. Le constat était d’autant plus préoccupant que la majorité des aspirants pharmaciens optait pour la formation professionnelle aboutissant au diplôme de 2ème classe.

          Ainsi, de 1803 à 1855, tant que les jurys départementaux diplômaient, ils recevaient environ 57% du total des pharmaciens admis contre 43% pour les trois écoles créées par Bonaparte. Cette tendance lourde allait d’ailleurs persister par la suite, si bien qu’en 1874, la France comptait 2101 pharmaciens de 1ère Classe installés contre 4069 de 2ème Classe.

          On voit bien ici 2 modèles complétement différents de formation des pharmaciens avec pourtant un statut très proche, si ce n’est que pour le pharmacien de seconde Classe, il ne peut se déplacer selon ses envies.

           

      6. La fin des pharmaciens de 2ème Classe

         

        La loi du 19 avril 1898 supprima le diplôme de 2ème Classe suite au nivellement des études vers celle de la 1ère Classe via plusieurs décrets qui rapprochèrent toujours plus les études des pharmaciens de 2ème Classe vers ceux de la 1ère Classe. Le renforcement du niveau d’enseignement minimal exigé pour l’entrée dans les études (décret du 14 juillet 1875), ainsi que l’égalisation de la durée du stage et des études (décret du 12 juillet 1878), se traduisirent par un rapprochement du niveau des aspirants‐pharmaciens et finirent par rendre obsolète la distinction entre les diplômes de pharmaciens de 1ère et de 2ème Classe.

        Un décret fut adopté par la suite, le 26 juillet 1909, pour préciser dans quelles conditions les pharmaciens de 2ème Classe pouvaient obtenir le diplôme de 1ère Classe. Nous y reviendrons par la suite pour parler de l’uniformisation du diplôme de pharmacien (1,3,7).

         

      7. Uniformité du diplôme, stage officinal et programme national des études

         

        C’est le décret du 29 juillet 1909 qui définit les bases du diplôme moderne de pharmacien. Ce décret va organiser les études en cinq années. Les trois années de stage se réduisent à une année de stage officinal la première année (3). Ce décret impose comme prérequis à l’inscription d’être titulaire d’un baccalauréat. Associé à la loi de 1898, il permet la consécration de l’unicité du diplôme : il n’existe plus qu’un unique diplôme pour tous les pharmaciens.

         

        Un livret scolaire est créé pour permettre de noter la progression de l’étudiant, celui‐ci sera nécessaire et devra être présenté à chaque examen.

        Le tableau ci‐dessous résume le programme des études ainsi que les principales caractéristiques des études de l’époque (1). On constate la place énorme prise par la chimie au cours des études de pharmacie. Le XIXème et le début du XXème siècle correspondent aux grandes découvertes chimiques, à l’essor de l’industrie chimique et à la fabrication de médicaments industriels et synthétiques. De plus, le pharmacien a un rôle sanitaire important d’où l’introduction de l’hygiène, de l’hydrologie et de la biologie.

         

         

        ENSEIGNEMENTS

        TRAVAUX PRATIQUES

         

         

         

         

        minéralogie

         

        Première année

           

         

         

         

         

         

         

         

         

         

         

        minéralogie

         

         

         

         

        Deuxième

         

        année

         

         

         

         

         

         

         

         

         

         

         

        Troisième année

           

         

         

         

         

         

         

         

         

        Quatrième

         

        année

         

         

        déontologie pharmaceutique

        • Chimie minérale, élément de

        • Chimie organique

        • Physique

        • Botanique

        • Chimie générale et pharmaceutique ; analyse qualitative

        • Herborisations

        • Zoologie

        • Caractères analytiques des sels

        • Chimie minérale, élément de

        • Chimie générale et pharmaceutique ; Analyse chimique

        • Physique

        • Micrographie

        • Herborisations

        • Chimie organique

        • Chimie analytique

        • Physique

        • Botanique

        • Zoologie

        • Pharmacie chimique

        • Pharmacie galénique

        • Matière médicale

        • Chimie analytique

        • Toxicologie

        • Cryptogamie

        • Pharmacie chimique

        • Pharmacie galénique

        • Analyse chimique

        • Micrographie

        • Parasitologie

        • Matière médicale

        • Chimie biologique

        • Essais des médicaments et des substances alimentaires

        • Analyses biologiques et toxicologiques

        • Microbiologie

        • Hygiène

        • Hydrologie et élément de géologie

        • Microbiologie

        • Notions de législation et

         

        Tableau : Programme des études d’après le décret du 26 juillet 1909 (1)

    2. Les différentes structures successives créées pour accueillir et former les étudiants en pharmacie à l’échelle nationale

       

      L’instabilité des régimes entraine au XIXème siècle une multiplication de structures différentes qui cohabitent pour former les futurs pharmaciens. Ce n’est qu’en 1968 que toutes les différentes Écoles de Pharmacie deviennent des Facultés de Pharmacie ou des Facultés Mixtes de Médecine et de Pharmacie. Ce sont, à l’heure actuelle, les seules structures pouvant délivrer le diplôme de Docteur en Pharmacie.

       

      1. Les Écoles de Pharmacie

         

        Nous avions déjà vu, qu’elles étaient créées par la loi du 21 germinal de l’an XI et organisées par l’arrêté du 25 thermidor, cela a permis la naissance de six Écoles de Pharmacie, dont trois réellement en France actuelle : Paris, Montpellier et Strasbourg.

         

        Seules les Écoles de Médecine étaient rattachées à l’Université impériale de France par Napoléon avec la loi du 10 mai 1806. Il faudra attendre l’Ordonnance du 27 septembre 1840 pour que les « Écoles de Pharmacie » deviennent des « Écoles d’application » et soient rattachées à l’Université.

         

        Ces trois écoles françaises prendront dès 1846, sans qu’un texte de loi ne l’impose le nom d’ « École Supérieure » afin de les différencier des autres. Ce nom perdurera par abus de langage (3).

         

      2. Les Écoles Préparatoires

         

        L’appellation « École Préparatoire de Médecine et de Pharmacie » émane de l’Ordonnance du 13 octobre 1840 promulguée sous le règne de Louis‐Philippe Ier.

        Auparavant en marge des trois Écoles Supérieures, il existait dix‐huit écoles secondaires qui n’avaient aucun cadre juridique et ne formaient que des étudiants en Médecine.

         

        Sur les conseils de son Ministre de l’Instruction Publique Monsieur Victor Cousin, Louis‐Philippe Ier décide de légiférer afin de permettre la création de vingt trois « Écoles

        Préparatoires » : Alger, Amiens, Angers, Arras (jusqu’en 1880), Besançon, Caen, Clermont‐Ferrand, Dijon, Grenoble, Limoges, Lyon, Marseille, Nancy, Nantes, Orléans (créée fictivement), Poitiers, Rennes, Rouen et Toulouse, suivies de celles de Tours en 1842 et de Bordeaux en 1843 via une nouvelle Ordonnance. Enfin, celles de Lille et de Reims seront respectivement créées par les Décrets de 1852 et 1853.

        Ainsi, l’État prend le contrôle de ces écoles, alors qu’avant elles étaient totalement indépendantes de son budget. Les dépenses restent payées par la ville et le département mais le budget est arrêté par le Ministre de l’Instruction Publique. Il existe une volonté de nivellement national des montants des droits d’inscription et des frais d’examen. Ceux‐ci connaissent des variations importantes selon les villes et ne cessent d’augmenter. L’État par ce décret les fixe afin d’éviter les fluctuations.

        De plus, comme pour les Écoles Supérieures, l’État a désormais le pouvoir de contrôler la nomination des professeurs, ce qui permet de gommer le problème majeur d’inégalité entre études théoriques et pratiques. Une première réflexion prend place au sujet de l’uniformité du programme des études dans ces « Écoles préparatoires » (1,3).

         

        Volontairement, une différence de niveau est maintenue entre les Écoles Supérieures et Préparatoires. Ces dernières ne peuvent délivrer que des diplômes de pharmacien de deuxième Classe.

         

        Par ailleurs, Nancy est devenue une École Supérieure en 1876 pour remplacer l’école de Strasbourg qui vient d’être annexée à l’Allemagne à la suite de la défaite française en 1870.

         

      3. Transformation des Écoles Préparatoires en Écoles de Plein Exercice

         

        Dès 1874, une partie des Écoles Préparatoires est transformée en « Écoles de Plein Exercice » : Lille (1874), Marseille (1875), Nantes (1876), Toulouse (1887), Rennes

        (1895), Clermont‐Ferrand (1928), Tours (1933), Angers, Limoges (1951) et Grenoble

        (1954).

         

        Ce changement de statut n’entraine que quelques transformations mineures :

        • Elles sont considérées comme des établissements d’enseignement supérieur,

        • Les professeurs sont nommés par le Ministre et doivent justifier du titre de pharmacien de première Classe,

        • On y trouve un nombre de chaires plus important que dans les Écoles Préparatoires,

        • Le cursus des aspirants au titre de pharmacien de première Classe peut se faire intégralement dans ces écoles, à l’exception des examens probatoires qui doivent être effectués dans une École Supérieure (ou dans une faculté après la création de celle‐ci). Cette différence ne sera plus effective à partir de 1909, date à laquelle il n’y a plus qu’un seul diplôme de pharmacie.

        • Obligation de locaux adaptés : amphithéâtres, bibliothèques, différentes salles pour des usages scientifiques précis, laboratoires de pharmacie, travaux pratiques, etc.

           

          Bien que la structure change de nom, le budget reste fixé par le Ministre de l’Instruction Publique. La ville et le département financent l’entretien, ainsi que le salaire des professeurs et des agents.

           

          Avec le décret du 20 novembre 1875, les Écoles de Plein Exercice ont les mêmes pouvoirs et missions que les « Écoles Supérieures ».

           

      4. La création des Facultés

         

        Les Facultés Mixtes de Médecine et de Pharmacie sont créées dès 1874 via divers Décrets. Il exista très vite quatre Facultés Mixtes de Médecine et de Pharmacie : Bordeaux (1874), Lille (1875), Lyon (1874) et Toulouse (1891).

        A cette époque, l’État imposait aux villes concernées le fait d’en assumer la construction et tous les frais d’installation. Les Facultés avaient exactement les mêmes pouvoirs et les mêmes rôles que les Écoles Supérieures.

         

        Les Écoles Préparatoires ou les Écoles de Plein Exercice restantes se transformèrent par des décrets successifs en Facultés de Pharmacie ou Facultés Mixtes de Médecine et de Pharmacie : Marseille (1922), Clermont‐Ferrand, Nantes et Rennes (1954), Grenoble et Tours (1962), Angers (1965), Reims et Rouen (1966), Dijon (1967), Amiens, Besançon, Caen, Limoges et Poitiers (1968).

         

        Par ailleurs, c’est le décret du 14 mai 1920 qui transforme définitivement les Écoles Supérieures de Pharmacie en Facultés : les Écoles dont les sièges sont à Paris, Montpellier, Nancy et Strasbourg prennent alors le nom de « Facultés de Pharmacie ».

        Durant cette période cohabitent des Écoles Supérieures, des Écoles de Plein Exercice, des Écoles Préparatoires et des Écoles Mixtes. Ces différents changements de structures aboutissent à l’existence d’une vingtaine de facultés dispensant des enseignements pharmaceutiques. Ce nombre reste fixe malgré le dédoublement de la Faculté de Paris en 1970, la perte de la Faculté d’Alger en 1962 et la fermeture provisoire de certains établissements (Amiens en novembre 1966, Besançon en janvier 1967 et Limoges et Poitiers en janvier 1968), avant leur réouverture en décembre 1968 suite aux événements de mai 1968 et les lois qui en découlent.

        Depuis 1970, on compte vingt‐quatre Facultés Mixtes ou de Pharmacie : Amiens, Angers, Besançon, Bordeaux, Caen, Clermont‐Ferrand, Dijon, Grenoble, Lille, Limoges, Lyon, Marseille, Montpellier, Nancy, Nantes, Paris Chatenay‐Malabry, Paris Descartes, Poitiers, Reims, Rennes, Rouen, Strasbourg, Toulouse, Tours.

         

    3. La Situation à Lille

       

      1. Transfert de Douai vers Lille

         

        Au XVIIIème siècle, Douai est la seconde ville étudiante du royaume en terme d’effectif avec 1500 à 2000 étudiants. En 1790, il y avait à Douai déjà plusieurs facultés (Lettres, Droit, Sciences…) (8), ce qui paraît normal pour le chef‐lieu du Nord de la France. Les Universités sont supprimées par la Convention via le décret du 15 septembre 1793, qui à ce moment, sont jugées comme entachées par l’aristocratie et inutiles pour la République.

         

        Après le Coup d’État de brumaire, le Consulat, qui vient de se mettre en place, commence des restaurations dans de nombreux domaines, dont celui des Universités considérées nécessaires pour la formation des élites. Une compétition commence alors entre :

        • Lille, qui est une place économique et une place de guerre importante,

        • Douai, qui reste une des grandes villes du Nord de la France où il fait bon vivre.

           

          En novembre 1800, un cours d’instruction médicale est ouvert à l’Académie de Douai grâce à un arrêté préfectoral. Il y eut une vive réaction de la municipalité de Lille et du Conseil Général du Nord. Le 7 janvier 1803, une lettre à destination du Conseil d’État est écrite pour obtenir l’ouverture d’une École de Chirurgie à Lille.

          En 1805, à Lille, qui est devenue depuis le chef‐lieu du département, est créée une École Secondaire de Médecine.

           

          En 1808, Napoléon Ier restaure une Faculté de Lettres et une de Sciences qui seront supprimées sous la Restauration bourbonienne qui commence le 6 avril 1814 après la chute de l’Empire.

          Rien n’évolue jusque 1846, où le projet de rétablissement à Douai est examiné, mais cela n’aboutit pas par mesure d’économie.

           

          En parallèle, la région avec l’aide de grands noms locaux, se dote par ses propres moyens d’institutions culturelles. Par exemple, des cours municipaux de Sciences sont inaugurés en 1817 et sont enseignés par Delezenne (Physicien), Lestiboudois (Naturaliste), et Charles Kuhmann (Chimiste). Ce dernier fonde en 1823 une chaire de Chimie appliquée à l’industrie à Lille qu’il occupe jusque 1854.

           

          En 1854, Napoléon III, via le décret du 22 août, instaure une Faculté des Sciences à Lille. Il nomme doyen de la Faculté dès le mois de décembre un jeune professeur de Strasbourg, Louis Pasteur. Cette faculté installée dans le lycée impérial de Lille portait le nom de Faidherbe et fut détruite par un incendie en novembre 1914. Elle se situe à la place du parking Carnot actuel sur le boulevard du même nom.

           

          Avec le même décret du 22 août est réinstaurée une Faculté de Lettres à Douai. Depuis l’Ancien Régime, il n’y avait plus de Faculté de Droit dans les départements septentrionaux, mais elle est rétablie à Douai en 1865.

          En 1874, l’École Préparatoire de Médecine et de Pharmacie est instaurée à Lille par le décret du 12 août 1854. Cette école sera transformée dès l’année suivante en une École de Plein Exercice par le décret du 12 novembre 1875 avant d’être transformée par la suite en Faculté Mixte de Médecine et de Pharmacie.

           

          En 1879, lors de la nomination du Recteur de l’Académie Pierre Foncin, il y a donc deux facultés dans chacune des villes :

        • Douai, une Faculté de Droit et une Faculté de Lettres

        • Lille, une Faculté de Mixte de Médecine et de Pharmacie et une Faculté de Sciences

          La création d’une Université Libre à Lille comprenant rapidement cinq facultés va entraîner un débat violent entre les différentes élites (doyens, intellectuels, scientifiques, maires, députés, sénateurs) de Lille et de Douai. L’objet de ces débats, relayés et même parfois organisés par la presse (« Le Progrès du Nord ») était la réunion des quatre facultés dans la lutte contre « l’enseignement donné sous les auspices du cléricalisme ». Le but recherché par Lille était de limiter l’influence de l’Université Libre. Ainsi, l’ensemble des facultés publiques de la région migre à Lille. Le décret du 22 octobre 1887 vient définitivement sceller la réunion des quatre facultés et le transfert à Lille, grâce à Eugène Spuller alors Ministre de l’Instruction Publique, des Beaux‐Arts et des Cultes ; à Louis Liard Directeur de l’Enseignement Supérieur ; à Pierre Legrand Député du Nord.

           

      2. L’Université Libre de Lille

         

        « La loi Wallon » du 12 juillet 1875, promulguée le 26 juillet 1875, a mis fin au monopole d’État dans l’enseignement supérieur et l’article 5 a permis aux établissements privés de l’enseignement supérieur de prendre le nom d’Université dite

        « Libre » à la condition d’être capable de regrouper trois facultés. Il y eut dès lors, la création de ces structures dans 4 villes françaises : Paris, Lille, Lyon et Angers (9).

         

        Celle de Lille fut fondée dès 1875 par un comité mondain, notamment Philibert Vrau, « gêné » par l’absence d’une telle structure à Lille alors que les facultés publiques y étaient établies depuis 1854 (10).

        Dès le 2 août 1875, la décision d’ouverture d’une structure voulant prendre à terme le nom « d’Université Catholique du Nord de la France » est prise, suivie par la rédaction des premiers statuts de celle‐ci en octobre et de l’ouverture de la Faculté de Droit.

        Le 18 novembre de la même année, on inaugure un institut qui ne comprend alors qu’une Faculté de Droit et quelques chaires de Théologie, Lettres et de Sciences. Cette structure ne peut donc pas prendre le terme d’Université (11). Nous sommes alors en plein débat national sur la laïcité avant la future séparation Église‐État en France.

         

        Le structure comprenant enfin 3 Facultés (Droit, Sciences et Lettres), l’inauguration officielle et solennelle de l’Université Catholique de Lille a lieu le 18 janvier 1877. La réception de la bulle pontificale confère à l’Université Catholique de

        Lille l’institution canonique. Le 6 juillet a lieu l’ouverture de la Faculté de Médecine et de Pharmacie venant compléter les formations disponibles.

         

        Dans le même temps, grâce aux dons des catholiques du Nord, des terrains furent achetés boulevard Vauban pour l’édification d’un vaste complexe universitaire dont la première pierre fut posée le 22 novembre 1879 (12).

         

        La promulgation de la loi du 18 mars 1880 relative à l’enseignement supérieur privé change la situation instaurée par la loi de 1875. Elle permet le financement des établissements privés d’enseignement supérieur mais interdit l’usage du terme

        « Université » pour les établissements d’enseignement supérieur privés. La jeune

        « Université Libre » devient alors officiellement l’Institut Catholique de Lille (13).

         

      3. Le processus pour arriver à une Faculté Mixte de Médecine et de Pharmacie à Lille

         

        Une Ordonnance du 13 octobre 1840 réorganise les Écoles secondaires de Médecine sous le nom d’Écoles Préparatoires de Médecine et de Pharmacie. A la suite de cette Ordonnance, une école de ce type fut créée à Lille le 12 août 1852 (14).

         

        Le 16 août 1852, le Docteur Albert Cazeneuve est nommé Directeur de cette École qui sera transformée en École de Plein Exercice le 19 décembre 1874 et pourra donc délivrer le diplôme de Pharmacien.

         

        La Faculté Mixte de Médecine et de Pharmacie de Lille a été créée suite au décret en date du 12 novembre 1875. Cependant, le décret d’application signé par le Président de la 3ème République, le Maréchal Mac Mahon, n’est daté que du 31 août 1876. La Faculté Mixte fera directement suite à l’École de Plein Exercice. Le Ministre de l’Instruction Publique et des Beaux‐Arts, Monsieur Waddington confirme la nomination du Professeur Cazeneuve comme Doyen, et ce Décret précise la création d’une vingtaine de chaires magistrales.

         

        Le premier emplacement de cette Faculté se situe rue des Fleurs, près de l’actuel boulevard Carnot. Faute de place d’un bâtiment bien agencé et modulable pour ce type de formation médicale, il fut très vite question d’un déménagement et de la construction d’un groupe de bâtiments plus grands. Ceux‐ci seront plus proches d’autres facultés et

        regroupés dans le centre de Lille au sein du quartier Saint Michel. C’est la ville de Lille qui assume financièrement la construction et l’entretien de ces nouvelles structures.

         

        L’accroissement permanent du nombre d’étudiants est un problème, cela est particulièrement vrai pour Lille et plus encore pour les études médicales et pharmaceutiques. A la fin du XIXème siècle, celles‐ci attirent toujours plus d’étudiants du fait des immenses progrès scientifiques et médicaux.

         

        Comme nous l’avons vu précédemment, l’Université Catholique vient d’ouvrir plusieurs facultés grâce à de nombreux dons de catholiques du département du Nord. La construction d’un grand complexe a débuté pour cette Université « Libre » située boulevard Vauban. L’Université Catholique prend une longueur d’avance sur les facultés publiques, malgré le soutien et la volonté du Maire de Lille de rapatrier toutes les facultés de Douai à Lille.

         

        Dès 1876, la ville entreprend la construction de locaux pour abriter la Faculté de Médecine et de Pharmacie sur un vaste terrain de 12 000 m2 à l’angle de la rue Jean Bart et de la rue de Valmy, face à la place Philippe Lebon. Les travaux sont confiés à l’architecte Carlos Batteur. La construction commence le 22 novembre 1879 et s’achève en 1892 pour un coût total de 1 350 288 francs.

        La première pierre de cette nouvelle Faculté fut posée le 24 avril 1880 par Jules Ferry, alors Président du Conseil et Ministre de l’Instruction Publique. Sa visite faisait suite à l’invitation du Maire de Lille Géry Legrand fervent laïc et républicain, qui ne voyait pas d’un bon œil la création d’une Université Catholique à Lille. Preuve des tensions exacerbées entre laïques et catholiques, on peut relever une phrase du discours de Ferry lors de l’inauguration de ce chantier : « On a dit que la ville de Lille était d’un certain point de vue une citadelle du cléricalisme. Messieurs, nous élevons ici citadelle contre citadelle dans le vaste champ de la Liberté ». Aussi se déclenche le conflit entre Lille et Douai au sujet du regroupement des Facultés. La visite de Ferry savamment orchestrée, permit également une médiatisation des efforts financiers fournis par l’État Français, la ville de Lille et son Maire dans la lutte contre l’Université Libre du boulevard Vauban. Cet événement permit de la contrer alors qu’elle cherchait à étendre son influence. A cette époque, nous sommes à l’aube d’un débat national sur la laïcité qui fera rage et aura pour point d’orgue la loi sur la laïcité de 1905.

        Les professeurs, personnels et étudiants ne prirent possession des nouveaux locaux que le 3 novembre 1882. Cette faculté sera groupée avec d’autres pour former l’Université de Lille après la promulgation de la loi du 10 juillet 1896 (Figure 1 – 3).

         

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        Figure 1 : Carte Postale de la Faculté de Médecine et de Pharmacie

         

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        Figure 2 : Carte postale représentant la faculté de Médecine et de Pharmacie

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        Figure 3 : Photographie du Fronton de la Faculté (photo prise par Frédéric Kuhlmann le 14 septembre 2014)

         

      4. Les étudiants en pharmacie lillois

         

        Les étudiants en pharmacie de Lille sont en cette fin du XIXème et début du XXème siècle soit issus de la petite bourgeoisie, soit fils de pharmaciens ou médecins. Pour commencer des études pharmaceutiques, il faut être titulaire du baccalauréat en Sciences, ce qui nécessite d’avoir eu du temps pour étudier le secondaire, à une époque où beaucoup de jeunes sont obligés de travailler pour aider financièrement leur famille. Rappelons que l’école est obligatoire uniquement jusque l’âge de 13 ans depuis la loi Ferry du 28 mars 1882.

        Il faut ensuite devenir stagiaire après le secondaire et pour cela, il faut trouver un Maître de stage. La tâche n’était pas forcément évidente car un des moyens que les pharmaciens avaient de limiter la concurrence était de réguler le nombre d’étudiants et donc par la suite le nombre de pharmaciens pouvant s’installer. A cette l’époque, le numerus clausus n’existait pas, et il n’y avait pas d’obligation d’installation. Tout pharmacien pouvait s’installer là où il le voulait.

        L’avantage qu’ont les étudiants lillois, par rapport à ceux formés dans les Écoles Préparatoires d’autres villes, est que l’intégralité de leur cursus (3 ou 4 années) se fait en un même lieu car son statut de Faculté lui confère le droit de délivrer le diplôme de pharmacien. On constate que les plus vieilles associations d’étudiants en pharmacie sont celles de Paris, Nancy, (Strasbourg), Lille, Toulouse, où les étudiants restaient assez longtemps pour monter les échelons vers les postes à responsabilités de leurs associations respectives sur plusieurs années.

         

        Les étudiants en pharmacie de l’État étaient très peu en contact avec ceux des facultés catholiques. Ces derniers furent intégrés furtivement au moment de la création de l’AAEPL comme nous le verrons par la suite. Les étudiants de la faculté libre feront très vite scission dans le but de créer leur association propre. Les étudiants des deux

        « Universités » éviteront de se mélanger, sûrement de manière inconsciente, et surtout du fait de leurs calendriers différents et de leurs traditions propres. L’AAEPL et sa sœur jumelle n’auront aucun lien, car très vite l’association des facultés publiques intégrera l’Union des étudiants de l’État. Celle‐ci regroupe toutes les associations (Médecine, Lettres, Droit) des Facultés de l’État qui prendront le titre d’Université de Lille.

         

        Le nombre d’étudiants en Pharmacie sera très variable car il y aura une augmentation mais parfois à la surprise générale, il y aura des promotions avec peu d’étudiants comme en 1910, où la promotion de première année ne comptait qu’une petite dizaine d’étudiants. Cela est certainement dû à la sélection des stagiaires pouvant ensuite s’inscrire dans les études pharmaceutiques après passage de leur examen de validation de stage (Figure 4).

         

        Une autre chose remarquable est que les études pharmaceutiques se sont féminisées rapidement par rapport aux autres filières universitaires. Au début du XXème siècle jusqu’à la première Guerre Mondiale, très peu de femmes faisaient des études pharmaceutiques à Lille. Après la première Guerre Mondiale, malgré de nombreuses réticences et des remarques misogynes, la féminisation de la filière fut importante. Si bien que rapidement, les femmes prendront une place importante au sein de l’AAEPL bien qu’il faille attendre 1979 pour qu’une femme devienne Présidente de l’association. La photographie ci‐dessous est une preuve qu’aucune femme ne fait d’étude de pharmacie en 1904.

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        Figure 4 : Photo issue d’un album de Famille de Monsieur LOOTEN situé sur la 2ème rangée, à partir du bas, 3ème à partir de la droite, il s’installera en tant que titulaire au 30 rue de Thiers à Boulogne­ sur­Mer en 1905, et celle­ci sera détruite par les bombardements de 1944.

         

      5. Traumatisme de la Grande Guerre

         

        La première Guerre Mondiale marqua durablement la vie de la Faculté de Médecine et de Pharmacie lilloise. Elle stoppa pour bon nombre d’années l’augmentation du nombre d’inscrits en filières médicale et pharmaceutique.

         

        La mobilisation générale fut décrétée le 2 août 1914. Les étudiants en Pharmacie ne furent pas dispensés de la mobilisation pour cette guerre qui ne devait, selon les dires des élites militaires des deux camps, n’être que de courte durée. Cependant, celle‐ci s’enlisa pour quatre longues années de conflits pendant lesquelles la vie de la faculté fut pratiquement interrompue car Lille fut très vite occupée par les allemands (du 13 octobre 1914 jusqu’au 17 octobre 1918) (15).

         

        Malgré les bombardements allemands qui frappent Lille entre le 10 et 12 octobre 1914, la faculté subit peu de dégâts par rapport au reste de la ville où plus de 2000 maisons ou immeubles furent détruits par les bombes et les incendies. Les quartiers les plus touchés sont les faubourgs industriels, notamment Fives, ainsi que le centre ville, en particulier le quartier de la gare où 13 hectares d’immeubles sont rasés, surtout dans les rues Faidherbe, de Tournai, du Molinel, de Paris, Neuve et de Béthune. Ces

        bombardements provoquent la mort de plus de 200 civils tandis que 300 autres sont blessés plus ou moins grièvement (Figure 5).

         

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        Figure 5 : Carte postale Allemande montrant les ruines de Lille

         

        L’Université fut vidée suite à la mobilisation de ses nombreux étudiants, des enseignants les plus jeunes et au repli de la plupart des autres enseignants vers la zone non occupée. La faculté est en grande partie désertée. Un nombre conséquent d’étudiants en Médecine, Pharmacie, professeurs, personnels de la Faculté furent soit blessés ou morts au cours de ce conflit comme le montre les quarante‐sept noms figurant sur la stèle qui sera par la suite installée à la faculté de la rue Jean Bart puis déplacée à la cité hospitalière (Figure 6).

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        Figure 6 : Stèle commémorative à la Faculté de Médecine au pôle recherche (14)

         

        Pendant les 1465 jours d’occupation, la Faculté de Médecine et Pharmacie ne fut pas réquisitionnée par les allemands grâce au recteur George Lyon et les bibliothécaires continuèrent à travailler pour permettre aux étudiants d’étudier chez eux (16).

        Certains professeurs ou leurs conjoints furent même pris en otage par l’occupant pour éviter les débordements et actes de rébellions au sein de la faculté. Ils furent déportés au camps d’Holzminden, comme le Docteur Carlier et sa femme, mais aussi les compagnes des Docteurs Albert Calmette, Lemoine et Malaquin.

        A la fin de l’Occupation Allemande en octobre 1918, la Faculté est pillée de ses ressources en charbon et bois pour l’hiver. Cependant les bâtiments n’ont pas subi de gros dégâts, ce qui permettra dès 1919 une reprise rapide des cours.

         

        Ainsi, la violence du conflit fut traumatisante pour la population lilloise et plus encore pour les jeunes générations, dont les étudiants qui sont directement impliqués sur le front de guerre. La proximité de cette guerre laissa de nombreuses cicatrices à la ville de Lille mais aussi aux étudiants engagés dans le conflit comme en témoignent les articles publiés dans La Jeunesse Pharmaceutique de 1919.

    4. La naissance d’une structure étudiante territoriale lilloise : l’Union Lilloise des Étudiants de l’État

      1. La structuration de l’UNION

         

        Au XIXème siècle, la France connait une instabilité politique entre Monarchies, Empires, et Républiques. A la tête de ces régimes, que ce soit les Monarchies ou les Empires, les Hommes se méfiaient des rassemblements d’étudiants rarement ralliés à leur cause. Ces derniers furent très longtemps soumis au Décret du 5 juillet 1820 qui, dans son article 20, stipulait qu’il était « défendu aux étudiants, soit d’une même faculté, soit de diverses facultés du même ordre, soit de diverses facultés de différents ordres de former aucune association, sans en avoir obtenu la permission des autorités locales et en avoir donné connaissance au recteur de l’académie ou des académies dans lesquelles ils étudient »

         

        A l’instauration de la 3ème République les élites Républicaines comprennent vite que les populations étudiantes doivent être de leur côté pour lui assurer un avenir pérenne. Désormais, les autorités soutiennent les étudiants qui revendiquent une liberté d’expression totale et de mouvements. Ces soutiens ne sont pas désintéressés et ont pour objectif une mixité sociale. Le but est de créer « une école de solidarité » quelle que soit la faculté, sans tenir compte de l’origine sociale ou géographique de l’étudiant. Il s’agit aussi d’établir « un foyer d’esprit public » afin de permettre un meilleur enracinement de la République, et des sociétés de secours mutuels pour permettre aux étudiants de bénéficier de services. En effet, à cette époque là, il n’y avait ni Sécurité Sociale, ni mutuelle, ni d’aide du Centre Régional des Œuvres Universitaires et Scolaires (CROUS).

         

        Dans ce contexte, L’Union Lilloise des Étudiants de L’État communément appelée

        « UNION » est créée le 3 novembre 1881 (Figure 7). C’est la 2ème Assemblée Générale des Étudiants (AGE) créée en France après celle de Nancy en 1878. Elle remplace notamment le cercle des étudiants de Médecine et d’autres petites structures locales propres à chaque faculté. Elle fait suite aux besoins croissants et réels des étudiants, qui, pour certains, sont dans une grande précarité, même s’il faut signaler qu’à l’époque la majeure partie des étudiants sont des enfants de notaires, ou issus de la bourgeoisie du Nord de la France.

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        Figure 7 : le blason de L’Union Lilloise des Étudiants de l’État

         

        Entre 1887 et 1912, on passe de 784 étudiants à 1700 sur l’ensemble des 4 facultés lilloises de l’État, ce qui montre l’importance de la massification de l’enseignement supérieur avant qu‘elle ne soit stoppée par la première Guerre Mondiale à Lille. L’association a pour but selon ses dires de « nouer et d’entretenir des relations respectueusement amicales entre les professeurs des facultés de l’État et leurs élèves, de resserrer les liens d’amitié entre les diverses facultés de l’État et de garder des relations suivies avec les anciens étudiants ; de représenter les étudiants devant les pouvoirs publics et universitaires ; de procurer à ses membres le plus d’avantages matériels possibles, de provoquer ou d’organiser des œuvres de bienfaisance et de soutenir, dans la mesure de ses moyens, toute entreprise tendant à développer l’instruction populaire» (17).

         

        L’UNION est organisée en section selon chaque filière : Lettres, Médecine, Droit, Pharmacie, Physiques, Chimiques et Naturelles (PCN). A sa tête, un bureau nommé

        « comité » est responsable de la gestion des fonds de l’UNION et de ses actions. Ce comité est statutairement obligé de se réunir deux fois par mois et organise quatre Assemblées Générales (AG) par an pour présenter auprès de ses administrateurs ses projets, avancées et actions (Figures 8 – 11).

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        Figure 8 : le comité de l’UNION de 1894/1896

         

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        Figure 9 : le comité de l’UNION de 1911 /1912 avec Lambert comme président

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        Figure 10 : le comité de l’UNION de 1913/1914 avec Adrien Talon comme président

         

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        Figure 11 : le comité de l’UNION 1924/1925

      2. Une réponse aux besoins des étudiants

         

        L’AGE lilloise devient rapidement incontournable et obtient ainsi le soutien du recteur Lyon et des élites lilloises car tout reste à faire pour la vie étudiante universitaire. Malgré l’adhésion de seulement un quart des étudiants à L’UNION, l’AGE met très vite en place un ensemble de services fort utiles aux étudiants :

         

        • Des prix préférentiels sur présentation de la carte de l’UNION, de 5 à 25% de réduction dans de nombreux commerces, 40% dans les bains de Lille et certaines salles de spectacle (Figures 12 et 13),

        • Un journal se nommant « Lille‐Université » informe les étudiants (gratuitement) et les anciens étudiants sur ce qu’il se passe du point de vue universitaire à Lille et au niveau national,

        • Dès 1907, l’UNION propose un lieu où les adhérents puissent se réunir, la Maison des Étudiants rue de Valmy,

        • Des médicaments à prix réduits et des consultations gratuites chez certains médecins proches de l’UNION,

        • Des évènements pour permettre la multiplication des échanges avec des étudiants étrangers, une sorte d’ancêtre au programme Erasmus avec plus de 80 ans d’avance,

        • Un ensemble d’activités sportives est proposé : boxe, escrime, gymnastique et football. L’UNION sera à l’origine de la création du Lille Club Université (LUC) dont l’emblème est aujourd’hui encore un singe mascotte de l’AGE lilloise,

        • Un service de restauration à des prix dérisoires (4,5 francs) destiné aux étudiants à partir de 1922,

        • Un organe permettant aux étudiants de trouver des logements disponibles. L’UNION plaidera dès janvier 1924 en faveur de la création de cités universitaires à Lille, projet qui aboutira début 1929.

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          Figure 12 : Carte d’adhésion de l’Union Lilloise des étudiants de l’État pour l’année 1911/1912

           

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          Figure 13 : Publicité dans le journal Lille­Université

           

          L’UNION est aussi la grande organisatrice du folklore étudiant tels que les monômes de la Saint Nicolas (Figure 14) et autres grandes soirées estudiantines telles que les Fêtes Intimes et Fêtes Universitaires.

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          Figure 14 : Publicité pour le monôme de la Saint Nicolas (18)

           

          L’UNION ne se limite pas seulement aux étudiants, elle organisera des évènements pour soutenir les plus démunis avec l’arbre de Noël qui permet de venir en aide aux enfants des quartiers misérables de Lille chaque année. Cette tradition sera instaurée suite à la tragédie de 1890 à Fort de France qui permettra de réunir 15000 francs de dons.

           

          Pour toutes ces raisons, l’Union Lilloise des Étudiants de l’État est reconnue d’utilité publique le 17 février 1930. À partir de cette date, on la renomme parfois l’Association Générale des Étudiants de Lille (AGEL).

           

      3. La Maison des Étudiants

         

        Lors de sa fondation en 1881, l’UNION avait son siège au café français. Dès 1883, elle loue une maison rue de l’Hôpital militaire puis déménage plusieurs fois, car il fallait trouver un grand local proche des facultés, qui, à l’époque, étaient regroupées dans le centre de Lille.

        En 1898, le Conseil de l’Université cherche et trouve un emplacement rue de Valmy se situant à proximité des facultés. La municipalité cède gratuitement le terrain, mais après l’étude de 5 projets pour la construction d’une Maison des Étudiants, digne de ce nom, l’Union et le Conseil de l’Université comprennent vite qu’il sera difficile de réunir les 35000 francs nécessaires à l’ouvrage.

        Néanmoins, en 1905, le projet est relancé grâce à un important don du Recteur de l’académie de Lille : George Lyon qui donne 50000 francs, obtenus en dédommagement suite à la mort de son fils par la Compagnie des Chemins de Fer du Nord. De plus, quelques amis du Recteur font des dons conséquents et quelques subventions sont obtenues, si bien que les travaux commencent fin 1905. L’inauguration eut lieu en mai 1907 par Charles Bayet qui était à la direction de l’enseignement supérieur (Figure 15).

         

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        Figure 15 : Carte postale représentant la Maison des Étudiants située au 49 rue de Valmy

         

        La Maison des Étudiants comprend un sous‐sol et deux étages. Le rez‐de‐ chaussée se compose d’un long vestibule à gauche duquel se trouve la salle de prêt des livres et la salle de lecture. À droite se trouve la loge du concierge et la remise à bicyclettes. Ce vestibule précède une spacieuse salle de travail de 70 places. Au premier étage, se trouve une magnifique salle des fêtes avec une galerie circulaire. Elle peut contenir 700 personnes. À droite et à gauche sont installés des salles de billard et un buffet. Quatre salles moyennes (une par faculté) sont placées au fond de la grande salle. Au deuxième étage, on trouve, outre le vide de la grande salle des fêtes, une salle des commissions et une salle de réunion du comité. Au sous‐sol enfin, il y a une grande salle d’exercices physiques, une salle « d’hydrothérapie » (trois cabines de douche) et un bar (Figures 16 ‐21).

         

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        Figure 16 : Carte postale représentant la salle de Billard de la Maison des Étudiants

         

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        Figure 17 : Carte postale représentant la salle de Billard de la Maison des Étudiants

         

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        Figure 18 : Carte postale représentant la salle du comité avec le singe empaillé mascotte de l’UNION dans la Maison des Étudiants

         

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        Figure 19 : Carte postale représentant la Grande salle des Fêtes de la Maison des Étudiants

         

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        Figure 20 : Carte postale représentant le hall d’entrée de la Maison des Étudiants

         

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        Figure 21 : Carte postale représentant le Restaurant Universitaire de la Maison des Étudiants

    5. La création d’une structure nationale de tous les Étudiants : l’Union Nationale des Étudiants de France

      1. Naissance d’une entité nationale

         

        Alors que plusieurs projets de création d’une fédération regroupant les diverses AGE pour former une Association Nationale furent évoqués entre 1890 et 1905 (19), ceux‐ci furent à chaque fois avortés. Cela reste principalement dû à l’indifférence ou, pire encore, à l’animosité des étudiants envers une telle structure. De surcroit, les politiques et les universitaires étaient réticents à une structure nationale dont le contrôle pouvait facilement leur échapper. Cette réticence se changea en encouragement au début du XXème siècle sans aucune raison particulière (20).

         

        En plus de cela, il existait un autre handicap majeur : les trop grandes revendications de l’association parisienne. L’Association Générale des Étudiants de Paris (AGEP) veut avoir un siège à Paris, avec un contrôle majoritaire et une proportionnalité variant selon la taille de chaque Association Générale des Étudiants (AGE). Cette configuration lui confère un avantage certain vis à vis des AGE provinciales forcément de plus petites tailles.

         

        La structure européenne « Corda Frastres » née en 1897, sous tutelle de notables italiens, d’origine maçonnique et d’éternels étudiants. Sa section française est également composée principalement de non étudiants (21). Au congrès international de Marseille, qui se tient du 30 août au 5 septembre 1906, en parallèle de l’exposition coloniale. Les étudiants français s’isolèrent des étudiants étrangers pour réfléchir à la création d’une structure nationale forte. En effet, il n’était pas acceptable pour les étudiants français de voir leurs convictions et points de vue défendus par de tels représentants. Ainsi il proposent la création d’une association nationale qui pourrait administrer directement cette structure européenne pour permettre de la réformer. L’idée est que cette unique association soit constituée de toutes les AGE françaises déjà existantes qui offrent un bon maillage territorial (20).

         

        Les délégués de l’Union des Étudiants de Lille ont comme missions de préparer des statuts et de construire une structure viable, répondant aux volontés des délégués de chaque AGE évoquées lors du congrès de Marseille en 1906. Cette responsabilité prouve l’importance et la confiance accordée à l’AGE lilloise, où bon nombre d’étudiants

        en pharmacie prennent place (Figure 22). Il est à noter que toutes les questions internationales sont repoussées au prochain Congrès International qui se tiendra à Bordeaux en 1907.

         

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        Figure 22 : l’équipe organisatrice du Congrès lillois Formateur de l’UNEF en 1906

         

        Le Congrès des Associations Générales de France à Lille en mai 1907 est l’occasion d’inaugurer en grande pompe la Maison des Étudiants de Lille et prouver la grandeur et la puissance de l’association lilloise aux autres AGE. Cette maison devient dès lors le siège de l’Union Lilloise des Étudiants de l’État.

         

        Ce Congrès permet la création de l’Union Nationale des Associations Générales Étudiantes de France (UNAGEF) le 4 mai 1907 que l’usage transformera vite en Union National des Étudiants de France (UNEF). Les Associations Générales de Bordeaux, Caen, Dijon, Lille, Nancy sont les principales actrices de cette création soutenues par celles d’Aix, Alger, Caen, Grenoble, Nancy, Marseille, Poitiers et Toulouse (19).

         

        L’AGEP, dirigée par César Campinchi, ne prend pas part à l’UNEF dans un premier temps. Il conditionne la présence de l’AGEP au sein de l’UNEF, par l’obtention de sa présidence, l’obtention de la moitié des mandats du futur bureau national pour l’AGE Parisienne et l’obligation d’un siège sociale parisien. Il se fendra de la phrase suivante lors du congrès de Bordeaux qui provoquera un tollé des AGE provinciales :

        « Indépendamment de la situation privilégiée que nous occupons à Paris, nous jouissons de

        toutes les faveurs désirables par suite de nos relations amicales avec l’Université et le gouvernement. Pourquoi voulez­vous que nous allions nous occuper des intérêts des étudiants de Province ? Ce serait au détriment de nos propres intérêts, la source des faveurs n’étant pas inépuisable » (20). Lors du Congrès de Lille, il renouvelle ses exigences mais devant le refus des AGE provinciales, il quitte très vite le congrès fondateur. Son isolement sur la scène nationale obligera l’AGE parisienne à rejoindre l’UNEF qu’en 1909.

         

        La structure de l’UNEF est celle d’une association de loi 1901 car les étudiants ne sont pas considérés comme des travailleurs. Elle ne peut donc pas juridiquement se revendiquer en tant que syndicat, car ce droit n’est réservé qu’aux salariés. Les statuts adoptés sont ceux d’une association d’associations. Ils assurent un fort équilibre pour la représentation de chaque association, à la défaveur des plus importantes notamment celle de Paris. Les AGE gardent en outre une grande autonomie face à un bureau national qui se réunit statutairement minimum trois fois par an. Depuis 1909, le Secrétaire Général est toujours un parisien, la tradition veut que le Président de l’AGE organisatrice du congrès annuel soit le nouveau Président de l’UNEF.

         

        Le premier bureau composé de cinq personnes portant tous une faluche (22) est le suivant (Figure 23) :

         

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        Figure 23 : le premier bureau de l’UNEF en 1907

        • Debrulle, Président, Lille (au centre de la photo)

        • Lorentz, Trésorier, Nancy (respectivement à gauche)

        • Gosselin, Secrétaire, Caen (respectivement à droite)

        • Salsedo, Vice Président, Bordeaux (centre gauche)

        • Chaumont, Vice Président, Dijon (centre droit)

           

          L’annexe 1 page 126, répertorie l’ensemble des congrès de l’UNEF de 1905 à 1930. Le congrès est le moment privilégié pour changer de bureau directeur. A chaque fois sera précisé dans cette annexe si l’AAEPL a envoyé des participants.

           

      2. Les missions de cette association

         

        Cette structure nationale a pour ambition d’exprimer la volonté des étudiants auprès des institutionnels à tous les niveaux possibles : national, départemental, rectorat, mairies, universités, etc. Cependant, elle cherche un financement propre pour marquer son indépendance de ceux‐ci, car bien souvent ces AGE siègent dans des Maisons des Étudiants financées par les municipalités (23). Elles offrent une multitude de services tels qu’on a pu le voir pour Lille comme des bibliothèques, des salles d’escrime, et une vie sociale développée. Ces AGE organisent également des moments conviviaux comme des bals, tombolas ou des compétitions sportives. Les revendications passent souvent par le biais de monômes où l’esprit de canular n’empêche pas d’exprimer des attentes fortes. Les AGE participent aussi à la vie politique locale, quand des événements graves leur paraissent mettre en danger les intérêts des étudiants (24).

         

        La première Guerre Mondiale est un tournant pour l’association, les Universités sont vidées de leurs étudiants et professeurs qui seront décimés par la violence des combats. L’UNEF perd deux de ces anciens Présidents lors de cette guerre. Il en va de même pour les AGE qui seront elles aussi désertées. Elles survivent bien souvent grâce aux étudiants réformés et les plus jeunes qui ne pouvaient être mobilisés du fait de leur jeune âge.

         

        Le Président élu en 1914, Jean Gérard de l’AGE de Nancy, convoque un Comité d’administration dès avril 1919, l’ensemble des AGE envoie des représentants. La démobilisation des étudiants anciens combattants n’est pas achevée, mais déjà les AGE

        sont confrontées à une situation à laquelle elles ne peuvent plus répondre, les difficultés de logement, de restauration et de santé sont telles qu’il apparaît nécessaire de porter une voix plus forte et plus efficace pour les étudiants. L’UNEF se lance alors dans la mise en place d’actions concrètes de solidarité. Elle défend les intérêts des étudiants, et incite la création des structures de médecine préventive au sein des universités, ou encore des restaurants universitaires. Cela permet à l’UNEF d’être reconnue d’utilité publique par le décret du 16 mai 1929 signé par le Président de la République Gaston Doumergue.

         

      3. Ses rapports avec les étudiants lillois

         

        L’histoire de l’UNEF est fortement liée aux étudiants lillois, ce n’est pas anodin que le congrès de formateurs de l’UNEF ait eu lieu à Lille et que Lille fut l’une des 6 AGE créatrices sur la douzaine présente. D’ailleurs, Lille organisera les congrès de 1907, 1911 et 1925, ce qui est un record sur cette période, preuve de l’implication des lillois dans cette association qui ne sera même pas égalée par la capitale qui centralise bien souvent les évènements nationaux (Figures 24 et 25).

         

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        Figure 24 : Affiche du Vème Congrès de L’UNEF à Lille en 1911

         

        Les relations seront souvent considérées comme proches entre les lillois et l’UNEF. Pour preuve, Lille fournira de nombreux étudiants au bureau de l’UNEF de part leur grande expérience associative et leur vision proche du bureau de l’association nationale. Lille sera bien souvent une des villes leader d’opinion sur des sujets tels que les réformes militaires.

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        Figure 25 : Affiche du XIVème Congrès de l’UNEF à Lille en 1925

         

        Malgré tout, cela n’empêchera pas qu’il y ait des tensions à certains moments entre l’UNION et l’UNEF selon les sujets parfois clivants. L’association nationale fonctionnera, dès le Vème Congrès organisé à Lille, par sections pour permettre des revendications. Les étudiants en pharmacie utiliseront cela comme une tribune ayant une portée nationale pour demander par exemple la suppression du diplôme d’herboriste. Ces organes deviendront par la suite des Offices Nationaux en 1929 comme celui des étudiants en pharmacie qui prendra le nom d’Office National des étudiants en Pharmacie de France (ONEPF).

         

    6. La création d’une structure nationale des étudiants en pharmacie.

      1. Une association mère de l’AAEPL : l’AAEPF

         

        L’Association Amicale des Étudiants en Pharmacie de France (AAEPF) fut créée en 1896 pour se séparer de l’AGEP qui n’avait pas de vocation à s’occuper de l’intérêt

        professionnel et corporatif de chaque filière présente en son sein. Une guerre ouverte eut alors lieu entre l’AGEP, l’AAEPF et les autres associations corporatistes qui seront créées par la suite.

        De ce schisme émana la première association étudiante française créée pour défendre les intérêts d’une corporation (25). L’AAEPF, initialement basée à Paris, essaie d’ouvrir dans chaque ville qui possède un centre de formation pharmaceutique (Faculté, École Préparatoire, École Supérieure, etc.), une association basée sur son modèle parisien pour avoir une représentation nationale (comme son nom l’indique). Ce qui est le cas dans un premier temps et chaque association prenait alors le nom d’« Association Amicale des Étudiants en Pharmacie » suivie du nom de la ville. Il en sera ainsi pour Lille (Figure 26).

         

         

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        Figure 26 : Le Comité de l’Association Amicale des Étudiants en Pharmacie de France en 1906 (26)

         

        En 1909, le IIIème congrès de l’UNEF et le IIème congrès des étudiants en Pharmacie ont lieu dans la même ville de Nancy. A l’occasion de ce second congrès l’association revendique son action dont la portée serait nationale (Figure 27).

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        Figure 27 : Affiche du IIème Congrès des étudiants en pharmacie

         

        Dès 1897, elle édite un journal mensuel : « La Pharmacie Française » publié dès le début à 12000 exemplaires (Figure 28). Il y a des publications scientifiques bien souvent rédigées par des pharmaciens déjà en exercice mais cela permet aussi à l’association de se faire connaître et de revendiquer ses positions sur des sujets professionnels ou concernant directement les étudiants en pharmacie tels que : le stage officinal, les lois militaires, la suppression du diplôme d’herboristerie, la suppression du pharmacien de deuxième Classe, etc.

        Cette diffusion vise principalement les pharmaciens de France et des Colonies pour légitimer son action, et posséder toujours plus de leviers d’actions face aux institutionnels. Cependant, cette association regrette en 1899 de ne pas être invitée au Congrès des pharmaciens et de ne pas être écoutée par la profession, ce qui est l’inverse des étudiants en Médecine ayant une association plus jeune. Ce journal permet aussi, de

        financer l’association, via les nombreuses publicités à visées des pharmaciens, ainsi que l’affichage des pharmaciens ayant payé une cotisation de membre honoraire.

         

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        Figure 28 : 1ère page de La Pharmacie Française du mois de mars de 1900

         

      2. Les relations entre l’AAEPL et l’AAEPF

         

        Si dans un premier temps, les relations entre l’association parisienne mère et l’antenne lilloise sont amicales, après deux années, les relations se détériorent du fait de

        l’augmentation des frais de cotisation imposée par l’association mère à toutes celles créées à travers la France. L’association lilloise prend son indépendance et entraine dans son sillage l’intégralité des antennes de provinces. Ainsi en 1905, l’AAEPF ne représente plus que les étudiants en Pharmacie de la faculté parisienne, ce qui est très loin de son but initial. Les deux associations n’auront plus de relation proches, elles se côtoieront au sein de l’UNEF et plus particulièrement au sein de l’ONEPF.

         

    7. Naissance d’un nouveau Folklore estudiantin

       

      1. La faluche

         

        La faluche est un béret de velours noir, porté par les étudiants de France. Elle remplace la toque doctorale héritée du Moyen‐Âge. Sur la base de la faluche servant à la porter sur la tête, est fixé un circulaire indiquant la filière de son porteur. La faluche comporte des insignes, ayant tous une signification comprise de tous les initiés, et des rubans plus ou moins nombreux selon les époques. Il existe plusieurs types de faluches à l’heure actuelle (Figures 29 – 33) :

         

        • La Lilloise « dite Nationale » ayant un circulaire rigide renforcé par du cuir,

           

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          Figure 29 : Faluche de type Lilloise

           

        • la Tourangelle avec un circulaire souple doublé de toile de jute,

           

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          Figure 30 : Faluche de type Tourangelle

        • la Marseillaise plus large que la Lilloise ressemblant fortement à la Montpelliéraine

           

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          Figure 31 : Faluche de type Marseillaise

           

          Les 2 dernières sortes possèdent une couture et un code propre dû à leur histoire propre :

        • La Montpelliéraine en hommage à François Rabelais, est garnie de crevées sur le velour, dont la couleur varie selon la filière,

           

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          Figure 32 : Faluche de type Montpelliéraine

           

        • La Strasbourgeoise possède à la fois un circulaire souple et six passants qui permettent de la partitionner en cadrant. Il est à noter que cette faluche n’est apparue qu’en 1909.

           

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          Figure 33 : Faluche de type Strasbourgeoise

          Le port de la faluche symbolise la vie personnelle de l’étudiant. En portant cette coiffe de velours noir, l’étudiant témoigne auprès de ses condisciples de l’intérêt qu’il manifeste à la vie et aux traditions de son université. La faluche se porte lors des manifestations estudiantines ou autres manifestations qui sont d’autant plus chaleureuses que le respect de cette tradition est maintenu. Ainsi la faluche permet de développer un véritable esprit de fraternité entre étudiants. L’Esprit faluchard est avant tout une grande fraternité et un respect des autres dans l’idée Rabelaisienne. Le Faluchard œuvre pour l’animation de sa faculté, de son université ou de son école. Chacun agit selon ses moyens et selon sa disponibilité.

           

      2. Origine de la faluche

         

        Le 12 juin 1888, les étudiants français participent aux 800 ans de l’Université de Bologne. C’est la plus grande rencontre de costumes et de coiffures écolières du monde. La délégation française (composée des étudiants de l’association générale des étudiants de Paris, fondée en 1884, souvent dénommée « l ’A »), toute de noir vêtue, se rend compte qu’elle ne présente aucun signe distinctif, à part une cocarde à la boutonnière et un ruban en sautoir aux couleurs de la ville de Paris. Une heure après leur arrivée, ils adoptèrent donc le béret des étudiants bolonais, car ils jalousaient les autres délégations qui portaient de nombreuses formes de costumes et de coiffures tels que : les pennes et les casquettes plates pour les étudiants belges, les tunas des espagnols avec leur capes à rubans, signant de leur appartenance à une université précise, les coiffes allemandes, larges casquettes plates sans rebords, les minces képis à petites visières des étudiants suisses, le chapeau façon Louis XI des étudiants italiens, les Sabres de Burschenschaft des bavarois et autrichiens, etc.

         

        C’est le 25 juin 1888, lors du retour de la délégation, que la faluche est lancée. Elle est finalement adoptée par l’ensemble des étudiants de France lors des fêtes organisées à l’occasion du VIème centenaire de l’Université de Montpellier qui ont eu lieu du 22 au 25 mai 1890 en présence du Président de la République : Sadi Carnot (Figure 34).

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        Figure 34 : Tableau d’Edouard Marsal : « La Remise du drapeau à l’Association générale des étudiants par le Président de la République Sadi Carnot » 1891,peinture à l’huile, collection des universités de Montpellier (27)

         

        Dans un premier temps, la faluche ne porte pas ce nom, elle sera nommée

        « béret » dans tous les textes qui nous sont parvenus jusqu’à aujourd’hui. Ce béret prendra ce nom à la fin des années 1920, certainement en rapport avec un pain plat lillois portant le même nom sans que des explications plus détaillées puissent nous parvenir. La faluche sera sans contestation possible le signe physique le plus distinctif des étudiants car elle inspira de grands artistes à travers leurs œuvres (Figure 35). Elle aura marqué durablement son temps jusque 1968 où on lui prétendra un caractère politique qui marquera sa quasi disparition jusqu’à sa réapparition dans les Facultés de Médecine et de Pharmacie dans les années 1980 qui marquera un renouveau pour toutes les filières universitaires à travers la France. Nous n’avons malheureusement pas beaucoup de documents sur les débuts de la faluche du fait d’une transmission exclusivement orale dans un premier temps. Il ne commencera à y avoir des codes écrits qu’à partir des années 60 pour les villes de Lille et Toulouse, qui ont été élaborés en commun. Un code national fut créé lors du centenaire de la faluche pour unifier celle‐ci, car beaucoup de traditions furent perdues après mai 1968, de part le fait que la transmission de la faluche était principalement orale.

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        Figure 35 : Tableau de Pablo Picasso : « l’Étudiant à la pipe » hiver 1913­1914, plâtre, sable, papier collé, huile et fusain sur toile, 73 x 58,7cm, New York, Museum of Modern Art.

         

      3. Évolution de la faluche

         

        Au départ, le velours ne comporte rien et va se parer d’un circulaire aux couleurs de la discipline universitaire d’origine du porteur sur le modèle des toges doctorales. Un seul insigne est visible, celui de la filière correspondant à la ou les couleurs du circulaire jusque la fin des années 20. Comme nous pouvons le voir sur la faluche d’Adrien Talon datant de la période 1910‐1914 (Figures 36 ‐ 38).

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        Figure 36 : Faluche d’Adrien Talon (Vue Frontale)

         

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        Figure 37 : Faluche D’Adrien Talon (Vue Latérale)

         

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        Figure 38 : Insigne de la Filière Pharmacie de la Faluche d’Adrien Talon

        Puis, des rubans apparaissent sur la partie supérieure pour indiquer la ville d’origine ou celle d’étude (Figures 39 et 40), ou l’association dont l’étudiant fait partie, par exemple les couleurs de l’UNION sont le rouge et le violet.

         

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        Figure 39 : Faluche de Gaston Poiret vers 1929 (Vue Frontale)

         

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        Figure 40 : Faluche de Gaston Poiret vers 1929 (Vue Supérieure)

         

        Par la suite apparaissent sur le circulaire des insignes de filière ainsi que des étoiles symbolisant le nombre d’années d’étude. Enfin des broches puis des pin’s apparaitront sur la partie supérieure de la coiffe pour montrer à quels évènements le porteur a participé, de quelle ville il provient ainsi que ses appartenances associatives (Figures 41 ‐ 45). D’ailleurs, l’AAEPL développera ses propres broches (Figures 46 ‐ 48).

        Pour terminer, des insignes seront créés pour permettre de connaître le caractère, la vie personnelle du porteur, ainsi que des traits de personnalité. La faluche évoluera énormément au gré des modes, des insignes et selon la disponibilité des matières premières et des matrices servant à produire ces insignes.

         

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        Figure 41 : Faluche d’un inconnu vers 1935

         

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        Figure 42 : Faluche d’un inconnu vers 1935

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        Figure 43 : Faluche d’un inconnu vers 1935

         

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        Figure 44 : Insigne lillois porté des années 1930 à 1970

         

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        Figure 45 : Insigne lillois porté entre 1930 et 1950

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        Figure 46 : Insigne édité par l’AAEPL (période inconnue)

         

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        Figure 47 : Insigne édité par l’AAEPL (période inconnue)

         

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        Figure 48 : Insigne édité par l’AAEPL (période inconnue)

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  2. L’AAEPL : du mythe à la reconnaissance officielle en 1930

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    1. Historique de l’AAEPL du mythe de 1878 à 1930

       

      1. Le mythe de 1878

         

        Une des plus grandes fiertés de l’AAEPL est sa date de création : 1878, encore à l’heure actuelle. Ce qui serait largement antérieur à la loi de 1901. Après de nombreuses recherches concernant cette création, je n’ai pas pu trouver de trace de l’association à cette date.

         

        Il est fortement présumé qu’il existait bien une structure antérieure à la création de l’AAEPL mais le faisceau de preuves reste très mince.

        Ci‐dessous, une lettre envoyée à La Jeunesse à la fin des années 30, prouvant l’existence d’une association d’étudiant en Pharmacie à Lille en 1886 (28) :

         

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      2. De la fondation de l’AA en 1902 et son expansion rapide jusqu’à la première Guerre Mondiale

         

        C’est en 1902 que fut fondée une antenne lilloise de l’Association Amicale des Étudiants en Pharmacie de France. Le supplément de la Jeunesse Pharmaceutique de mai 1909 revient précisément sur les conditions de la création le 7 mars 1902 : à la demande d’un étudiant se nommant Grotard, les étudiants en Pharmacie de l’État se réunissent dans le local du Cercle de l’Institut Industriel, au café de la Source. Grotard prend la parole afin d’exposer les raisons pour lesquelles les étudiants doivent se regrouper et « former une masse compacte capable de défendre et soutenir ses intérêts. » (29). C’est lors de cette Assemblée Générale qu’est formée dans un premier temps :

        « Association Amicale des Étudiants en Pharmacie de France, section Lille ». La date officielle de création retenue est celle du 7 mars 1902 comme l’évoque le Président Leblat lors de son discours d’ouverture de la Fête Annuelle en 1907 (30).

        Grotard devient le premier Président de l’association, et dès sa nomination désigne le professeur Ernest Gérard, Président d’Honneur, qui soutiendra toujours l’AA, aussi bien moralement que pécuniairement et matériellement (Figure 49).

         

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        Figure 49 : Le professeur Ernest Gérard posant dans son bureau pour la Jeunesse N°1 de 1925

        Le bureau prend le nom de « Comité » comprend 5 membres puis s’étend rapidement à 10 pour permettre à l’association de se développer le plus rapidement possible. Les chantiers sont nombreux : réflexion sur la nouvelle loi sur l’exercice en pharmacie, sur l’examen de validation de stage, le recrutement des adhérents. Ils sont répartis en différentes catégories : les étudiants (ceux‐ci payeront une cotisation de 0,75 franc par mois), les pharmaciens prenant le statut de membres honoraires (ceux‐ci payant une cotisation plus élevée que celle des étudiants) et enfin les professeurs prenant le statut de « membres d’honneurs ».

        Dès cette première année, un étudiant en Pharmacie de la Faculté Libre Catholique rejoint le comité de l’association pour représenter les étudiants de cette école. L’AA organise des conférences à destination des étudiants cette même année.

         

        Dès mai 1903, Grotard est remplacé par Bailloeuil à la présidence. Sous son impulsion, l’AA va alors lutter contre la non réglementation des herboristeries qui concurrencent illégalement les pharmacies, contre le projet de rétablissements de la 2ème Classe de pharmaciens et la création d’une 3ème qui finalement ne verra jamais le jour.

        Lors de l’AG de mars 1904, il est demandé aux étudiants de pharmacie d’utiliser plus fréquemment leur faluche, qu’ils nomment encore « béret », pour qu’ils soient reconnaissables, preuve que celle‐ci était bien diffusée à tous les étudiants au début du XXème siècle. Lors de cette deuxième année, le siège social est transféré au 63 rue Nationale. Une bibliothèque est créée grâce aux dons de premiers livres par le professeur Gérard.

        En mars 1904, les relations entre la section lilloise et le siège parisien se dégradent du fait de l’augmentation des lourdes cotisations imposées aux antennes régionales. En effet, elles devaient payer une somme calculée selon le nombre de membres étudiants ajouté au nombre de membres honoraires (31).

         

        En mai 1904 fut nommé comme nouveau Président Payen qui tenta en vain de renouer les liens avec l’association parisienne. Cependant, celle‐ci ne voulait pas revenir sur sa décision d’augmenter les cotisations (atteignant 2 francs pour chaque membre estudiantin et 5 francs pour les membres honoraires) et cela engendra une cassure irréparable. La section lilloise se proclame indépendante est prend le nom : d’Association Amicale des Étudiants en Pharmacie de Lille (AAEPL). Ce mouvement de révolte ouverte par la section lilloise fut suivi par celle de Reims puis par toutes les

        autres, si bien qu’en novembre 1904, l’association parisienne se retrouve isolée à cause de ses exigences financières.

        Suite à cette scission, l’AAEPL dut abandonner son local trop coûteux. Elle fut transférée au Café des Artistes, 3 place Sébastopol, comme l’indique la couverture du premier numéro de la Jeunesse Pharmaceutique, mais les Assemblées Générales et fêtes eurent lieu au Café Delevoye rue de Paris. Les cotisations annuelles sont alors de 6 francs pour les étudiants et un tarif réduit à 5 francs est proposé aux étudiants issus de familles moins fortunées.

        En février 1905, le comité examine la nouvelle loi sur le service militaire et demande à ce que les étudiants de pharmacie soient intégrés dans les pharmacies des hôpitaux militaires après un stage de 6 semaines. Une réponse directe du Ministre de la Guerre par courrier prouve l’intérêt et l’étude attentive de cette proposition formulée par l’AA.

         

        En mai 1905, le premier suffrage à la majorité relative permet l’élection de Plouchart comme Président. Il fait directement voter une petite subvention aux excursionnistes et va créer sans le savoir une ébauche de la future Jeunesse Pharmaceutique qui n’a pas encore de nom. Dans un premier temps, il s’agit d’un bulletin périodique qui informe les membres honoraires des décisions prises au sein de l’association.

        La cotisation en cette année 1905 est de 5 francs pour les étudiants de première année afin que l’association puisse compter sur l’intégralité des inscrits à la Faculté pour permettre son financement. Tous les étudiants prennent leur adhésion au sein de celle‐ ci comme l’explique le Président lors de son discours d’ouverture de la Fête Annuelle du 31 janvier 1906 (32). Un remaniement statutaire est aussi abordé lors de ce discours. Il fait suite à la scission avec l’association parisienne.

        Ces nombreuses inscriptions permettent de relancer la croissance de l’association et la caisse devient excédentaire ce qui lui permet d’avoir une vision sur l’avenir à moyen terme.

        Malgré ce renouveau prometteur, une première crise interne éclate et divise en deux l’association ainsi que le comité. La raison concerne la fusion ou non avec l’Union des Étudiants de l’État. La démission du Comité entraine une élection voyant 2 listes s’affronter, une étant pro et l’autre anti‐fusion avec l’UNION.

        Au final, une partie seulement des candidats est réélue et Plouchart reprend la présidence jusque mai 1906. Il n’existe pas d’exemplaire de La Jeunesse relatant ces faits.

        Pour la fin de ce mandat, l’AAEPL rentre dans la Ligue contre la Tuberculose qui fait encore des ravages chez les étudiants à cette période et décide que son voyage annuel aura lieu à Boulogne.

         

        En mai 1906 ont lieu les élections pour désigner le nouveau comité, celle‐ci sont invalidées dans un premier temps et sont de nouveau effectuées pour désigner Leblat comme nouveau Président de l’AAEPL.

        La question de la fusion avec l’UNION éclate rapidement mais le nouveau comité élu est ouvertement pro‐fusion. Une réunion est organisée le 15 juin 1906, et après de longs débats entre les 2 associations lors de cette Assemblée Générale, la décision en faveur de la fusion est évidente.

        La fusion est ratifiée le 19 juin, ce qui entraine la vente du mobilier de l’AAEPL qui ne garde que sa plaque en cuivre (aujourd’hui disparue) et change de nouveau son siège social pour le 49 rue de Valmy à la Maison des Étudiants (33).

        Le Recteur Lyon eut un rôle non négligeable dans cette fusion, car celui‐ci poussa ouvertement l’AAEPL à rejoindre la Maison des Étudiants qu’il avait grandement financé. Il était convaincu que toutes les associations étudiantes y avaient leur place ici et qu’elles pourraient faciliter la vie des étudiants de part leurs services et engagements. Le 20 novembre est décidé que les candidats au poste du comité général de l’UNION doivent au minimum être élus comme conseillés au sein de l’AAEPL ou au

        comité de ce dernier.

        Leblat deviendra le premier étudiant en pharmacie membre d’un comité de l’UNION en tant que Vice‐Président.

        L’AAEPL, pendant ce mandat, prend part aux luttes contre l’impôt sur les Spécialités et se pose des questions sur l’avenir de l’internat à Lille qui commence à connaître une crise du fait de la disparition programmée des pharmaciens de 2ème Classe. En effet, ces derniers étaient les seuls postulant à l’internat lillois, de part les faibles salaires, l’obligation de rater des cours le matin et de rester sur Lille pendant les vacances.

        Ce mandat fut riche, puisqu’il participa activement à la création de l’UNAGEF lors du congrès des étudiants de France en mai 1907. Lors de ce congrès seront organisées

        des fêtes universitaires grandioses qui coïncideront volontairement à l’inauguration de la Maison des Étudiants de Lille en grande pompe.

        Enfin le voyage annuel aura lieu à Dunkerque cette année pour clore une année scolaire bien remplie.

         

        En mai 1907, Sénéchal succède à Leblat en tant que Président de l’AAEPL et devient en décembre Vice‐Président de l’UNION. Au mois de juin est organisée une excursion botanique à Bruxelles.

        L’AA se rend à Paris en décembre 1907 pour permettre la création de la Fédération Nationale des Étudiants en Pharmacie de France et d’Algérie (FEP) encore nommé Union Nationale et Fédérale des Étudiants en Pharmacie de France (34). Les statuts sont intégralement rédigés par le comité de l’AAEPL et Sénéchal en deviendra le premier Président, Houilliez Secrétaire Général et Collette Secrétaire Adjoint soit 3 postes sur les 6 à pourvoir, ce qui prouve l’hégémonie lilloise sur la scène nationale (35).

        De part ces nouvelles missions, Sénéchal abandonne son poste de Vice‐Président à l’UNION et le cède à Houilliez.

         

        En mai 1908, Lecoeuvre devient Président de l’AAEPL, puis en décembre Vice‐ Président de l’UNION comme ses prédécesseurs.

        Les questions de l’internat sont débattues avec l’administration des hôpitaux de Lille. Des débats ont aussi lieu avec le syndicat du Nord qui ne comprend pas la nécessité d’augmenter la rémunération des étudiants remplaçants (36). A cette époque, la question de la place du service militaire lors des études anime d’autres débats.

        Ce mandat peut être considéré comme un mandat de consolidation des actions déjà entreprises, car jusqu’à présent, l’association avait tendance à sans cesse innover sans réellement consolider ce qui était déjà mis en place.

        En cette fin de mandat (5 mai 1909), pour la première fois, est organisée une soirée nommée « Fête Médico‐Pharmaceutique » dans la salle de réception de l’U. Cette soirée réunit les étudiants en médecine (aussi appelés carabins), les étudiants en pharmacie (aussi appelés potards) et enfin les PCN (appelés les petits cochons noirs) qui sont les futurs carabins ou potards. On y trouve aussi des médecins, pharmaciens, professeurs de la faculté mixte ainsi que des syndicats. Cette fête est clairement calquée sur le modèle de la Fête Annuelle de l’AA, spectacle composé de revuettes et de sketches (37).

        En Mai 1909 après une élection disputée, Desbordes prend la présidence, et malgré une caisse n’ayant jamais été aussi excédentaire, une distribution massive et étendu de la Jeunesse Pharmaceutique (correspondant actuellement à la région des Hauts‐de‐France), des tensions apparaissent. Desbordes demande alors à ce que les querelles soient oubliées, et présente en détail son équipe en insistant sur le fait que le plus important reste : « l’honneur de l’éternelle fraternité estudiantine. » (38).

        L’achat d’un drapeau aux couleurs de l’AAEPL est entériné lors de la réunion du comité du 13 mai 1909, celui‐ci sera le symbole de la puissance de l’association, car à Lille seule l’UNION jusqu’à présent en possède un (39). Une chanson sera même dédiée au Drapeau lors de la Revue de 1910 (40).

        Une excursion botanique est organisée avec le professeur Fockeu, le 26 juin sur la côte entre Wimereux et la Pointe‐aux‐Oies, et un compte‐rendu des espèces trouvées est décrit dans le journal qui relate ce voyage (41).

        Ce mandat est marqué par la réforme des études Pharmaceutiques de 1909. Cependant, la faculté de Lille n’est pas vraiment impactée car ses programmes avaient été mis à jour en amont de cette réforme pour que les pharmaciens formés soient les plus scientifiques possibles, qu’ils aient des connaissances sur les nouvelles législations (notamment une nouvelle loi sur les fraudes pharmaceutiques et alimentaires) et des notions sur l’hygiène comme l’indique le discours de rentrée du professeur Gérard (42).

        La première Fête de l’Intime de l’UNION fut organisée le 25 novembre 1909. Suivie d’une deuxième le 12 janvier 1910. Le choix de ces dates explique sûrement que la Fête Annuelle de l’AA n’ait lieu qu’en mars, alors que les précédentes eurent lieu en janvier. Pour la première fois, on parle de la commission « Revue » dans La Jeunesse Pharmaceutique qui organise et exige d’avoir les compositions des Revuettes le plus rapidement possible (43).

        Le 1 et 2 février 1910, des étudiants Tchéco‐Slaves venant de Prague arrivent à Lille après leur visite de Paris qui venait de subir de violentes inondations. Ces étudiants furent accueillis avec les honneurs par les étudiants lillois avec leur faluche (encore nommée béret à l’époque) et le drapeau de l’U. Les étudiants lillois leurs firent visiter les hauts lieux estudiantins : la Maison des Étudiants où les attendait le Recteur Lyon, les Doyens et des professeurs pour un pot d’accueil. Puis, par la suite, la faculté de Droit, celle de Lettres, la Bibliothèque Universitaire, l’Institut Pasteur et les musées de la ville. Le dernier soir eut lieu un grand banquet se terminant par un monôme (44).

        La Fête Annuelle eut lieu au mois de mars et rassembla de nombreux anciens étudiants de pharmacie, anciens de l’association maintenant pharmaciens, professeurs

        et étudiants de pharmacie et adhérants à l’UNION. La description de cette soirée dans l’article de La Jeunesse nous montre que la première partie est jouée par l’orchestre de l’U avec des morceaux de musique classique et quelques morceaux populaires. La deuxième partie est réalisée par les étudiants en Pharmacie, sous forme d’une satire de la vie à la faculté et des pharmaciens. Les chansons sont des paroles écrites par les étudiants sur des airs connus de tous. Une toile de fond est créée pour l’occasion grâce à trois affiches dessinées par un étudiant se nommant Desmoulins. La soirée se termine toujours par la traditionnelle vadrouille qui permet notamment la tournée des établissements de nuit (45).

         

        Louis Lambert prend la suite de la présidence dès le mois de mai 1910, il est accompagné d’une équipe sortant déjà d’un mandat donc le comité est très expérimenté par rapport à d’habitude.

        En 1ère année, il y a moins de 10 étudiants, ce qui inquiète les étudiants et les professeurs pour l’avenir de la profession et le bon fonctionnement de l’AA. De ce fait, une réflexion est menée sur la composition du comité pour qu’il n’y ait pas trop de membres par rapport au nombre total d’étudiants inscrits à la faculté. La règle votée est la suivante : l’AAEPL aura un comité composé d’au moins 7 membres. Ce nombre sera dépassé si l’association possède plus de 30 membres. Il y aura un commissaire par tranche de 10 membres sans jamais dépasser 12 commissaires. Ce règlement sera applicable dès la prochaine élection (46).

        Le 19 juin eut lieu l’excursion à Dunkerque et le 20 juin 1910 fut organisée la sortie botanique annuelle avec le professeur Fockeu (47) (48).

        La rentrée du 10 novembre 1910 est l’occasion pour le Professeur Gérard, lors de son discours inaugural, de rappeler aux étudiants que les pharmaciens sont soumis à la loi de 1905 sur les fraudes en matières alimentaires initialement écrite pour les épiciers mais désormais appliquée aux pharmaciens. Cependant, lors de cette année 1910, un adoucissement de la loi est décidé par les pouvoirs publics grâce au syndicat des pharmaciens. Auparavant, si un produit était déclaré non conforme au nouveau Codex, le pharmacien avait une amende et dès la deuxième fois, il était condamné à de la prison. Désormais, il suffit de prouver que la préparation a été faite correctement et déclarer l’éventuelle survenue d’une erreur. Le fait d’être de bonne foi permet de ne risquer qu’un blâme. Pour éviter les erreurs et donc le blâme, les étudiants doivent savoir faire correctement leurs préparations, mais aussi faire les essais sur les médicaments reçus du droguiste (49).

        Comme pour ses prédécesseurs, Lambert devient le Vice‐Président de l’UNION au mois de novembre 1910. On remarque que l’association de pharmacie est le modèle de toutes les autres sections (50).

        En 1911, un téléphone est mis en place dans la Maison des Étudiants pour faciliter le service de remplacement. Notons que ce moyen de communication est très moderne pour l’époque (50).

        La Fête Annuelle a lieu le 31 mars 1911, le nom de ce spectacle fut : « l’AA piaule ! », décrit pour la première fois dans la Jeunesse comme « un punch agrémenté d’une soirée artistique ». La fête est comme toujours présidée par le Professeur Gérard accompagné de nombreux professeurs de la Faculté, ainsi que des membres du syndicat des pharmaciens du Nord et des anciens de l’association à présent pharmaciens. Il est intéressant de voir que les préoccupations des chansons du spectacle de l’époque sont bien différentes de celles actuelles (les pharmacies mutualistes, les droguiers et la réglementation sur les spécialités) (51).

        Le congrès de l’UNEF revient à Lille du 11 au 16 mai 1911, suite à l’impossibilité d’une ville du sud de le mettre en place. L’Union des Étudiants de l’État s’est tout de suite proposée pour organiser ce congrès, décision adoptée le 22 février lors d’une AG. Cela a permis à l’UNION de fêter ses 30 ans d’existence. Ce congrès reste capital pour la jeune association qu’est l’UNEF, il garantit la visibilité des étudiants auprès des institutionnels publics (Ministres, Recteur, Président d’université). Sa tribune, qui lui permet d’avoir une portée nationale pour ses revendications (52).

         

        Le changement de bureau de l’AAEPL a certainement eu lieu au mois de mai 1911. Cependant, il n’y a pas d’article dans La Jeunesse qui en rende compte, sûrement en raison de la grande place occupée par le congrès de l’UNEF dans le journal. À la lecture des périodiques suivants, on peut déduire que Mesnage préside l’organisation des étudiants en Pharmacie de Lille cette année là.

        L’été fut calme car pas un seul article dans l’organe informatif ne relate de la vie de l’AAEPL ou des sujets qui la concernent jusqu’à la rentrée scolaire : le 6 novembre 1911.

        Le premier cours de Monsieur le Professeur Gérard a lieu le 18 novembre, il y prononça son discours annuel avec comme nouveauté la création d’un cours sur « les marchandises libres ». Le pharmacien est un commerçant qui doit avant tout rester un scientifique. Il y évoque la transformation du métier de pharmacien et le fait que la Pharmacodynamie prenne une place de plus en plus importante (53).

        Pour la première fois, lors des élections de l’UNION en décembre 1911, un étudiant de Pharmacie est élu Président. Lambert prend la tête de la puissante organisation d’étudiants de Lille après en avoir été Vice‐Président et Président de l’AAEPL. Il faut souligner qu’il est déjà diplômé en tant que pharmacien de 1ère Classe, mais encore étudiant avec le statut de préparateur en chimie minérale et toxicologie. Il soutiendra sa thèse sur « Les eaux de Cassel » pour devenir docteur (54).

        Une Assemblée Générale a lieu le 17 décembre 1911, elle ne compta que 27 personnes, malgré l’inscription de tous les étudiants de première année à l’AAEPL. Aucun d’entre eux ne fut présent au grand regret des étudiants plus vieux. Cette réunion permet au Président Mesnage de remercier son prédécesseur au nom de l’association en lui remettant une plaque commémorative. Un bilan financier de l’association est effectué sans plus de précision et le prix du meilleur stagiaire est remis à un membre du comité nommé Boulois (55).

        Une autre Assemblée Générale a lieu le 12 février 1912 et concerne en partie le journal. On décide une augmentation du nombre de pages, et la nomination d’un Rédacteur Adjoint étudiant en 1ère année. Au vu du très bon bilan financier de l’AA, Lambert, Président honoraire propose d’augmenter les fonds de réserve de l’association afin d’anticiper les évènements futurs. La publication des statuts de l’association est actée afin que plus personne ne les ignore. Enfin, une demande commune avec les étudiants en médecine concernant l’achat d’un micro est refusée (56).

        La Fête Intime de l’AA eut lieu le 22 mars 1912, dans la salle des fêtes de la Maison des Étudiants. Deux affiches furent produites pour cette fête avec un symbolisme marqué à l’égard de notre profession. L’une d’elle fut une nouvelle fois dessinée par Desmoulins alors que celui‐ci exerce déjà. Lors de cette réunion, moins de personnes furent présentes, ce que fit remarquer le Professeur Gérard lors de son discours d’introduction. Cette soirée reproduit le schéma des années précédentes avec en première partie un concert puis une Revue qui résume l’année écoulée, et enfin une vadrouille bruyante de minuit jusqu’aux aurores dans la cité lilloise (57).

        Le 30 avril 1912, le Ministre de l’Instruction Publique Monsieur Guist’hau vient faire une visite surprise à Lille dans les facultés dont celles de médecine et de pharmacie. Il fut ensuite accueilli à la Maison des Étudiants en présence de professeurs de chaque faculté et reparti le soir même vers Paris (58).

         

        L’élection du comité de l’AA se déroula le 13 mai 1912, Adrien Talon fut nommé Président parmi les 10 comitards fraichement élus.

        Le « petit praticien » est le journal de l’association de médecine, sa mission est similaire à La Jeunesse, il permet la défense des intérêts et aborde les questions professionnelles. Le banquet organisé en son honneur se déroulant le 9 juin lui permit de fêter ses 10 ans. Ce banquet occasionna la réunion de toutes les associations et syndicats de médecins et de pharmaciens de la région du Nord. Le résumé dans La Jeunesse nous permet de connaître le nom de l’association catholique des étudiants en pharmacie aujourd’hui disparue. Elle se nommait l’Union des Étudiants en Pharmacie de la Faculté Catholique (59).

        La rentrée du 9 novembre 1912 débute avec les traditionnels chants dans le but d’impressionner les Primo‐étudiants nommés « Bizuths ou Bleus ». Le Professeur Gérard fait son discours annuel de rentrée et annonce qu’il accentuera ses cours sur la chimie minérale en raison du nouveau régime d’étude. Son discours sera suivi par celui du Président Talon qui invite les étudiants en première année à rejoindre la corporation des étudiants en Pharmacie (60).

        Le mois de décembre 1912 ne dérogea pas à la règle des élections de l’UNION, et Talon fut alors désigné Vice‐Président.

        L’UNION est en difficulté en ce début de mandat. Une des raisons l’expliquant et la disparition de sa coopérative créée en juin 1912 (ce qui ne sera pas toujours vu d’un bon œil à l’AAEPL). Ajouté à cela, elle connaît un problème de recrutement, il ne concerne pas la section la pharmacie qui a des statuts très avantageux, puisque tout adhérent à l’AAEPL l’est automatiquement à l’UNION, ce qui n’est pas le cas pour les autres sections. Ce manque de postulants empêche l’association de l’U d’avoir des actions pérennes et explique la chute précoce de la coopérative en novembre 1912 qui aurait pu être une des grandes actions de l’association. On parle déjà de modifications des mentalités estudiantines en 1913 dans cet article relatif à la position délicate de l’UNION en opposition à la situation de la section Pharmacie (61).

        En mars 1913, la Jeunesse évoque la question des pharmaciens des armées qui n’ont pas le même grade que les étudiants en Médecine alors qu’ils ont le même niveau d’étude. Une nouvelle réforme des études est en préparation et commence à faire grand bruit. On parle de rallonger les études ainsi que le service militaire, ou encore d’obliger les étudiants à finir leurs études (la 3ème année) dans des facultés qui ne sont qu’au nombre de 4 en 1913. Le Président Talon écrit au nom du comité de l’AAEPL, aux Sénateurs et Députés du Nord. Cette lettre est publiée dans La Jeunesse Pharmaceutique correspondante à la suite de l’article expliquant la situation des études (62).

        La Fête Annuelle de l’AA eut lieu le 15 avril 1913, les étudiants coiffés de leur béret vert accueillent leurs Professeurs Lambling, Fockeu, Verdun ainsi que le Doyen de la faculté M. Combemale, et le Professeur Gérard. Le Président d’Honneur évoque le projet de loi militaire et encourage les étudiants à continuer leur combat. La fête conserve le schéma classique des précédentes éditions, la Revue porte le nom : « On demande un remplaçant ». En dépit d’un descriptif sommaire de cette fête, elle reste fort intéressante car pour la première fois, on trouve une illustration sur une double page dans l’article du Journal (Figures 50 et 51) (63).

         

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        Figure 50 : Double page représentant la Fête Annuelle de 1913 issue de la JP N°4 p62

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        Figure 51 : Tableau représentant le Président Talon de l’AA

         

        Les nouvelles élections de l’AA prennent place le 6 mai 1913, 12 sièges sont à pourvoir pour 15 candidats. Carlier prend la tête du comité et de l’AAEPL pour l’année scolaire 1913/1914 (64).

        Un amendement de la loi militaire relatif à la durée des études, va dans le sens des propositions formulées par l’AAEPL. Les étudiants en Pharmacie obtiennent le

        même grade que les médecins des armées et sont préparés au mieux pour exercer leur art en temps de guerre (65).

        La rentrée de 1913 a lieu le 11 octobre, avec le discours du Professeur Gérard qui évoque les condamnations récentes de pharmaciens. Ces derniers n’avaient pas respecté l’obligation de contrôler les médicaments et préparations délivrés. Il annonce la création d’un conseil de faculté qui permet de faire le lien entre les pharmaciens et les tribunaux. Après la description des cours qu’il enseignera, le Professeur cède la place au Président de l’AAEPL qui invite les étudiants à une collation dinatoire. L’ensemble des personnes présentes est encouragé à cotiser à l’association pour resserrer les liens d’amitiés entre les futurs confrères (66).

        La Grande Guerre se prépare, et les articles dans la Jeunesse envers les allemands se font de plus en plus courants et incisifs. La montée du nationalisme se traduit dans ces articles par des moqueries et calomnies à leur égard (l’histoire sur ce valet de brème qui voulu se retirer un ver solitaire via un morceau de lard et un hameçon (67) et sur la dangerosité des tétines allemandes (68)).

        Étonnamment, le bureau de l’année 1913/1914 relate peu les évènements organisés par l’AAEPL et ceux de la faculté, ce qui est dommage car nous n’avons donc que peu de traces de cette année charnière avant le début de la première Guerre Mondiale.

        A l’époque, pour permettre à la profession d’avoir une visibilité dans les journaux au même titre que les boxeurs célèbres ou les aviateurs faisant tomber des records tel que Roland Garros, la profession en ce début de 1914 cherche à se faire remarquer. Une anecdote sur un record pharmaceutique nous est rapportée, c’est un jeune pharmacien du nom de Fay qui se fixe comme défit de réaliser 1000 pilules de térébenthine en moins de 2h, ainsi la profession tente de lutter face au manque de considération (69).

        La Fête Annuelle de l’AA du 28 avril 1914, est nommée « Revue Verte ». Une fois encore, sont présents à la table d’honneur, les professeurs de la faculté ainsi que les dignitaires du syndicat, bien souvent anciens membres de l’association tels que Grotard, Leblat. Le Professeur Gérard félicite Adrien Talon nouvellement élu Président de l’UNION en décembre car pour la deuxième fois un étudiant en Pharmacie prend la présidence de cette puissante organisation étudiante lilloise. Il revient sur la nouvelle loi militaire qui va augmenter l’âge des diplômés car 3 ans de service militaire sont obligatoires afin d’obtenir le diplôme. L’âge minimum pour s’installer recule de 24 à 27 ans, et met tout le monde sur un pied d’égalité car auparavant de trop nombreuses dispenses étaient rédigées pour se soustraire à l’effort national. Il aborde le fait que tous

        les étudiants de Lille sont adhérents à l’AAEPL (au nombre de 70, toutes promotions confondues). Cela augmente la cohésion entre les futurs confrères et permet de lutter contre la concurrence déloyale et la sauvegarde de la corporation (70).

         

        L’élection du nouveau bureau eut lieu le 8 mai 1914. Carlier laisse sa place à Beaumont qui malheureusement ne fera pas un mandat complet du fait que l’Histoire est en marche. La première Guerre Mondiale vient brutalement stopper la vie de la faculté, celle des étudiants et par la même occasion celle de l’AAEPL qui va rester en dormance pendant quelques années.

         

      3. L’AA durant la première Guerre Mondiale et sa reconstruction

         

        La première Guerre Mondiale est souvent décrite comme une guerre inévitable due aux tensions nationalistes. Tous les belligérants se préparaient à cette guerre, il est certain que la France a participé à ce climat délétère. La nation possédait un esprit revanchard suite à la perte de l’Alsace et de la Loraine. Suite à la signature du traité de Traité de Francfort le 10 mai 1871, officialise la fin de la guerre entre l’Allemagne et la France. Pour rappel, on passa du Second Empire à la IIIème République plus favorable aux étudiants. Les jeunes français à l’école étaient, dès leur plus jeune âge, éduqués pour avoir un esprit revanchard et critique envers l’Allemagne. Cela se ressent jusqu’aux articles de La Jeunesse Pharmaceutique datant d’avant guerre. Pour exemple, une fable est publiée dans le périodique sur l’appétit de l’ogre allemand et l’alliance improbable entre la France et l’Angleterre pour lutter contre ce dernier (71).

        En parallèle, de nombreux articles publiés dans la Jeunesse Pharmaceutique fait état des évolutions militaires effectuées par la IIIème République française. Leur but est faciliter la mobilisation des étudiants en Pharmacie et d’accroitre leur efficacité en cas de conflit. Dans les années 1912 et 1913, il est souvent question de la Loi des 3 ans qui rend obligatoire le service militaire. Les étudiants mettent leurs études complétement à l’arrêt pendant 3 ans, ce qui provoque un grand nombre de pétitions étudiantes. L’AAEPL se battra de son coté, non pas contre la loi mais pour des modifications afin que les étudiants en Pharmacie accèdent directement au grade supérieur, ce qui est prévu pour les étudiants en médecine (62).

        Régulièrement avant 1914, on mettait en avant dans les colonnes de La Jeunesse Pharmaceutiques les pharmaciens ou étudiants en Pharmacie qui obtenaient les

        honneurs militaires ou des obtentions de grade supérieur. Cela encourager les étudiants à être de bons militaires ainsi que leur sentiment patriotique (72).

         

        Comme nous l’avions précédemment vu, la mobilisation est décrétée le 2 août 1914, pendant la période des vacances scolaires. La Faculté Mixte est en dormance tout comme l’association. Il n’y a aucune trace de La Jeunesse Pharmaceutique pour le mois de Juillet 1914, le dernier numéro retrouvé date du mois de juin de cette même année. L’association est en sommeil et le restera pendant 5 longues années car Lille est occupée par les allemands et la faculté n’est plus utilisée pour son aspect éducatif. Il subsiste très peu de documents de cette période.

        Les archives de l’association ainsi que celles de l’AGE lilloise ont été détruites par les allemands et le pillage fut systématique. Le local de l’association servit de lieu de repos pour les cadres de l’armée allemande.

         

        En dehors des pertes matérielles, l’association perdit 6 camarades tombés au combat : Averlant, Beaumont, Bonnel, Hauqué, Poteau et Tournier. Cela représente environ 10% de mortalité parmi les étudiants en pharmacie, il y eut en plus 23 morts pour les étudiants en Médecine de la Faculté Mixte de Lille. Parmi ceux‐ci se trouvaient le Président et le Trésorier de l’AAEPL du mandat 1914/1915. le Trésorier Bonnel meurt très rapidement dès le mois d’août 1914, mais heureusement pour la survie de l’association, il confia avant son départ les papiers et l’argent de l’AAEPL à son frère brasseur à Choques. Ce dernier restituera à l’AAEPL l’intégralité de ce que son frère lui aura confié et recevra les remerciements de l’association lors de la réunion du 4 octobre 1919.

         

        La reconstruction de l’AAEPL commence réellement le 20 août 1919 avec Melot et Veniez, les seuls membres du dernier bureau de l’AAEPL encore présents à Lille.

        La réunion est organisée par Fourrier qui propose de reprendre la vie de l’association où elle s’était arrêtée en 1914. Il s’agit de rester une association permettant la cohésion des étudiants et des pharmaciens de la Faculté de Lille, et de poursuivre la publication de La Jeunesse Pharmaceutique malgré la destruction de tous les contrats publicitaires. Il faudra dans un premier temps retourner voir les entreprises qui subventionnaient le périodique pour poursuivre sa publication. Le tirage du premier numéro d’après‐guerre est de 10 000 exemplaires. Un bureau de transition est élu ce 20

        août pour permettre l’organisation d’une nouvelle élection dès novembre, une fois la rentrée scolaire effective.

        Finalement début septembre, il y eut une réunion qui permit le vote des 2 membres du journal mais aussi la démission de Veniez, le Secrétaire Adjoint sans avoir de précision dans l’article relatant ce fait (73).

        Les nouvelles élections eurent lieu le 4 octobre 1919, et ne modifièrent que très peu le bureau de transition avec toujours à sa tête Benoit (74).

         

      4. De la reconstruction en 1919 jusqu’à 1930

 

Comme nous venons de le voir précédemment, la reconstruction commença difficilement en 1919.

L’année 1920 commence avec un jeune bureau à la tête de l’AAEPL qui a pour missions de poursuivre les projets commencés avant guerre et d’en développer de nouveaux.

L’AAEPL félicite Adrien Talon (Président Honoraire de l’AAEPL et de l’UNION) pour l’obtention de sa thèse sur : « la constitution de la Lessive de Soude Bromée » et propose un résumé au lecteur du journal de l’Association (75).

Il y a peu d’articles sur les débuts de l’année 1920 concernant la vie de l’AAEPL, l’un d’entre eux concerne le manque d’implication des jeunes pour la réunion du 19 mars 1920. Sur les 60 adhérents seuls 21 étaient présents et uniquement les plus anciens (76).

Après la guerre l’UNION a plus d’importance que jamais, alors que les étudiants en Pharmacie ne s’intéressent plus à l’AAEPL. Un article comprenant la lettre d’un ancien relate ces difficultés que rencontre l’association à fédérer ses étudiants.

 

Le mois de juin 1920 est occupé par plusieurs événements importants tel que l’ouverture de pourparlers entre le syndicat des pharmaciens du Nord et le comité de l’AAEPL. Le débat concerne le rétablissement des conférences préparatoires à l’examen après stage, telles qu’elles existaient avant‐guerre pour permettre à tous les étudiants de réussir (77) (78). Ces conférences ont bien lieu les 15, 16 et 17 juillet pour préparer l’examen d’entrée du 19 juillet. Le Professeur Gérard prête généreusement son laboratoire, le matériel et sa collection de livres pour permettre aux stagiaires de s’entrainer pendant celles‐ci.

C’est à partir du 5 juin que commencent les traditionnelles Fêtes Universitaires de Lille organisées par l’UNION. Toutes les sections sont représentées pendant ces 3 jours (du 5 au 7 juin 1920), sont aussi présentes, de nombreuses délégations ayant répondu à l’invitation (des belges, des tchécoslovaques, des strasbourgeois et des parisiens). Les drapeaux français étaient très présents aux côtés de ceux de l’UNION et de l’AAEPL, signe de la fraternité étudiante après la victoire française.

Durant ces fêtes, ont lieu des moments estudiantins traditionnels tels que des banquets, Revues, concerts, et d’autres prouvant la lente reconstruction à la sortie de la guerre (rencontre avec les anciens combattants, les mutilés de guerre). L’hymne à la paix fut écrite et chantée pour l’occasion (79).

 

Le bureau de l’année 1920/1921 est élu le 9 juin 1920, à sa tête Louis Lelong, succède à Benoit. Il est important de signaler que la première femme élue au sein d’un comité de l’AAEPL l’est lors de cette élection, elle se nomme Georgette Delange et prend la place de Vice‐Présidente. Sont présents lors de cette élection 37 étudiants et 3 étudiantes et parmi eux on compte 13 candidats pour 12 postes. Ce changement de bureau est l’occasion de rappeler que ce sont toujours les étudiants en Pharmacie les principaux organisateurs des Fêtes Universitaires de l’UNION. La réunion est clôturée par la tradition « du baiser au singe » qui consiste à ce que le plus jeune étudiant de l’Assemblée embrasse le fessier du singe empaillé, symbole de l’UNION.

 

C’est pendant ce mois de juillet 1920 qu’a lieu le IXème congrès de l’UNEF à Bordeaux. La section Pharmacie de Lille n’y émet pas de vœux, ce qui est rare car bien souvent les potards de Lille savent se faire entendre au cours de ces réunions. Seules les associations en pharmacie de Marseille, Nancy et Montpellier portent comme vœux (80):

 

  • Le conventionnement des associations étudiantes avec leur Université respective pour les stages avec des conditions identiques entre les stagiaires et Maîtres de stage à travers toute la France,

  • La reprise des études des étudiants de 1914, là ou elles s’étaient arrêtées car ce n’est pas systématique selon les facultés ou les écoles,

  • Que les concours soient maintenus avec toujours un lauréat à chacun de ceux‐ci,

  • Que les préparateurs postulant à une chaire de Pharmacie soient pris en priorité parmi les mobilisés, puis parmi les étudiants et enfin parmi les étudiantes, ce qui

    est une nouveauté. La profession voit de plus en plus de femmes faire des études et cela n’est pas au goût de tout le monde.

    La Jeunesse de septembre 1920 consacre une bonne partie de sa rédaction à un hommage à Adrien Talon. On y trouve aussi la retranscription du discours prononcé par Louis Lelong lors de son enterrement. Il marqua considérablement la vie de l’association, et venait juste de passer sa thèse de Docteur en Pharmacie. Celui‐ci venait de s’installer en 1918 à Taverny dans le Val d’Oise lorsque la grippe espagnole le faucha (81).

    À la rentrée du 8 novembre 1920, l’AAEPL compte 80 adhérents. Dès le 9 novembre, le Professeur Gérard fait son discours et rappelle qu’il est au service des étudiants même une fois qu’ils sont diplômés et explique son programme de l’année. Celui‐ci est acclamé comme toujours, ce qui prouve le respect et la sympathie qu’éprouvent les étudiants envers leur cher Maître (82).

    Le 16 novembre a lieu une Assemblée Générale regroupant une soixantaine d’étudiants. Lors de cette Assemblée, les tarifs de remplacement sont fixés à 2 francs par heure si le repas du midi est fourni et à 2,5 francs si ce n’est pas le cas. Biard est promu Rédacteur en Chef du journal à la place laissée vacante par Brunerye, démissionnaire. Cazin reprend le poste de Rédacteur Adjoint de la Jeunesse à la place de Biard à l’issue d’une élection. Le vote de ce remaniement engendra un mécontentement de certains adhérents et un vote de confiance eut lieu. Ce vote conforta l’intégralité du comité dans ses fonctions (83).

    Le 11 décembre, est organisée une nouvelle Assemblée Générale lors de la pause du midi. 48 étudiants sont présents pour élire 2 nouveaux comitards suite à la démission de Biard et Delhaye. A l’étonnement général, il n’y a que 2 candidats Van den Burke et Leleu. Ils seront élus de justesse avec 27 voix car la majorité absolue est de 25 voix. Une grande partie de la réunion est consacrée à la relation avec l’UNION, une proposition par un étudiant en Médecine fait polémique. Il propose la création d’une caisse autonome par section. Celle‐ci serait composée des cotisations des membres honoraires de chaque association, ce qui handicaperait le budget de l’AAEPL. On reproche à la section de Pharmacie d’abuser de l’électricité, de salir les locaux de l’UNION pour 15 francs tous les mois sans pour autant contribuer à l’entretien de la Maison des Étudiants, où le siège social de l’AAEPL est fixé. Il est voté par l’UNION que 15% des cotisations des membres honoraires de chaque association lui reviendront. Cela représente 375 francs pour l’AAEPL qui compte 500 membres honoraires, ce qui est inacceptable car les autres associations n’ont pas de membre honoraire, et ne seront donc pas concernées par cette

    nouvelle taxe. L’Assemblée Générale étudie alors les statuts de l’association de Pharmacie et le contrat de fusion entre la section de Pharmacie et l’UNION. Il est indiqué que : « l’AA conserve en toute indépendance sa revue, ses membres d’honneur, ses donateurs propres, sa caisse, etc. ». L’AAEPL refuse donc de payer une telle somme, de par le contrat signé entre les 2 associations, ce qui sera accepté par l’UNION. Un point trésorerie est effectué : sans les cotisations des membres honoraires qui vont arriver et les annonces du périodique, la caisse s’élève à plus de 1000 francs. Un point sur la bibliothèque de l’AA est discuté pour annoncer l’enrichissement de la collection d’une dizaine de volumes. Le prêt de livre est conditionné par une cotisation annuelle du montant de 2 francs (84).

    Malheureusement, l’histoire du début de l’année 1921, n’est pas connue car il n’existe pas à ce jour de numéros de La Jeunesse Pharmaceutique de janvier à avril 1921.

    A nouveau, une Assemblée Générale a lieu le 23 avril 1921, suite à la démission du Président Lelong. Biard, devenu Vice‐Président de l’AA après sa démission du poste de Rédacteur et le seul candidat à la présidence. Ce mandat est riche en démissions, sans doute à cause de querelles internes du comité. La question principale qui va grandement agiter cette réunion est la présence à la faculté de deux femmes n’ayant pas obtenu le Baccalauréat. Rappelons que celui‐ci est nécessaire pour pouvoir effectuer des études de pharmacie. Elles en auraient été dispensées par l’Université du fait leur statut de veuve de guerre. Cela fait polémique car même les étudiants démobilisés ont du l’obtenir suite à un programme restreint de 3 mois. De plus, le débat s’engage entre des étudiantes vite accusées de féminisme, et les étudiants. A cet instant l’AAEPL a déjà engagé des procédures au niveau ministériel afin qu’elles soient exclues des études pharmaceutiques. Un vote a alors lieu pour savoir si l’AAEPL continue son action pour l’éviction de celles‐ci. Sans grande surprise, ce qui fut accepté au nom de la défense des intérêts généraux de la profession (85).

    Une lettre provenant de l’association de pharmacie de Strasbourg via son Président est publiée à ce sujet dans La Jeunesse datant de Juin 1921. L’Association Amicale des Étudiants en Pharmacie de Strasbourg (AAEPS) s’intéresse à la question qui pourrait créer une jurisprudence. En effet, deux autres cas sont signalés à Toulouse et le Président de Strasbourg s’intéresse aux mesures prises par son homologue lillois pour faire cesser cette situation (86).

    Les traditionnelles Fêtes Universitaires de l’UNION ont lieu au mois de mai 1921, en présence de délégués de Mons, pour célébrer l’amitié franco‐belge. Elles durèrent 3

    jours comme d’habitude avec toutes les activités traditionnelles : banquet, visite de la ville, défilé, visite de l’Université, gala, Revue et spectacle musical etc (87).

     

    Le bureau pour le mandat 1921/1922 n’est connu que partiellement car aucun article du journal ne concerne cette élection. On sait que Chenu prend la présidence de l’association certainement courant mai ou début juin.

    La première Assemblée Générale post‐élection est organisée le vendredi 17 juin 1921 à 17h30. A l’ordre du jour, on trouve notamment la question nommée « B.S. » relative aux conditions d’inscription à la faculté, et à la nécessité d’être titulaire du baccalauréat. L’AAEPL est en attente des instances ministérielles et syndicales sur la suite des actions à mener.

    Le Président d’Honneur Lelong demande des explications sur des attaques qu’il juge personnelles par Joveniaux lors de l’Assemblée Générale du 23 avril. Celui‐ci répond que la remarque n’était nullement personnelle mais qu’elle visait la manière de faire de l’intégralité de l’ancien comité concernant des décisions pour l’association sans réellement attendre la validation des projets par le vote des adhérents (88).

    À partir de 1921, lors des vacances scolaires, ce n’est plus 4 numéros de La Jeunesse Pharmaceutique qui sont publiés mais uniquement 2 : Un numéro concerne les mois de juillet‐août et un autre concerne les mois de septembre‐octobre.

    Dans La Jeunesse datée des mois de septembre‐octobre 1921 est publié un article sur « la Loi Astier » rédigé par Monsieur Ossedat, Directeur de la Pharmacie Française. Cette loi a permis jusqu’au 1er novembre 1921, aux veuves de pharmaciens titulaires de conserver la pharmacie faute de trouver un repreneur. Elle a permis aussi une exception à l’article 41 de l’arrêté du 25 thermidor an XI (13 août 1803) qui indique que les veuves de pharmaciens ne peuvent garder qu’une seule année la pharmacie. À partir du 1er novembre, faute de repreneur les pharmacies de ces veuves devaient être fermées, sans quoi elles étaient responsables d’exercice illégal de la pharmacie (89). Ce problème de la profession pharmaceutique a pour équivalent étudiant la dispense du Baccalauréat aux veuves étudiantes déjà évoqué sous le nom d’affaire « B.S. ».

    On rapporte dans La Jeunesse la rédaction de statuts encadrant le prêt de livres afin qu’un maximum d’étudiants en profite. Ces statuts définissent les honoraires d’ouverture de la bibliothèque, la durée des prêts et les amendes prévues en cas de retards où de non retour des documents (90).

    Au cours de l’Assemblée Générale du 28 Novembre 1921, le comité subit à nouveau 3 nouvelles démissions. Des élections ont alors lieu. Sept candidats postulent,

    les heureux élus sont Macaire, Joly et Flament. On parle de la continuité de l’affaire

    « B.S. ». Les syndicats professionnels et les associations d’étudiants en Pharmacie de Montpellier et Clermont‐Ferrand s’associèrent à la protestation de l’AAEPL. Ces dernières entrent en contact avec des Députés locaux qui pour certains, promettent d’appuyer la revendication. Une lettre est envoyée aux 2 personnes dispensées du baccalauréat pour connaître leur grand service. Il existe un décret concernant les personnes ayant rendu de grand service à la nation qui sont dispensées, mais la lettre envoyée par l’AAEPL resta sans réponse.

    Un autre point concerne les améliorations promises par le comité concernant 3 axes : amélioration du journal, du local et de la bibliothèque. Malgré un retard dû aux vacances, les éditions de la JP sont assez régulières et de nombreux contrats publicitaires permettent de la financer. Pour le local, aucune évolution, et enfin pour la bibliothèque, il y a eu beaucoup d’avancées grâce à une subvention de l’UNION de 500 francs. De nombreux ouvrages ont été achetés et le nouveau règlement de la bibliothèque est approuvé à l’unanimité (91).

    Le Fête Annuelle et Intime de l’association a lieu le 3 février 1922. Cependant, du fait de la perte récente de sa fille, le Professeur Gérard ne préside pas la fête. Ce rôle revient au Professeur Fockeu qui sera le Directeur d’Honneur de cette soirée se déroulant comme de coutume à la Maison des Étudiants rue de Valmy. Il y a tout le cérémoniel habituel au début de la soirée, puis l’orchestre composé d’étudiants joue quelques morceaux plus ou moins sérieux. L’entracte permet la mise en place des décors pour ce qui s’appelle : « Le clou de la soirée ». Cette Revue porte le nom : « L’AA s’étale ». Une série de chansonnettes et de scénettes est proposée, sur un ton hautement satirique et ironique. Ces artistes étudiants d’un soir n’oublient pas de se déguiser pour grossir le trait de la caricature. Un certain Lespagnol est félicité pour la qualité de sa prestation dans ce spectacle. La Revue se termina à minuit et se poursuit alors la Sainte Vadrouille dans la ville de Lille (92).

    Une Assemblée Générale est organisée le 12 février 1922 suite à la démission du Rédacteur Adjoint de La Jeunesse. Une nouvelle élection a lieu et le seul candidat est élu : Domis obtient 30 voix sur les 33 possibles. Le Vice‐Président Macaire félicite le comité pour l’organisation de la dernière Fête Intime (93).

    Un voyage à Paris est organisé par l’AAEPL du mercredi 9 mars au mardi 15 mars sous la conduite du Président d’Honneur, le Professeur Gérard. Ce périple commence difficilement avec un temps exécrable et quelques problèmes rencontrés en gare. A l’arrivée en gare parisienne, la délégation lilloise est attendue par le camarade Martin

    Président de l’AA de Paris, pour ensuite gagner les hôtels pour une nuit de repos bien méritée. La journée du jeudi commence avec la visite de la Pharmacie Centrale située rue de Nonnains‐d’Hyères. La suite de la visite se poursuit dans une usine pharmaceutique de Saint Denis où le directeur, Monsieur Le Roy présente ces divers pavillons organisés en cité pharmaceutique avec chacun une mission propre : la fabrication de sel de quinine, la fabrication de sel de soude et la réception d’une montagne de plantes.

    Le vendredi matin est consacré à la visite des magasins P.C. avec le Professeur Gérard, on y voit les laboratoires d’analyses et les différents laboratoires qui fabriquent pastilles, pilules, capsules et comprimés. Pour l’après‐midi, la visite est dédiée à l’Institut Pasteur et est commentée par le Professeur Calmette.

    Le samedi matin est consacré à la visite des Laboratoires Boulanger‐Dausse, où la fabrication d’intrait impressionne les étudiants, puisque cette forme galénique est peu courante. L’après‐midi a permis la visite des établissements Heudebert à Nanterre, qui sont plus orientés sur l’alimentation et les balbutiements de la future industrie alimentaire.

    Le dimanche fut laissé libre pour la visite de Paris comme chacun le désirait, et le lundi fut consacré aux établissements Châtelain à Courbevoie qui appliquent le principe du Taylorisme pour optimiser au maximum les rendements de production. Cette usine a un large panel de produits et services : production de colloïdes, stérilisation, production d’Urodonal, Globérol de la Gyraldose. L’après‐midi, une petite réception est organisée par l’AA des étudiants en Pharmacie de Paris, boulevard Saint‐Michel pour la délégation lilloise. Après un laïus du président Martin, une petite fête a lieu jusque tard dans la nuit. Le retour sur Lille eut lieu le mardi matin (94).

    Une Assemblée Générale est organisée le 17 mars suite à la démission du Président Chenu et du Rédacteur de la Jeunesse Boidin. Cette décision est prise pour motifs personnels après le voyage à Paris. Lors de la réunion, le Trésorier‐Adjoint Joly démissionne à son tour sans motif apparent. Malgré la confiance renouvelée au comité par l’Assemblée, celui‐ci préfère un renouvellement complet suite aux élections qui sont programmées pour le vendredi 24 mars 1922 (95).

    L’AAEPL n’arrive pas à sortir de la spirale négative des démissions d’après‐guerre car le bureau élu ce 24 mars démissionnera début décembre 1922. C’est Macaire qui devient Président lors de cette élection mouvementée (96).

    Dans le journal de l’Association, est publié au mois d’avril la liste des livres possédés dans la bibliothèque et ceux qui sont empruntables ou non (97).

    La Jeunesse, pendant les mois de mai à septembre, n’apporte pas de précision sur le vécu de l’association et le numéro d’octobre n’est pas disponible.

    Une nouvelle Assemblée Générale a lieu le 24 novembre 1922 pour faire suite à la rentrée. L’ordre du jour n’est pas conséquent, ce n’est pas le Président qui dirige la réunion car celui‐ci est à l’officine. C’est donc Gravelaine qui hérite de la tâche. Le journal est victime de critiques sans plus de précisions et on se demande s’il reste viable. Le Trésorier Domis vient faire un bilan qui est jugé très satisfaisant. A la demande des anciens, le rite du singe est appliqué malgré la protestation du plus jeune bizuth. L’article relatant le déroulé de cette assemblée se termine pour encourager les étudiantes à venir aux réunions car peu y sont présentes (98).

    Une Assemblée Générale a lieu le 1er décembre pour organiser la future élection suite aux sièges rendus vacants par Macaire, Lequimme, Vaneufville, Pottier, Jouveniaux, Van Den Bulcke. Cette élection complémentaire est fixée au 4 décembre afin de renouveler la totalité du comité. Il n’y aura que 38 votants. Le nouveau Président élu est Deroubaix (99).

    Le Monôme de la Saint Nicolas a lieu le 6 décembre, organisé par l’UNION dans la ville de Lille. Cela consiste pour les étudiants à parcourir de nombreuses rues de la ville éclairés au moyen de flambeaux, en chantant quelques chants paillards pour choquer les bourgeois (100).

    La vie de l’association reprend en janvier par une Assemblée Générale le 17 janvier 1923. Cette réunion a 2 axes principaux : les évolutions de La Jeunesse à apporter et la préparation de la Fête Annuelle (101).

    La Fête Annuelle est programmée pour le 2 Février 1923. Elle se déroule à la Maison des Étudiants en présence des professeurs de la faculté, des syndicats et des anciens. Cette année, le Président de l’Association Amicale des Étudiants en Pharmacie de France, Martin, est présent, preuve de la bonne relation à cette époque entre l’AAEPL et son association créatrice. Comme l’année précédente, c’est le Professeur Fockeu qui préside la soirée. Le spectacle suit un déroulement moins traditionnel avec les fêtes des années précédentes car il n’y a pas de découpage clair entre l’orchestre et la Revue. En cette année de 1923, il y a un mélange entre les chansons, les scénettes et les morceaux de musique instrumentale (102).

    Une Assemblée Générale est organisée le 19 avril 1923, elle est présidée par le Vice‐Président Desgrugillier, car le Président est gravement malade. On parle positivement des efforts effectués pour l’écriture et la régularité du journal. On félicite

    les personnes ayant contribué au succès de la Fête Annuelle. Un commissaire au compte est élu : c’est le « camarade » Creuze dont l’intégrité a permis son élection à l’unanimité.

    Le voyage pour Paris semble cette année compromis par le fait que le Professeur Gérard ne puisse présider le voyage et la survenue de divers contretemps. Une solution de secours semble envisageable : un voyage à Bruxelles sous la présidence du Professeur Deblock, ce qui n’est pas au goût de tout le monde. Il est décidé qu’à partir de cette réunion, les élections de l’AAEPL s’effectueront au mois de novembre juste avant celles de l’UNION. Pour cette année, on prolonge exceptionnellement le mandat afin de prendre le nouveau rythme. Le Trésorier expose une situation financière optimiste qui permet de voir un avenir serein pour l’association. Une nouvelle subvention est accordée par l’UNION afin d’acheter de nouveaux livres pour la bibliothèque en raison du succès qu’elle obtient. Le Président Honoraire Chenu propose de voter les félicitations devant le travail accompli par ce comité, ce qui est accepté à l’unanimité (103).

    L’AAEPL organise du vendredi 11 mai au 15 mai 1923 une excursion botanique à Bruxelles avec le Professeur Deblock. C’est principalement 3 comitards : Desgrugillier, Domis, Lequesnes qui se sont occupés de toute la logistique nécessaire au bon déroulement de ce voyage avec les étudiants en Pharmacie de Bruxelles.

    Il n’y eut que 19 étudiants dont 5 étudiantes lors de cette excursion composée de sorties dans des parcs botaniques de Bruxelles, des jardins du roi et de visites de musées nationaux belges (104).

    Une liste des nouveaux ouvrages achetés par l’association est faite dans La Jeunesse. Huit nouveaux livres dont de nombreux précis et traités enrichissent la collection de la bibliothèque (105).

    La Jeunesse regroupant les numéros 8 et 9 des mois d’août et septembre 1923 consacrent leur première partie à un des anciens membres qui n’est plus. Maurice Biard vient de mourir ce 6 septembre. Son parcours scolaire mais aussi au sein de l’association y est retracé (106).

    La rentrée de 1923 est marquée par un long discours retranscrit du Professeur Polonovski qui enseigne la chimie organique et analytique à la faculté. Il explique que malgré les mutations du travail de pharmacien et des études qui viennent d’être rallongées, le pharmacien doit rester un scientifique raisonné et ne doit pas verser dans le mercantilisme. Pour lui, un pharmacien a 3 devoirs ou rôles essentiels : corporatif, scientifique et social :

  • Pour le rôle corporatif, c’est de ne pas céder à la lutte acharnée des prix, car la pharmacie commerciale via les spécialités va tuer l’art pharmaceutique.

  • Pour le rôle scientifique, le pharmacien doit être un scientifique émérite, ce qui vient compléter les carences des apothicaires. Tout pharmacien doit être un chimiste, un biologiste et le collaborateur indispensable des médecins.

  • Pour le rôle social, il est certain que pour lui, le pharmacien possède une grande importance dans la société moderne car il est le professionnel toujours accessible et cite pour preuve les nombreux écrits où malheureusement le pharmacien est bien souvent caricaturé.

     

    Il continue son discours sur les risques encourus par la pharmacie du fait du tournant trop commercial qu’elle prend, de la concurrence avec les herboristes. Enfin, il termine son laïus par un rappel du devoir des étudiants envers leurs Maîtres c’est‐à‐dire la présence à tous les cours pour ne rater aucun de leurs précieux enseignements. Il rappelle également que les étudiants peuvent devenir des préparateurs dans la faculté en compagnie des professeurs, qu’ils leur transmettront de nombreuses compétences pour l’exercice de leur art et qu’une compensation financière non négligeable est prévue (107).

    Une Assemblée Générale est organisée le 16 novembre 1923. Elle est dirigée par le Vice‐Président Desgrugilliers du fait de la maladie du Président Deroubaix. Celle‐ci commence par le traditionnel rituel du singe, effectué par le plus jeune bizuth. Un bilan est fait sur la parution du journal qui a encore manqué de régularité, pendant les 4 mois de vacances scolaires, mais malgré cela, la conclusion de la remise à flot du journal est faite. Le Trésorier Domis effectue le bilan de son mandat et donne des résultats très positifs pour la prospérité de la caisse de l’association. La réunion se clôture avec un débat sur les tarifs de remplacement et toutes les options proposées. Celle retenue est un tarif de 35 francs par journée de remplacement. Cependant, sur conseil du Président Honoraire Chenu, le Vice‐Président engagera une discussion avec le syndicat des pharmaciens pour expliquer ce choix afin ne pas créer de conflit (108).

     

    L’élection du nouveau bureau s’effectue le 23 Novembre 1923, dans l’amphithéâtre de zoologie. Le nombre de votants est de 59, la majorité absolue pour être élu est de 30 voix. Au premier tour, 11 comitards sont élus et au deuxième tour, il n’y a qu’un élu parmi les 3 candidats restants. Les 12 étudiants se retirent dans les locaux de l’UNION pour s’attribuer chaque poste du comité et pour désigner

    Desgrugillier comme Président de l’association avec pour la première fois une Vice‐ Présidente et un Vice‐Président (109).

    Le Monôme de la Saint‐Nicolas est organisé par l’UNION comme chaque année, les étudiants en Pharmacie sont bien reconnaissables notamment grâce à leur blouse maculée et leur faluche au liseré vert caractéristique. Un descriptif du trajet de ce monôme est effectué dans l’article racontant ce joyeux périple (110).

    L’Assemblée Générale du 21 décembre 1923 organisée dans la salle du comité de l’UNION aura des conséquences pour la suite de l’association. La réunion commence par la discussion engagée avec le syndicat concernant un tarif unique de 35 francs pour une journée de remplacement. L’assistance présente ce jour, propose un remplacement à 30 francs avec nourriture et trajet aux frais de l’employeur. La suite de la réunion concerne un voyage à Paris accepté à la majorité et la Fête Annuelle de pharmacie qui crée un débat. Le Président propose un banquet car il est difficile d’organiser une pareille fête avec le peu de temps restant, ce qui crée un véritable tôlé. Les anciens dont Chenu crient au sacrilège de toucher à la forme de cette soirée traditionnelle organisée depuis les débuts de l’association. Il est donc voté le maintien de la tradition plutôt qu’un banquet. La réunion se termine sur une question de Chenu qui demande la raison de l’élection de deux Vice‐Présidents. La réponse du Président ne satisfait pas l’assemblée présente et devant cette incompréhension générale, le comité se déclare démissionnaire. Une réunion du comité s’en suit afin de composer un nouveau bureau sans élection, c’est finalement Avinée qui reprend la présidence avec pour seul changement un unique Vice‐ Président (111).

    La nouvelle année commence par une Assemblée Générale le 11 janvier 1924. Avinée commence la réunion par un discours demandant l’union dans l’association pour former une puissante AAEPL et lutter au coté des syndicats contre « les multiples dangers assombrissant l’avenir de la profession ». La réunion se poursuit sur un rapide bilan positif à l’égard du journal qui respecte les délais imposés en octobre, novembre et décembre.

    Le comité ayant des postes vacants deux nouveaux membres sont élus : Gyr et Quiret. Ceux‐ci sont élus dès le premier tour par les 39 personnes présentes à la réunion. On décide de la date de la Fête Annuelle qui aura lieu le vendredi 15 février 1924 car depuis l’Armistice on choisit toujours un vendredi soir de février (112).

    La Fête Annuelle du 15 février est décrite longuement dans le journal du mois de mars 1924. Cette année là, c’est bien le Professeur Gérard qui préside la soirée après 2 années d’absence. Après les traditionnels discours du Président, du syndicat, du Doyen

    et du Professeur Gérard, la soirée commence réellement avec une succession de scénettes et de morceaux plus orientés jazz ou classiques selon les musiciens. L’article décrit chaque morceau ainsi que le nom des artistes ayant participé au spectacle (113). Une nouvelle Assemblée est organisée le 3 avril 1924. La réunion commence par l’organisation du voyage à Paris qui se voit cette année encore impossible. Ce voyage est remplacé par une excursion botanique avec comme choix soit Boulogne‐sur‐Mer soit Saint‐Amand‐les‐Eaux. Le vote est reporté à la prochaine Assemblée. Le Président remercie l’ensemble des artistes et les personnes qui ont permis l’organisation de la

    Fête Annuelle en particulier la commission dédiée à cette soirée.

    Une question plus épineuse est abordée, elle concerne la réforme des statuts de l’association, une commission chargée de ce travail est élue. Elle est composée de Creuze, Desgrugilliers et Lequesne, 2 autres comitards seront nommés d’ici la prochaine réunion. Il est décidé pour La Jeunesse, la parution régulière d’une chronique des revues scientifiques car on reproche trop souvent au journal de ne pas être réellement un organe scientifique (114).

    Le voyage botanique aura lieu finalement dans le Boulonnais du 2 juin au 4 juin. Celui‐ci est effectué en présence des Professeurs Desoil et Deblock. Le journal consacre intégralement son numéro de juin et une grande partie de celui de juillet‐août à cette visite avec des relevés des espèces récoltées à chaque endroit de la visite pour celui de juin alors que celui de juillet‐août est plus consacré au vécu du groupe et son ressenti. Il y aura 38 étudiantes et étudiants présents pour ce voyage (115) (116).

    Le périodique des mois de septembre‐octobre 1924 permet au comité en fin de mandat de faire le bilan de ses actions et ses évènements. Il est fait mention de la possible création d’une association nationale sous le nom de Fédération des Étudiants en Pharmacie. Celle‐ci sera discutée lors du congrès de l’UNEF à Lille en 1925. Cette fédération aurait pour but de regrouper toutes les associations en Pharmacie de France, pour répondre collectivement et d’une seule voix contre les risques encourus par la profession telle que l’expansion des pharmacies mutualistes ou le rétablissement de l’internat supprimé après la guerre. Lors de ce bilan est évoqué la modification des statuts effectués par la commission comprenant finalement : Mademoiselle Hautcoeur, Messieurs Creuze, Valentin, Lequesne et Degrugilliers. Les modifications proposées à l’Assemblée Générale sont (117) :

  • La présence dans chaque comité de deux Vice‐Présidents, un de chaque sexe.

  • Une représentation proportionnelle au nombre d’étudiants dans le comité.

  • L’indépendance du bureau de rédaction de La Jeunesse vis à vis du comité à l’exception du rédacteur en chef qui restera un comitard.

  • La publication 5 fois par ans de La Jeunesse dans un autre format plus

    « luxueux ».

     

    Aucun exemplaire de La Jeunesse des mois de novembre et décembre 1924 n’a à ce jour été retrouvé, laissant un vide dans l’historique de l’AAEPL.

     

    L’année 1925 commence avec un nouveau format pour le journal qualifié de plus

    « luxueux ». Il n’y a plus que 5 exemplaires par an mais de nombreuses photos et illustrations viennent enrichir le contenu. Le dessin de la première page a été réalisé par un graveur : Monsieur Lempereur‐Haut, sur un bois qui permettra des reproductions avec un nouveau style moderne pour le journal (118). Ce nouveau format nous permet d’avoir la 1ère photo d’un comité de l’AAEPL, celui correspondant au mandat 1924/1925 (Figure 52). Nous pouvons apercevoir que tous les membres de ce comité possèdent une faluche, preuve que celle‐ci est très présente dans les années 20 et que le drapeau de l’AA est toujours présent après la première Guerre Mondiale.

     

     

    image

     

    Figure 52 : Le comité de L’AA 1924/1925

    Le changement de bureau s’est certainement produit au mois de novembre 1924. Contrairement aux années précédentes, l’AAEPL semble rentrer dans une phase stable. Le Président Eugène Avinée rempile pour un mandat à la tête de l’association, ce qui est une première depuis 1902 et une bonne partie de son premier bureau reste en place dans son second. Cela confère une grande expérience à l’association dans sa gestion et va permettre un certain nombre d’innovations.

    La Fête Annuelle est programmée au 20 février 1925. Un compte‐rendu est fait par Hutin, le Vice‐Président de l’association, notamment à destination des anciens associatifs n’ayant pu se déplacer. Pour leur rappeler leur jeunesse estudiantine du même gabarit que la fameuse madeleine de Proust, cet événement est organisé dans la salle des fêtes de la Maison des Étudiants. La tenue règlementaire est celle des dandys de l’époque : smoking pour les hommes et robes de soirées pour les femmes. Les drapeaux de l’UNION et de l’AAEPL sont présents de chaque coté de la scène pour rappeler l’unité des 2 associations. Le traditionnel bal des discours (le Président de l’AA, le Président d’Honneur, le Président du syndicat) marque le début de la soirée suivie du spectacle joué par un orchestre composé de 22 musiciens. C’est la première fois dans les retranscriptions des Revues que l’on nous indique que les professeurs ont participé directement au spectacle en montant avec les étudiants sur scène. Comme depuis quelques années, les morceaux de l’orchestre sont intercalés de sketchs et de chansons satiriques pour alterner les parties du spectacle jusqu’à l’entracte. La 2ème partie du spectacle est un long tableau représentant la vie d’un étudiant dans une pharmacie avec bon nombre de péripéties improbables (119).

    Le XIVème congrès de l’UNEF a lieu de nouveau à Lille, du 15 au 21 avril 1925. Pour l’AAEPL, les questions importantes à l’ordre du jour de ce congrès sont la création d’une fédération mentionnée précédemment pour permettre l’organisation nationale d’une défense contre les pharmacies mutualistes et le rétablissement de l’internat à Lille. Il sera aussi question pour l’intégralité des étudiants quelle que soit leur filière : des statuts de l’UNEF, des cités universitaires, des Sanatorium, de la réduction pour les étudiants sur les Chemins de Fer (120). C’est lors de ce congrès que le Président de l’Union des Étudiants de Lille, Pierre Forest est élu Président de l’UNEF.

    La création de la Fédération Nationale des Étudiants en Pharmacie (FNEP) est adoptée lors du congrès de l’UNEF, et fait suite à l’appel des autres associations d’étudiants en Pharmacie par Avinée. La FNEP fait partie de l’UNEF. Elle ne fait pas l’unanimité au sein de cette dernière car certains ont peur que sa création en entraine

    d’autres, qu’elles affaiblissent l’association nationale et se soustrait un jour à sa tutelle. L’AAEPL est persuadée qu’à l’inverse cette fédération permettra d’accentuer le pouvoir de l’UNEF dans ses missions toujours plus complexes de représentation des étudiants et de leurs futurs intérêts. L’argument principal est que ces fédérations seront le trait d’union entre l’UNEF et les syndicats professionnels défendant les intérêts professionnels, ce qui n’est pas la mission du syndicat étudiant alors que cela concerne leur futur travail (121). La FNEP est formée par les associations des villes suivantes : Alger, Amiens, Angers, Besançon, Bordeaux, Caen, Clermont‐Ferrand, Grenoble, Lille, Limoges, Lyon, Marseille, Nantes, Paris, Poitiers, Rennes, Rouen et Toulouse. Le premier bureau de cette structure est présidé par Avinée, élu lors de ce XIVème congrès de l’UNEF. Cette fédération adopte ses statuts et formule plusieurs grands vœux concernant les domaines suivants : défense de la profession, mise en place d’assurances sociales pour les étudiants, réformes des études, exercice de la profession.

    L’AAEPL organise son premier banquet le 19 avril 1925 qui célèbre la création de la FNEP. Les 3 corps de la profession (étudiants, professeurs et pharmaciens) sont présents. Ce banquet est présidé par le Recteur Monsieur Albert Chatelet et le Doyen de la Faculté Mixte Monsieur Charmeil. Il permet de mettre en relation les étudiants de toute la France avec les professionnels, le syndicat national des pharmaciens, des institutionnels de la ville de Lille et de la région du Nord pour permettre à la FNEP de s’enraciner rapidement et de commencer tout de suite son travail (122).

    Le traditionnel voyage a bien lieu à Paris du 17 mai au 20 mai 1925 sous la présidence du professeur Gérard, avec comme programme, les visites de l’AG de Paris, du château de Versailles, de l’établissement Corbières, de la Pharmacie Centrale de France, l’usine appartenant à la Pharmacie Centrale à St Denis pour finir à l’Institut Pasteur avec pour guide le Professeur Calmette n’ayant pas oublié ses racines lilloises (123).

    L’association connut 2 démissions au mois de mai dont une prévisible, celle d’Eugène Avinée prenant la présidence de la FNEP, et celle de Mademoiselle Maigre pour des raisons plus personnelles. Le successeur d’Avinée à la tête de l’AAEPL est Valentin A. Ce double départ entraina une élection complémentaire dont Mademoiselle Vandenbogaert et Walter sont sortis vainqueurs. Cela permet la continuité de la vie de l’association pendant les vacances jusqu’au prochain renouvellement intégral du bureau (124). Le comité échangea quelques sièges : la place de Vice‐Président de Valentin est occupée par Flament et le poste de Trésorier de ce dernier est repris par Walter.

    Le mandat 1924/1925 se termine avec une ultime Assemblée Générale, qui sera la première de l’année scolaire en date du 20 novembre 1925 dans un amphi de la faculté. Celle‐ci est présidée par Flament le Vice‐Président de l’AAEPL, car le Président Valentin est pharmacien auxiliaire à Sedan. Flament dresse le bilan du mandat effectué sous les présidences successives d’Avinée et de Valentin. Le bilan effectué par Walter le Trésorier permet de savoir que l’association est excédentaire. Un bilan est fait concernant les modifications apportées à La Jeunesse Pharmaceutique afin de la moderniser et de la rendre plus chic. Lors de cette réunion est décidé le maintien de la Fête Annuelle, et Mademoiselle Hautcoeur expliqua les nouvelles modalités d’élection du comité qui se feront à présent à la proportionnelle. La tradition du singe fut respectée cette année encore (125).

    On sait que rapidement le travail commencé par Avinée à la tête de la nouvelle Fédération porte ses fruits car celle‐ci obtient une réponse du ministère par le Directeur de l’enseignement supérieur Monsieur Alfred Coville en septembre 1925. Elle concerne ses vœux d’évolution pour les études pharmaceutiques et l’instauration d’un titre de Docteur afin de remplacer le diplôme de pharmacien de 1er Classe, mais aussi la dispensation des pharmaciens de devoir repasser le PCN s’ils se réorientent dans des études médicales (126).

     

    Le nouveau comité de l’année 1925/1926 est élu le 27 novembre 1925 (Figure 53), treize postes sont à pourvoir dont trois réservés à la gente féminine. 70 membres de l’association participent au scrutin sans que l’on puisse affirmer si d’autres adhérents à l’association sont présents. C’est Hutin qui remplace Valentin aux plus hautes fonctions de l’AAEPL. Le bureau est élu à l’unanimité moins une voix, 5 membres de ce comité sont désignés pour représenter l’AAEPL au sein de l’UNION qui renouvelle elle aussi son bureau le 7 décembre (127).

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    Figure 53 : Le comité de l’AAEPL 1925/1926

     

    Le Monôme de la Saint Nicolas se déroule au début du mois de décembre 1925, avec le traditionnel défilé dans les rues de Lille de toutes les filières regroupées au sein de l’UNION. Les potards sont reconnaissables grâce à leur déguisement. Certains sont en blouse avec de grosses seringues à la main, les autres en robe noire d’apothicaire. Enfin, 2 étudiants sont déguisés en énorme flacon avec des jeux de mots notés sur chacun, pour l’un IPK pour l’autre le Père Manganate. La visite permet de rencontrer le Recteur, et les bourgeois auxquels Saint‐Nicolas leur demande de lui confier leur femme. Cette tradition reste bien sur une succession de blagues potaches dans le but de choquer et de rappeler que les étudiants sont bien présents à Lille et de rappeler aux bourgeois que eux aussi ont été étudiants et qu’ils ont participé à ce même Monôme (128) (Figure 54).

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    Figure 54 : Les étudiants en pharmacie participant au Monôme de 1925

     

    Une Assemblée Générale est organisée le vendredi 11 décembre 1925, avec le nouveau Président Paul Hutin qui la dirige. Une partie de la réunion est consacrée à la bibliothèque de l’AAEPL qui ne fonctionne pas avec le rendement maximal du fait du non respect de son règlement. Lors de cette réunion est décidée à l’unanimité l’augmentation du salaire des remplacements qui passe de 30 à 40 francs. Il reste cependant à informer le syndicat, via des comitards sélectionnés pour les rencontrer, des raisons d’une telle augmentation. L’élection d’un commissaire aux comptes a lieu. Deroubaix est élu à ce poste, et peut être présent aux réunions du comité mais n’a qu’une voix consultative (129).

    A la suite de la réunion du 22 décembre, le Président du syndicat des pharmaciens du Nord, Monsieur Hocqueghem, reçoit les comitards suivants : Hutin, Raoult, Tiénard et Basuyaux. Ces derniers argumentent l’augmentation du prix d’une journée de remplacement par les faits suivants : une augmentation de plus de 100% des frais d’inscription universitaires, une importante augmentation des loyers à Lille, une dévaluation du franc qui pénalise les étudiants, permettant un réajustement opportun. Devant ce constat, le Président valida l’augmentation et promet d’en informer l’ensemble de ses confrères. Ainsi, à partir de janvier 1926, pour un remplacement, le pharmacien s’engage à verser 40 francs par journée de remplacement, que l’étudiant

    soit logé et nourri convenablement et que son transport en 2ème Classe aller‐retour soit pris en charge (130).

    Un bal de l’Université est organisé le samedi 16 janvier 1926 sous la direction du Président de l’AAEPL Paul Hutin, et du Président de l’UNEF Pierre Forest, sous la présidence de Monsieur le Recteur Albert Chatelet et de Monsieur le Préfet du Nord Hudelot dans les Salons de l’Hôtel Delannoy se situant au 210 rue Nationale.

    L’année 1926 ne dérogera pas à la règle concernant la Fête Annuelle de l’AAEPL, qui sera organisée le vendredi 26 février. On apprend que les gradins du haut sont réservés aux étudiants des autres sections de l’UNION, encore une fois de nombreux professeurs sont présents, le syndicat aussi, ainsi que le Recteur accompagné de son adjoint. Les camarades de l’association de Paris ont fait le déplacement et le Président de L’UNION qui dirige aussi l’UNEF est venu malgré son emploi du temps surchargé. La première partie est composée de scénettes se passant à l’intérieur d’une pharmacie moyenne n’ayant pas trop de spécialités et nommée « non commerciale », pour faire la distinction avec les pharmacies n’exerçant plus l’art de la pharmacie. Le deuxième acte est un enchainement de scénettes au temps des apothicaires, nommé « Clythère du roi » qui raconte les péripéties cocasses d’un ancêtre des pharmaciens devant soigner un roi ayant quelques gênes. Cette année ne voit donc pas l’orchestre jouer seul, il accompagne les scénettes. La fête est plutôt composée comme une pièce de théâtre. On apprend dans l’article que ce spectacle fut monté en 3 semaines seulement. La soirée se termine par un bruyant monôme dans les rues de Lille qui clôture cette fête (131).

    Une démission frappe à nouveau l’AAEPL en la personne de Basuyaux qui cède sa place de Bibliothécaire à Lespagnol. Le poste de Bibliothécaire Adjoint de Lespagnol revient à Petit qui est un 1ère année (132).

    Des élections universitaires ont lieu et les 2 candidats de l’AAEPL en les personnes de Hutin son Président et Duchemin Administrateur de la Jeunesse sortent vainqueurs de ce scrutin (132).

    Un voyage de l’AA est organisé du 12 au 17 mai 1926 à Strasbourg et Nancy. Le voyage commence par un départ en train de nuit, qui ne fut pas de tout repos en particulier pour les professionnels du rail car la nuit est remplie de chansons, jeux de cartes et jeux de dès. Le voyage commence réellement le dimanche matin, par l’accueil sur le quai de la gare de Strasbourg par le Président Martz et le Vice‐Président Koune ainsi que plusieurs autres étudiants de l’association locale de Pharmacie. Après avoir déposé les bagages à l’hôtel Monopole, les étudiants locaux font visiter la ville de Strasbourg en commençant par la Cathédrale considérée comme le joyau de la ville. Une

    visite de l’Allemagne improvisée fut interrompue par un gendarme ne voulant pas les laisser traverser la frontière. Il est alors décidé d’aller au Fuchs au Bukel considéré comme un lieu de promenade des amoureux. Le lundi 14 mai fut consacré à une excursion à Saint Odile, considéré comme un des plus jolis sites d’Alsace. La visite d’un couvent et du château d’Othott occupe cette journée. Le Professeur Polonovski rejoint le voyage avec ses étudiants au couvent, et ceux‐ci l’acclament bruyamment dans le lieu de culte, ce qui est assez bien représentatif de l’esprit estudiantin à cette époque qui respecte scrupuleusement son bruyant protocole quel que soit le lieu. Le mardi 15 mai est consacré à la visite scolaire de la Faculté Mixte perçue par les potards lillois comme plus luxueuse que celle de Lille. La visite de la journée continue par l’hôpital collé à la faculté, ils voient les salles d’opérations, le laboratoire de chimie biologique du Professeur Nicloux spécialiste des bactéries, et finissent par la pharmacie de l’hôpital qui fabrique les nombreux remèdes pour plus de 2500 patients. Ce dernier soir à Strasbourg est fêté lors d’un banquet traditionnel de l’Amicale de Strasbourg, qui fut riche en plats, boissons et amusements ponctués par de nombreux discours. Le mercredi 16 mai commence par les adieux aux camarades de Strasbourg et le départ vers Nancy. La délégation lilloise fut accueillie par les locaux et sitôt les bagages posés à l’hôtel un banquet commença. Ce dernier fut organisé avec le Doyen de la faculté et l’AG de la ville de Nancy. Ce banquet a permis la rencontre des nombreux étudiants et étudiantes présents ne se connaissant pas, encore une fois de nombreux discours marquèrent la soirée. Ce fut riche en danses et morceaux joués par un orchestre, qui a permis à la soirée d’être inoubliable. Le jeudi 17 mai fut consacré à la visite de la faculté de Nancy, et à la visite plus que rapide de la ville de Nancy réalisée en 3 heures car le train pour Lille n’attendrait pas (133).

    Le XVème congrès de l’UNEF organisé à Poitiers du 5 au 13 avril 1923, L’AAEPL est représentée par Hutin son Président et 3 autres membres du comité : Mesdemoiselles Notredame, Vandenbogaert et Monsieur Duchemin. L’enjeu capital de ce congrès est simple, soit la jeune fédération de pharmacie née l’an dernier survit et d’autres sont créées pour les autres filières, soit elle est enterrée définitivement. De nombreuses réunions plénières et corporatives sont organisées pour sortir de cette crise pointant une des plus grandes faiblesses de l’UNEF qui provoquera plus de 25 ans plus tard, l’explosion de ce que l’on appelle maintenant la grande UNEF. La solution trouvée lors de ce congrès de 1926 est de créer un secrétariat permanent par corporation pour faire remonter les doléances de chaque filière et éviter que l’UNEF ne prenne des positions contraires au futur de ses étudiants. Seules les sections adhérentes à l’UNEF peuvent

    faire partie de ce secrétariat permanent et doivent être à jour de leurs cotisations. Ce secrétariat remplace la jeune fédération et un étudiant parisien Beurton est élu à sa direction (134).

    Une nouvelle excursion botanique est organisée sous la responsabilité de Monsieur Deblock à Saint‐Amand‐les‐Eaux et Valenciennes. Il n’y a pas beaucoup de détails sur le voyage (135).

    La rentrée de 1926 se déroule le 15 novembre avec une leçon inaugurale du Professeur Desoil récemment titularisé à la chaire de zoologie.

    L’année 1926 est marquée par le Jubilé du Professeur Gérard pour ses 25 ans d’enseignement au sein de la faculté de Lille mais aussi son soutien indéfectible à l’AAEPL.

    L’Assemblée Générale du 26 Novembre 1926 est l’avant‐dernière sous le mandat du Président Hutin. C’est la première de l’année scolaire qui permet d’expliquer aux nouveaux potards le fonctionnement de l’association. Hutin fait le bilan de ses actions et celui de son comité, Walter détaille son bilan jugé satisfaisant. 2 motions sont proposées lors de cette assemblée, l’une pour que n’importe quel étudiant de Pharmacie puisse se présenter au comité de l’U, et l’autre pour réduire le nombre de postes au sein du comité à 8 ou 9 membres. Il est décidé que la première mesure n’est pas possible et que la deuxième nécessite la réforme des statuts de l’association via une commission composée pour permettre d’en adopter de nouveaux lors de la réunion programmée le 1er Décembre (136).

    Les modifications des statuts proposés par la commission comportent 6 changements :

  • Le comité de l’AA comprend : 1 Président, 2 Vice‐Présidents, un Secrétaire, un Trésorier, un Bibliothécaire, un Rédacteur du journal, un Administrateur du journal et un Bibliothécaire Adjoint soit 9 membres dont les 5 premiers forment le bureau.

  • Les étudiantes occupent dans le comité un nombre de sièges proportionnel au nombre d’inscrites à l’AA.

  • L’un des postes de Vice‐Président est obligatoirement réservé à une étudiante

  • Les postes réservés aux étudiantes s’ils devaient rester vides pourraient être occupés par des étudiants, et inversement.

  • Tous les membres du comité de l’AAEPL sont d’office candidats au comité de l’U. Les candidats de l’AA seront élus par ses adhérents et votés par bulletin secret pour les représenter au sein de l’U.

  • Le Président de l’AA est d’office membre du comité de l’U.

Ces modifications sont donc votées le 1er décembre 1926 et sont adoptées avec 71 voix

« pour », 5 voix « contre » et 2 « blancs ».

 

L’Assemblée du 6 décembre permet l’élection des 9 membres du comité parmi les 16 candidats. Le scrutin est organisé de 11h à 16h. Il y aura 73 suffrages exprimés avec une majorité absolue à 37 voix, 8 membres sont élus au premier tour, le dernier siège est décidé lors d’un second tour organisé le 8 décembre. L’élection de ce second tour permet la constitution du comité et la répartition des différents sièges. Pétiau prend la présidence de l’association (136).

Le 9 décembre ont lieu les élections de l’UNION, 6 sièges sont à pourvoir pour l’AAEPL ce qui est une première. Pétiau, Walter, Longueval, Petit Paul, Petit René et enfin Capelle représentent l’AAEPL. Walter prit la place de Trésorier de l’UNION, Capelle prit la place de Secrétaire Adjoint et Longueval fut nommé Administrateur du journal « Lille‐ Université » (136).

Une Assemblée Générale est organisée le 18 Février 1927 et c’est bien‐sûr Pétiau qui dirige les débats. Lors de cette AG sont présentés les vœux émis conjointement entre le syndicat des pharmaciens du Nord et l’AAEPL qu’elle portera lors du XVIème congrès de l’UNEF. Cela concerne les herboristes, les pharmacies mutualistes, la demande du titre de Docteur qui doit sanctionner la fin du diplôme de tous les étudiants en Pharmacie, et la présence dans les facultés d’enseignements sur l’économie et la comptabilité.

Lors de cette AG, il est décidé que cette année, il n’y aurait ni bal ni banquet ni Fête Annuelle du fait de l’atmosphère pesante suite au décès d’un ancien de l’AA : Tiénard René.

A la fin de cette Assemblée Générale, le Président informe que des élections complémentaires auront lieu suite à la démission de Mesdemoiselle Rouyer et Carpentier, respectivement Vice‐Présidente et Bibliothécaire (137).

Une nouvelle Assemblée Générale est organisée le 2 mars 1927. Cette réunion commence par la proposition de Pétiau de réformer les statuts pour permettre de changer le nombre de comitards actuellement bloqué à 9 et propose de l’augmenter à

  1. Il souligne qu’il n’y a pas d’adjoint et que cela serait formateur pour un jeune d’être d’abord adjoint puis de reprendre par la suite le poste de titulaire (137). Avec un nombre de votants de 73, la majorité absolue requise est de 37, et le nombre de « pour » étant de 58, les statuts reviennent à la version précédente pour ce point.

    Le 5 avril, une Assemblée est organisée pour définir le voyage que l’AA préparera. Après un vote à bulletin secret, il est décidé d’organiser ce voyage à Besançon au détriment d’un voyage en Belgique ou d’un autre en Auvergne.

    Suite aux changements des statuts décidés le 2 mars, une élection complémentaire pour 6 postes dont 3 réservés aux étudiantes ont lieu. Les élus se nomment Mesdemoiselles Letellier, Bourgeois et Coutard. Ainsi que Messieurs Guinamard et Lebeau, enfin le 6ème poste sera décidé lors de la prochaine réunion du fait que 2 candidats n’ont pas obtenu assez de votes : Martin et Leclercq.

    Le XVIème congrès de l’UNEF de 1927 a lieu à Strasbourg, du 19 avril au 24 avril 1927 (Figure 55). Dès le début du congrès, les associations réunies représentent les étudiants en Pharmacie d’Alger, Bordeaux, Clermont‐Ferrand, Lille, Lyon, Marseille, Nancy, Nantes, Paris, Rennes et Strasbourg.

     

     

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    Figure 55 : Affiche du XVIème congrès de l’UNEF

     

    Lors de la réunion des associations de pharmacie de nombreux points. Tout d’abord, on discute de la demande faite au Ministre du Travail pour que les heures

    effectuées par les étudiants en Pharmacie ne soient pas reconnues comme travail mais comme formation rémunérée. Ensuite, divers projets sont exposés comme un voyage en Belgique, la rédaction d’un journal (qui ne sera pas publié) et la réalisation d’un bal (reporté du fait de la crise financière). L’UNEF qui a plus de 545 francs de dettes envers les associations de pharmacie regroupées sous le nom d’Office demande auprès des syndicats régionaux des subventions. Il est aussi décidé qu’au prochain congrès, que seuls les présidents à jour de leur cotisation puissent voter à l’AG de l’Office.

    Il est ensuite discuté lors d’une deuxième réunion, des vœux concernant l’ensemble des étudiants en pharmacie et excluant ceux propres à une seule ville. Les vœux principaux restent les mêmes qu’au congrès précédent : suppression du diplôme d’herboriste, titre de Docteur en Pharmacie, un programme national pour l’ensemble des facultés, la création d’un cours sur les pansements et la petite chirurgie, que les postes d’internes soient réservés aux étudiants français et que le poste soit obtenu après l’obtention d’un concours.

    Le vendredi 22 avril 1927 est important car la 1ère commission de l’UNEF chargée de l’organisation interne de l’UN décide de renommer les secrétariats en Office. Les étudiants de Lille sont désormais représentés par l’Office National des Étudiants en Pharmacie de France (ONEPF) jusqu’à sa dissolution en mai 1968 qui entraine l’émergence d’une seule organisation représentant l’ensemble des étudiants en pharmacie : l’ANEPF.

    Des modification statutaires de l’UN sont alors actées avec une particularité : pour être candidat au poste de président d’un office, il faut forcément être Président d’une association ou être son représentant lors du congrès de l’UNEF. De ce fait, le Président sortant de l’office ne pourra que rarement se représenter à son poste à moins qu’il ne soit à la fois Président de l’office et de sa section locale. C’est le Président de Lyon, Puy, qui est élu président du 1er bureau de l’ONEPF (138).

    Le 4 mai, une nouvelle réunion a lieu. Ils débattent à nouveau sur le résultat du vote pour le voyage. Il est décidé d’un nouveau vote qui n’est pas au goût de tout le monde, et le résultat du vote change finalement la destination vers la Belgique. Avant ce vote, Pétiau faisait connaître l’avis du Professeur Gérard pour un voyage vers Paris qui serait plus instructif, mais celui‐ci ne sera pas écouté. Enfin, Leclercq fut élu à l’unanimité suite au désistement de Martin (137) (Figure 56).

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    Figure 56 : Le comité de l’AAEPL 1926/1927

     

    Le séjour en Belgique se déroule du 22 mai au 26 mai 1927, le voyage commence sous la pluie de Lille à 5h du matin mais grâce aux faluches les têtes restent au sec. A 9h, arrivée dans la capitale belge, pour attendre la correspondance de 11h pour se rendre à Liège. Ce temps libre permet l’achat de boissons pour se réchauffer car là aussi une fine pluie attend les potards. Le voyage continue dès l’arrivée de la délégation vers 13h30 à Liège, des étudiants de Médecine et Pharmacie belges les attendent sur le quai. Les étudiants déposent leurs affaires dans la luxueuse Maison des Étudiants qui impressionne la délégation française par son marbre blanc et sa grandeur. Un repas est servi et l’on remercie les liégeois pour leur accueil afin de partir vers l’hôtel. La visite de la ville démarre juste après, et la soirée se termine dans des bars et salles de danse.

    La matinée du lundi 23 est consacrée à la visite de l’usine de Zinc, le repas est pris à midi à la Maison des Étudiants. L’après‐midi permet la visite de l’institut pharmaceutique. Les étudiants visitent l’école dont les salles de recherche avec leur chef

    de travaux Lespagnol qui les accompagne, mais aussi la serre botanique qui est décrite comme luxuriante. Après un rapide repas à la Maison des Étudiants, le voyage reprend vers la destination suivante de Namur. La soirée se termine rapidement à l’hôtel car la journée fut très chargée et fatigante pour la délégation.

    La journée du mardi 24 mai commence dès 7h30, pour permettre la visite des grottes de Ha. Il faut à nouveau prendre le train pour cette expédition, ce qui permet de découvrir le paysage des Ardennes belges et de la vallée de la Lesse.

    La journée du mercredi 25 mai commence par la visite de la citadelle de Dinant le matin. Le retour à Namur se fait en bus et la soirée est consacrée pour certains à aller au cinéma et pour les autres à la découverte des fameuses bières trappistes de la région.

    La dernière journée du voyage du jeudi 26 mai commence par le retour du groupe d’étudiants de Namur vers Bruxelles. La journée est consacrée à la visite de la ville avant un retour sur Lille en soirée (139) (Figure 57).

     

     

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    Figure 57 : Photos du voyage en Belgique issues de La Jeunesse n°5 de 1927

     

    Une Assemblée Générale, organisée le 28 novembre 1927, est la première réunion de la nouvelle année scolaire. Celle‐ci est principalement consacrée au rapport

    moral du comité sortant. La caisse contient 1100 francs de bénéfices et la date de la prochaine élection est fixée au 2 décembre. La tradition du singe est cette année encore et toujours respectée (140).

     

    L’élection du nouveau comité a bien lieu ce 2 décembre, il y a 13 postes à pourvoir. Il y aura 95 votants avec une majorité absolue à 48 voix. Au premier tour, 11 personnes sont élues et les 2 sièges restants sont attribués lors d’un second tour le 7 décembre. Pétiau cède sa place de Président à Guinamard. Ce bureau est expérimenté car de nombreuses personnes enchainent un second mandat (140) (Figure 58).

     

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    Figure 58 : Le comité de l’AAEPL 1927/1928

     

    Lors des élections de l’UNION, cinq postes reviennent à la section de Pharmacie, ils étaient occupés par Guinamard qui prend le poste de Vice‐Président de l’U, de Longueval nommé Administrateur en Chef, Petit Paul et René nommés Administrateurs Adjoints et enfin Martin nommé Rédacteur Adjoint du journal « Lille‐Université » (140).

    Entre les différents tours électoraux a lieu le 6 décembre le traditionnel Monôme de la Saint Nicolas, les potards ont encore une fois de nombreux déguisements colorés et potaches. Le Monôme traverse de nombreuses rues de Lille pour finir avec un pot à la Maison des Étudiants (141).

    Il y eut en 1928 l’organisation d’un banquet, mais cette année encore, il ne peut y avoir d’organisation d’une Revue. Il est déjà décidé d’en refaire une traditionnelle en avril 1929 devant le nombre de demandes des professeurs et pharmaciens. Ce banquet est organisé le 25 avril 1928, à la Taverne de Bruxelles. Ce banquet regroupe étudiants, professeurs, professionnels et syndicats. Près d’une centaine de convives sont présents, les étudiants tout de noir vêtus portent fièrement leur faluche. Le repas était succulent selon ce qui est rapporté dans La Jeunesse, et les plats étaient entrecoupés de chansons estudiantines. Ce repas se clôture par l’organisation d’un petit concert de Jazz‐U qui permit de ranger ce banquet dans les souvenirs inoubliables des participants.

    Une réflexion laisse entrevoir la poursuite d’un banquet annuel, en plus de la Revue traditionnelle (142).

    Les éditions de La Jeunesse n°1 et n°2 sous la plume de Martin comme Rédacteur en chef ne nous laissent pas beaucoup de détails sur la vie de l’AAEPL.

    Le congrès de l’UNEF en 1928 est organisé par la ville de Grenoble du 2 au 6 mai. L’AAEPL sera représentée par 5 membres au XVIIème congrès : son Président Guinamard, son Vice‐Président Petit Paul, son Trésorier Adjoint Petit René, l’Administrateur de La Jeunesse Longueval et un autre membre de l’association. La première journée est consacrée à une réunion sans grand intérêt, un banquet joyeux et festif entre les potards et carabins fut organisé. Lors du deuxième jour, la matinée est consacrée à la réunion des offices dont celui de Pharmacie. Lille représentée par quatre membres de son bureau a impressionné car tous les lillois prirent place à tour de rôle au débat. Deux vœux furent émis par l’ONEPF : d’abord que la durée du stage soit de deux ans avec un contrôle terminal sévère et que dans chaque pharmacie, il ne peut y avoir plus de 2 stagiaires. Le 2ème vœux est d’augmenter les heures de travaux pratiques (TP) de microbiologie. Après cela, le nouveau Président de l’ONEPF fut élu en la personne de Touchard venant de la Faculté de Paris. Lors de l’après‐midi, une assemblée est réunie pour élire le nouveau bureau de l’UNEF, il y a un brouhaha permanent, après plusieurs heures de débat, le nouveau bureau est élu sans aucun lillois. Le troisième jour est consacré à une excursion au niveau des montagnes des Alpes. Le quatrième jour a permis la visite du Sanatorium des étudiants sur le plateau des Petites‐Roches dans la matinée. L’après‐midi, une nouvelle assemblée est organisée sans réelle avancée pour la

    défense des étudiants du fait du vacarme permanent. La soirée est clôturée par un ultime banquet qui n’est malheureusement pas décrit. Le congrès se termine par une dernière excursion des caves de Chartreuses et du couvent proche de celles‐ci (143).

    Une première visite botanique est organisée par l’AAEPL le jeudi 7 juin 1928, celle‐ci a lieu à St‐Omer sous une journée pluvieuse. La liste des végétaux rencontrés est établie dans La Jeunesse Pharmaceutique. Cette expédition est encadrée par les chargés de TP que sont Lespagnol et Deblock pour permettre la reconnaissance avec certitude des plantes découvertes (144).

    Une deuxième sortie botanique est organisée par l’AAEPL le 15 juin 1928 à Phalempin. Encore une fois c’est Monsieur Deblock qui vérifie que les étudiants identifient bien les plantes découvertes. Cette sortie est effectuée sur un circuit de plus de 8km. Cela permit de découvrir plus d’une centaine d’espèces différentes (145).

    Une Assemblée Générale de l’association a lieu le 23 novembre 1928, c’est la première de l’année scolaire 1928/1929. La séance commence avec le traditionnel baiser au singe empaillé de l’UNION par le plus jeune des bizuths. Le bilan financier permet de voir qu’il reste 1860 francs dans la caisse de l’association. Un rapide bilan est mené par le comité sortant (146).

     

    L’Assemblée Générale du 30 novembre voit l’élection du comité pour l’année 1928/1929. Il y a pour ce scrutin 3 postes pour la gente féminine, avec 3 candidates. Pour ces Messieurs 11 sièges à pourvoir avec un nombre de candidats porté à 11. Lors du premier tour, les 3 postes des candidates sont attribués, contre 9 pour leur homologue masculin. Il reste donc un poste en ballotage. Le dernier siège est pourvu après l’élection du 10 décembre. Lors de cette assemblée permettant la constitution du nouveau comité, Guinamard est confirmé à son poste de Président pour un 2ème mandat. Le nouveau comité comprend beaucoup de comitards de l’année précédente, cela permet une certaine continuité pour l’AAEPL (146).

    L’élection de l’UNION a permis, cette fois encore d’avoir 5 représentants pour l’AAEPL. Guinamard fut élu Vice‐Président, Petit Paul devint l’Administrateur en chef du journal « Lille‐Université », Petit René devient le Trésorier Adjoint et Fontaine et Tilmant devinrent Administrateur adjoint. C’est Swynghedaw qui prit la présidence de l’UNION provenant de la section de médecine.

    La Jeunesse publie un article suite à la lettre reçue par le Président, écrite de la main d’un commissaire de police qui vient d’amender 5 étudiants de Pharmacie du fait de leur ivresse sur la voie publique et de leurs chants obscènes et paillards. Le Président

    est convoqué pour défendre les étudiants lors de leur jugement à huis clos. Cet article est publié dans La JP pour rappeler aux étudiants de ne pas troubler l’ordre public car cela donne une mauvaise réputation à l’ensemble des étudiants de la Faculté (147).

     

    Le congrès de L’UNEF de 1929 est organisé à Toulouse au mois d’avril. Il conforta la place de l’AAEPL dans l’office car les quatre délégués envoyés lors de ce XVIIIème congrès (le Président Guinamard Georges, le Vice‐Président Petit Paul, le Trésorier Petit René, le Rédacteur de La Jeunesse : Rogez Paul) ont permis de blâmer l’inactivité du Président de l’Office dans ses missions confiées l’année précédente. Ce dernier sera destitué de ces fonctions en plus du blâme à l’unanimité moins une voix. Ce congrès vit aussi la mise à jour des statuts de l’UNEF et l’élection de lillois de l’UNION dans le nouveau bureau (148).

    L’activité de l’AAEPL est résumée dans un article de La Jeunesse des mois de mars et avril : on sait qu’un voyage à Paris sous la direction du Professeur Gérard fut annulé faute de participants.

    Lors de l’Assemblée Générale du 29 avril 1929, a lieu un recadrage d’une partie du comité, l’élection d’un commissaire aux comptes, des discussions sur le service de remplacement et sur la rédaction de La Jeunesse. Une sortie botanique est organisée fin mai durant deux jours à Boulogne (149).

    L’année 1929 est consacrée quasiment exclusivement à la Revue car celle‐ci n’a pas eu lieu depuis au moins 2 ans. Le comité ne veut pas perdre cette tradition remontant au début de l’association. D’ailleurs, sur 5 numéros de La Jeunesse de l’année 1929, deux seront uniquement consacrés à la Revue et aux chansons du spectacle. La date de la Revue est décalée par rapport à l’année précédente, elle a eu lieu le 7 mai pour laisser le temps au comité d’avoir un maximum de temps pour réussir cette soirée. Cette Revue est la plus ambitieuse car pour la première fois, elle est composée de 3 actes comprenant chacun 2 tableaux. Elle a lieu au mois de mai à la Maison des Étudiants et a pour nom « l’A.A Marrante ». Elle est une projection de la pharmacie de 1929 jusque 1975, et image l’évolution future de la vie pharmaceutique (Figure 59).

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    Figure 59 : Programme de la Revue 1929

     

    La fin du mandat de Guinamard fut notamment marquée par la mort de René Petit alors que celui‐ci venait de finir ses études. Il fut directement impliqué dans la vie de l’association pendant plus de 3 années pour représenter les étudiants en Pharmacie de Lille (150).

    La première Assemblée de l’année scolaire a lieu le 22 novembre 1929 et rappelle les modalités nécessaires à l’élection du futur comité de l’AAEPL. Cette réunion commence par l’accueil des bizuths et le soutien des anciens auprès des plus jeunes. Il y a eu bien‐sûr le traditionnel baiser du plus jeune bizuth au singe pour commencer l’Assemblée. La suite de l’Assemblée a permis le bilan du mandat 1928/1929 dont la Revue fut l’évènement majeur de l’année et a permis le remerciement de ses plus grands artisans.

     

    Le 28 novembre 1929 se déroule l’élection du nouveau comité de l’AAEPL. Il y a 20 candidats se présentant dont 5 femmes et seulement 4 anciens comitards. Ce mandat sera donc celui d’une nouvelle génération de potards pour défendre l’intérêt de leurs semblables. Les 4 comitards sortants furent réélus : Fontaine, Husson, Dessaint et Cerisier Renée assez facilement. Au premier tour, furent élus 8 postes masculins sur 10 à

    pourvoir et les 3 postes féminins furent attribués sans avoir besoin d’un 2ème tour. Le 2ème tour concerna 3 candidats pour 2 postes.

    Lors de l’Assemblée du 9 décembre Dessaint, désigné Président par les comitards fraichement élus, présenta les postes attribués à chacun et soumis au vote ce bureau. Ce comité fut accepté à l’unanimité et on enchaina sur l’élection des représentants pour la section Pharmacie à l’UNION. Le camarade Jules Talmant est élu commissaire aux comptes lors de cette réunion (151). Les représentants élus de la section pharmacie furent élus chacun à un poste du bureau de l’U ou une commission de l’UNION : Dessaint devint Trésorier, Husson Trésorier Général Adjoint, Delcambre Administrateur de

    « Lille‐Université » et enfin, Fontaine et Leveillé furent nommés à la commission des fêtes (152).

    La déclaration de l’AAEPL comme société et les premiers statuts de cette dernière ont été déposés le 13 mars 1930 à la Préfecture de Police de Lille. L’association sera officiellement reconnue avec la publication au Journal Officiel en date du 19 mars 1930. Elle est alors enregistrée sous le numéro n°0595002389 (actuellement W595000198), au répertoire départemental des associations. Cela permet à l’association de devenir une société pour avoir plus de facilités avec les changements bancaires entre les trésoriers lors de leur passation. L’association devient par la même occasion une personne morale et c’est son Président qui la représente si nécessaire avec cette publication au Journal Officiel (153) (154) (Figure 60).

     

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    Figure 60 : Publication au Journal Officiel en date du 19 mars 1930.

     

    1. Objectifs, missions et évènements de l’AAEPL

       

      1. Ses buts, objectifs et revendications

         

        L’AAEPL a été créée avec comme principaux objectifs des actions syndicales pour lutter contre les dérives du système de l’époque. La concurrence avec les herboristes et

        droguistes ainsi que les pharmaciens qui ne respectaient pas la législation, cela devenait de plus en plus courant à la fin du XIXème siècle.

        La première corporation étudiante créée fut celle des étudiants en Pharmacie de Paris, qui ouvra des antennes dans toute la France dont celle de Lille, qui prendra son indépendance de l’association parisienne 2 ans après sa création par cette dernière. Les objectifs, missions et revendications évolueront dans le temps, mais l’AAEPL interpellera facilement les Ministres plusieurs fois dans sa jeunesse, et s’en appuiera par la suite dans des structures regroupant plusieurs associations d’étudiants en Pharmacie et plus particulièrement l’Office qui sera un organe de l’UNEF jusqu’à ce que l’ANEPF soit créée en 1968.

         

        Les principales actions de défense des étudiants en Pharmacie sont nombreuses. L’AAEPL, à de maintes reprises, était proactive sur les questions de réformes des études pharmaceutiques et écrivait directement au Ministre de l’Instruction Publique, qui gérait l’enseignement supérieur à l’époque. L’association était attentive à la diminution du nombre de candidats pour l’internat de Lille, qui n’a cessé de diminuer jusqu’à être nul pour les candidatures lilloises. En revanche, des étudiants d’autres villes provenant d’Écoles Préparatoires sont venus pour ces postes d’internes qui sont mal rémunérés (moitié moins que les internes de Paris) et les empêchent de suivre les cours du matin.

        Par la suite, l’AAEPL luttera pour remettre en place l’internat après la première Guerre Mondiale car celui‐ci avait disparu pour des raisons financières (155) (156).

         

        Une autre préoccupation de l’AAEPL est le nombre d’étudiants en Pharmacie et les problèmes liés à cela seront diamétralement opposés selon les décennies. En effet, vers 1910, la faculté ne compte que 10 étudiants par promotion, ce qui est inquiétant pour l’avenir de la profession. A l’inverse, en 1928, la faculté de Lille compte plus de 60 étudiants par promotion (157). Cela pose des problèmes d’installation et de concurrence, qui seront résolus via « un numerus clausus » et l’impossibilité de créer de nouvelles pharmacies, ainsi que la limitation de la libre installation.

        L’AAEPL travailla en collaboration avec le syndicat des Pharmaciens du Nord qui était à l’époque le seul syndicat représentatif des titulaires d’officines. L’association est ouvertement déclarée comme pépinière syndicale. Les leaders du syndicat étaient tous, sauf à de rares exceptions, membres d’un comité de l’AAEPL (158). Cette collaboration concerna les sujets sur la place que doit occuper les spécialités pharmaceutiques (159) et les importations de spécialités étrangères (160), les pharmacies mutualistes (161)

        (162) (163), la déontologie (164), l’exercice de la Pharmacie (165), les retraites, (166) etc. Ce syndicat essaya de faire adhérer rapidement les étudiants lors de leur sortie de la faculté (167). Ces sujets ne sont pas forcément éloignés de ce qui agite le monde pharmaceutique actuel près d’un siècle plus tard.

         

        En ce début du XXème siècle, un sujet qui ne concerne plus les étudiants actuels, préoccupe fortement ceux de l’époque : la place qu’ils occupent dans l’armée et les différentes réformes qui vont en découler. Avant 1914, tous les jeunes français devaient faire 3 ans de service militaire pour la patrie, à l’exception des étudiants qui ne pouvaient faire que 2 années grâce à l’article 51 de la loi du 21 mars 1905. Ces différentes lois militaires avaient pour but de permettre à la France d’avoir une armée en ordre de bataille, dans le but d’une guerre future avec l’Allemagne pour récupérer l’Alsace et la Lorraine perdues en 1870.

        Un projet de loi appelé « Loi des 3 ans » en 1913 occupa beaucoup l’association à cette période. De ce fait, une lettre ouverte publiée dans La Jeunesse du mois de mars 1913 proposant des amendements, a été écrite à l’intention de tous les Députés et Sénateurs de la circonscription du Nord et du Pas‐de‐Calais. Cette proposition de loi ne dispensait plus les étudiants de leur 3ème année de service militaire, ce qui mit vent debout un grand nombre d’associations étudiantes. De plus, elle confirmait les différences de grades entre les étudiants en Médecine et ceux de Pharmacie. A niveaux d’étude équivalents, le grade des pharmaciens diplômés était bien inférieur à celui des étudiants en Médecine, ce qui fut ouvertement critiqué dans la lettre vindicative de l’AAEPL, ainsi que l’allongement des études qui porterait à 8 ans le nombre d’années avant de pouvoir exercer le métier de pharmacien. L’AAEPL n’appuya pas l’UNEF via ses positions prises lors du Vème congrès organisé à Lille, et obtiendra les amendements pour lesquels elle avait longuement travaillé contrairement à d’autres associations qui demandaient simplement l’annulation de la loi (62) (65) (168).

         

        Un autre grand sujet de discussion fut la réforme (aboutie ou non) des études pharmaceutiques, moins impactante à Lille, grâce à son programme déjà bien scientifique, contrairement aux autres villes.

        La principale loi durant la période qui nous intéresse de la naissance de l’AAEPL à sa reconnaissance officielle en 1930 est celle provenant du décret du 26 juillet 1909 qui permit l’unicité du diplôme de pharmacien et un encadrement plus stricte du stage officinal, et qui est encore aujourd’hui d’actualité. Cette loi verra le raccourcissement du

        stage de 3 années à une seule et l’ajout d’une quatrième année à la faculté, ce qui portera le nombre total d’années d’études à 5 ans. Un combat pour la création d’un grade de Docteur en Pharmacie commence au milieu des années 20 et se termine seulement avec le décret du 11 août de 1939 (169) (170) (171) (172).

         

        Les difficultés financières croissantes des étudiants devenaient un sujet de plus en plus présent, ainsi que le début de démocratisation des études pharmaceutiques amorcées dans les années 20 qui deviendra aussi une des préoccupations de l’UNEF, à l’origine des CROUS bien des années plus tard, après la Seconde Guerre Mondiale, afin de mettre en place un système de bourses, logement et de restauration efficace et le plus juste possible. Une donnée intéressante du coût des études de Pharmacie à Lille nous est fournie dans l’article de La Jeunesse avec le détail du calcul. Le coût global des études pour 4 années est de 32 872,50 francs en 1923, ce qui représente actuellement 37000€ en tenant compte de l’inflation (173).

         

        Il y a parfois des sujets d’époque plus surprenants tels que la place des femmes dans la société française et la pharmacie, ainsi que les conséquences engendrées par la mort de nombreux jeunes hommes durant la 1ère Guerre Mondiale (174).

         

      2. Les services et les événements proposés

         

        L’AAEPL voulut très rapidement développer des services en parallèle de ses actions syndicales pour aider les étudiants en pharmacie. Au fil des années, elle les multiplia avec notamment :

         

        • Une bibliothèque, qui sera constituée principalement de livres utiles aux étudiants, via des demandes de dons aux professeurs ou industries pharmaceutiques. Cette bibliothèque comporte aussi un herbier à destination des stagiaires pour leur permettre de réussir les reconnaissances de plantes lors de leurs examens (175).

        • Un prix au meilleur stagiaire de chaque promotion décerné par l’association. Ce prix peut être selon les finances soit pécunier soit un ouvrage utile pour les études (176).

        • Un service de remplacement pour mettre en lien les étudiants et les professionnels. Il existait une convention signée entre l’association étudiante et le syndicat du Nord pour encadrer les salaires et les conditions de remplacement.

          Par exemple, l’obligation de fournir le gite et le couvert ou bien un billet de train en 2ème classe en plus de la rétribution financière pour tout remplaçant. Parfois, il arrivera que la rétribution financière demandée crée des tensions entre l’AAEPL et le syndicat des pharmaciens du Nord (177).

        • Des conférences préparatoires, pour les stagiaires passant l’examen de validation, développées conjointement avec le Syndicat du Nord. Ces conférences avaient pour but de les préparer à l’examen mais aussi de leur faire découvrir la faculté et les laboratoires de recherche. C’était le premier contact de ces futurs étudiants en pharmacie avec la faculté et leurs aînés.

        • L’adhésion automatique à l’UNION des adhérents de l’AAEPL, du fait d’une fusion partielle entre les 2 associations. Cela permettait aux étudiants en Pharmacie de bénéficier des avantages de l’U.

           

          En plus de ces services, l’AAEPL va vite organiser de nombreuses soirées étudiantes et autres évènements plus culturels à visées pédagogiques :

           

        • Une soirée qui sera organisée chaque année dès sa création. Celle‐ci est nommée à juste titre : « Fête Annuelle » ou « Fête Intime ». Cette fête était son plus gros événement, et avait pour but de réunir les étudiants, des professeurs et des pharmaciens déjà diplômés afin de permettre un rapprochement entre les différentes générations et souder le corps pharmaceutique issu de Lille. Elle se déroulait en plusieurs temps : une partie où un orchestre composé d’étudiants joue des morceaux avec des instruments traditionnels, une autre partie composée de sketches, chansons et scénettes théâtrales qui étaient des caricatures et satires de la vie de la faculté ou de la profession. Cette 2ème partie fut nommée Revue ou Revuette selon les années, à laquelle on associait un titre à but humoristique (Annexe 2 p 127).

        • Un banquet annuel qui, dans un premier temps, remplacera la Fête Annuelle de 1927 et 1928 du fait de l’impossibilité de l’organiser. Ces banquets deviendront complémentaires à la Fête Intime à la fin des années 20 et durant les années 30.

        • Différents types d’excursions mis en place par l’association avec l’appui de nombreux professeurs : des excursions botaniques dans la région du Nord (Canteleu, Dunkerque ou Calais), des excursions à visées touristiques (Paris, Bruxelles, Strasbourg), des excursions à visées culturelle et pharmaceutique avec

          des visites d’industries pharmaceutiques, de la Pharmacie Centrale de Paris ou des autres facultés de Pharmacie.

        • La Saint Nicolas, évènement organisé principalement par l’UNION avec l’appui de l’AAEPL. C’était un jour de fête dans les rues de Lille, et correspondait à un Monôme ayant vocation à choquer les bourgeois et à faire entendre des paillardes et autres gauloiseries dans la ville.

           

      3. Financement de l’association

         

        L’AAEPL, pour pouvoir avoir une réelle influence de part ses revendications syndicales et corporatives, doit avoir une situation financière stable afin de pouvoir accomplir ses nombreux services et événements.

        Durant les 2 premières années de son existence, on ne sait pas comment l’AAEPL s’est financée. En revanche, on sait qu’elle devait verser à son association mère, 1 franc par adhérent. C’est l’augmentation du prix de cette redevance par adhérent qui conduira l’AAEPL à couper les liens avec l’association parisienne.

        A partir de 1904, l’association devait se financer toute seule et réussira avec brio, ces sources de revenu étant :

         

        • La publicité générée depuis la création de La Jeunesse Pharmaceutique en 1906 qui fut une source de revenu non négligeable malgré une fluctuation évidente selon les années, car ses débuts furent difficiles et la période d’après‐guerre aussi du fait de la perte des engagements écrits des sociétés,

        • Les membres honoraires, généralement anciens de la Faculté Mixte de Lille. Ceux‐ci payaient une cotisation plus élevée que les étudiants. Dans un premier temps, l’association publiait une liste de ses adhérents honoraires mais ne continua pas par la suite,

        • Dans une moindre mesure, la cotisation des étudiants qui n’est pas élevée au vu des autres sources de financement. Cependant, celle‐ci reste importante sur le plan symbolique et ouvre à un grand nombre de services. Il s’agissait d’une adhésion double à l’AAEPL et l’UNION,

        • Il y eut certainement des dons à titre privé et peut‐être même des subventions de l’État bien qu’il n’y en ait aucune preuve à l’heure actuelle.

    2. Structure de l’AAEPL

       

      La structure principale est le bureau nommé « comité » qui est composé au minimum de 5 personnes au début de l’association. Ce nombre sera bien souvent plus proche de la dizaine de membres avec des postes qui évolueront selon les besoins de l’association. Dans l’Annexe 3 (commençant à la page 128) est regroupé l’ensemble des bureaux de 1902 à 1930. Cette liste n’est malheureusement pas complète, faute de données.

       

      Dans un premier temps, l’AAEPL fut liée à l’association parisienne, celle‐ci nomma certainement les premiers Présidents que sont Grotard, Bailloeuil et Payen. Le résumé de 1909 rédigé par Lambert ne nous fait pas part d’élections contrairement à après la séparation entre ces deux associations (29). Dès lors, chaque année furent organisées des élections pour élire tous les représentants au comité. L’élection se déroulait à majorité absolue pour le premier tour et étaient élus sont élus ceux qui obtinrent au moins la moitié des votes « +1 ». Il était suivi si nécessaire d’un 2ème tour complémentaire pour élire l’ensemble des personnes nécessaires pour former un comité complet (le nombre de sièges disponibles étant indiqué avant l’élection). Ce comité nouvellement élu se réunissait juste après l’élection lorsqu’il était complet pour élire ou nommer son Président et attribuer à chaque membre un poste au sein de l’association (178).

      Étonnamment, les adhérents à l’AAEPL ne votaient donc pas pour les compétences des personnes mais pour un poste. Le vote était plutôt basé sur une notion de popularité, car avant la réunion du comité, on ne savait pas ce que la personne élue obtiendrait comme rôles et missions qui lui seront confiés. Ces élections sont parfois une période de tensions entre les membres de l’association car plusieurs lignes de conduite s’affrontaient pour la future gestion de l’association. Certaines fois, le bureau sortant devait rappeler les responsabilités que les futurs élus auront sur leurs épaules et également que les élections ne sont pas organisées pour connaître sa côte de popularité (179).

    3. La Jeunesse Pharmaceutique de 1906 à 1930

       

      1. La création et publication

         

        La Jeunesse Pharmaceutique ou plus communément appelée « La JP » est un journal dont la création fut décidée le 14 décembre 1905. Il parait pour la première fois le 1er janvier 1906, avec un tirage à 1500 exemplaires. Ce fut lors de sa création un mensuel reprenant la formule de « La Pharmacie Française ». L’AAEPL, s’étant séparée de l’Association Amicale des Étudiants en Pharmacie de France, se devait de créer un journal pour lui permettre de faire connaître ses positions et pouvoir interagir avec les pharmaciens ayant quitté la faculté. Cela constituait une source de revenu non négligeable via les publicités insérées dans le journal et le nombre d’adhésions des pharmaciens en temps que membres honoraires.

        L’histoire de la création de La Jeunesse Pharmaceutique est même racontée sous forme d’un poème écrit par Maurice Sénéchal qui devint par la suite Président de l’association en 1907 (180).

         

        La Jeunesse Pharmaceutique sera publiée chaque année entre 1906 et 2000, excepté lors des 2 Guerres Mondiales, et les publications auront tendance à diminuer avec le temps :

         

        • Mensuelles de 1906 à juin 1921,

        • A partir de juillet 1921 : 2 bimestrielles et 10 mensuelles jusqu’à janvier 1925,

        • Bimestrielle de janvier 1925 jusque décembre 1953,

        • Trimestrielle à partir de janvier 1954,

        • Annuelle de 1990 à 2000.

           

          Dans l’Annexe n°4 à la page 138 est regroupé l’ensemble des exemplaires de La Jeunesse Pharmaceutique qui existe ou qui existerait potentiellement du fait de la numérotation qui permet d’entrevoir leurs publications.

           

      2. Organisation du Journal

         

        C’est à la fois un journal comprenant des articles scientifiques (181) rédigés par des pharmaciens ou des professeurs de la Faculté (182) avec des tribunes libres

        permettant à n’importe qui de s’exprimer librement sur un sujet professionnel ou un sujet concernant les études ou les étudiants de Pharmacie (183) (184).

        Les articles sérieux, à visée professionnelle, sont plus ou moins nombreux selon les périodes, ils touchent de nombreux sujets souvent pharmaceutiques tels que l’insuline et diabète (185), la physique et la TSF (186) ou les colloïdes, (187) etc.

         

        La Jeunesse Pharmaceutique a pour vocation de permettre un contact régulier entre ceux qui ont quitté la faculté et les étudiants, et permettre « un esprit de camaraderie » entre les étudiants de la faculté (188). C’est pourquoi il y des comptes‐ rendus des évènements organisés par l’AAEPL, que ce soit : la Fête de l’Intime aussi appelée la Revue ou encore Revuette (32), les Assemblées Générales, les sorties botaniques (189), ou encore les voyages annuels.

         

        Dans ce journal se trouvent aussi les évènements rythmant le quotidien de la faculté tels que les examens d’entrée à la faculté ou de l’internat (190) (155) avec l’ensemble des questions posées lors de ces épreuves, la composition des jurys, parfois la liste des admis (191). On y trouve également des articles sur la rentrée scolaire et les discours des professeurs pour accueillir les nouvelles promotions (192), ainsi que tous les ans, la liste des étudiants reçus pharmaciens (193) (194).

         

        De plus, les décisions concernant l’association sont expliquées dans ce journal telle que la fusion de l’AAEPL en 1907 avec l’UNION des étudiants de l’État qui a fait couler beaucoup d’encre.

         

        Une partie plus amusante est constituée d’anecdotes telles que celle d’un remplacement en pharmacie effectué par un étudiant en médecine suite à un quiproquo ou celle d’un étudiant en pharmacie rencontrant des patients ayant des questions improbables (195) L’apparition des ragots apparaissent dans La Jeunesse en décembre 1923 (196).

         

        La publicité tient une place importante dans le financement du journal mais aussi pour les projets de l’association car c’est une source de revenu non négligeable (197).

         

        Un service de remplacement est aussi mis en place pour que les pharmaciens diplômés puissent trouver des stagiaires ou des employés étudiants. Ce service est géré

        par le Secrétaire Général de l’association (177). Il y a aussi des annonces d’officines à vendre pour les jeunes diplômés.

         

        Enfin, à chaque fin de journal, se trouve une chronique pharmaceutique qui permet d’informer le monde pharmaceutique local, des mariages, naissances et morts de personnes ayant été étudiants ou professeurs à la Faculté de Lille.

         

        Le journal n’est pas épargné par la critique, que ce soit par celle des étudiants, ou par celle des anciens qui ont toujours quelque chose à dire si cela ne correspond pas à leur vision de La Jeunesse Pharmaceutique (198). Cependant, le comité garde un droit de réponse dans La JP, que ce soit pour défendre son point de vue sur n’importe quel sujet ou sur l’évolution apportée au journal (199) (200).

         

      3. Évolution de la 1ère page et du format

 

La Jeunesse Pharmaceutique connue quelques modifications de formats entre sa 1ère publication de janvier 1906 jusque 1930.

 

Entre 1906 jusque la première Guerre Mondiale, ni le format ni la 1ère page n’évoluèrent, le format est proche d’un A5 légèrement allongé. Cette édition sera imprimée par diverses imprimeries de Lille ou de la région lilloise (Figure 61).

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Figure 61 : 1ère page de La Jeunesse Pharmaceutique de janvier 1906

 

Avant l’arrêt de la publication de La Jeunesse Pharmaceutique de juillet 1914 à octobre 1919 pour des raisons évidentes, une modification fut apportée à la première page pour être plus sobre en mai 1914. Le format ne sera, quant à lui, pas modifié (Figure 62).

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Figure 62 : 1ère page de La Jeunesse Pharmaceutique d’octobre 1919

 

Il fut rapidement décidé de changer cette première page d’avant‐guerre, pour renouer avec quelque chose de plus moderne sans en modifier le format. Il fut décidé d’emprunter un style antique avec des attributs pharmaceutiques tels que le pilon et mortier. Cependant, cette première page fera couler beaucoup d’encre du fait de la nudité de la femme comme la lettre d’un ancien reçu par le Président. Cet ancien demande de changer cette première page qu’il juge pornographique. Il se justifie par le fait qu’il doit cacher les éditions de La Jeunesse à la vue de ses enfants (201).

C’est notamment durant cette période que de la publicité fut directement incrustée dans la 1ère page pour augmenter certainement la visibilité de celle–ci et permettre de montrer aux annonceurs que la publicité sera lue (Figure 63).

 

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Figure 63 : 1ère page de La Jeunesse Pharmaceutique de juillet­août 1921

 

Le changement de format et de couverture intervient à partir de l’édition de janvier 1925. Le format étant plus à présent un A4, la couverture n’est plus simplement en papier noir et blanc. La première page est verte aux couleurs de la pharmacie, et

provient d’un bois gravé par Marcel Lempereur‐Haut qui est un célèbre artiste belge qui sera naturalisé français en 1927 (118) (Figure 64).

C’est la première fois que dans des éditions de La Jeunesse Pharmaceutique apparaissent des photos pour illustrer les articles.

 

image

Figure 64 : 1ère page de La Jeunesse Pharmaceutique de septembre­octobre 1936

Conclusion :

 

L’AAEPL aura réellement été fondée le 7 mars 1902. Il existait certainement des associations d’étudiants en Pharmacie à Lille avant cette date, mais malheureusement aucune trace directe ne nous est parvenue pour le moment. L’association aura énormément évolué entre sa création et sa reconnaissance officielle en 1930. Bien souvent précurseur par rapport à bien des sujets tels que la place de la femme dans la société française, l’unicité du diplôme de Pharmacie ou encore les lois militaires, l’association reste l’une des plus importantes de la Métropole lilloise de part ses nombreuses actions mais aussi de part son expertise sur des sujets variés.

 

Les combats menés par l’association ont évolué mais l’engagement pris par les associatifs pour représenter les étudiants et les accompagner est toujours aussi viscéral, on peut même parler de passion. L’AAEPL reste une école de vie pour tous, on y gagne en maturité, en expérience et en compétences. Il est bien dommage que beaucoup d’étudiants passent à coté de cet apprentissage irremplaçable car chaque personne peut y participer à son échelle que ce soit en y consacrant peu ou énormément de temps.

 

Ce travail a été possible notamment grâce aux documents laissés par nos prédécesseurs via leur périodique qu’était La Jeunesse Pharmaceutique. Il est dommage de n’avoir pu récupérer l’intégralité de cette collection. Cependant, c’est déjà une chance d’avoir eu accès à autant de documents d’époque retraçant la vie de simples étudiants faisant leurs études de Pharmacie à Lille. Ces étudiants n’auraient certainement jamais pensé qu’une personne écrirait une thèse sur leur vie courante au sein de l’AAEPL pour obtenir son Doctorat de Pharmacie. Actuellement, nous prenons moins de temps pour rédiger ce qu’il se passe dans une année universitaire du fait de la disparition de La Jeunesse Pharmaceutique. C’est le journal de « L’épi de Soil Dernière » dit « LSD » qui l’a remplacé mais il n’a pas la même fonction ni le même public, et malheureusement, l’informatisation de toutes nos données maximalise la perte de ces dernières. Il faut absolument que les jeunes générations de l’association prennent le temps d’archiver et d’écrire ce qu’ils font au quotidien pour garder une trace de cette vie étudiante et faire perdurer la mémoire de l’AAEPL.

Annexe :

 

Annexe 1 : Les différents Congrès de l’UNEF

 

 

Année

Numéro

du Congrès

Ville Organisatrice

 

Date

Participation de l’AAEPL

1906

0

Marseille

30 août au 5 septembre

?

1907

I

Lille

3 au 6 mai

Oui

1908

II

Alger

23 au 30 avril

Non

1909

III

Nancy

20 au 25 mai

Oui

1910

IV

Paris

?

certainement

1911

V

Lille

1 au 16 mai

Oui

1912

Annulé ?

1913

VI

Paris

30 avril au 5 mai

certainement

1914

VII

Nancy

20 au 25 mai

?

1919

IX

Strasbourg

20 au 25 novembre

Oui

1920

IX

Bordeaux

Juillet ?

Non

1921

X

Montpellier

Fin octobre début

novembre

?

1922

XI

Lyon

mai

?

1923

XII

Clermont‐Ferrand

mai

?

1924

XIII

Paris

mai

certainement

1925

XIV

Lille

15 au 21 avril

Oui

1926

XV

Poitiers

5 au 13 avril

Oui

1927

XVI

Strasbourg

19 au 22 avril

Oui

1928

XVII

Grenoble

2 au ? mai

Oui

1929

XVIII

Toulouse

31 mars au 5 avril

Oui

1930

XIX

Alger

6 au 15 avril

Oui

ANNEXE 2 : LES DIFFERENTES REVUES

 

ANNEE

DATE

 

EXACTE

NOM DE LA REVUE

PRESIDENT

DHONNEUR

SALLE OU EST ORGANISEE

 

LA SOIREE

1903

13 JANVIER

?

PR GERARD

?

1904

PAS DINFORMATION

1905

PAS DIMFORMATION

1906

31 JANVIER

« LISLE ET CANTELE »

PR GERARD

SALLE DELEVOYE

(RUE DE PARIS)

1907

30 JANVIER

« V’LIN SY ET RIGOLLE HAUT »

PR GERARD

 

SALLE DES FETES DE LA MAISON DES ETUDIANTS,

49 RUE DE VALMY

1908

29 JANVIER

« L’AA RITDELLE »

PR GERARD

1909

31 JANVIER

« L’AA SCEPTIQUE »

PR GERARD

1910

MARS

« CHANTHAUT »

PR GERARD

1911

31 MARS

« L’AA PIAULE »

PR GERARD

1912

22 MARS

?

PR GERARD

1913

15 AVRIL

« ON DEMANDE UN REMPLAÇANT »

PR GERARD

1914

28 AVRIL

« REVUE VERTE ET PAS MURE »

PR GERARD

1919

28 NOVEMBRE

« L’AA SE PIAULE »

PR GERARD

1920

NA PAS EU LIEU

1921

NA PAS EU LIEU ?

1922

3 FEVRIER

« L’AA SETALE »

PR FOCKEU

 

SALLE DES FETES DE LA MAISON DES ETUDIANTS,

49 RUE DE VALMY

1923

2 FEVRIER

« LA CHASSE AUX FANTOMES »

PR FOCKEU

1924

15 FEVRIER

« LA FETE COMMENCE » ?

PR GERARD

1925

20 FEVRIER

« SALTIMBANQUES »

PR GERARD

1926

26 FEVRIER

« CLYTHERE DU ROI »

PR GERARD

1927

NA PAS EU LIEU

1928

NA PAS EU LIEU

 

1929

 

7 MAI

 

« L’AA MARRANTE »

 

PR GERARD

SALLE DES FETES DE LA MAISON DES ETUDIANTS,

49 RUE DE VALMY

1930

N’A PAS EU LIEU

ANNEXE 3 : LES COMITES DE L’AAEPL DE 1902 A 1930

 

LEGENDE :

  • (DEMISSION)

  • *REMPLACANT*

  • INFORMATION INCERTAINE

 

ANNEE

POSTE

COMMISSION

NOM

PRENOM

1902/1903

PRESIDENT

 

GROTARD

E

1903/1904

PRESIDENT

 

BAILLOEUIL

 

1904/1905

PRESIDENT

 

PAYEN

LOUIS

1905/1906

PRESIDENT

 

PLOUCHART

LEON

 

VICE‐PRESIDENT

 

DUQUENOY

ALF

SECRETAIRE GENERALE

 

DORCHY

 

TRESORIER

 

MOUCHELIN

 

BIBLIOTHECAIRE

 

CALLIPEI

G

SECRETAIRE ADJOINT

 

HACHE

F

MEMBRES

 

LEBLAT

EDMOND

 

RICQUIER

M

 

LEGRAND

 

 

DELFORGE

 

 

CAHEN

J

 

LECLERCQ

 

1906/1907

PRESIDENT

 

LEBLAT

EDMOND

 

VICE‐PRESIDENT

 

SELLIER

P

SECRETAIRE GENERALE

 

GEOFFROY

 

TRESORIER

 

MOUCHELIN

 

BIBLIOTHECAIRE

 

MOREL

 

SECRETAIRE ADJOINT

 

HACHE

F

MEMBRES

 

BOULOIS

 

 

DEMAILLY

A

 

DORCHY

L

 

LEGRAND

L

 

RICQUIER

M

 

 

 

SENECHAL

MAURICE

1907/1908

PRESIDENT

 

SENECHAL

MAURICE

 

SECRETAIRE GENERALE

 

HOULLIEZ

G

TRESORIER

 

MOUCHELIN

 

?

 

LEFEBVRE

 

ADMINISTRATEUR

COMMISSION JOURNAL

FAILLE

G

REDACTEUR

COLLETTE

 

AU JOURNAL

LADRIERE

 

1908/1909

PRESIDENT

 

LECOEUVRE

PAUL

DATE DE LELECTION : 14 MAI

VICE‐PRESIDENT

 

HOULLIEZ

G

SECRETAIRE GENERALE

 

DESBORDES

JOSEPH

TRESORIER

 

CARON

E

SECRETAIRE ADJOINT

 

DUPONT

O

BIBLIOTHECAIRE

 

BALLEUX

GEORGES

CONSEILLERS

 

BARAS

MARCEL

 

COLLETTE

H

 

DANTHUILLE

 

 

DELAMOTTE

 

 

DUBOIS

PAUL

 

TRINQUET

 

1909/1910

PRESIDENT

 

DESBORGES

JOSEPH

 

VICE‐PRESIDENT

 

LAMBERT

LOUIS

SECRETAIRE GENERALE

 

TRINQUET

ADOLPHE

TRESORIER

 

DURIEUX

RAYMOND

SECRETAIRE ADJOINT

 

BOEZ

ALBERT

BIBLIOTHECAIRE

 

BALLEUX

GEORGES

COMMISSAIRES

 

BATEMAN

 

 

DUBOIS

PAUL

 

LEFEBVRE

DANIEL

 

TISON

 

 

VOILLE

 

 

WIBAUX

 

1910/1911

PRESIDENT

 

LAMBERT

LOUIS

 

VICEPRESIDENT

 

GOSSELIN

PAUL

SECRETAIRE GENERALE

 

MESNAGE

MAURICE

TRESORIER

 

LEFEBVRE

GEORGES

BIBLIOTHECAIRE

 

DESMOULINS

LOUIS

SECRETAIRE ADJOINT

 

TIRAN

LOUIS

CONSEILLERS

 

BOURDON

 

 

LEMAITRE

PIERRE

 

LOOTEN

JULES

ADMINISTRATEURS

 

MELLIN

GEORGES

 

POURSUIVRA

G

 

VOILLE

G

1911/1912

PRESIDENT

 

MESNAGE

MAURICE

 

VICE‐PRESIDENT

 

FORGEZ

GABRIEL

SECRETAIRE GENERALE

 

BONNAY

RAOUL

TRESORIER

 

TALON

ADRIEN

BIBLIOTHECAIRE

 

FLAVIGNY

ÉDOUARD

REDACTEUR EN CHEF

COMMISSION JOURNAL

FLAVIGNY

ÉDOUARD

REDACTEUR ADJOINT

DEFRANCE

M

ADMINISTRATEUR

LUCAS

CHARLES

ADMINISTRATEUR ADJOINT

MARESCAUX

OPTAT

1912/1913

PRESIDENT

 

TALON

ADRIEN

 

VICE‐PRESIDENT

 

DERISBOURG

H

SECRETAIRE GENERALE

 

MARESCAUX

OPTAT

TRESORIER

 

CARLIER

G

SECRETAIRE‐ADJOINT

 

LIMOUSIN

 

BIBLIOTHECAIRE

 

TINEL

G

REDACTEUR EN CHEF

COMMISSION JOURNAL

DEFRANCE

M

REDACTEUR ADJOINT

BONNAY

RAOUL

ADMINISTRATEUR

GARDIN

RAOUL

ADMINISTRATEUR ADJOINT

BEAUMONT

G

1913/1914

PRESIDENT

 

CARLIER

G

 

VICE‐PRESIDENT

 

BEAUMONT

G

SECRETAIRE GENERALE

 

DEVAUX

LEON

 

TRESORIER

 

MELOT

 

BIBLIOTHECAIRE

 

LIMOSIN

 

REDACTEUR

COMMISSION JOURNAL

DERISBOURG

H

REDACTEUR ADJOINT

CLAIE

PH

ADMINISTRATEUR

GARDIN

R

ADMINISTRATEUR ADJOINT

BEAUMONT

G

1914/1915

PRESIDENT

 

BEAUMONT

G

 

VICE‐PRESIDENT

 

LIMOSIN

 

SECRETAIRE GENERALE

 

MELOT

 

TRESORIER

 

BONNEL

 

SECRETAIRE ADJOINT

 

VENIEZ

 

BIBLIOTHECAIRE

 

MALAQUIN

HENRI

 

COMMISSION DES FETES

BRASSART

 

CLAIE

 

NEUVILLE

 

COMMISSION JOURNAL

VENIEZ

 

CLAIE

PH

NEUVILLE

 

1919

PRESIDENT

 

BENOIT

 

PROVISOIRE :

DU 20 AOUT AU 4

OCTOBRE 1919

SECRETAIRE‐GENERALE

 

FOURRIER

LEON

SECRETAIRE ADJOINT

 

(VENIEZ)

 

TRESORIER

 

GRUSON

 

BIBLIOTHECAIRE

 

VERDIN

 

1919/1920

PRESIDENT

 

BENOIT

 

DATE DE LELECTION : 4 OCTOBRE

?

 

FOURRIER

LEON

?

 

GRUSON

 

?

 

DARCHEVILLE

JEAN

REDACTEUR EN CHEF

COMMISSION JOURNAL

PIROU

HR

SECRETAIRE A LA

REDACTION

VERDIN

A

ADMINISTRATEUR

BAUDE

G

ADMINISTRATEUR ADJOINT

COSSARD

R

1920/1921

PRESIDENT

 

(LELONG)

LOUIS

 

VICE‐PRESIDENTE

 

(MLLE DELANGE)

GEORGETTE

SECRETAIRE GENERALE

 

(DELHAYE)

 

TRESORIER

 

BERTIN

 

SECRETAIRE ADJOINT

 

BOIDIN

A

BIBLIOTHECAIRE

 

NOLANT

G

TRESORIER ADJOINT

 

SAUVAGE

 

CONSEILLER PORTE

DRAPEAU

 

FLAMENT

 

REDACTEUR EN CHEF

 

COMMISSION JOURNAL

(BRUNERYE)

 

REDACTEUR ADJOINT

BIARD

MAURICE

ADMINISTRATEUR

CHENU

A

ADMINISTRATEUR ADJOINT

DEFASQUE

 

REDACTEUR EN CHEF

(*BIARD*)

MAURICE

REDACTEUR ADJOINT

*CAZIN*

 

?

 

*VAN DEN BURKE*

 

?

 

*LELEU*

 

PRESIDENT

 

*BIARD*

MAURICE

1921/1922

PRESIDENT

 

(CHENU)

A

 

VICE‐PRESIDENT

 

*MACAIRE*

 

SECRETAIRE GENERALE

 

NOLANT

G

TRESORIER

 

DECUPPE

 

SECRETAIRE ADJOINT

 

*FLAMENT*

 

BIBLIOTHECAIRE

 

MLLE DELANGE

 

TRESORIER ADJOINT

 

(*JOLY*)

 

BIBLIOTHECAIRE ADJOINT

 

DEGRUGILLIER

 

REDACTEUR EN CHEF

 

COMMISSION JOURNAL

(BOIDIN)

A

REDACTEUR ADJOINT

(GRAVELAINE)

J

ADMINISTRATEUR

CREUZE

M

ADMINISTRATEUR ADJOINT

FERLIE

J

REDACTEUR ADJOINT

 

*DOMIS*

 

1922/1922

PRESIDENT

 

(MACAIRE)

 

DATE DE

LELECTION :

VICE‐PRESIDENT

 

DEGRUGILLIER

 

SECRETAIRE GENERALE

 

(LEQUIMME)

 

24 MARS

TRESORIER

 

DOMIS

HENRI

SECRETAIRE ADJOINT

 

SOUDAN

G

BIBLIOTHECAIRE

 

JOLY

 

TRESORIER ADJOINT

 

(VAN DER BURKE)

 

BIBLIOTHECAIRE ADJOINT

 

(JOVENIAUX)

 

REDACTEUR EN CHEF

 

COMMISSION JOURNAL

GRAVELAINE

J

REDACTEUR ADJOINT

VANEUFVILLE

 

ADMINISTRATEUR

DEROUBAIX

 

ADMINISTRATEUR ADJOINT

(POTTIER)

 

1922/1923

PRESIDENT

 

DEROUBAIX

 

DATE DE LELECTION : 4 DECEMBRE

VICE‐PRESIDENT

 

DESGRUGILLIER

 

SECRETAIRE GENERALE

 

SOUDAN

G

TRESORIER

 

DOMIS

HENRI

BIBLIOTHECAIRE

 

JOLY

 

TRESORIER ADJOINT

 

FLAMENT

 

REDACTEUR EN CHEF

 

COMMISSION JOURNAL

GRAVELAINE

 

REDACTEUR ADJOINT

ROUSSEL

 

REDACTEUR ADJOINT

HARMAND

 

REDACTEUR ADJOINT

LEQUESNE

 

ADMINISTRATEUR

AVINEE

EUGENE

ADMINISTRATEUR ADJOINT

VALENTIN

 

1923/1924

PRESIDENT

 

(DESGRUGILLIER)

F

DATE DE LELECTION : 23

NOVEMBRE

VICE‐PRESIDENTE

 

MLLE HAUTCOEUR

 

VICE‐PRESIDENT

 

LEQUESNES

 

SECRETAIRE GENERALE

 

BEAL

 

PORTE DRAPEAU ET CHARGE

DE LEXPEDITION DE LA JP

 

HUTIN

 

TRESORIER

 

FLAMENT

 

TRESORIER ADJOINT

 

THOMAS

 

BIBLIOTHECAIRE

 

DOMIS

HENRI

REDACTEUR EN CHEF

COMMISSION JOURNAL

AVINEE

EUGENE

REDACTEUR ADJOINT

BAILLEUL

 

REDACTRICE ADJOINTE

MLLE HUCLIEZ

 

 

ADMINISTRATEUR

 

VALENTIN

A

1923/1924

PRESIDENT

 

AVINEE

EUGENE

DATE DE LELECTION : 21

DECEMBRE

VICE‐PRESIDENTE

 

MLLE HAUTCOEUR

 

VICE‐PRESIDENT

 

GYR

 

SECRETAIRE GENERALE

 

BEAL

 

SECRETAIRE ADJOINT

 

QUIRET

 

TRESORIER

 

FLAMENT

 

TRESORIER ADJOINT

 

THOMAS

 

BIBLIOTHECAIRE

 

DOMIS

 

ADMINISTRATEUR

 

VALENTIN

 

REDACTEUR EN CHEF

BAILLEUL

 

REDACTRICE ADJOINTE

MLLE HUCLIEZ

 

REDACTEUR ADJOINT

HUTIN

PAUL

1924/1925

PRESIDENT

 

(AVINEE)

EUGENE

 

VICE‐PRESIDENTE

 

MLLE HAUCOEUR

 

VICE‐PRESIDENT

 

VALENTIN

A

SECRETAIRE GENERALE

 

RAOULT

 

SECRETAIRE ADJOINT

 

ANTOINE

 

TRESORIER

 

FLAMENT

 

TRESORIER ADJOINT

 

QUIRET

 

BIBLIOTHECAIRE

 

DOMIS

 

BIBLIOTHECAIRE ADJOINTE

 

DUCHEMIN

 

ADMINISTRATRICE

 

COMMISSION JOURNAL

MLLE HUCLIEZ

 

ADMINISTRATEUR ADJOINT

BAILLEUL

 

REDACTEUR EN CHEF

HUTIN

PAUL

REDACTRICE ADJOINTE

(MLLE MAIGRE)

HELENE

1925

PRESIDENT

 

VALENTIN

A

VANCANCES DETE

VICE‐PRESIDENTE

 

MLLE HAUCOEUR

 

VICE‐PRESIDENT

 

FLAMENT

 

SECRETAIRE GENERALE

 

RAOULT

 

SECRETAIRE ADJOINT

 

ANTOINE

 

TRESORIER

 

WALTER

RENE

TRESORIER ADJOINT

 

QUIRET

 

 

BIBLIOTHECAIRE

 

DOMIS

 

BIBLIOTHECAIRE ADJOINTE

 

DUCHEMIN

 

ADMINISTRATRICE

 

COMMISSION JOURNAL

MLLE HUCLIEZ

 

ADMINISTRATEUR ADJOINT

BAILLEUL

 

REDACTEUR EN CHEF

HUTIN

PAUL

REDACTRICE ADJOINTE

MLLE

VANDENBOGAERT

 

1925/1926

PRESIDENT

 

HUTIN

PAUL

DATE DE LELECTION : 27

NOVEMBRE

VICE‐PRESIDENTE

 

MLLE HAUCOEUR

 

VICE‐PRESIDENT

 

RAOULT

P

SECRETAIRE GENERALE

 

TIETARD

RENE

SECRETAIRE ADJOINT

 

PETIAUX

 

TRESORIER

 

WALTER

RENE

TRESORIERE ADJOINTE

 

MLLE VANDENBOGAERT

 

BIBLIOTHECAIRE

 

(BASUYAUX)

 

BIBLIOTHECAIRE ADJOINTE

 

LESPAGNOL

 

ADMINISTRATEUR

 

COMMISSION JOURNAL

DUCHEMIN

A

ADMINISTRATRICE

ADJOINTE

MLLE HUCLIEZ

 

REDACTEUR EN CHEF

WILBAUX

R

REDACTEUR ADJOINT

GUERIN

A

BIBLIOTHECAIRE

 

*LESPAGNOL*

 

BIBLIOTHECAIRE ADJOINTE

 

*PETIT*

 

1926/1927

PRESIDENT

 

PETIAU

PIERRE

DATE DE LELECTION : 6 DECEMBRE

VICE‐PRESIDENTE

 

MLLE LETELLIER

 

VICE‐PRESIDENT

 

PETIT

PAUL

SECRETAIRE GENERALE

 

?

?

SECRETAIRE ADJOINTE

 

MLLE BOURGEOIS

 

TRESORIER

 

WALTER

RENE

TRESORIERE ADJOINTE

 

MLLE COUTARD

 

BIBLIOTHECAIRE

 

PETIT

RENE

ADMINISTRATEUR

COMMISSION JOURNAL

LONGUEVAL

A

ADMINISTRATEUR ADJOINT

GUINAMARD

GEORGES

REDACTEUR EN CHEF

ROGEZ

PAUL

 

REDACTEUR ADJOINT

 

LECLERCQ

E

1927/1928

PRESIDENT

 

GUINAMARD

GEORGES

DATE DE LELECTION : 2 DECEMBRE

VICE‐PRESIDENTE

 

MLLE LETELLIER

 

VICE‐PRESIDENT

 

PETIT

PAUL

SECRETAIRE GENERALE

 

LEBEAU

 

SECRETAIRE ADJOINTE

 

MLLE COUTARD

 

TRESORIER

 

WALTER

RENE

TRESORIER ADJOINT

 

PETIT

RENE

BIBLIOTHECAIRE

 

SAUDEMONT

 

BIBLIOTHECAIRE ADJOINTE

 

JACQUOT

 

ADMINISTRATEUR

 

COMMISSION JOURNAL

LONGUEVAL

A

ADMINISTRATEUR ADJOINT

TALMANT

 

REDACTEUR EN CHEF

MARTIN

FRANTZ

REDACTRICE ADJOINTE

MLLE BOURGEOIS

 

1928/1929

PRESIDENT

 

GUINAMARD

GEORGES

DATE DE LELECTION : 30

NOVEMBRE

VICE‐PRESIDENTE

 

MLLE BOURGEOIS

 

VICE‐PRESIDENT

 

PETIT

PAUL

SECRETAIRE GENERALE

 

LECLERCQ

 

SECRETAIRE ADJOINTE

 

MLLE COUTARD

 

TRESORIER

 

PETIT

RENE

TRESORIER ADJOINT

 

FONTAINE

JEAN

BIBLIOTHECAIRE

 

SANDEMONT

 

BIBLIOTHECAIRE ADJOINT

 

HUSSON

MARCEL

ADMINISTRATEUR

 

COMMISSION JOURNAL

TALMANT

 

ADMINISTRATEUR ADJOINT

MLLE CERISIER

 

REDACTEUR EN CHEF

ROGEZ

PAUL

REDACTEUR ADJOINT

DUQUESNE

 

1929/1930

PRESIDENT

 

DESSAINT

ANDRE

DATE DE LELECTION : 28

NOVEMBRE

VICE‐PRESIDENTE

 

MLLE CERISIER

RENEE

VICE‐PRESIDENT

 

AVENARD

 

SECRETAIRE GENERALE

 

HUSSON

MARCEL

SECRETAIRE ADJOINTE

 

MLLE ANTHEAUME

 

TRESORIER

 

FONTAINE

JEAN

 

TRESORIER ADJOINT

 

ALEXANDRE

 

BIBLIOTHECAIRE

 

LERICHE

 

BIBLIOTHECAIRE ADJOINTE

 

BOUCLY

 

ADMINISTRATEUR

 

COMMISSION JOURNAL

LEVEILLE

ROBERT

ADMINISTRATEUR ADJOINT

MLLE CERISIER

ANDREE

REDACTEUR EN CHEF

GORLIER

 

REDACTEUR ADJOINT

DELCAMBRE

 

1930/1931

PRESIDENT

 

LEVEILLE

ROBERT

 

VICE‐PRESIDENTE

 

MLLE ANTHEAUME

 

VICE‐PRESIDENT

 

HUSSON

MARCEL

SECRETAIRE GENERALE

 

DELCAMBRE

 

SECRETAIRE ADJOINTE

 

MLLE CERISIER

ANDREE

TRESORIER

 

ALEXANDRE

 

TRESORIER ADJOINT

 

BOUCLY

 

BIBLIOTHECAIRE

 

BONDOIS

 

BIBLIOTHECAIRE ADJOINTE

 

MLLE HUCLIEZ

 

ADMINISTRATEUR

 

COMMISSION JOURNAL

JOURNIAUX

R

ADMINISTRATEUR ADJOINT

SARRAZIN

E

REDACTEUR EN CHEF

DAHIEZ

JEAN

REDACTEUR ADJOINT

DELHAYE

LEON

ANNEXE 4 : LA JEUNESSE PHARMACEUTIQUE

 

LA LEGENDE DE CETTE ANNEXE :

BNF = SE TROUVE A LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE BM = SE TROUVE A LA BIBLIOTHEQUE MUNICIPALE DE LILLE AAEPL = SE TROUVE DANS LES ARCHIVES DE L’AAEPL

BUP = SE TROUVE DANS LES BIBLIOTHEQUES UNIVERSITAIRES DE PARIS (AAEPL) = SE TROUVE A L’AAEPL UNIQUEMENT SOUS FORME NUMERIQUE INCOMPLET = EDITION INCOMPLETE : PAGES DECHIREES, ARRACHEES

NOUVELLE EDITION = CHANGEMENT DE FORMAT DE LA JEUNESSE A PARTIR DE CE NUMERO

 

Après l’année 1945, il est impossible de prédire les numéros manquants devant le manque de régularité de parution et les discontinuité de numérotation.

 

ANNEE

NIEME ANNEE

MOIS

NUMERO

PARUTION

SOURCE

1906

0

JANVIER

1

MENSUELLE

BNF

1906

0

FEVRIER

2

MENSUELLE

BNF

1906

0

MARS

3

MENSUELLE

BNF

1906

0

AVRIL

4

MENSUELLE

BNF

1906

0

MAI

5

MENSUELLE

PERDUE

1906

0

JUIN

6

MENSUELLE

PERDUE

1906

0

JUILLET

7

MENSUELLE

PERDUE

1906

0

AOUT

8

MENSUELLE

BNF

1906

0

SEPTEMBRE

9

MENSUELLE

BNF

1906

0

OCTOBRE

10

MENSUELLE

BNF

1906

0

NOVEMBRE

11

MENSUELLE

BNF

1906

0

DECEMBRE

12

MENSUELLE

BNF

1907

1

JANVIER

1

MENSUELLE

PERDUE

1907

1

FEVRIER

2

MENSUELLE

BNF

1907

1

MARS

3

MENSUELLE

BNF

1907

1

AVRIL

4

MENSUELLE

BNF

1907

1

MAI

5

MENSUELLE

PERDUE

1907

1

JUIN

6

MENSUELLE

PERDUE

1907

1

JUILLET

7

MENSUELLE

BNF

1907

1

AOUT

8

MENSUELLE

PERDUE

1907

1

SEPTEMBRE

9

MENSUELLE

PERDUE

1907

1

OCTOBRE

10

MENSUELLE

BNF

1907

1

NOVEMBRE

11

MENSUELLE

BNF

1907

1

DECEMBRE

12

MENSUELLE

BNF

1908

2

JANVIER

1

MENSUELLE

BNF

1908

2

FEVRIER

2

MENSUELLE

BNF

1908

2

MARS

3

MENSUELLE

BNF

1908

2

AVRIL

4

MENSUELLE

BNF

1908

2

MAI

5

MENSUELLE

BNF

1908

2

JUIN

6

MENSUELLE

BNF

1908

2

JUILLET

7

MENSUELLE

BNF

1908

2

AOUT

8

MENSUELLE

BNF

1908

2

SEPTEMBRE

9

MENSUELLE

BNF

1908

2

OCTOBRE

10

MENSUELLE

PERDUE

1908

2

NOVEMBRE

11

MENSUELLE

PERDUE

1908

2

DECEMBRE

12

MENSUELLE

BNF

1909

3

JANVIER

1

MENSUELLE

PERDUE

1909

3

FEVRIER

2

MENSUELLE

BNF

1909

3

MARS

3

MENSUELLE

PERDUE

1909

3

AVRIL

4

MENSUELLE

BNF

1909

3

MAI

5

MENSUELLE

BNF

1909

3

JUIN

6

MENSUELLE

PERDUE

1909

3

JUILLET

7

MENSUELLE

BNF

1909

3

AOUT

8

MENSUELLE

BNF

1909

3

SEPTEMBRE

9

MENSUELLE

BNF

1909

3

OCTOBRE

10

MENSUELLE

BNF

1909

3

NOVEMBRE

11

MENSUELLE

BNF

1909

3

DECEMBRE

12

MENSUELLE

BNF

1910

4

JANVIER

1

MENSUELLE

BNF

1910

4

FEVRIER

2

MENSUELLE

BNF

1910

4

MARS

3

MENSUELLE

BNF

1910

4

AVRIL

4

MENSUELLE

BNF

1910

4

MAI

5

MENSUELLE

BNF

1910

4

JUIN

6

MENSUELLE

BNF

1910

4

JUILLET

7

MENSUELLE

BNF

1910

4

AOUT

8

MENSUELLE

BNF

1910

4

SEPTEMBRE

9

MENSUELLE

BNF

1910

4

OCTOBRE

10

MENSUELLE

BNF

1910

4

NOVEMBRE

11

MENSUELLE

BNF

1910

4

DECEMBRE

12

MENSUELLE

BNF

1911

5

JANVIER

1

MENSUELLE

BNF

1911

5

FEVRIER

2

MENSUELLE

BNF

1911

5

MARS

3

MENSUELLE

BNF

1911

5

AVRIL

4

MENSUELLE

BNF

1911

5

MAI

5

MENSUELLE

BNF

1911

5

JUIN

6

MENSUELLE

BNF

1911

5

JUILLET

7

MENSUELLE

BNF

1911

5

AOUT

8

MENSUELLE

BNF

1911

5

SEPTEMBRE

9

MENSUELLE

BNF

1911

5

OCTOBRE

10

MENSUELLE

BNF

1911

5

NOVEMBRE

11

MENSUELLE

BNF

1911

5

DECEMBRE

12

MENSUELLE

BNF

1912

6

JANVIER

1

MENSUELLE

BNF

1912

6

FEVRIER

2

MENSUELLE

BNF

1912

6

MARS

3

MENSUELLE

BNF

1912

6

AVRIL

4

MENSUELLE

BNF

1912

6

MAI

5

MENSUELLE

BNF

1912

6

JUIN

6

MENSUELLE

BNF

1912

6

JUILLET

7

MENSUELLE

BNF

1912

6

AOUT

8

MENSUELLE

BNF

1912

6

SEPTEMBRE

9

MENSUELLE

BNF

1912

6

OCTOBRE

10

MENSUELLE

BNF

1912

6

NOVEMBRE

11

MENSUELLE

BNF

1912

6

DECEMBRE

12

MENSUELLE

BNF

1913

7

JANVIER

1

MENSUELLE

BNF

1913

7

FEVRIER

2

MENSUELLE

BNF

1913

7

MARS

3

MENSUELLE

BNF

1913

7

AVRIL

4

MENSUELLE

BNF

1913

7

MAI

5

MENSUELLE

BNF

1913

7

JUIN

6

MENSUELLE

BNF

1913

7

JUILLET

7

MENSUELLE

BNF

1913

7

AOUT

8

MENSUELLE

BNF

1913

7

SEPTEMBRE

9

MENSUELLE

BNF

1913

7

OCTOBRE

10

MENSUELLE

BNF

1913

7

NOVEMBRE

11

MENSUELLE

BNF

1913

7

DECEMBRE

12

MENSUELLE

BNF

1914

8

JANVIER

1

MENSUELLE

BM, BNF

1914

8

FEVRIER

2

MENSUELLE

BNF

1914

8

MARS

3

MENSUELLE

BNF

1914

8

AVRIL

4

MENSUELLE

BNF

1914

8

MAI

5

MENSUELLE

BM, BNF

1914

8

JUIN

6

MENSUELLE

BM

PAS DE PREUVE DEXISTENCE DAUTRE NUMERO AVANT LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

ARRET DES PUBLICATIONS DU A LA 1ERE GUERRE MONDIALE

1919

13

OCTOBRE

1

MENSUELLE

BM, BNF

1919

13

NOVEMBRE

2

MENSUELLE

BNF

1919

13

DECEMBRE

3

MENSUELLE

BNF

1920

14

JANVIER

4

MENSUELLE

BNF

1920

14

FEVRIER

5

MENSUELLE

BNF

1920

14

MARS

6

MENSUELLE

BNF

1920

14

AVRIL

7

MENSUELLE

BNF

1920

14

MAI

8

MENSUELLE

BNF

1920

14

JUIN

9

MENSUELLE

BNF

1920

14

JUILLET

10

MENSUELLE

BNF

1920

14

AOUT

11

MENSUELLE

BNF

1920

14

SEPTEMBRE

12

MENSUELLE

BNF

1920

14

OCTOBRE

13

MENSUELLE

BNF

1920

14

NOVEMBRE

14

MENSUELLE

BNF

1920

14

DECEMBRE

15

MENSUELLE

BNF

1921

15

JANVIER

1

MENSUELLE

PERDUE

1921

15

FEVRIER

2

MENSUELLE

PERDUE

1921

15

MARS

3

MENSUELLE

PERDUE

1921

15

AVRIL

4

MENSUELLE

PERDUE

1921

15

MAI

5

MENSUELLE

BNF

1921

15

JUIN

6

MENSUELLE

BNF

1921

15

JUILLET‐AOUT

7

BIMESTRIELLE

BNF

1921

15

SEPTEMBRE‐OCTOBRE

8

BIMESTRIELLE

BNF

1921

15

NOVEMBRE

9

MENSUELLE

BNF

1921

15

DECEMBRE

10

MENSUELLE

BNF

1922

16

JANVIER

1

MENSUELLE

BNF

1922

16

FEVRIER

2

MENSUELLE

BNF

1922

16

MARS

3

MENSUELLE

BNF

1922

16

AVRIL

4

MENSUELLE

BNF

1922

16

MAI

5

MENSUELLE

BNF

1922

16

JUIN‐JUILLET

6

BIMESTRIELLE

BNF

1922

16

AOUT‐SEPTEMBRE

7

BIMESTRIELLE

BNF

1922

16

OCTOBRE

8

MENSUELLE

PERDUE

1922

16

NOVEMBRE

9

MENSUELLE

BNF

1922

16

DECEMBRE

10

MENSUELLE

BNF

1923

17

JANVIER

1

MENSUELLE

BNF

1923

17

FEVRIER

2

MENSUELLE

BNF

1923

17

MARS

3

MENSUELLE

PERDUE

1923

17

AVRIL

4

MENSUELLE

BNF

1923

17

MAI

5

MENSUELLE

BNF

1923

17

JUIN

6

MENSUELLE

BNF

1923

17

JUILLET

7

MENSUELLE

PERDUE

1923

17

AOUT‐SEPTEMBRE

8

BIMESTRIELLE

BNF

1923

17

OCTOBRE‐NOVEMBRE

9

BIMESTRIELLE

BNF

1923

17

DECEMBRE

10

MENSUELLE

BNF

1924

18

JANVIER

1

MENSUELLE

BNF

1924

18

FEVRIER

2

MENSUELLE

BNF

1924

18

MARS

3

MENSUELLE

BNF

1924

18

AVRIL

4

MENSUELLE

BNF

1924

18

MAI

5

MENSUELLE

BNF

1924

18

JUIN

6

MENSUELLE

BNF

1924

18

JUILLET‐AOUT

7

BIMESTRIELLE

BNF

1924

18

SEPTEMBRE‐OCTOBRE

8

BIMESTRIELLE

BNF

1924

18

NOVEMBRE

9

?

PERDUE

1924

18

DECEMBRE

10

?

PERDUE

1925

19

JANVIER

1

BIMESTRIELLE

BNF

1925

19

MARS

2

BIMESTRIELLE

BNF

1925

19

MAI

3

BIMESTRIELLE

BNF

1925

19

NUMERO DE VACANCES

4

BIMESTRIELLE

BNF

1925

19

DECEMBRE

5

BIMESTRIELLE

BNF

1926

20

FEVRIER

1

BIMESTRIELLE

BNF

1926

20

MARS‐AVRIL

2

BIMESTRIELLE

BNF

1926

20

JUIN‐JUILLET

3

BIMESTRIELLE

BNF

1926

20

AOUT‐SEPTEMBRE

4

BIMESTRIELLE

BNF

1926

20

NOVEMBRE

DECEMBRE

5

BIMESTRIELLE

BNF

1927

21

JANVIER‐FEVRIER

1

BIMESTRIELLE

BNF

1927

21

MARS‐AVRIL

2

BIMESTRIELLE

BNF

1927

21

JUIN‐JUILLET

3

BIMESTRIELLE

BNF

1927

21

AOUT‐SEPTEMBRE

4

BIMESTRIELLE

BNF

1927

21

DECEMBRE

5

BIMESTRIELLE

BNF

1928

22

JANVIER‐FEVRIER

1

BIMESTRIELLE

BNF

1928

22

MARS‐AVRIL

2

BIMESTRIELLE

BNF

1928

22

MAI‐JUIN

3

BIMESTRIELLE

BNF

1928

22

OCTOBRE‐NOVEMBRE

4

BIMESTRIELLE

BNF

1928

22

NOVEMBRE

DECEMBRE

5

BIMESTRIELLE

BNF

1929

23

JANVIER‐FEVRIER

6

BIMESTRIELLE

BNF

1929

23

MARS‐AVRIL

7

BIMESTRIELLE

BNF

1929

23

SPECIAL REVUE

3

 

AAEPL

1929

23

SPECIAL REVUE

SPECIAL

 

AAEPL

1929

23

NOVEMBRE

DECEMBRE

NOTE 5

BIMESTRIELLE

AAEPL,

BNF

1930

24

JANVIER‐FEVRIER

1

BIMESTRIELLE

AAEPL,

BNF

1930

24

MARS‐AVRIL

2

BIMESTRIELLE

AAEPL,

BNF

1930

24

MAI‐JUIN

3

BIMESTRIELLE

AAEPL,

BNF

1930

24

JUILLET‐OCTOBRE

4

BIMESTRIELLE

BNF

1930

24

NOVEMBRE

DECEMBRE

1

BIMESTRIELLE

BNF

1931

NOTE 15

JANVIER‐FEVRIER

2

BIMESTRIELLE

BNF

1931

NOTE 15

MARS‐AVRIL

3

BIMESTRIELLE

BNF

1931

NOTE 15

MAI‐JUIN

4

BIMESTRIELLE

BNF

1931

NOTE 15

OCTOBRE‐NOVEMBRE

5

BIMESTRIELLE

BNF

1932

26

DECEMBRE‐JANVIER

1

BIMESTRIELLE

BNF

1932

26

?

2

BIMESTRIELLE

PERDUE

1932

26

?

3

BIMESTRIELLE

PERDUE

1932

26

?

4

BIMESTRIELLE

PERDUE

1932

26

DECEMBRE

5

BIMESTRIELLE

BNF

1933

27

JANVIER

1

BIMESTRIELLE

BNF

1933

27

FEVRIER‐MARS

2

BIMESTRIELLE

BNF

1933

27

AVRIL‐MAI

3

BIMESTRIELLE

BNF

1933

27

?

4

BIMESTRIELLE

PERDUE